‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 30 sur 156 · GLACIEBS EN ACTIVITÉ DANS LES ALPES · texte numérisé non relu

GLACIEBS EN ACTIVITÉ DANS LES ALPES

IL 1. Les terrains superficiels, à Texception de la tourbe et de ininxioftioii. »jiie]<[ues dépôts de sédiments , sont des accumulations de matériaux, [•nivenant de la destruction de diverses masses minérales constituant la croûte terrestre , transportés ou remaniés sur place , distribués ou ivjdes soit par des cours d'eau , soit par des glaciers.

Tous, sans exception, étaient considérés autrefois comme des dépôts diluviens formés par des courants boueux , par des torrents extraordinaires qui avaient dû couler pendant un certain temps h la surface de la terre; mais aujourd'hui on sait (jue la plupart d'entre eux, les baiTîiges de sables et de galets , les amas ou les traînées de blocs erratiques," se sont élevés , se sont déposés ou ont été transportés par une toute autre cause , — par d'anciens glaciers agissant lentement et ?u»c^sivement, et non par suite de débâcles violentes et subites, imaginées principalement pour expliquer la dispersion de ces blocs volumineiLY jetés loin dos cîmes des Alpes, jusque sur les crêtes du Jura.

Si Ton retranche de l'ensemble des terraùis, considérés comme dil'.:\ieiis, ces derniers dépôts, ainsi que les déjections des torrents anciens «t n>cenls , il ne restera plus dans la catégorie des formations attri-

DA. ' Extrait de : Recherches sur les glaciers et sur les formations erratiques des Al^>es de la Suisse, par m, ■•sard; in-8*, 320 pages; Atlas in-folio de 35 planches. (4>iiul. 1RS8. — Paragraphes ■. m^wm,T4i.

T'Kjtrs les observations citées par notre ami et collaborateur H«caHI sont conflmièes

ar inK recherches depuis cette époque jusquVn t862.

buées à raction des courants violents et extraordinaires que les nuppes de comblement que Ton observe dans le fond des vallées, et Ton pourra déjà considérablement réduire le volume et la force des courants diluviens, la formation de ces nappes n'ayant évidemment pu exiger une action aussi violente, une dépense d'eau aussi énorme que celles qu'il fallait bien imaginer pour faire rouler les blocs qui ont dû traverser ou franchir les lacs de Genève, de Thim, de Constance, etc., avant d'arriver aux points où nous les retrouvons placés aujourd'hui.

Cependant , malgré cette importante réduction des forces diluviennes , la question , quoique singulièrement simplifiée , resterait encore fort compliquée , et pour arriver à une solution il faudrait avant tout déterminer les moyens d'alimentation des com^ants inondant les vallées et. débitant encore des masses d'eau incroyables. — Le Rhin, par exemple, comblant la plaine comprise entre les Vosges et la Forêt-Noire et recouvrant les coteaux à l'amont de Mulhouse, si les calculs que j'ai présentés ailleurs sont exacts, avec une vitesse de 15 mètres par seconde, aurait débité plus de quarante-sept millions de mètres cubes dans le même temps, et aiu^ait pu fournir une lame d'eau de dix mètres de hauteur sur plus de quarante-im millions d'hectares en 24 heures.

On s'est contenté jusqu'ici de dire que le phénomène qui a donné Ueu au comblement de cette vallée avait son origine dans les A^pes ; que le transport des matériaux avait dû exiger ime très-grande puissance , et qu'enfin le phénomène avait ensuite perdu de son énergie ; mais dans ces indications vagues et hypothétiques on ne trouve rien de précis, aucune évaluation en chiffres des forces motrices, des volumes d'eau débités, documents que cependant on éprouve le besoin d'obtenir et de contrôler avant d'admettre définitivement ces théories, ircs-savantes sans doute, mais impuissantes pour soulever le voile obscur dont les causes mystérieuses des débâcles diluviennes se trouvent encore enveloppées.

Aussi la nécessité d'une solution se fait-elle sentir chaque jour davantage , à mesure que les travaiLX sur les terrains superficiels se complètent et se multipUent; les hypothèses ne peuvent plus suffire; on veut des preuves, des faits et des données certaines, qu'il est d'autant phis facile de rechercher et d'étabhr que les formations superficielles continuent à se produire, et que les causes sous l'influence» desquelles elles se sont développées autrefois sur une plus grande échelle, n'ont pas cessé et ne cessent d'agir chaque jour sous nos yeu^c.

GLACIERB EN GÉNÉRAL. 127

Eo attendant cette solution que j'appelle et que je déeire bien ardemment, j'ai cherché dans les dirers Mémoires que j*ai publiés jusqu*ici à déterminer les caractères des dépôts formés avec le concours soit des eaux, soit des glaciers; aujourd'hui je me propose de compléter mes premières études, en réunissant dans le travail que j'entreprends les ob6ervati(His que j'ai eu occasion de recueillir en parcourant la Suisse , et que rhes courses annuelles dans les Alpes me mettent à même de contrôler, de confirmer ou de modifier. Les documents et les matériaux que je vais présenter seront-ils entièrement inutiles ou demies d'intérêt? Je ne dois pas le craindre si les faits que je vais rcMistater ont été consciencieusement et rigoiuieusement observés.

I>epuis quelques années de nombreuses observations ont été publiées sur les glaciers, sur les causes de leur formation et de leur conser- Talion, sur leur marche et sur les travaux qu'ils exécutent; les divers ou'iTages qui ont paru, les opinions émises sont trop bien connus pour qu'il soit nécessaire d'en présenter ici une analyse ; mais pour rrimplêter les démonstrations écrites, il m'a pani utile de réimir des rroiTuis et des coupes présentant les principaux détails du régime des lîlarîers, et d'ofbîr dans un Recueil de {danches des données rpi'on ne [<Hit obtenir qu'à la suite de courses fréquentes et pénibles et d'un séjour assez prolongé dans les Alpes; et en passant en revue ces croquis, que je regrette de n'avoir pas su rendre mcrnis imp^irfaits qu'ils ne le sont, j'exposerai les observations que j'ai faites soit seul, soit avec le concours de ceux de mes amis qui chaque année se réunissent an pamllon du glaeier de VUnter^Aar.

A Éfûnal, le 31 décembre 1854.

H. 2. Dans les Alpes de la Suisse les glaciers oc/!upent les hautes r;uriw' «• ^nrr4\. sommités des montagnes et se développent dans une région dont la limite moyenne inférieure est à 2700 mètres au-dessus du niveau »k' la mer.

Vue de loin . cette limite semble établie suivant une ligne miroite rie iii\^eau ; mais dès que l'oo s'avance dans les vall^^es ouvertes dant» lf^ niaâsife de la chaîne « on reconnaît quelle est sinueuse et qu'elle est fneipiemmeut débordée par des masses de glace qui. sur plusieurs p**înls . descendent au-dessous de cette ligue * : c<> niaw**,*!? y mi les u-l.i'-iers.

I)\ ly ghrit^r mfimnr 4m UiméAmild éatemà a IWr ah

A partir de Taltitude de 2700 mètres et jusqu'aux plus hautes sommités on n'aperçoit au premier coup d'œil que des accumulations, que des champs de neige sous lesquels les glaciers semblent disparaître et se perdre : ce sont les neiges perpétuelles •, suivant l'expression généralement admise jusqu'ici. Mais on sait aujourd'hui que nidle part la neige ne persiste indéfiniment; qu'elle se renouvelle sans cesse; qu'elle forme les réservoirs d'alimentation -des glaciers, et qu'elle finit souvent par se convertir en glace après avoir subi diverses transformations sous l'influence des agents atmosphériques; enfin, qu'il y a des relations intimes entre ces masses d'eau congelées h différents états, et que sous le nom de glacier on doit comprendre non-seulement la glace, mais encore le nevé et la neige qui les couvrent et qui doivent sei^vir à son alimentation dans toute l'étendue d'un bassin jusqu'à ses limites les plus élevées : cette région est la régions des glaciers.

Région des glaciers. Généralement on distingue dans un glacier deux régions qui, au premier aspect, paraissent parfaitement tranchées, mais dont cependant les limites sont fort incertaines et fort variables ; dans l'ime , la région inférieure ou de la glace, se trouve le glacier propi*ement dit; dans la seconde ou supérieure la glace semble disparaître sous des couches plus ou moins épaisses de neige ou de nevé.

La neige se renouvelle sans cesse : sur les hauteurs, où les dégels et les pluies sont rares, elle subit de lentes transformations; elle s'y rencontre cependant rarement h l'état pulvérulent, tandis que vers la partie inférieure, où pendant l'été elle est constamment imbibée par l'eau provenant soit de la pliue, soit de la fusion des couches superficielles, elle se convertit en neige grenue, à laquelle s'applique plus particuUèrement la dénomination de Nevé.^ Nevès. Suivant l'opinion généralement admise , la neige se convertissant en nevé et le nevé en glace, chaque année de nouvelles couches de glace s^sjoutent à la surface des glaciers, dont les champs de neige forment les réservoirs d'alimentation, et ces couches remplacent incessamment ce que les glaciers perdent par la fusion des parties de leurs surfaces exposées directement à l'action atmosphérique.

Cette théorie fort simple paraît toute naturelle lorsque, pour la pi'emière fois, on parcourt la région des glaciers sans avoir la possibilité d'y faire des observations suivies et d'étudier la marche aussi lente que régulière du phénomène glaciaire; mais si pendant un séjour

DÂ. * Neiges temporaires , plus ou moins pemstantes.

DA. * La neige grenue nu nevé se trouve ii toutes les allitudt^.

