GLACIERS REMANIÉS
Mais le milieu d'un glacier, à part quelques oscillations déterminées par des circonstances locales , suivant généralement une direction invariable d'amont en aval, et n'étant généralement aussi soumis qu'au relèvement vertical , la dilatation latérale se produit de cet axe vers ses rives ; et comme l'expansion vers les bords devient d'autant plus sensible qu'on s'écarte de la région des nevés , où la glace est mise à l'abri des influences atmosphériques , il doit en résulter des déviations de plus en plus considérables dans les fissures, qui finissent par former un réseau de crevasses rayonnant du centi'e vers les rives, à droite et à gauche de l'axe {PL 6, fig. 4). Le rayonnement du calorique aux pieds des montagnes, contre les parois des rochers ou les moraiues, détermine une ablation, et par conséquent une fonte plus considérable sur les bords ; et comme la dilatation y est sensiblement plus considérable, on doit encore en conclure qu'elle se produit en raison de l'aUmentation , c'est-à-dire de la quantité d'eau pénétrant dans la glace.
Dans les cônes de glace ou glaciers remaniés , cette double dispo- ciacicrs mnaniès sition des fissures transversales à l'axe du mouvement principal, et rayonnant à droite et à gauche , à partir des sommets vers les bases circulaires des cônes, s'observe et s'explique parfaitement {PL 6, fig. 17), ©t on y trouve , sur une jyetite échelle , la preuve irrécusable de la dilatation déterminant les mouvements de la glace et les ruptures ou crevasses qui révèlent les diverses directions suivant lesquelles ces lïiouvements se produisent.
On ne voit pas d'exemples de crevasses se prolongeant dans toute
la longueur, ni dans la lai^ur entière d'un glacier, et l'absence de
ces fractures complètes est encore une conséquence des variations de
la dilatation, qui ne s'exerce pas également et uniformément sur toutes
les portions d'ime même masse de glace ; mais son action se faisant
sentir plus ou moins fortement sur un point que sur un autre, la glace
8e divise en diverses tranches animées chacimo d'un mouvement
diBérent, qui a pour effet de localiser les fissures et de réduire ou
limiter leur étendue.
Les plans de ruptures prennent divers degrés d'inclinaison par suite deVavancement et des chutes sur les plans inclinés ou sur les terrains accidentés; leur direction se modifie en même temps en raison de ces mêmes mouvements, et de nouvelles fissures se produisant journellement et se croisant avec les anciennes , finalement les glaciers ^ trouvent divisés , découpés en une infinité de blocs polyédriques V. 41
«]iii. unnîji»'- ft ivimis «iir*^ ►Irs fraiTtriiv* principales, ont souvent I ;i>]i«M't lit' «-oi]i'lit.'> . >^>it sii[ierpi.i««û^. ;ê«>il juxupoiîsêes , inclinées ou v#?iiir;iJf>.
I>^ ^)iv;iL'^ Apfjarpnt et in<ynse$taUe de la glace est . pour quelques aiiU'iii-s. liiulicf' et la preuve «le la stratiâcatioa des glaciers, delà roii\t-r>*iiiii iW-« nt-s»'^ rn ii\atf tt de i'addilMa MctnHve àt kewn rourhfs tnnsloniiées
Hii etir't. >'i l'on ('on>icii're d'un point convenaUemenl élevé etclioisi la >iirfai-e ili* la ii';gion sufjérieure d'un ^ader. on voit distinctement la stratilicaîirin de la uei^e et du nevé, et. ^r la surface découverte de la ^larr*. df's li^os «pii >('udilent au premier abord indiquer les ailleunMnonts f>t la continuité des couches de cette glace au-delà des limites du nové. ain.si quf le représente la fig. 15, pi. €, complétée par une coupe lon^ituiljnale îfig. 5,: en prolongeant ensuite cette coupe jusqu'à la pente te nuinale et en donnant aux couches Tinclinaison des l>ai*ois des fissures, rui arriverait à indi«]uer ime série non inteiTompuc (le strates et à obtenir un exemple incontestable d'un glacier régulièreuionl stratifié.
