‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 33 sur 156 · NEIGES · texte numérisé non relu

NEIGES

touchera par la base seulement et, en s^élevant graduellement, elle frirmera un sillon à coupe circulaire , dont la lèvre supérieure tendra à se rapprocher de plus en plus de la paroi qui a déterminé un changement dans la direction du vent.

Supérieurement, Tobstacle reçoit souvent un chapeau de neige, formaol une sorte de corniche , dont la saillie plus ou moins prononcée, aiguë ou arrondie, s'avance suivant la direction du courant; pois, de Tautre côté, la neige s'accumule sous formes de nappes ou de cdnes plus ou moins inclinés, soit contre l'obstacle même, soit h «iistance en formant im nouveau sillon opposé au premier ; les lèvres ou les parois de ces sillons of&ent souvent des cannelures, des filets renflés et concaves, des stries déterminées par l'action du vent.

Et ces dispositions, on le comprend, doivent varier à l'infini, suivant les inclinaisons des courants atmosphériques ; et nécessairement les quantités de neiges accumulées dans les hautes vallées , dans les f-irques, sur les plateaux élevés, doivent varier aussi en raison de la pnédominance de tel ou tel vent pendant l'hiver, de la direction des •'Têtes, de la puissance des formes, de l'isolement ou du rapprochement deS'pics.

Les accumulations de neige ont reçu diverses dénominations qu'il ef^ bon de noter en passant, pour comprendre les distinctions établies [lar les différents auteurs qui ont étudié la question des glaciers. Aînsci^ généralement on conserve la dénomination de neige, de champs champs de ncigp. dr neige , à la neige ou aux nevés, aux accumulations qui recouvrent uniibrmément les plateaux ou les vallées.

On donne aux amas irréguliers , aux corniches ou saillies contre nimrc veméo. ile> obstacles, sur leurs sommets ou à leui-s pieds, celle de soufflures, ,«n phis particulièrement de neige ventée (PL 4, fig. S" et 8^),

Ij?» cônes ou les amas d'éboulcments ou d'avalanches sont les i* mines ; et lorsque ces cônes sont logés dans une ci-evasse ou pli du vrrain . où ils finissent souvent i)ar constituer de petits glaciers tem- ^•^•niires oo persistants recouverts de nevés, on les désigne plus parti--» j librement sous le nom de Truelles (PL 1, fig. 10), Truelles. Ces diverses dispositions sont représentées (PL 1, fig. 40 et PL 4,

l>-* cirques. les champs de neige, sont les réservoirs d'alimentation i** placiers : c'est là que les masses de neiges nécessaires c\ leur con- «•rraiion, a leur développement viennent s'accumuler; et si ces accu- - ilations. oimme on ^ient de le voir, variant d'un lieu h Tautrc, ne

sont mémo pas unifoimomcnt répandues sur les divers affluents d'un môme glacier, il doit en résulter dans les puissances, dans les formes et dans les allures des glaciers, de notables difTérences.

Dans les nappes, dans les cônes de neige, la stratification existe toujoui*s, mais les couches in*égulièremcnt contournées sont renflées ou déprimées , et dans un même cirque les cônes des difTércnts versants venant à se rémiir ou se confondi'e à leurs bases, la stratification cesse d*étre régulière , les couches sont oblitérées , entrecroisées et ne présentent plus que des amas confus de neige ou de nevé , mais non ces strates uniformément étalées et superposées à la surface des glaciers, selon Topinion de quelques auteurs, successivement converties en glace et qui, finale.ment ajoutées aux glaciers, incorporées dans leurs masses , en déterminent la stratification.

Si les glaciers sont tous stratifiés, conune on Ta prétendu, leur division en couches aurait évidemment une autre cause, puisque, nous Pavons vu , les nevés ne s'ajoutent qu*accidentellement et temporairement sous forme de. glace à leurs sui*faces; et jusqu'à partir d'une région dont les limites seules sont incertaines et variables, ils disparaissent entièrement par Tablation.

Sur les glaciers temporaires , on voit bien des nevés stratifiés dont les couches inférieures se convertissent en glace , s'ajoutent pour un certain temps et jxîrsistent jusqu'à ce que , faute d'une quantité de neige suffisante pour les préserver, et à la suite de chaleurs assez prolongées, ils fhiissent par être détiiiits. Dans les cirques des grands glaciei's , des nevés stratifiés se voient de toutes paits , et les glaciers secondaires, les affluents offrent la même structure. Mais ces nevés ou ces glaciers viennent so joindre au glacier piincipal, soit au niveau de sa surface, soit par éboulements ; dans ce dernier cas, la distribution premièi-e des couches est bouleversée et disparaît; dans le premier, il peut y avoir continuité et parallélisme.

Mais toujours , dans le trajet à parcourir pour atteindre les limites de la région au-delà de laquelle, en été, la glace est mise à découvert, toutes ces couches de nevé , remaniées ou consciTées sans dérangements, fondent graduellement, et aucune d'elles ne parvient, soit en totalité, soit particlloment dans la région inféiieure; et quand bien môme, dans la région entière des nevés et de la neige , on retrouverait , sans aucun de ces dérangements (ju'on obseiTe à chaque pas , ces masses congelées distribuées en couches régulières et superposées parallèlement à la surface des glacici-s , conune dans la PL 5, fig, 9,

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