EMBIïVON r.LAClAtUE. 120 "

prolongé, on chert^lie à faire la vérificatiun et rapplication des que fournissent la plupart, des écrits^ on ne tarde pas h s'aperque les règles posées, et en ffiielque sorte acceptées jusqulci, «ooi bien loin d'être définitives et qu'elles deviwit encore:* subir d'importantes DJOdiUcations.

Les observations recueillies annuellement et pendant près de vingt

ans par ■. DoUÀixAiiHet, et principalement sur le régime des yla-

oers de TAar, seront sans doute proeliaineiiient publiées, et l'opinion

que je viens de formuler sera appuyée de preuves et de chiffres.

Ausit dans ce Mémoire sur les formations erratiques des Alpes, ne

mm «uis-je pas proxK>sé de traiter la question avec tous les détails

qo^ellp doit exiger et qui Iroiiveront leur x}lace ailleurs ; et je me l>or-

u^raià donner ici un résumé, aussi succinct qu'il me sera possible dt*

le ladre, des documents que j'aurai occasion de rappeler quand je

irmndrai à tm eiamen moins iiirnmplet des questions que je ne fenii

«lii'aborder sommaii'ement aujoiirdlini.

La neige est l'élément essentiel et *;i'ncrtï/rîfr des glaciers ; nulle pai1; dan» les Alpes elle ne persiste indéflmment a Tétatoù elle est tomiiée fBùàsnt Iliiver : partjint au contraire elle subit d'une manière plus ou iBoins sensible les influences atmosphériques, et elle se fond et disparaît m tErtalitè on en pîirtie durant la saison de la chaleur et des pluies.

H* 3. L*eau provenant de la fusion de la surface des amas ou do la Einbrton niirLiki*. lotalilè de» couches superficielles pénètre dans la masse inférieure, naibttie et la convertit en neifje grenue ou iievé, et lorsqu'ensuite les oDodies de nevé, mises à nu ou recouvertes par de nouvelles neiges, leroÂreot une nouvelle et suffisante quantité d'eau provenant soit de h Umm de ces neiges ou de la surface de c^s couches, Teau imbibe adételoppo les grains, et en se c-ongelant dans la partie inférieure qé touche le soi , transforme le nevé en une masse solide de glace pmme et bdleuse que Pon nomme alors un glacier.

CêêI ainsi que se sont formés les glaciei^ actuels et que se pro- AMeilçd ei là ces glaciers temporaires qui se développent sous nos I«ni, persistent pendant one ou plusieurs années, puis finissent par Apparaître, et dont Tétude offre d'autant phis d'intérêt que, dans leurs Aiefses phases de progrès ou de décmissancc, on retrouve tous les êÈÊMik du phénomène glaciaire J

aà. « Cit fïïlbrfm glacbirc m* [mil se ftinm r qu'a une altitude au-diîsi»us ûv SéiK)"km la \lpes, aliiru4lc a laqutilK' tous ks i,'laciers sont adhérents au soi (complètcBUi-nl

130 GLAClEllS EN ACTIVITÉ.

Quand un petit glacier temijoraire s'est formé (PL 4,lig.3),\a mince couche de glace à la surface du sol, provenant de la congélation dit nevé qui a persisté au-delà d'un premier été, peut rester recouverte Tété suivant par une nouvelle couche de nevé (fig. 3), et si le môme fait se renouvelle suctressivement et pendant plusieurs années, Tépaisseur du glacier s'accroît.

Les glaciers, animés d'im mouvement plus ou moins prononcé de progression , déversant annuellement dans une r^on inférieure , et oiî elle irait se fondi'e , une certaine partie do leur masse , so maintiendraient à un niveau déterminé, s'élèveraient, s'abaisseraient ou diminueraient suivant qu'il y aurait compensation entre l'alimentation et la fusion : excès ou diminution de l'une ou de l'autre de ces deux causes exerçant une influence visible , incontestable sur leur régime.

Mais, si la quantité de neige qui tomI)e pendant l'hiver sur un point donné varie suivant la constance ou la variation des vents, celle que la fusion fait animçUement disparaîti'e n'est pas moins variable , et les causes de la fusion ne se faisant pas sentir sur tous les points également et avec une constante intensité, il arrive souvent que l'on retrouve sur un glacier des couches de neige ou de nevé de plusieurs années antérieures , tandis que sur un autre , au môme moment et à peu de distance, on voit la glace entièrement dégagée et en pleine voie de fusion ou de réduction. Dans ce cas , si les pertes ne sont pas compensées et au-delà par l'alimentation, et si la couche de glace successivement réduite à la fin de chaque été ne se renouvelle pas, le glacier doit finir par disparaîti^e entièrement ; c'est ainsi que se détruisent ordinairement les glaciers temporaires.

Un glacier ne pourrait donc persister et se développer que dans le cas où ime partie de la neige tombée pendant l'hiver se conserverait à sa surface , et se convertissant en glace , s'ajouterait annuellement à sa masse. Et cependant il n'est pas rare de rencontrer des glaciers, ou temporaires ou permanents, entièrement dépouillés de nevés, sensiblement l'èduits par suite de l'ablation qu'ils subissent pendant rélé et qu'on retrouve chaque année , non-seulement dans des conditions telles que toutes leurs pertes paraissent avoir été réparées , mais encore en voie de progrès et dans des proportions qui semblent être en rapport avec les quantités de neige dont ils se sont trouvés chargés pendant l'iiiver.

ïA-au il mal liquide H. 4. Et si c^tte iieigc a suffi pour les alimenter, pour favoriser osi reiemciii princi- j^^^. ^^icQ^issement, et si en môme temps, loin de former de nouvelles

)ial lie I alinuMilalion ^

«U's Rlac i(»r>.

ALïMENTATIOTf DES OL^VCIERS.

<on»'hei5 de glace, il ost tlômontrè que non-soulement f^lle a tlispani ai t<)t:ilité, mais qu'une partit? du glacier Iui-mr«iiie n ressciili les eirelsi (ie rahlation , il faudra bien adraottre que ralimentation ne s*opère pas miirjiiement comme on ravail pensé d'abord ; et qne si, dans cprlains cas , il y a accidentclkment addition de couches ou de larges écailles de glace à la surface des glaclei*s, leur formation, leur progrès, leiir conservation et leur miu-che ont pour cause évidente la mige; mai» que retle c^iuse, indèjM^ndanniieiit des effets purement aceessoîres on secondaires dont on s'est surtout préoccupé jusqu'ici , JOII0 im rôle liien autreoient. important dans le régime des ^lît-ciei-s, «I im§r foumissani t'tHémtnt principnl fie Ivur alimcnîaimi : Venu à ^Jitm liquidé.

^B fte ^i«oMnr«, le premier, et la plupart des auteurs après lui, se ^■tfl accordés a dire qiie les lAlaciers se formaient par la conîJ!:êiatiou ^^^rftèe de la neijïe pénétrée d'eaii ; les expériences faites an Faulhoru par ■* cil, Mftriins, en 181 1 , m} laissent fîucim doute à cet égard ; elles font comprendre la marche de flotte transformation , et en même temps elles démon trenf qne les glaciei-s auj^nientent par la congélation tê I%au ifui pénétre dans leur masse.

Les glaciers, dit M. rb. Martin» en terminant, croissent par Uiim' gfÊtttpiùm, suivant l'expression employée par M. Éiii* a^ Bentiniotif^ etOfiD par une simple addition de conehes de nei^^es nouvelles qui se Irnsformeni en glace lorsqu'elles sont pénétrées par les eaux résnld# la fusion des neiges environnantes. Si les glaciers ne répapas ainsi chaque année les pertes qne leur font é[»naiver la into et Tévaporation suiwu'OcieHês ^ , ils ne larderaient pas à dispalattre complètement jusqu'à la limite du nevé; et J'ajouterai qu'ils eut par disparaître rniièrement , même de la région considérée régiù7i du nei^é , si ces pertes éprouvées ne se réparaient que ftr raddition de nouvelles conches de neiges transformées en glace; plsî dan» les circpies élevés, l'eau d'almentathn manquant, le volume ir la glace ne s'augmentait sous la masse de neige ou de nevé qui tlfrëserve de raljlation suijerricielle ; enfin si les glaciers, a un mo- ■oit domié, r>on valent être privés de la quantité d*eau nécessaire à Inr niMiefl et h leur développement, îour niandie graduellement alo^e s'arrêterait tout-â-coup, lorsque la totalité de Teau dont ils *Ukm péni^trés d*aboixl se serait convertie en glace.

il, * i^ft. - i|iui,ilioii est lii^s-riiible i4 rsl plus f|tiLU'ontiYÎ)alanrt'M' par \u fimilensnlion^

glaciers.

132 (ÎLACIEHS EN ACTIVITÉ.

L*eaii est donc, ainsi que la plupart des auteui*s Pont dit, non-sciilement rélément de Talimentation des glaciers, mais en mi^me temps elle est la clause de leur mouvement; en effet, en se congelant, elle se dilate et occasionne nécessairement un mouvement d'expansion qui doit se faire sentir dans toute la masse de la glace et lui imprimer une impulsion qui Tentraîne principalement dans la direction ou elle rencontre le moins de résistance , soit d'amont en aval suivant la pente du sol, soit supérieurement dans le sens de son épaisseur, en relevant sa surface ; dans les autres directions elle trouve des obstacles quelle ne peut suraionter, et elle éprouve des résistances au contact dos parois des montagnes bordant les cirques d'où elle descend et les vallées qu'elle parcourt, et contre lesquels sa surface seule peut se relever.

