‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 32 sur 156 · STRATIFICATION ET CLIVAGE DES GLACIERS · texte numérisé non relu

STRATIFICATION ET CLIVAGE DES GLACIERS

Mais les nevés, nous Pavons vu, sont indépendants en quelque sorte des masses de glace qu'ils protègent et auxquelles ils fournissent la plus grande quantité d'eau nécessaire poiu* Talimentation ; ils les recouvrent concurrenunent avec la neige qui disparaît entièrement dans les régions inférieures , mais ils ne s'ajoutent pas à la glace qui les entraîne graduellement jiisque dans le fond des vallées, où ils disparaissent à^leur tour avant qu'ils aient subi une complète transformation ; sans cesse renouvelés et détruits, ils constituent les réserrare d'alimentation des glaciers, qui ne pourraient affecter leur stratification et leur structure que dans le cas où , contrairement à ce que dénumirtfU les faits qui s'accomf^ssent journellement sous nos yeux, tout ou partie de l'alimentation résulterait de la transformation conti- DueUe des nevés en nouvelles couches de glace, ajoutées chaque année à la surface des glaciers.

Ainsi, comme on vient de le voir dans le chapitre précédent , quelques portions de glaciers et les nevés sont incontestablement et quelquefois régulièrement stratifiés, et leur stratification est une conséquence de leur mode de production.

Lorsque la neige tombe par un temps calme et sans être poussée [•ar des vents trop violents, elle se répand sur le sol à peu près uniibraiément , et elle s'accumule par couches successives plus ou moins épaisses et sensiblement parallèles entre elles. Les premières couches foiisenrepont les ondulations de la surface du terrain qu'elles rerouvrent (PL 4, fig. 3t); mais peu à peu ces ondulations deviennent moins sensibles et finissent môme par disparaître entièrement à me- ^uTe que la puissance des accumulations augmente , et la neige constitue alors des amas divisés par des couches successivement régulières, «tant rinclinaison est extrêmement variable , très-foiie ou souvent inappréciable, suivant qu'ils recouvrent le fond des vallées ou des cirqud, les plateaux rattachant entre eux les pics élevés ou les flancs «i^ montagnes.

C)n rencontre à chaque pas des exemples de cette stratification des liants nevés et des glaciers supérieurs, et les coupures produites parles t^boulements continuels de ces masses congelées permettent do l'observer.

Sur les plateaux , entre le Cervin et le passage du Théodulc du cdU^ •le Zermatt, le nevé et la glace, comme je l'ai représente? {PL 4, fi(j. 1), ?*»ut <li\isés en couches parallèles diversement inclinées ei pîuaissant nKnio horizontales sur quelques points ; le glacier descendant du revcit*

opposé o£El'c les mômes dispositions, mais on voit ses couches sliicliner de plus en plus à mesure qu'en descendant on s'éloigne du faite, jusqu'à l'escai'pement marquant la limite de la région supérieure de ce glacier {PL 4, fig. S). A ce point, les masses de nevé et de glace (jui se détachent et tombent constituent un grand plan incliné, une sorte de coulée terminale formée elle-même de couches successives de ces éléments remaniés, de blocs plus ou moins volumineux , et dans laquelle viennent se confondre et s'entasser dans le plus grand désordre les débris de la masse stratifiée de laquelle ils se sont détachés {PL ^.

Dans les glaciers suspendus ou inclinés on voit les mômes dispositions premières et les mêmes remaniements ; ainsi , du revers Nord du Finster-Aar {PL 4, fig, 5), descend im petit glacier très-JGortement incUné, à stratification très-régulière, et dominant un escarpement de rochers , au pied desquels ses débris successivement détachés {PL S, (ïg. 44) viennent se diviser en blocs polyédriques et former un cône d'éboulement qui s'étale ù. la surface du glacier de l'Âar. Mais dans ce cône , dans ces couches inclinées , on ne saurait trouver aucune continuité entre le glacier qui les produit et celui auquel elles viennent momentanément s'ajouter; aussi doit-on entrevoir par ces deux seuls exemples, qu'on pourrait multiplier à l'infini s'il en était besoin, que si les glaciers, dai\s leurs parties inférieures, présentaient des traces incontestables d'une stratification régulière, cette division en couches ne saurait être considérée comme une conséquence ou une représentation des dispositions normales des nevés ; on pourrait encore moins y voir une preuve de la conservation ou de la translation, sous forme do couches, de glaces successivement ajoutées à la surface des glaciers jusque dans les régions inférieures, où elles ne parviendraient qu'après avoir subi des dérangements, des modifications ou des remaniements plus que suffisants pour faire disparaître les traces de leur stratification première. Chutes de ueige. H. 13. Biou rarement la neige se répand uniformément à la surface du sol ; elle tombe presque toujours , chassée par des vents plus ou moins impétueux et constitue dans les cii-ques, en avant ou en arrière des pics et des obstacles que les vents viennent frapper, des amas irréguliers souvent très-puissants {PL 4 , fuj. 44 et 42).

Contre une muraille ou une paroi verticale de i-ochei*», la neige ne vient pas s'appuyer complètement ; et si le vent la i)ousse dans la direction de la flèche f, elle s'accumulera en face de l'obstacle , le

Page 1