‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 34 sur 156 · FISSURES ET CREVASSES · texte numérisé non relu

FISSURES ET CREVASSES

el en admettant, ce qiii est incontestable, que ces masses conslituent les réservoirs de conservation et d'alimentation , on no 8<aurait encx)re y voir la prenve et Torigine de la prétendue stratification de glaciers inférieurs. Et, en effet, on sait, et on peut le vérifier, que la neige conservée à l'état de nevé ou partiellement et momentanément convertie en glace, ne s'ajoute pas par couches successives; qu'elle ne donne aux glaciers que de Peau , et cette eau , qui s'infiltre dans la glace ou coule à sa surface, ne Dent pas plus y déterminer imc division par couches qu'elle ne le fait sur les masses granitiques dans les nombreuses fissures desquelles elle pénètre pour alimenter les réservoirs ou les sources des différents cours d'eau.

H. 14. La glace des glaciers ne forme pas des masses compactes Fissurcsct crevasses, n'offiant ni divisions ni fractures ; elle est toujours fissurée et divisée en rai nombre souvent infini de blocs polyédriques , séparés par des fentes profondes, étroites ou largement ouvertes, que l'on nomme /fawfM lorqu'elles ont peu de largeur, et crevasses lorsque leurs parois offrent un écartement plus ou moins considérable.

Ces Assures sont produites par la dilatation et les mouvements en divers sens qui en sont la conséquence : la glace des glaciers , ainsi qne des expériences l'ont démontré , n'est pas un corps rigide et cassant; elle jouit d'im certain degré de plasticité, insuffisant toutefois pour qu'elle puisse s'étendre sans que des solutions de continuité se manifestent dans sa masse. En outre , diverses circonstances doivent contribuer, on le comprend, à en déterminer la rupture : tels sont les tassements, lorsque les eaux qui coulent sous les glaciersy ont creusé des excaialions, les pentes excessives ou les inégalités du sol qu'ils recouvrent.

I/)r8qne les fentes se forment, elles ont rarement plus d'un centimèlre de largeur, mais elles ne tardent pas h s'élargir par suite de Taction de l'air sur leurs parois, lorsqu'elles sont profondes et qu'elles «Hnmimiquent avec la face inférieure du glacier, soit directement, soit par diverses ramifications sur d'autres crevasses; loreque cette communication n'est pas établie et qu'elles sont fermées inférieuremcnt , elles se remplissent d'eau qui y demeure ordinairement h l'état liquide et se congèle lorsque la température se refroidit suffisamment on hiver.

On a remarqué que généralement les crevasses les plus nombreuses ^^t Perpendiculaires à l'axe des glaciers ou dans le sens de leur lar- ^"^ et que celles qui partent de leurs rives convergent vers l'amont.

'^rsque Ton considère une coupe longitudinale d'une portion d'un

glacier {PL 3, 'fig, 10), dont la marche a lieu suivant la direction de la flèche f f^ur un plan plus ou moins incliné et régulier x y, on comprend que dans une masse de glace grenue, dont les grains sont tous séparés les uns des autres par des fissures capillaires, si la portion a h s'avance enti-e les points c et d, il se produira nécessairement une solution de continuité en a ; et que le mouvement n'étant pas limité à la section a h, mais se produisant aussi et en môme temps à Tamont, la masse entière se divisera en un certain nombre de tranches sépai-ées par des fissures.

Si le mouvement avait heu uniquement dans le sens de la longueur, le mouvement de chaque tranche pourrait ôti'e comparé à la chute qu'elles feraient successivement en arrivant au sommet d'un escarpement plus ou moins élevé ; dans ce cas encore les plans de séparation des tranches seraient marqués par des fentes à parois sensiblement verticides et dirigées d'une rive à l'autre, perpendiculairement à l'axe de la chute , ou obliquement si la marche se trouvait sensiblement plus accélérée d'un c^té que de l'autre , par suite de circonstances locales.

Et si la glac« , en s'avançant de l'amont à l'aval , éprouve en même temps, du fond vers la surface, un mouvement de haussement, ce mouvement s'opérera nécessairement en raison de la puissance de la glace, soit suivant une ligne droite pai^lèle à la surface, soit suivant une ligne courbe plus ou moins prononcée, quand l'épaisseur du glacier sera uniforme ou lorsqu'elle sera variable et plus grande sur un point que sur un autre {PL 6, fig. 4).

La surface ainsi relevée s'étend nécessairement en longueur et en largeur, et comme la glace ne peut se prêter à ce mouvement de dilatation sans se rompre ou sans un nouvel écartement des fissures tjui existent déjà dans sa masse, il s'ensuit que les crevasses doivent avoir une plus grande largeur supérieurement et se rétrécir de plus en plus à mesure qu'elles descendent plus profondément, et c'est ce (jui a lieu {PL 6, fïg. 2).

Ces observations sur les crevasses transversales et sur la direction de leurs plans de séparation suffiront pour nous faire comprendre le régime des crevasses longitudinales qui tendent, comme les premières, à s'ouvrir perpendiculairement au mouvement d'expansion latérale.

Si , à partir de l'axe longitudinal d'un glacier, le mouvement vers ses rives s'opérait uniformément, les crevasses longitudinales s'ouvriraient parallèlement à cet axe.

{rt*gcnérés).

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