Mouvemcni des H^ 5^ j^ mouvement des glaciers serait donc ime conséquence^ naturelle de leur nwde d'alimentation; il serait déterminé par la dilatation continuelle de l'eau dont toute leur masse est sans cesse imbibée, qu'ils reçoivent en divei-ses proportions et souvent même en excès à certaines époques de l'année, et qui, en pénétrant dans tous les interstices des grains de glace, suivant leure joints entre-cix)isés et irréguliei*s , y introduit avec elle la cause unicp^ie de leur entretien, de leur accroissement et de leur progression.

La glace des glaciei^s est formée de grains plus ou moins gros , pressés les uns contre les autres , ayant des facettes irrégulières , courbes, planes, convexes ou concaves, entre lestjuelles l'eau peut facilement s'introduire (PI. 1, fig. 7j; mais en raison môme de cette structure , une fois que l'eau s'est engagée entre les joints des grains, entre ces innombrables parois si compliquées, elle circule avec une extrême lenteur et elle ne peut parvenir à la partie inférieure qu'après mille détoui's et un fort long trajet, pendant lequel elle s'est suffisamment refroidie pour se convertir en glace , soit en totalité , soit en partie.»

Pendant l'été l'eau qui s'écoule d'un glacier forme souvent un torrent assez puissant; si toute cette eau, provenant de la fusion de sa surface , était convertie en glace, il est évident (ju'au lieu de diminuer ou de rester stationnaire , le glacier augmenterait rapidement, puisqu'il ne subirait plus dans ce cas d'autre peile que celle que produirait l'évnporation. D'un autre côté, si la totalité de l'eau provenant de la fonte de la neige, du iievé et do la glace, s'écoulait sans se transformer, il est évident que toute dilatation cesserait, que la marche

\IOlVB1fOT DBS biACaEKiw 133

it interrompue et que, Caute d'aUmeutation, fegjUder décroitrail

tendrait à disparaître.

Si le mouvement des gladers n'est pas une conséquence de la dilalation produite par la tramformaiion m glace de teau qui s'y iniroduii, d si cette transformation n'est pas la cause essentielle de leur alimentaHoo* quelle ^rait donc la cause réelle de ce double phénomène, de cA eflets étudiés avec tant de soins et de patience, et qu'aujouixl hai il n'e&t plus possible de nier?

Les idai'Jers, ou le sait, et des expériences répétées lunl démontré, locd. animés d'un mouvement de progression qui nVsl pas uniforme dus loule leur étendue, depuis les cirques jusqu'aux pentes tenni-

Sor un fond plat ou sur un plan incliné régulier, un glader n'est pas tjne masse animée d'un mouvement uniforme; on y re- *, comme dans les cours d'eau, une sorte de veine fluide sui- I*atxe de la vallée et la ligne de 1m plus grande épaisseur, où la i est plus considérable que sur les bordti» et toujours cette vitesse al «0 ratfoti de la masse des section^observée^^ , plus ronsidér^dile sur im csomblements prescjue horiionlaux , pour les masses efiaisses, ^fm pour les couches minces de |;Iace suspendues ou applit^uées sur im mr&œs excessivement inclinées (Pi 3, fig, i et 5/.

fit ce que Tobservation a démontré à cet égaM doit néce^saiii^'ment «jHDdixîre si Teau est réellement rélémenl de Ta) imeu talion; une ÔialBse de glace pouvant absorber une t^antité d'eau plus qnime couche mince , les dilatations résultant de la congédeTeau seront plus considérables dans Tune ifiie dans Taulre, lan dœ proportions constantes et qui ne vurioraioiii que dans le cas oâ riiiiliibition de chacune des masses comparées ne serait pas égale ! cotie de glaœ ; et fmalement la vitesse d'un glacier sera, it œmme je \^ens de le dire, en raison de sa masse, en raison de la quantité d'eau qui i>LHit la pêuéti'er et

H k qotittité d'eau absorbée était uiiiformi'oient nq^andue dans

r« et $i la congélation de tcuu avait Heu iristantûntrumi dans (ouïe

liaiar^ k gtaci^ serait converti en une glace compacte et parfaitement

': €i cette première congélation une fois of«'?rée, IVaii

allons itmlîrnicril ^uc la vilifKhi* vnt m ruimin dv ïa miiuhr

provenant plus tard des pluies ou de la fonte superficielle s'écoulerait à la surface, sans pénétrer aucunement dans Tîntérieur.* Fissures. Crevasses. H. 6. La structifre même de la glace est ime preuve que Talimentation n'a pas lieu de cette manière , que l'eau n'y est pas également absorbée et répartie, et que la congélation ne s'y fait pas instantanément. D'mi auti'e côté, comme l'eau en se congelant se dilate, les parties les plus imbibées éprouveront une plus forte dilatation^, et il doit résulter des diverses tensions qui s'exercent alternativement dans la masse entière, des ruptures, des dislocations et la production de nombreuses fissures ou crevasses.

Le mouvement de progression d'un glacier n'étant pas uniforme dans toutes ses paities, les crevasses n'y sauraient être uniformément réparties , et elles doivent sur certains points se rencontrer en plus grand nombre et plus largement ouvertes, et c'est ce qui a lieu.

Sur le glacier de l'Aar (Unter-Aar), par exemple (PL 3, fig, 4), jusqu'à la hauteur du Pavillon, elles paraissent presqu'entièrement femiées, tandis que sous le Pavillon, bâti sur des rochers formant un éperon qui, s'enfonrant sousie glacier, occasionne ime chute, elles sont largement ouvertes entre la moraine médiane et la rive gauche.

Du Pavillon, en remontant vers les cirques, elles deviennent de plus en plus nombreuses, et au-delà de l'Abschwung, elles sont tellement larges et profondes, qu'on ne peut cheminer sur le glacier que lentement et avec les plus grandes précautions, lorsque, à la suite d'ime ablation assez forte vers le niiUcu de l'été, le nevé, qui ordinairement les recouvre, ne forme plus qu'une couche mince et détrempée qui s'affaisse sous la moindre pression. Enfin, aux pieds des escarpements bordant les cirques, aux points où la pente se relève brusquement, on rencontre dans la plupart des glaciers une ci'evasse appelée rimaye (Bergschrund) , formant une ceinture cii'culaii'e et sinueuse qui semble marquer la limita des glaciers et indiquer celle des tassements inégaux : c'est une crevasse disi)Osée conrnie toutes les failles, ayant le bord plus relevé contre l'escarpement, et l'autre déprimé inférieurement dans le sens de la pente, vers le fond du cirque. ^ Rimaye («erg- Au-delà do la rimaye , la glace se prolonge jusqu'au col à la sépafj^ninb). ration des glaciers de l'Aar et de Grindelwald ; mais son épaisseur, sur des pentes abruptes, étant moins considérable et la glace étant adhérente aux parois des rochers , la progression dans le sens longi-

H. ' De Charpentier^ lissais sur f es glaciers, ^ 7.

ludinal ne peut avoir lieu, eC les divers mouvements êlaul moius ;$^h sibles que dans le fond des cîniues. une rupluiedoît s'opéi^T au pcÀnl même où ces mouvements commencent à se maniiesler plus $en^* blemenl, et cette nipCure est Forigiiie de la rimaye.

Si Ton considère un petit glader établi sur uu plateau (PL 3» fi^. $ , on voit sur la glace les couches successives de neige et de uovô règu* Uèrement stratifiées, et si chaque année, ou après une série d'aiiuées même, une nouvelle couche de glaœ s ajoutait, on aurait finalement une masse stratifiée. Cependant si le glacier, en se déplaçant , par\*enait à un plan incliné et descendait en prenant partiellement une pente plus forte (fig. 9), il y aurait nécessairement une discordunoe marquée dans la stratification, et les. nouvelles couches de glace recouvriraient à Tamont, non-seulement Tancienne glaco, mais oncoiH) lesoL

D'un autre c6té, un glacier, même rudimentaire, n'est pas formé par une couche de glace d'épaisseur uniforme. Sur sou poiulour, au contact du sol et près de rochers échauffés par le soleil, Tablation est sensiblement plus forte que vers le miheu de Pâmas , et la glace aussi lûen que le nevé tend à prendre une forme bombée au centre et d6pnmée vers les bords. Enfin, si la glace, dépouillée pendant quelque temps de son manteau de nevé , se trouve directement exposée à Tactk>n atmosphérique, cette forme bombée se dessinera beaucoup mieux, et quand d'autres couches à surfaces supérieures horizontales s'ajoutenmt, elles suivront inférieurement les courbures de la glace , et la ^ratification sera encore irrégulière dans ce cas.

llalgré tant de causes qui peuvent affecter la régularité des straUm, la division par couches des hauts nevés n'est |>as moins un fait inomtestable; et il ne restera plus qu'à recherclier si elk3 m (umwsrva lans disparaître complètement dans la région inférirmre des glaciers ichap. 2).

H. 7. On voit près du sommet du FauUiom un jietit glai;ii;r rjiii n M*. '*•«'»*'♦ '•" Vm\\m\s robjet d'observations suivies de la part de MM. Mmwtîmm et 0rsfsl«, A( que j'ai eu occasion d'étudier pendant Tété de 1852, au uumumi même où M. m^^Mmm venait d'ouvrir une foiiilUf i»rfjf(ntiU: tUm k sens de sa longueur (PL i, fig. 1,2,5 el 4j.

i'ai pu alors mesurer exactement les diinensiori» du [tUwu^f^ /|ii^l •jiefiriis entièrement caché sous d^r*? ar/ia^ d^r luiv^f, ci utu^SaUt i\m î-puis 1844 il avait augmenté de 14 îwtr*-* '.u \oft'juf'ut <♦ f\ttntutu - ?•? m»-tres en largeur ^glace rrt rifrv*'^

Ëii 1841, dans le mois de septembre, sa longueur était d'après

M. MartiBS de 36"

sa largeur était de 72 mètres (fig. 6).