N^»« xi,„i,,„nreni H. 1 5. Mais OU n'a ims oublié, et je crois l'avoir démontré, que la neige (jui rocouvi-e entièrement les glaciers à mie certaine époque de Tannée disparait entièn^nient aussi pendant Tété jusqu'à une limite variable («Miviron 2G00"; ; quViu-ilela de cette limite elle peut persister fempo^ rairvmcut et se convertit en nevé; f[ue les nevés entraînés par les ^'lacicM's disparaissent graduellement à mesure qu'ils sont parvenus dans la région inférieui-e; enfin que des obsen'ations directes ont déluoulré que les nevés fonnaient en quelque sorte ime masse indépendauie, destinée uniquement à assurer la source principale d^alimentalion , mais que nulle part on ne voyait les couches de nevés se convertir Ij's Msi-y lie w f'n ijlacv. et s ajouter définitivement aux glaciers qu'ils protègent; si donc
* ""*'•• ^•'^^'"t pi** ^" il an est ainsi, leur di\ision iiar couches, leur stratification ne sauraient
am itiaiîm Aju* "' *^ preuve, iii la cause de la sUatification des glaciers : il fau-
»iiir i>;irtic «u|H.. drail. hîs rechercher ailleurs.
"*"""'' Mais si, au heu d'examiner de loin Tensemble que représente la
fig- ^.3, on veut entrer dans quelques détails et se livrer à un examen moins superficiel , on s'apei-roit bientôt que les relations qu'indique VM\U^. figure ne sont qu'apparentes, et qu'il y a séparation et discordance roinplete entre le nevé et la glace,
Kt en effet, sous les courlios dessinées par les affleurements et marquant les tranches, les couches successives du nevé, on voit dans ht
ti-ifipiir4iMiiu'iil |4^
y! M If
XEVÉS QUI COUVRENT LES r-JLVrjEKS. 163
glace des fentes récentes , rectilignes , porpeiidiciilairos à Taxe du glacier (fig, 7 et 10) , et ces fentes même très-largement ouvertes dans r^tte région ; puis des fentes plus anciennes, déjà resserrées par suite des mouvements de la masse, cessant d'ôtre rectilignes, mais affectant des courbes plus ou moins prononcées , et qui , loin de marquer les affleurements des couches nouvelles et superficielles de la glace, indiquent les plissements de trancîhes verticales cjui ont marché avec la masse de glace dans laquelle elles ont été déterminées , en prenant un bomliement d'autant plus prononcé que le mouvement était moins iinifonne au centre ou sur les côtés ; et enfin les courbes coupées sous différents angles par des fissures phis récentes et droites.
Sur une coupe en travere du glacier considéré on ne pourrait marquer la division des couches , comme elle est indiquée dans la ftg. 8, puisque nulle part on ne voit dans les Alpes d'exemples de cette stratification régulière. Cependant, comme il fallait rendre compte des relations des couches nouvelles, surtout quand elles n*ont pas une largeur égale à celle du glacier, on a imaginé un plissement transversal comme dans la fig. ii.
Si cette figui-e était la reproduction exacte d'une coupe quelconque observéeet du mode Babituel d'alimentation des glaciers , n'éprouverait-on pas quelques difficultés à rendre compte des causes non-seulement de leur conservation , mais encore de leurs progrès récents et actuels?
En effet , comment ne pas s'apercevoir que les couches vont en diminuant de bas en haut , et que la couche supérieure est tellement réduite qu'elle ne saurait compenser les pertes totales causées par l'aMalion de la surface entière d'un glacier qui, dans ce cas , serait revenu à une période de décroissement; enfin que, recevant moins aujourd'hui qu'autrefois, à l'époque où les couches inférieures se sont formées, il devrait non - seulement cesser de progresser, mais di- Miinuer; et que si la coupe {flg. 12) était celle de l'une des branches dn glacier de l'Aar, par exemple , on comprendrait encore moins que <^« glacier, qui a fait depuis bien des années de si notables progrès, Prisse se développer et s'avancer progressivement au moment môme où, fiiute d'une alimentation suffisante, il devrait forcément diminuer.
