‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 31 sur 156 · STRATIFICATION ET CLIVAGE DES GLACIERS · texte numérisé non relu

STRATIFICATION ET CLIVAGE DES GLACIERS

puisque Peau ne se solidifie pas complètement pendant cette saison , ce que prouve Pétat de la glace gui ne forme des masses réellement compactes dans aucime des parties des glaciers. Toujours elle se désagr^ en grains ayant les mômes caractères, les mêmes formes et qui ne difB^rent entre eux que par Taccroissement de grosseur qu'on peut constater en examinant les glaciers depuis leur origine jusqu'à leurs extrémités, où la glace la plus ancienne, et ayant acquis im développement complet , vient se déverser et se fondre.

Elle est nécessaire , puisqu'elle seule peut déterminer le mouvement et assurer en même temps l'alimentation et la réparation des pertes éprouvées ; et c'est la conclusion à laquelle on doit forcément s'arrêter, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à constater les additions successives de nouvelles couches de glace dans la région des nevés, additiotis possibles dimquelqties circonstances exceplionneUes ^ et alors toujours insuffisantes, et qui dans aucun cas ne peuvent avoir une influence sensible et assurer l'alimentation qui se produit tout autrement, il faut bien le reconnaître, puisque, dans la plupart des cas et même dans les glaciers évidemment en voie de progrès, il ne s'ajoute aucune nouvelle couche de glace à leurs surfaces.

Elle est incessante, puisque les glaciers n'ont pas de moments de rcpos, comme cela est démontré aujourd'hui.

Enfin elle est lente et graduelle, ainsi que le prouve l'observation de leur marche, des écartements ou des rapprochements insensibles des parois des crovasses, des envahissements, des relèvements et de toutes les phases du mouvement, qui se révélerait par des craquements plus ou moins violents si les tensions étaient soiunises à des intermittences, à des variations subites et cessaient de se produire à un monient donné pour reprendre ensuite brusquement leur cours.

H. 12. Dans ces derniers temps on s'est beaucoup préoccupé de la straufication et cii- ^^ifmùm des glaciers , et l'on conçoit que cette question paraisse vase des glaciers, oftir un certain degré d'importance aux auteurs qui ont vu dans les gbcierB des accumulations de couches de glace successivement formées ^ continuant à se produire pour remplacer ce que la fonte enlève annuellement.

Dans les petits glaciers temporaires, dans les hauts nevés, on voit 'es couches successives de neige ou de nevé recouvrant la glace et visU)lement stratifiées ; il est impossible qu'il n'en soit pas ainsi , et il ^t évident que les anciens glaciers , aussi bien (jue ceux qui se produisent joumellcmeut sous nos yeux, n'étant que des amas de neiges

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accumulées par couches successives pendant un temps suffisant et linalement converties en glace, doivent et ont dû offrir des traces de la stratiQcation de ces couches aux dépens desquelles ils se sont formés.

Mais cette stratification s'efface etilisparait peu à peu dans les glaciers qui subissent des mouvements continuels et qui tendent à former (les masses d'une apparente homogénéité.

Dans les glaciers temporaires et élevés la transfoimation n'étant pas encore complète , la stratification des couches successives reste tranchée ou apparente. Mais dans les hautes masses de glace, les coupures souvent parallèles ne sont plus marquées par les limites des ('X)uclies : ce sont des tranches ayant souvent plusieurs mètres d'épaisseur, horizontales , verticales , ou diversement inclinées , d'une puissance t^Ue, que dans la foi-mation d'une seule de ces ti*anches serait entré un nombre considérable de couches annuelles réunies et confondues.

Dans les glaciers remaniés et non interrompus, comme celui du Rhône, par exemple, les strates de la partie supérieure ne ïK)urraienl se reproduire dans le même ordre inférieurement , puisque toute la masse du glacier se disloque, se découpe et se brise dans sa gi'ande chute. Cependant sur le front du glacier on a observé de grandes tranches sensiblement parallèles entre elles et à la surface du terrain (lue recouvre la glace, divisions produites suivant les plans de progression de la masse.

Dans les glaciei*s interi*ompus et h plusieurs étages, les glaces, après plusieurs chutes, forment des coulées et constituent des couches œntoumées enveloppant les cônes de déjections qui se forment au pied du dernier escarpement. Ces cônes sont ou de la glace , ou des accumulations de glaces et de graviers. On conçoit qu'une division en tranches d'inégales épaisseui*s, inclinées du sommet vers la base, se manifeste dans ces déjections, qu'elle reste visible et qu'on y puisse voir une preuve de la sti*atification essentielle des glaciers. Cependant, si ime crevasse, une coupure quelconque permet d'étudier les dispositions intérieures d'un de ces cônes d'éboulement, on y retrouve des coupures ayant des allures différentes et ces tranches déterminées par les efforts d'expansion , semblables à celles que l'on a citées ailleui*s comme une preuve de la stratification des glaciers , et surtout de leur reprojjuction , de leur alimentation par la transformation des novés en nouvelles glaces.

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