Tandis que le 1 1 août 1842, M. BMTais trouvait en longueur 60" sur 148 mètres de largeur (fig, 7),

Et le 24 septembre 1844, en longueur 77"

sur 177 mèti-es de largeur (fiQ, 7),

Et en tenant compte de ces dimensions, on voyait qu'il avait augmenté dans le rapport de 1 à 8 en trois années.

Vers la fin de juillet 1852 (f\^, %) :i

Sa longueur était de 91"

Et sa largeiu* de 154"

La largeur et une i>artie du sol au pourtour étaient recouvertes par un nevé de 3 mètres d'épaisseur moyenne , et le glacier n'avait pas éprouvé les efiets de l'ablation depuis six aimées et plus , puisque les bois d'une fontaine , placés en 1846 à l'amont, près du sentier et à 5 mètres du bord de la glace , n'ont pas été découverts depuis cette époque, et qu'au moment où ils ont été posés, le glacier était recouvert de nevé qui, au moment où la nouvelle neige de 1846 est tombée, devait avoir une certaine puissance, la couche qu'il forme aujourd'hui ayant encore 1",60 d'épaisseur à l'amont et 1 mètre à la tranche terminale.

Cependant, sous le nevé, la glace ayant actuellement 60 mètres de longueur et 140 de largeur, le glacier aiu^ait donc diminué depuis 1844 et en définitive augmenté depuis 1841, si Ton tient compte des chiffres que je viens de rappoiler, et qui très-certainement ont été relevés avec soin.

Mais la glace recouverte entièrement depuis 1845, et certainement avant la fin de 1844, n'a pu diminuer sous le- nevé et subir d'ablation; le nevé de 1845 (fuj. 5), conservé en grande partie en 1846 et protégé ensuite par de nouvelles couches de neige, am'ait pu se convertir en glace et contribuer à l'agrandissement du glacier, qui cependant a de plus fortes proportions aujourd'hui qu'à l'époque où M. Martins l'a observé pom» la première fois. En effet, sa largeur même, en ne notant que celle de la glace, s'est accrue de 36 à 60 et sa longueur de 72 à 140; et ces dimensions sont bien celles du glacier

DA. ' En I8.W le {;laci(T àiaàl rouvert d'une épaisst» couehe de nevé, cl les chiffres cités par Tami Howard !>ont très-approximatifs.

GLACI£A DL FAULHORN.

M. H^rtlna a pu f^luditT à loisir alors ipi'il y avait absence de

, et qu il se conii>osait en entier de glace spongieuse à la sur l'ace

al €OÊ9ipacte à quelques centimètres de profondeur seuiemetit.^

^^ Or, un accroissement de 24 mètres en longueur et de 68 mètres en

^Bis^iir en onze années aurait dii exiger la transformation d'une

^(noide quantité de neige et de nevé; cependant en 1841 le nevé avmt

clisparu, mais il en existait en 1842 et 1844. Aussi, dans cette inter-

Tallet il y a eu augmentation; mais de 184! à 1852 le glacier avait

déjà reçu ua accroissement notable en longueur surtout» piusqu'il

était alougé de 36 à 60 mètres, ou de près du double : la quantité

de neige tombée pendant Thiver de 1841 a !842 aurait donc été ex-

mordinaire j»om^ fournir, malgré Tablation , assez de nevé et de

I ^boê; et de 1841 à 1842 ralimentation et la transfonnation s'étajit

oontisitiées et reproduites , on concevrait raccroissement e^onstaté.

Cependant le nevé de 1845 à 1846 n'a pas disparu, et à partir de

1846 il n'a cessé d'étiT protégé; et, on le voit au contact du glacier

aussi bien que sur le sol , U ne s'est fait aucune transformation «

I aactuie addition de nouvelles c^Duches de glace : comment donc ex-

I pliquer raccroissement manifeste constaté de 1841 à 1852, si ce n'est

I fmr raccimiulation successive d'amas de nevé assez puissants pour

atrelopper le glacier, empécber Tablation de sa surface , tout en lui

ikfiiiant l'élément essentiel de son alimentation, El cet élément est

imâemmmi Veau provenant de la fonte de la neige , puisque toutes les

successives de cette n<3ige réduite en nevé, conservées à cet

depuis 1845, prouvent fpie ralimentation et raccroissement du

r ne sauraient éti^e le lésultat d'une tiansformation de nevé en

|faoe qui s*est ajoutée à sa surface.

Les faits que je nens de rapporter se produisent de même dans les L'eau est l'éit-meui puids glaciers et, malgré les diffîcidtés qu'on doit nécessairement vrhâ^»] h exclusif Iproirrer dans leur élude et les complicalions apparentes de leur tépmt^ il ne sera piîut-étre pas impossible de démontrer que Veau ea téiémÊfU principal et exclusif de leur alimenintion.

Si l^aocroissement des glaciers ét^ut di\ à raccumolalion successive ée Qouvdlas couches de glace annuellement produites , le niveau de ftrUins glaciers ne tarderait pas à se relever sensiblement ; dans les

fti. • CrtU glace spoii^euse, disluqiit't\ se produit sur tous \e& glaclt» is dècnu verts pf %Bk nj^m Milaires; k quelques ri-iiliiiiiHrc's iiu-tlcîyNUUS di' la iiurface t-Ke cbt comi qtii* crlk* qui est rouverlc de nevé oii de rnulèriciiix

(le fdlinienUilioo de* |] aciers.

138 GLACIEltS £N ACTIVITÉ.

cirques élevés, sur les cols et les plateaux , où le mouvement est faible, les exhaussements prendraient bientôt de fortes propoitions , quand même le nevé transformé en glace ne produirait chaque aimée qu'mie couche d^ime faible épaisseur; à moins que, de temps à autre, à la suite d^me ablation plus considérable et extraordinaire, les surfaces des hauts glaciers ne fussent ramenées aux niveaux moyens qu'elles n'ont jamais dépassés depuis qu'on les observe. Et, dans ce cas, il faudrait admettre tout d'abord que les neiges de Tannée et luie partie des glaces produites par la transformation des nevés antérieurs disparaissant pendant le cours d'un été, les glaciers, pnvés alors de "^ tout accroissement et ne recevant pas , par une addition de nouvelles

couches de glace , une compensation aux pertes résultant de cette ablation extraordinaire , plus active encore dans leurs régions inférieures, seraient subitement réduits.

Neiges ou iievès H. 8. Un glacier ne se divise pas en régions distinctes où la glace et le qui couvrent tempo- ^^ ge rencontrent exclusivement. A une certaine hauteur variable, niremeni les gia- j^ glace, qui Semble disparaître, existe pourtant sans interruption sous le nevé jusqu'aux limites les plus élevées du cirque, tantôt cachée sous une couche de nevé plus ou moins épaisse , et tantôt entièi*ement dégagée et subissant à certains moments de l'année l'influence et les efTets de l'ablation.

Entre la rimaye et le col do la Strahleck, par exemple (PL 5, fig, 4), la glace apphquée contre une paroi très-inclinée de rochers est souvent visible; la fonte qu'elle éprouve alors, lorsque la totalité de la neige a disparu, tend à en réduire l'épaisseiu* , et sur ce point il est évident que, loin de s'accroître ou de rester stationnaire, le glacier devrait diminuer graduellement , ce qui n'a pas lieu.

La glace, quoique très-inclinée, peut cependant absorber une certaine quantité d'eau qui, en se congelant, rend à la masse ce que l'ablation a pu lui enlever momentanément, et dans des proportions telles qu'il y a seulement compensation et que le glacier, ne subissant pas d'augmentations ou de réductions appréciables , parait stationaire.

Au-dessous de la rimaye (Bergschrund) jusque dans les environs de la pointe du Mittelgrat, on retrouve toujours, ou presque toujours, sans interruption des amas assez puissants de neige ou de nevé * ; et c'est dans cette région que devrait s'opérer la transformation

DA. ' La persistance de» iieigei» ou nevés qui couvrent les glaciers est très-variahie ; en 1861 et 18G2, a la tin du mois d'août, tout le cirque du Finster-Aar jusqu'^ la basi*

NEIGES OU HEVÈB QUI COUVRENT TEMPOKAIIlEMENT LES Gl^VCIEES.

de» oooches en lai'ges écailles de glaœ destinées , selon ijuelques atHeuis, à compenser les pertes que le glacier éprouve chaque année* Je n'ai jamais visité ce circfue que dans le courant des mois de juillet ou d'août, et 11 ne m*a pas été possible de œnstaler TelTet ttjtal lie raiflaiion annuelle, qui continue pendant la plus grande partie des mois cle septembre et d'octobre daiïs les années favorables. Toutefois, à la fin du mois d'août, le nevé est souvent réduit à une enveloppe fûÊ/i peu épaisse, surtout quand il a disparu du voisinage de TAb- 9chi9viuig, où Ton croyait autrefois devoii* User sa limite inférieure.