Les apparences d'affleurements dont je viens de parler (fig. 6),
^^niblent avoir été choisies préférablement par les partisans de la
••stratification des glaciers, parce qu'on y peut voir jusqu'à plus ample
^^amen les indices des tranches de couches successivement ajoutées
•"•'onR les accumulations de neige ot de nevé. Mais ces afileurements
1G4 GLvlCIERS EX ACTIVITÉ.
circulaires ne sont ni plus nombreux ni plus visibles que les tranches longitudinales , souvent très-nombreuses et accusées par des teintes rubanées dont il sera bientôt question. Sur la rive gauche du glacier de rUnter-Aar, par exemple, la glace est divisée en bandes parallèles et conservées en lignes droites sur des espaces considérables, ou en une infinité de couches ou de subdivisions de couches verticales parallèles au plan passant par Taxe du glacier et donnant au glacier Taspect d'une masse stratifiée, dont les strates seraient redressées suivant la direction de la vallée.
On aurait donc à choisir entre deux systèmes de couches , et on éprouverait peut-être quelque difficulté à donner la préférence à l'un des deux, à moins qu'on ne trouve moyen d'expliquer par quelle suite de phénomènes les couches de neige et de nevé répandues à la surface du glacier, après s'être transformées en glace, se sont relevées de manière à nous présenter aujourd'hui leurs tranches ou leurs affleui'ements marchant h la fois parallèlement et transversalement à l'axe du glacier (fig. 10).
Giacim remanié». H. 16. Les glaciers remaniés, les cônes de glac« que l'on rencontre aux pieds des escarpements que donûnent des glaciers élevés , formés à la suite d'avalanches et à chaque instant recouverts de nouvelles nappes composées d'un mélange de glace réduite à l'état de poussière, de blocs plus ou moins volumineux, de nevé et de neige, offrent. la même structure des crevasses longitudinales et transversales, le môme clivage enfin. ^
Les cônes n'ayant iJus aucune relation avec les amas supérieurs et stratifiés de neige et de nevé, leur di\ision par couches superposées en apparence ne peut plus être citée comme une preuve de la transformation de nevé en glace et des additions successives de ces couches.
En examinant à distance un de ces cônes et h l'aspect des fentes contoumées qu'on observe à sa surface, et si l'on en rapportait une figure incomplète, on pourrait obtenir l'apparence d'un exemple d'un (^ône composé de couches superposées et par conséquent stratifiées (fig. 6^ pi. 7, et pi. 6, fig. 47). On pouiTait peut-être aussi admettre que les couches supérieures sont les plus récentes et que l'alimentation se fait par l'addition successive de ces couches, probablement insuffisantes pour compenser les pertes résultant de l'ablation, puisque leur puissance diminue graduellement à mesure qu'elles s'approchent du
1)A. 'Le glacier n>inanié (régénéré) du Schwartzwald . à la base du Wettcrhorn.
GLAOEBS REMANIÉS. 165
sommet du cône, où elles ne se trouTent plus qu a 1 état nidimentaiie. Mais, en y regardant de ^us près, on ne tarde pas à s apercevoir et à constater que ces lignes marquant de loin les affleurements de «xmches superposées et peu inclinées, sortes de tranches de niveau parallèles à la base du cône, sont les affleurements de fissures transversales sensiblement nonnales à la ligne de plus grande pente et perpendiculaires à l'axe du mouvement : et que le mouvement se faisant du sommet vers les divers points de la base , ces fissures sont courbes et déterminent des tranches concentriques. De plus, on voit an système de crevasses longitudinales rayonnant du sommet du cône îBFs les différents points de cette base, déterminées par les dilatations latérales [flg. 47 et 48)^ et complétant la division du cône, son clivage par onglets, division résultant évidemment des mouvements de dilatation qui se produisent dans sa masse.
Si la division de la glace par couches était la conséquence de la stratification des nevés , on devrait observer, entre les couches de glace et celles de ces nevés, un parallélisme plus ou moins complet, une succession non interrompue, siulout dans les cirques élevés et sur tous les points où il ne s'est pas encore produit de dérangements notables par suite des mouvements de progression. Mais, nous lavons in, ces relations quelquefois apparentes ne se voient réellement nulle part , et dans les glaciers remaniés encore moins que dans tous les autres.
En effet, supposons au pied d'im talus un petit glacier remanié pn voie de formation, \m cône rudimentaire produit par un premier *^ljf.iulemenl (fig, 1,pl.7),
Les éboulements qui se produiront successivement ensuite fourniront pour son accroissement des couches successives a, b, c, d, de •lébris pulvérulents , de menus morceaux ou de blocs de glace , et ces <.-oui:hes auront vers la base une épaisseur d'autant plus grande que l** nombre des gros blocs sera plus considérable et que rinclinaison lu cône sera plus forte. L'ablation étant plus active et favorisée par \^ dispositions des terrains voisins , la pente pourrait se modifier et ?^ r^ler de x en x\ par exemple (fig. 2), suivant une nouvelle ligne «^jupant transversalement les couches et en laissant apercevoir les tranches ; dans cette hypothèse , et si l'on négligeait de noter les fis- :iTires longitudinales, le cône paraîtrait un amas stratifié.
Mais la section (fig. 5) ferait voir le cône de glace composant en l'ielijue sorte le noyau de Tamas enveloppé de revêtements successifs, "Mirlx^s et inclinés parallèlement à sa surface, offrant entre eux et les
joints de séparation , considérés comme les plans des strates de la glace , une discordance complète.
La division , le clivage de ces cônes , n'est donc pas ^la conséquence d'un mode d'alimentation par addition de couches successives ajoutées à leurs surfaces ou à leurs sommets ; elle a évidemment une toute autre cause, celle (pii, produisant en divei-s sens des mouvements d'expansion, détermine des ruptures et imprime à tous les glaciers cette structure complirjuée que l'on a, bien à tort, considérée comme la preuve de la transformation des nevés et de leur addition incessante sous la forme de nombreuses couches de glace, dont les joints de séparation seraient d'ailleui-s et inévitablement en désaccord avec ceux des couches apparentes de ces cônes.
En effet, ces cônes sont fonnés et entretenus par des glaces qui glissent sur des plans inclinés ou tombent aux pieds d'escarpements successifs jusqu'aux points où uu repos du sol , le fond d'une vallée , un plateau leur ont permis de s'arrêter, et où généralement les glaces ne parviennent que divisées en menus morceaux, et souvent même entièi-ement rêduites en une sorte de poussièi*e.
Les menus morceaux et les blocs suivent, îi partir des sommets des cônes, la ligne de plus grande pente et forment des bourrelets lilus ou moins renflés à leurs bases ; tandis que la neige , le iievé ou la poussière de glace se divisent, s'étalent plus facilement, attendu qu'elles acquièrent une vitesse moins considérable et peuvent les recou\Tir en totalité ou en partie ; et il en résulte une inégale distribution des éléments essentiels de leur alimentation;
Au glacier du Schwartzwald (îi la Grande-Scheideck) , lorsque la glace commence à se montrer à nu, on voit un très-bel exemple de ces coulées successives , formant sur la partie supérieure et moyenne du grand cône des nappes à dentelures nombreuses, et dont les bandes in^égulièrement et profondément découpées sont bien loin d'offrir des reœuvrements à retraites parallèles; et, comme on aper^ roit en même temps les couches de ces coulées et les divisions de la glace {fig. 6), leur séparation est évidente; on voit que l'inclinaison des premièi-es suit des lignes de pentes du cône dont elles enveloppent la surface courbe , tandis que les fissures de la glace sont sensiblement normales à cette surface. Enfin que , si la stmcture de la glace doit être considérée comme un indice de superposition de couches mcctS" sives stratifiées , la stratification offre une disj)08ilion inverse de celle qu'elle aurait dû prendre en raison du mode d'ahmentation et de la
GL.%aEIU» B£MAX1ÊS. 167
pente suiTant laquelle les oouclies alimentaires se succèdent iuvaiiabJement. Et s'il existe une discordance complète entre les fissures, que faute d'un examen sérieux on peut de loin prendre pour des oourbe« indiquant les joints de séparation de couches superposées et la p&ate des coulées, la 8épaiati<Hi ne parait pas moins évidente lorsque Ton considère les fissures longitudinales pénétrant la masse entiâre des cônes de glace et rayonnant de leurs sommets vers leurs bases (flg. 3). Aussi, en présence des faits et d'après les observations (fui.précèdent, le doute ne parait-il plus possible et la cause réelle du clivage des glaciers, de leur apparente stratification ne saurait être douteuse : ils ne peuvent s'étendre ou se relever sans que des fissures se manifestent dans leurs masses, et ces fissures marquant les plans de glissement ou d'écartement perpendiculaires aux directions suivant lesquelles le mouvement se produit, sont transversales ou longâtodinales {PL 7, fig. 4).