Généralement dans le courant du mois d'août * , la surface totale lu oevé, y compris les coulées latérales, atteint à peine 1 kilomèti'e, l'is^ carrés, et son épaissein- moyenne ne dépasse pas 2 mètres, eu tenant compte des tlivers i-enflements qu'on y observe; il SMsIitue alors un amas d'environ trois millions six c^^nt mille métrés caba au majûmmu, et ce volimie est considérablement réduit à la liu (le Télé, d'après des obser\^alions auxquelles on £>eut avoir confiance. VoùieftKia, en admettant que ces tiois millions six cezii mille qiètres myienl conservés en tot^dité et puissent Tai i née suivante se trans- • sn glace, et que le cirtpie du Lauler-Aaren foiu^nisse la même «piaotité, «oit en tout &t*pt à huit millions même, on aurait en déflniltve, pour le maximum de raJiiTientation, environ deux millions de iDÉtiias cubes de glace nouvelle.

Mais la surface de la partie du glacier découverte et non préservée |ar le neré étant d'environ huit millions de mèti-es carrés, pour implaegr œ que Tablation lui enlève, soit en moyenne 3 mèti^es de knileiir, Talimenlation serait à la tiirainutioii dans le rapport de 2 à 24 m douxe fois trop faible , soit même de 2 à 16 en ne comptant Tabla- ÉB qu'à 2 mètres en moyenne; ce qu'on ne saurait comprendre ou afBqiier^ puisque le glacier, on le sait, on le voit, est notoirement et it en voie de progrès. Il faut donc encore chercher \ la cause de son alimentation en excès.^

Irli^toililfidl, le tctaei«r était complètement k tk^irvert, et (ilasieurs Hocs do la l)andc étk mtnmt t(»nuaieul tabk de ^biierî im vuviiit deti cMti^ gruvekux. Le: trujet du GfÎBtd k Grindclwald hc ÎAisâii en nKiretmnl ])arli>ut sur les ^lacîerb dt'couverts, et 1b féal ilnipte de la Strahlccl était complètement déj^iarme de matières ^é\ée$i m mmm wm ratte fo placv.

M. * btais ferlajnc4i années.

SA. * Ce çiikul Cil i'iahli par iwlre ami HoKitrd pour \nUK Kii lK<a il IHU'i tout |p f^ngf % éttvmtfX a sul»i une altJîition fofiMdt^mhle dv qnelquis mètres : (oojuurs il «ed ffoif^rT.

Le nevé des cirques disparait graduellemeut, à mesure qu'enti*aîné par le glacier, il parvient au-dessous d'iuie certaine limite.

On sait que les blocs qui tombent à sa surface s'enfoncent généralement et finissent même quelquefois par disparaître dans sa masse. S'il y avait production de couches successives de glace , on remai*querait dans une coupe transversale de ces bancs régulièrement superposés de glace les moraines latérales et médianes régulièrement étagées et reparaissant sur les affleurements des tranches des couches réguUèrement distribuées {PL 5, fig, 6 et 7),

Mais jus^iu'ici on n'a rien observé de semblable , et les blocs accidentellement engagés dans la glace y sont distribués sans ordre, ainsi qu'on peut le voir sur le front de la plupart des glaciers.

Dans le cirque de la Strahleck, sur le nevé, on voit deux blocs, dont l'un (le premier que l'on rencontre en montant) est parvenu vers le milieu du glacier, tandis que le second, plus à l'amont, est sur la rive droite.

Le premier côté, sous le n*^ 4 des points de la triangulation de M. Ote» ingénieur {PI. S, fig. 5) , repose sur la glace ; le 8 août 1 852 il dépassait le nevé qui n'enveloppait plus sa base que sur une hauteur de 80 centimètres, épaisseur à cette époque du nevé vers le pied oriental du Schreckhom. En observant sa marche depuis dix années , on a pu constater qu'à son pourtour il ne s'était ajouté aucune nouvelle couche de glace aux dépens du nevé , dont l'épaisseur va diminuer à mesure qu'il est entraîné plus bas, et jusqu'à ce que finalement le bloc entièrement dégagé pourra commencer à tabler sur sa base de glace, dépouillée de son manteau de nevé et exposée aux effets de l'ablation.

Si le nevé se transformait successivement en glace , on verrait les traces et les preuves de ce mode d'alimentation à la base de ce bloc, que la glace tendrait à envelopper graduellement en s'élevant de sa base vers le sommet ; et si le bloc reposant sur le glacier, conune on l'a toujours observé, était autrefois entièrement recouvert de nevé, lorsqu'il se trouvait à im kilomètre à l'amont du point où il est parvenu, on devrait le retrouver aujourd'hui enveloppé et noyé dans la glace ajoutée annuellement dans le cirque, pour compenser les pertes annuelles subies par le glacier ; mais depuis plus de douze armées la surface du glacier n'a pas varié et ne s'est pas i^elevée en se recouvrant de nouvelles couches de glace.

Ce serait donc plus à l'amont qu'il faudrait rechercher des ncvés persistants destinés à la transformation nécessaire pour réparer toutes

MAllCilE 1>ES (ILACÏEHS. 141

Imptuiies du glacier, quoique n'occupant plus qu'un espace fort cireoBKiîl et renfermant incontestablement moins d'iilèments de rcpit)iuctàan de la glace que les surfaces indiquées ci-dessus.

Mais plus à Tamonl le second bloc venant de la rive droite est descmâu du flanc de la montagne dans le courant d'aoïlt 1849; il avait une trace ou sillon très-blanc à la surface ternie du nevé indiiJiie chute très-récente. Je lai reirouvé chaque année, soil à bllii de juillet, soit dans les premiers jours du mois d'août^ s'avnnçonl avec le glacier, mais toujours à la surface du nevé , assez solide pour le supporter,

La loiaiité de hi neige de 1849 à 1852 mclusivement a donc disparu dans teciniue avant la fin de Télé , sans qiie de nouvelles couches se WfÉBtÈÎ ajoutées au nevé qui , loin de s\accroitre , a dû aussi diminuer lemenl , sa surface étant exposée A Taction atmosphérique t un temps plus ou moins long ; et si d'ujie part le ncve ne se cDinFailit pas en glace inférieurement, et d\iutre part ne s'accroît pas sapétieiireïnent par radchlion d'autres couches, on doit comprendre fiia sa transformation en glace ne peut désormais être considérée un fait règulier-et (^onstant d'idimentation et de réparation des du glacier.

H* 9. La neige est l'élément essentiel du phénomène glaciaire, el lea glaciers augmentent ou diminuent en raison de la quantité tpfSk en reçoivent annuellement. On sait, en effet, que la quantité et oelge tombée pendant un hiver n'est pas la même partout clqQ*elle %'arie beaucoup dans les locaMtés rapprochées, et non-seuleraent sur des glaciers voisins» mais encore sur les diverses branches é'ttii même giader. On sait aussi que , dans un glacier divisé en deux , on n'observe pas toujours la même marche sur chacune , quQigiie placées dans des conditions h peu prés identirjues; foerune va en diminuant, tandis que Tautre imgniente, et que le« de celle-ci pendant Tété sont en raison de la phis grande de neige dont elle s'est irouvée chargée pnidanl l'hiver, et innwiinlililrmrnr alors en raison du volume rPeau résultant de la kÊlt Mskkr quand on peut consl<ater qu'il ne s'est rien ajouté à la

«Bfcoe du glacier sous forme de nevé on de glace

I/ean s'écoulant avec plus de rapidité sur de fortes pentes, le glak plus incliné en retiendra proportionnelîement une moins forte et de%Ta croître moins fortement; et c'est ce qui a lien, les à penie^ rai»ides ayant ordinairement moins d'épaisseur que

Martïic des placit-r!* (progression}.

les autres. Si donc ralimentation n'était pas une conséquence (leTlntroduction de l'eau dans la glace, tous ces faits n'auraient pas lieu , les glaciers ne glissant pas par leur propre poids ^ : l'extension et le mouvement n'auraient plus de cause, et les accroissements par les additions successives de nouvelles couches de glace devant se produire uniformément dans les deux cas , les différences dont il vient d'être question ne s'observeraient plus.

La marche des glaciers n'est pas arrêtée pendant l'hiver comme on le croyait autrefois , mais elle a lieu sans interruption , sans intermittences durant toute l'année. L'eau dont ils sont pénétrés pendant la belle saison ne s'écoule ou ne se congèle pas tout-à-KX)iip , et elle peut s'y maintenir constamment à l'état liquide dans un milieu dont la température moyenne ne doit pas varier; les refroidissements extraordinaires qui ont lieu pendant l'iiiver ne peuvent affecter que les surfaces des masses de glace, quand elles ne sont pas recouvertes de couches puissantes de neige qui contribuent encore à y maintenir luie température uniforme. S'il en était autrement, et si la congélation se faisait instantanément, les glaciers deviendraient des masses de glace compacte , et ils cesseraient de se mouvoir.

L'élévation de la température dans de certaines limitas est éminemment favorable à l'extension des glacière ; aussi les plus considérables de la Suisse et ceux dont les progrès sont les plus rapides sont-ils exposés sur les pentes et dans les vallées dirigées vers l'Orient et le Midi : tels sont ceux de Viesch et d'Aletsch qui s'avancent vers le fond de la vallée du Rhône en culbutant des forêts qui en étaient éloignées autrefois ; le glacier du Rhône à l'origine de la vallée ; ceux de Zmutt et de Gk)nier, qui ne sont pas abrités par des cîmes élevées et protégés contre l'action solaire; ceux du revers oriental du Mont- Blanc dans l'Allée-Blanche , etc.; enfin ceux de toutes ces contrées, où une évaporation plus active favorise la chute d'une quantité d'eau plus considérable sous forme de pluie ou de neige , et où la fusion étant plus active, l'alimentation devient plus abondante que dans toutes les vallées froides des revers Nord des montagnes des Alpes.