La dilatation de bas en haut doit aussi déterminer d'autres fractures paralièUs aux plans inférieurs recouverts ou diversement inclinés eu raison des obstacles, des épaisseurs plus ou moins considérables, et dans la suite nous aurons occasion de constater l'existence do cet ordre de fractures, qu'on observe moins facilement à la vériU!) et c|u*ofi pourrait bien citer comme des preuves de la convci*sion (l()s couches de nevé en glace , si l'on négligeait , en faveur de cette hy])otitf'se, de les observer attentivement, d'étudier leurs allures et leuin ntlaticMos avec les divers plans de séparation dont il u été (lueslion itisri^u'ici, et de rechercher les causes qui peuvent temporuireniont on habituellement en déterminer la formation.
Et ces causes sont évidemment les dilatations qui s'exenunit siniullaoémentde la base vers la surface et de l'amont à l'aval, mais n'^i* ;p:^seDt pas avec une égale intensité sur toutes les tranr;hos de la dare« à moins que les divisions dont il est question ne soient ditn traces encore reconnaissables de la stratification des nev(';s ni de 'XMicbes de glace successivement foimées et sui>erjx>s(5(*M Inti nnew anx autres.
liai» cette succession supposée par queli|ues auUmvtk iUiuh Um iiauUm régions des glaciers est inadmissible, rxjumje on vient de U* voir, tM. glaciers remaniés oil'rant aussi bien que les autnfM «es mn'U*M ili* 'arjod^s horizontales ou peu indinées qui fX>nipl<'U;nt leur rljvaj^H; t^j -ii** sont visibles aux glaciers de l'Aar, ell(*s wt U* w/nl pan nioinn an -jtftiif inierieur du glacier du liWtw*, imiiiifnNf </hi<' aj^lali . h<*j/ar<'
(le la région supérieure par un escarpement de près de 1000 mètres de hauteur que la glace doit franchir avant d'atteindre le fond de la vallée {PL 7, fig, 7).
Sur cette pente escarpée , on ne remai-que pas, à la vérité, de complètes solutions de continuité entre les tranches de glace qui, séparées d'une rive à l'autre, glissent et forment d'immenses gradins irréguliers et découpés longitudinalement ; mais le cône terminal est entièrement formé de débris qui se rapprochent aussitôt que la pente du terrain inférieur le pemiet , comprimés entre ce cône terminal et la nappe d'éboulcment; et il constitue une section distincte, une nouvelle masse de glace dans laquelle la distribution première de ces éléments remaniés ne saurait plus exister; enfin, en raison môme de la disposition du sol recouvert , l'alimentation ayant lieu plus spécialement par addition de glaces divisées par tranches glissant sur un plan trèsrapproché de la verticale , le cône terminal est natm'ellement divisé à son origine par des fissures sensiblement verticales et parallèles à l'axe du glacier, ou le coupant transversalement à angle droit, et dans la distribution desquelles on n'aperçoit plus, môme à l'état nidimentaii'e, ces larges tranches ayant l'apparence de couches que l'on voit distinctement à la pente terminale.
Eau ï la surface des H. 17. Les crevasscs , les fissures diverses qui divisent les masses glaciers. de glaccs en tranches , en blocs polyédriques, sont, comme je l'ai dit pins haut , plus ou moins largement ouvertes , plus ou moins nombreuses, distancées ou rapprochées {PL 7, fig, 8). Les dilatations et les mouvements, causes de leur incessante production, tendent à déterminer à chaque instant de nouvelles fractures , et en même temps à rapprocher les parois des crevasses que nous apercevons à un moment donné, et qui plus tard auront dispaiii ou paraîtront presque complètement fermées.
Elles forment des conduits au moyen desquels l'eau pénètre plus facilement et plus abondamment dans les diverses parties des glaciers ; lorecju'elles sont ouvertes inférieurement ou en communication avec d'autres canaux, l'eau ne saurait s'y arrêter, et elle ne fait qu'en corroder les parois, tandis qu'elle les remplit quand elles sont fermées par le bas, y demeure plus ou moins longtemps à l'état liquide et finit par se congeler {PL 7, fig, 9).
Lorsque le soleil atteint ces petits réservoirs, l'eau s'échauflant graduellement fait fondre la glace et tend à élargir l'ouveilure de la crevnsse, dont les bords s'inclinent de plus en plus {Fig. 10, 11 et 1S).,