Le froid, aussi bien qu'une évaporation trop puissante, arrête évidemment les progrès de l'alimentation ; aussi , sous l'influence d'une

DA. « Nulle pari les glaciers ne tîUssent par leur propre poids; — à une certaine altitude, ils sont adhérents (gelés, fixés) au sol, et par conséquent ne sauraient glisser, et ne polissent pas les rtu'hes.

MARCHK DEfi GLACIEBS. 143

turc trop basse ou lni|> élevée , des perturbations imporlaiites

» Dianqueraient pas de so manifester dans le régime des glaciers.

Les observ^ations que je %ieiis de rapporter ne permettent pas d*ad-

«pi*A répoqiie d'une grnnde extension des glaciers il y ait eu

période frigorilique, et que nos conlrées se soient trouvées sous

on climat glacial : ces glaciers n'ont pu s'étendre c^mme ils Tont fait

aolrerdis qnïi la suite de chutes très-ransidérables de neige qui se

tesail accumulée soit sur les lieux élevés, soilm^me dans les %^nl-

, 6aD8 donner naissance h des amas de glace qui n'ont pu se pro-

^ que par la transforamtion de la neige en nevé et du nevé en

grenue, opérations qui ne s'opèrent et n'auraient pu s'opémr

qa^^viec le concmu^s de Teau; et ainsi (jiie Ta fait remarquer H* l^e-

«■« *, la Deige qiu peut se précipiter sur un point i-efroidi dépend de

l^ean qui a pu se va|>oriser, et la vaj^eur est nécessairement sous la

dépendanC'e delà proportion de calorique appliquée à sa profîuction.

I Mus le climat est chaud, plus Fair dissout de vapeur et plus grande

Hpit la ciuantit^ de neige qu'il peut déposer quand, passant sur des

^MDiillB élevés où la température est à zéro, il perd en partie son [►ou-

'^^oir dissolTani et abandonne son humidité,

Lm conditions favoraljEes à Textension des glaciers actuels étajit la 1 poiiic^n d'une plus grmide quantiiê de neige et une fusion fwtive, I bfomées par une température élevée, ou devrait admettre qu'a j fépuqoe de leur plus grande extension, les chutes de neige étaient pv^ortionnellement plus ahondantes, et qu'en même temps une sur- «lévation de température jMmdant une partie de Tannée devait en hfomer alternativement et la production et la fusion ; ralimentatiou néoesoûre à la consen-ation des glaciei-s ayant dlnimenses proportions ne peut avoir lieu qu*à celte double condition.

Cette théorie parait confirmée par ce que Ton observée dans les Uf» , où la neige ne se répand pas d'une manière uniforme sur les dnef et dans les cinpies élevés; eUe tombe avec pins d'abondance ms expositions méridionales, et les plus grands glaciers descendenl daofrle» vallées dirigées vers le Midi, ayant une température moyenne (itts élevée que celle des versants exposés au Nord , occupées par des l^ieiers moins considérables. Mais dans les Vosges et la Forét-Noire, Târ ♦*iti'fiq>îp, luie surélévation de température suflirait-elle pour

Il ' ituUrtiH de ta Société grohgiquf fif hirmce, l. (X, 2'' sérk, fr» »"î28, îsôanrc

occasionner la chute de grandes quantités de neige, et la production de glaciers sur ces montagnes, dont les cîmes se maintiennent à 1500 mètres au-dessous de la limite inférieure des glaciers des Alpes? Cela ne paraît pas probable , à moins que le relief du terrain ne soit en môme temps singulièrement modifié.

Les causes de la production et de la conservation, pendant une longue suite de siècles, des glaciers qui, à une époque récente, ont recouvert ces contrées, sont donc encore inexpliquées, et Ton ne peut aujourd'hui les déterminer d'une manière rigoureuse, ni prévoir quand il sera possible de sortir définitivement, à cet égard, du champ des conjectures et des hy]>othèses.

Mais, d'après les considérations qui précèdent, la neige serait l'élément essentiel de la conservation et du développement des glaciers ; elle les protège en les recouvrant en totalité pendant une grande partie de l'année et partiellement dans les hautes régions durant l'été, et elle ne peut disparaître dans les régions inférieures , ou diminuer en étendue et en épaisseur dans les cirques, qu'en fournissant l'eau nécessaire pour assurer leur alimentation et déterminer en même temps leur mouvement.

Ces deux effets sont et doivent être nécessairement les conséquences d'une seule et môme cause ; et si la congélation de l'eau dans l'intérieur d'un glacier doit occasionner des tensions plus ou moins considérables, il est évident qu'elle ne peut avoir lieu sans y produire en môme temps une augmentation du volume de la glace.

S'il en était autrement, et si le mouvement et l'alimentation résultaient de causes différentes, indépendantes l'une de l'autre, on chercherait inutilement à expliquer les faits observés, et à comprendre comment ils se produisent, et par quelle voie se réparent ou se compensent les pertes que les glaciers éprouvent par l'ablation, lorsqu'il faut bien renoncer à trouver les compensations dans les additions successives et supposées de larges écailles, de nouvelles couches de glace qui, nous l'avons constaté, ne se produisent pas dans les cirques élevés, réservoirs naturels ou se trouvent pourtant les accumulations de neige et de nevé , sources de production et de conservation de la glace.

Essayons maintenant de rechercher quelles sont les transformations que peuvept subir la neige et l'eau , et les phases principales de l'alimentation et du mouvement.

Nriges ot iicvés. H. 10. La ueigo dcs hautes régions n'a pas de caractère propre;

Nîîir.E mvaB. 145

elle est poljtnorphe commo celle de la plaine * ; les causes de sa Inuisforaiàtion cit nevé Tî'oiît pas encore éié indiquées d'une manièii? •alislaisante ; toutefois qiieliiues auteurs ont considéré le fait de cette tnuisIbrmatioQ cùmme une nouvelle cristallisatiou ; quanl à la forme

■^ lift ]

On ronnrque souvent a h surfarp de la tifige des haiifcs régions des Alpes de Neîi^c nmîfc. Licheîi d*nni* teinte nis*!-!" et qui» todées liiix pieds, deviennent poui-pix^s el nffrenl ilf truces 011 d'empreiiiles sansitanles. tt» iKties, qui prenni-nt quelqyefin» une eTitension considèrahie, envalilssanl la plus partie de*» ch:iinps île lu^i^ie, ont fait f noire k ♦exislenre de la netge rmtfje , tnatiofi qu'on !*'ur consiTvep qimîqu'un sartie quVlies ni» sont pas formées d'une ptrUtuliere de îifii;e, mais qu'elles a]qiiirtiennenl ^ la neîRtf ordinaire arelrlenrolone par m\ corps elraniJ;er qui se développe U sa surfaee et la pi^ïiiir*; plus profondément.

Le phirinmiéuc de la coloralion de la neige n'est pas parlicidiVT aux Alpes ; mais il a rrfiian{tir ausisi diifis les régions polaires, ou les capilaincs r<i«#i et parry l'ont t ra 181 s. Ils aperçurent des roehers couverts d*une titigi- érarluteT pénétrée jusmir profocidenr de 3 ^ V mètres d^nne matière roiiRe. Ili «raient d*yà remarqué qne , lorsque les traîneaux eliar^^s passaient sur ia neipe tts lisaient derrit-re eux une nuance qu'ils altrihuaient ii quelque malière eo- WrieDiie dans te Inmleau dont ils étaient eonslnnts, et que le froissement et la dêgafeaient. Mais s'ètanl aperrus qm; les patins sur lesquels les traîneaux ni cl \i*s rranipons de leurs soulier?; produisaient le mèïîie etTet, ils purent conquit t\A\X diï a la (OUI pression de la neige ou de la glace. La sttlstiiicir colorant la neige , examinée au inierosccipe par plusieurs savants anglais, *f«r funit irne priHlurtion végétale et a reçu les diverses dèitoïniriations de Proff^cocrus umatiM, Palmelia niraih^ el fjr(/;i niraiU, Opinion généralement adoptée par les qui ont étudie la rn-ige muge.

Il» vers 1810, m. itenor s'est t>ceupé de rexamen de celle nialii-re eolo-

mit éê la neige des Alpes et a rapport»' dans ses EjrcHf^ionjs, p. 215 et suivantes,

y* alurfri étions auxquelles !if . KûtiKentoni «le i.owpnitirrs venait de Se livrer pour

«« f^fier la nature.

■. «Hivf tlewortli . te premier^ avait examiné sur tes lieux la neige rouge avec utk

d*apbque snfTisant, et it avait rect^nnu que les petits corps ronds considéra' s

de» plantes et des sporuks paraissaient pour la plupart doués d'un mouvement

, eomme des infusoires, et devaient a ravenir Hre considérés ronime de petits

rfimt on pouvait apprécier le dêveloiipement et le mode de proitanaîion , et

appartenaient au genre Àsinsin , VMt.

i^ H. m^mmr faisant n^warquer que chaque enrpuscule offrait une carapace transmnde ou ovale, entiruranl li' corps, ijui devient invisihte qtiand ranimalicule •facm Ice que s. «rlialilrworth n'avail jirobableitient pas aperço], ces infus^iircs être mptmrles au ftiacerca tir Morreti; que Te s pi ce de la neige rouge devait la d^nnmi nation de DLwrrra nlr&tts ; enfin, que les formes d irrites et obserr il. iftebiittlewftrih sous les m mis dM.t/fljî/iT nlraH^ ^ ^*!ff/''s snngmnntSf niiaiiA, Pftndorum hi/aOna , représentaient autant de pliases du déve* lippaBeiit du même animal, le Ditcerca nirnlis,

U s^ne atitrur cite rn imlre deux autres espèces de cûi*ps globuleux» l'uu d*un muge Umu tjfani sur le hnm, l'autre de couleur bru mUre, tirant ordinairement sur le vert, dont «. ttiiittiilrvk^rili a tîgure une carapace vide siujs le nom de Monfts rereum, et qui eridcmmcnt se rapjiorter à ia même espèce.

V* Ml

dos grains de nevé , M. l«adame pense qu'elle est reiîel d'une oblitération continue des cristaux , et que la cause essentielle de cette oblitération réside dans les variations frfHiuentes de la température; si Ton place, dit-il, dans un endroit où la température est invariable, une dissolution convenablement concentrée de sulfate de soude, on obtient de grands et beaux cristaux ; mais si on la place dans un lieu où il y a de nombreuses variations de température , les cristaux sont courts , ils présentent beaucxnip de facettes et prennent ainsi la forme arrondie ; et il ccftclut de cette expérience que les successions de fonte et de solidifuîation déterminent dans les cristaux une ol)litération qui les arrondit. Et Ci^mme ce sont Ih précisément les circonstances dans lesquelles se trouve la neige dans les hautes régions, quoi de plus naturel que d'attribuer à une influence semblable la forme des grains de nevé?^

La transformation de la neige en nevé paraît une conséqucnci* naturelle des variations de la température 2. Lorsque la température s'élève, les couches superficielles se fondent et l'eau qui se produit filtre dans les couches inférieures, imbibe les (cristaux qui s'oblitéront et se convertissent en grains, dont un abaissement de températui-e arrête ensuite la fonte totale et assure la conservation {PL 4, fig. S).

Les cristaux de neige étant irréguliers et se réunissant en nombre et en groupes variables , ne se trouvant pas placés dans des conditions qui puissent permettre des modifications égales , unifoimes de toutes leurs facettes dans chacun de ces petits groupes , on conçoit qu'ils ne doivent pas affecter une forme arrondie , régulière et exclusivement globuleuse {Fig. 5).

Et, en elTet, ces grains sont polymorphes, et s'ils oflVent des por-

Tous ces curps indistinctement sont considérés aujourd'hui comme étant de nature végétale: à partir de la couleur verte, en passant au rouge vir, ils se «rolorent finalement en bleu ou en brun , en subissant les diverses phases de leur production , de leur développement et de leur destruction: changements de couleurs dans Venveloppc, dans les sporules , que Ton observe aussi visiblement dans un grand nombre de plantes cryptogames dont les capsules et les s|H)rules varient du blanc au jaune et au bruu foncé, et dont on n*a jamais songé k multiplier les genres et les espèces en raison des formes variées et de la coloration diverse qu'elles prennent aux différentes époques de leur croissance,

H. * AffaMlm, Système glaciaire, p. 144.

DA. ' La transformation de la neige en nevé est une conséquence des variations de température, et surtout de Tétai hygrométrique de Pair. — \ùycz Ctaciers en actiHté , paragraphes DA.

NEIGES ET NEVÉS. 147

tkiDs arrondies, ils affectent identiquement les formes que Ton obàenre dans les grains plus développés de la glace, des angles aigus , de* siir£aM:es oouTexes et concaves , et visiblement aussi des stries «l'une extrême finesse {Fig. 6).

Une ocMiche de nevé n*a que Tapparence de la structure oolitique , d'un amas de grains arrondis de même forme et de même grosseur, ainsi qu'on parait l'avoir admis jusqu'ici, et que je le supposais moimême, d'après les descriptions, avant d'avoir pris le soin d'examiner de plus près la structure des nevés et de la 'glace opaque à laquelle fls donnent lieu en se solidifiant.

Toute espèce de neige , dans la plaine aussi bien que dans la montagne, peut se convertir en nevé et subir ime seconde cristallisation, lorsqu'elle est suffisamment imbibée; mais lorsque ensuite le nevé, par un abaissement de température, se congèle, il se convertit en glace (qiaque à grains anguleux, et cette glace, ultérieurement pénétrée d'eau , se transforme graduellement en glace de plus en plus transparente et compacte, à grains plus gros, mais toujours indé- («ndants, rapprochés, serrés les uns contre les autres, mais nullement soudés entre eux dans une même masse.

L'air non dissous, disséminé entre les grains de nevé ou dans leur intérieur, retenu et enfermé dans les grains de glace, s'y réunit en petites bulles i^arfaitement circonscrites qui se dépriment et s'apialissent ensuite par l'effet de pressions continuelles (PL 1, fig. 8

La giace de nevé (et celle du glacier qui n'est que la complète transformation de la première) conserve toujours, et dans toute l'étendue des masses qu'elle constitue, la structure grenue propre à la glace provenant de la congélation de la neige imbibée d'eau; cette structure, #jui est une preuve de son origine , est une condition essentielle de la ooQser\'ation des glaciers, la neige trop fortement imbibée et saturée «IVau formant une pâte dans laquelle les cristaux se déforment entièrement et se prend en glace opaque et bulleuse , constituant une masse compacte et imperméable.

Un glacier composé de cette espèce de glace serait une masse inerte n'ayant aucune des conditions de durée ou de progrès. Et les gla(ners »^uels ne tarderaient pas soit à disparaître , soit à se retirer sensi- 14emeiit, si, par suite d'un abaissement subit de température, l'eau 'ii-nt ils sont imbibés pouvait, à un moment donné, se congeler toutt-<oup. souder les grains et fermer toutes les fissures, tous les

148 r.L.\CIERS EX ACTIVITÉ.

joints sinueux existant entre eux, et qui sont les canaux de rinfiltration.i «ihce «le Riaricrs. H. 1 1 . La glaco (lo glacier, désignée sous la dénomination de œtnpacte, offre souvent, à la vérité, l'aspect d'une masse vitreuse transparente; elle n'est pourtant que la réunion de grains de glace véritablement compacte, imperméable, juxtaposés et séparés par des fissures très-minces et qui forment un réseau tellement serré et compliqué, que la glace prend l'aspect de la glace opaque aussitôt qiie l'eau cesse de lubrifier ces joints , et que l'air extérieur peut accidentellement y pénétrer en m^me temps que l'air dissous peut se dégager.

La glace des glaciers conserve une structui-e qui révèle son origine, et dans toutes ses parties on retrouve indistinctement, invariablement, les grains ix)lymorphes, plus ou moins développés et grossis, qui sont entrés dans sa composition comme éléments primitifs et constitutifs {Fig. 7). Ces giMins caractérisent les nevés et la glace de neige imbibée d'eau , et ils ne peuvent perdre leurs formes irrégulières, déterminées originairement parmi premier tassement, et que les pressions tendent ensuite à ac^îuser plus nettement, mais ne sauraient évidemment ramener à la structure globuleuse qu'on avait cm autrefois entrevoir dans la glace de ncvé.

Pissures capillaires. Cependant il Semble que les auteurs qui jusqu'à ce jour ont décrit les glaciers les considèrent comme des masses plus ou moins homogènes, ayant pour caractère essentiel d'être traversés par im réseau de fissures capillaires, dont la produc^tion aurait pour cause la pression et les variations de la température; et dans cette hypothèse, les firagme^xts constituant la glac^ ne seraient pas les grains originaires de nevé , soudés et grossis , mais bien des morceaux ou des éclats d'une masse fissurée dans tous les sens {PI. 3, fig. 40).

On ne voit en effet aucun glacier composé d'une masse homogène de glac« n'offrant ni fentes ni fêlures. La glace est toujours divisée en fragments plus ou moins volumineux et en masses pol^'édriques entre les plans entrecroisés de fentes ou de crevasses reclilignes , ou en zigzags, déterminés par la dilatation, par l'accélération ou le ralentissement momentané d'une portion de glaciers , par des déversements , etc. Puis ces masses comprises entre les crevasses se subdivisent à

DA. * Cette congélation se Tait par suite de basses températures auxquelles les surfaces du glacier sont exposés; de môme celles qui sont couvertes de nevés ; mais dès que sa température revient U zéro (glace fondante), les grains sont de nouveau séparés et rinfiltration a lieu.

BiLNUES BLELC:^. (M

l'infini en fragments plus ou moÂns gros par des fentes multipliées « très-fines et nommées fissures capillaires.

Quelque nombreuses que soient ces fentes, quels que soient leurs entrecroisements, les fragments déterminés par leurs intersectious sont et doivent être des morceaux anguleux polj'édriques plus ou moins réguliers ; et les crevasses ou les fissures ne sont pas unifoi^mômout réparties dans Pintérieur de la çlace. Dans le voisinage du nové elles sont généralement plus nombreuses, ainsi que Tindique une plus grande transparence résultant d'une infiltration plus abondante. Et ces portions plus complètement fissurées se dessinent sous la forme de bandes ou de zones verticales assez distincle^nent Umilées, Quand c«s bandes, désignées sous le nom de bandes bleues, ont acquis une ^^^^^ ^^^'uom certaine éj^aisseur, elles se distinguent parfaitement par leur reflet brillant, par leur teinte azurée, de la glace huileuse, dans laiiuellu elles sont conune enchâssées.

Ces fentes diverses ne peuvent déterminer qu'mie sorte de clivngo régulier et des fragments à facettes généralement régulières, à uiiglos bien prononcés , mais non ces grains de glace offrant à la fols Uoh angles très-aigus, des surfaces planes et contournées, des |X)inteH saillantes, des mamelons ari*ondis ou des enfoncements œncaves, caractères qui révèlent une autre origine et prouvent qulndé[)endamment des ruptures, des dislocations ou des fentes déterminées par la tension , la glace affecte un clivage particulier ; qu'aprî^H une {oemière et incomplète transformation, la glace de nevé ayant rapp<i^ rence d'une masse oolitique se résout encore en grains anguitiux, H que plus tard, lorsque suffisanunent saturée;, elle est £iarv(5niii.* à TéUil •Je glace , elle conserve une structure propre , a^ mém<5M gliihulet» gr^M* >i5 , modifiés sans doute par la compression , niab» dans Ummuih on ne >aurait méconnaître les éléments générateurs de la {s^hwÀi du iilsu^m'. Les fissures dites capillaires ne naissent £ias aittmUun^muiUi jiar suiU; •le dilatations intérieures ou lorsque la gla^^e est mii^^ â ^Utn-ÂMS^iri \ elles existent sous les couches de nevé et à U/utt^ Utvt imAoniUt\n%\ le réseau de ces fissiues dans Tintérieur est tiXiàfyUsuynui v^tiiùAiùiUi k Ofliii de la surface, et si on expose à l'a^:ti^ifj 4fi la iÀkitiftar tU^ nuifr- 'vaux de glace pri^ à diverses pwiijufkiurti . a un \itHui donii^- . on obtient des grains de même gn^sseur <ft d*; inhintt i^msn^*.*

DA. ' to bloc de ifl»ce^ qui a Ta^^'l k |*iv^ '.vmv^'^ Cfié^ià* <lu /i^Mf «i tiU> XiT uBc bfUr jtHirnée chaude aui i.^v*" •^•Uif»' •»• <Ik4«^pj*:»* •-' >* -.«j'^i'i*; «ij,»*»!* •i\Br rfrlaiiiff jîn»beur.

Si Ton préserve la surface fissurée et désagrégée de la glace au moyen d'une couche de sable ou de gra\îer, par exemple, cette surface devient unie et transparente, la face paraît compacte et les fissures cessent d'être apparentes ; et cependant ces fissures ne se sont pas soudées dans Tintervalle. C'est le gravier qui , en interceptant l'action de l'air et des rayons solaires et en maintenant les fissures pleines d'eau , rend ces fissures invisibles et donne à la masse une fausse apparence de compacité qui cesse au moment où l'air, la chaleur et les rayons solaires y ont de nouveau accès.

Et les grains de la glace , qui ne sont que des a^lomérations de grains de nevé, ont en outre un caractère particulier : leurs faces sont recouvertes de stries ou de rides fines et serrées , que l'on peut considérer comme des stries de crislaUisalion ou A' accroissement résultant de la congélation partielle et successive de l'eau qui circule dans Tintérieur des glaciers.

Recherchons maintenant si cette congélation peut avoir lieu et si elle est nécessaire pour assurer l'alimentation et déterminer la progression. — On sait et on reconnaît que l'eau qui coule à la surface des glaciei's s'introduit dans leui-s masses et y pénètn; par les fentes ou crevasses , ainsi (jue par les fissures résultant des niptures déterminées par la tension , aussi bien (pie dans les joints des fragments ou des grains dont elle se compose.

On ne connaît i)as d'une manière certaine les variations de température que peuvent éprouver les glaciers, et on le conçoit; il n'est pas facile de tenter et de poursuivre les expériences nécessaii-es pour arriver à une solution rigoureuse de cette question.

Durant toute la belle saison , il y a de l'eau dans l'intérieur des masses de glac« , et si elle s'y maintenait en totalité à l'état de liquide, il paraît rationnel d'admettre qu'alors la température est invariable ; on sait en effet que les variations de température sont limitées aux couches superficielles , dans une zone de peu d'épaisseur. Ainsi , des thermomèti-ographcs placés par M. Ag^iiMiB dans des trous de 8 mètres de profondeur ont quelquefois été gelés au fond de ces trous, tandis qu'ils ne l'ont jamais été dans des timis de 60 mètres , où ils ont accusé ime température invariable.*

Si , durant l'été , la constance de la température intérieiu*e est une conséquence de l'abondance de l'eau à cette saison , on conçoit que la

H ' .%saisi*lB. Stfsfrmf qfminirr , p. i?i ••( ^\n\

de la 2O110 superficiellt' » iiillueiicée par la leiiipératui'e eure, augmenle à riippim'he de la saison froide, à mesure que lUiblîuQ diminue ut que le i^lauier cesse d être journellement inondé jar le» eamt de la fonte de la surface. Le fmid doit aloi's pénétrer à une plus grande prafoudeuf.

Des expériences din^ctt^ i>nt démontré qu'il gèle ilans Tintérieur des

gliders; et n. ^t^aMiz eu a rai>portè ilivei-ses preuves concluantes

im^ son compte-rendu des oJjsen^ations faites de 1841 k 1845 an gla-

CHT de l'Aar, et il est démontré que la glace des glacieins n'est piis

luellemeut à lu teuipé rature zéro, mais qu'elle peut toud>er sen-

ieuuMit plus baâ«i

L'eau qui circule an travers des masses de glace s'y trouve donc

tellement dans des couditions qui i>ermettent, favorisent ou

îitiDl sa congélalion, et c^mmc elle se solidifie orduiiùremenl à

iriir de «5ro et que la lempérature peut descendre au-dessous de ce

IjuiNpra 6**, 8" et mt^me 12*" sans qu ello se ctïngèlc, sa transfor-

en glace peut se faim leniemeiit et graduellement, de manière

^tniduirê les dilatations déteraiinant le mouvement, et à xeudre en

ïps, par des additions successi%'es, aux glaciers ce qu'ils ont

t pftr la fusion.

Si Peau, ramenée à 0" et au-dessous, se congelait instantanément,

I glace devieiidrait alors véritablement compacte ; tous ses fragments

itfoij^eraieal comme envelojjpés dans un ri-seau de glace imper-

ie, riutilU'ation eUuit aloi-s interrompue et impossible, et en même

s, comme on la vu , lalimentation ne résultant pas de Taddition

4e OOUTelles couches de glace dans les CLit|ues élevés , lequiliLre serait

lOBfKi; et la fusion de leurs surfaces se reproduisant périodiquement,

► cxuDpensatiun, les glaciers auiuient alteiiU le terme de leur crois-

»; ei ne subisscuit plus (|ue les effets de Tablation, ils seraient

liougieiiienl réduits, on même pour la plupart entièrement détruits.

Lapcrreistanc^» diîs fissures, la circulation de Teau dans leur intérieur

Mit dooc ttéceasaires pom^ leur conservation ou leur progrès. L'eau ,

dam les limites de temiiérature de 0" et même au-dessous, peut

»'j màinlenir à Tétai Ikjuide, et ne s'y congeler que lentement et

imnigikmcnii les traces de cette transforma Lion sont visibles sur les

b(t»deê graiiis de la glace i-econ vertes de stries fuies, de rides qui>

«■ iO catuliinaut entre ellet^, dorment lieu :i des dessins très -variés,

il * Mter a (t'assrx ^ntmlcN {}rnl't>ndLUt>! il^ h >\nïua'^

152 OLACIEBS EN ACTIVITÉ.

semblables aux cristallisations qui recouvrent les paitns des crevasses et des cavités tapissées de cristaux de glace d'eau.

Ou sait que ces grains de glace sont imperméables, et que la coloration apparente d'un bloc injecté n'occupe que les fissures séparatives de ces grains ayant alors acquis les caractères de la glace d'eau ; l'eau, en circulant dans ces fissures , peut recouvrir partiellement ou entièrement un de ces grains d'une nouvelle pellicule de glace transparente, ou deux grains contigus simultanément ou successivement. La pression s'exerce alors sur la mince lame d'eau séparant encore les deux surfaces ou l'une d'elles seulement, et favorisant la séparation des grains qu'elle lubrifie extérieurement sans les pénétrer. CTest ainsi que les grains du glacier augmentent de voliune et se développent graduellement à pailir des cirques élevés, et qu'ils deviennent de plus en plus compactes vei's l'extrémité des glaciers , et qu'en définitive l'alimentation et le mouvement sont déterminés et assurés.

Ces deux effets corrélatifs peuvenl-ils avoir une autre cause, et peut-on le supposer en présence des observations i*ecueillies jusqu'ici? La marche et les phases du phénomène glaciaii*e ti*ouvent une explication naturelle dans cette hypothèse, qui ne vient pas se heurter contre des impi-obabilités physiques et qui se justifie par les faits constatés.

La conversion de la neige en nevé et du nevé satiu^ d'eau en glace grenue se produit sous nos yeux.

Quand l'eau provenant de la fusion des couches superficielles vient de nouveau imbiber la glace de nevé, ses grains deviennent transparents, se réunissent et se soudent partiellement et donnent lieu par leur réunion à la production de grains plus gros d'une glace huileuse, transparente, compacte, imperméable, dans l'intérieur desquels l'air, circulant par les interstices des éléments de la glace de nevé, est enfermé sous forme de globules arrondis : ces globules d'air, qui contribuent à donner à la glace un certain degré de plasticité , se compriment par suite des pressions exercées sur les grains, s'aplatissent, tendent à disparaître , finissent par se dissoudre en grande partie et deviennent de moins en moins nombreux vei's l'extrémité des glaciers.

L'eau circule en tout temps dans la glac« et y pénètre en suivant les interstices sinueux, et sa transfoimation en glace est possible, appréciable, mcessante et nécessaire ; eUe peut s'y congeler graduellement où se maintenir à l'état liquide , sous l'influence d'une température moyenne cjui ne doit pas descendis très-bas pendant l'hiver,

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