EAU A LA SURFAQË DES GLACIERS
Cette action, résultant de rélévation de la température sous rinfluenrt^ Pilaire , se fait pnni'i[)ïdeiiient sentir près de la surfïice et va m dinunuant rapidtmient à une tifs-faiblc profondeur, au-dessous <le laquelle reau, dont la conductibilité e^i extrêmement faible, cansene une tempéralure à peu pris uniforme, qui ne peut s'élever ou se modifier au contiict de la glace, faute de courants ascendants et deioeadaiits ^ c^s coiu-auts, nécessaires pour opérer le mélange et augmenter la température de toutes les couches ne se produisant que élus les Uquides chaufTéâ par letu^s parties inférieures.
Généralement, quand ces réservoirs viennent a se vider, Us offrent im espèces d'entonnoirs à section elliptique et ayant leur plus grand diiUBèlre dans le sens de !a crevasse qu'ils occupaient {ftg. 0).
Si la lerapéralui-e s'abaisse suflisainment, Teau contenue dans les ccevasses ^e congèle et se convertit en une pelite masse ayant fa forme •l^mi C30în ou d'un fîlon de glace compacte semblable k celle des lacs il dœ rîvièi^s et ne jouissant d'aucune des propriétés de la glace des fbc^rs, dont elle reste toujours séparée et parlaitement distincte.
Comme elle est impeiinéable, elle ne saurait se dilater par la conpélation d'une quiuiti té quelconque de bquide, pxnsqu'elle n'a pas la |iO|iiielé d'en absorber; t:ependant, pressée latérafemeut entre les BMM9 de glaces que la crevasse dinsait , elle se brise et se fendille ; elle asl bientôt réduite en morceaux anguleiLX ou môme entièrement Imqpée , et elle perd sa transparence.
A cet élat, elle se distingue parfaitement de la glace grenue pénéttée d*e«u qui ûlLre entie les grains et en conserve la transparence , tft doiU. elle n'a pas et ne sauront prendre les caractéi-es et les pro-
Qnelii^ que ^ieut les citxx»nstances qui en puissent favoriser la ilion en glace grenue, cette transformation ne s'opère jamais manière réeJle ou complète. Si les fentes «ont larges, si la cre- ^ laisse inférieuremeiit filtrer fes eaux , récoulement se fait avec U9p de rapidité, et l'eau ne séjournant pas dans ses fissures i^ilières, i«elilÎ02es, si ddïérentes des lissui'es contournées , des joints de sépades graijis de la glace du glacier , elle se désagrège et tend d lire.
Si I>au retenue inférieuremcnt la pénètre, eUe tendra, soit h dismoése les friignients si sa température est assez élevée, ou à les réunir « #De ëe congèle; dans ce dernier cas , im nouveau filon de glace compris ge formera et subira ensuite les mêmes pbases que le premier*
Ces pclils liions accidentels sont d'ailleurs trop peu importants pour avoir une influence quelconque sur le ré^ue des glacière; et, en eilet, ils ont une profondeur de 1 à 3 mètres au moment de la congélation; ils disparaissent pendant Tété et avant le retom» de l'hiver par Tablation , et si les crevasses sont profondément remplies, Teau, au-dessous d'une certaine limite, se consene à l'état liquide et la glace d'eau ne les ferme que supérieurement sur une faible épaisseur, en formant des ponts qui ne saument longtemps résister.
Lorsque l'eau retenue dans les crevasses se congèle, il se forme d'aboixi contre les parois une couche de glace compacte ; puis , la congélation continuant, de nouvelles couches ayant sensiblement la même épaisseur s'ajoutent successivement, et, quelle que soit la forme du bassin , forment des bandes concentriques dont l'épaisseur atteint quelquefois de 4 à 5 centimètres {PL 6, fig. 1. 2, 3 et 4).
Ces zones se décomjjosent en fragments mgueux , sorte de cristaux imparfaits, rayonnant du pourtour vers le centre, si le bassin est circulaire; si au contraire il est allongé ou elliptique, le rayonnement semble se rattacher à Taxe longitudinal ou à une petite ellipse centrale parallèle à la section de la cavité (fïg. 3» et 5^) : structure et dispositions qui permettent toujours de reconnaître et de distingue!* ces agglo- Éioiics ou Roses des mérations auxquelles on a donné les noms d'Étoiles ou de Roses des «'»"«"• glaciers
Dans la glace d'eau on remai*que, en outre, une disposition (lue n'offre la glace grenue des glaciers dans aucune de ses parties ; ce sont des faisceaux de tubes capillaires allongés, parallèles, quelquefois tortueux et dirigés dans le même sens ; ces tubes ont aussi (jnelques renflements imitant dos bulles; enfin Ton aperçoit assez fréquemment des bulles distinctes et séparées {PL 5, fig. 4, 5 et 6).
L'épaisseur de la glace augmentant, comme je l'ai dit, du pouilour de la cavité vers Tintérieur, ces tubes capiUaires s'allongent en môme temps et dans le même sens. Ils paraissent dus à un dégagement, soit des bulles de l'air qui ne s'est i)as dissous, projetées, et qui, emprisonnées dans la glace, sont poussées en avant, à mesure que la congélation se complète, vers les parties où elle commence à peine à se manifester et où nécessairement la résistance est moins grande , soit à l'air d'abord dissous et qui se dégage h mesure que la température s'élève et pénètre les glaçons ; alors on voit s'échapper, par ime multitude d'interstices ou de tubes capillaires, toutes les portions d'air
BAIONOfRES, TKOL^S MÉHIDÎENS, 171
qiie U température ne lui permet plus de retenir, et œ^ inben ou
ries, que détenniue la fuite de Tair, sont d'autant plus visiJ^les que
se trouve plongée dans l'eau; et les ravitês en ïovnm de
ou de buUe allongée qui les temiinent tous invariablement, et
I le renflement est dirigé extérieurement dans le pît)longement de
axe, semblent îndiffuer clairement et leur origine et le sens de
développement.
Enfin les tubes sont eu ligue droite ou contournés, entiers ou inter-
ifompus et divisés par lui certain nombre de cloisons, suivant que la
Atille d'idr, dans ï^on trajet, arrive sans dérangement à la distance
çuVDe pouvait atteindre , eu égard à la section de /a base , qu'elle y
fet paiTenue sans ititerniittences , ou «pi'elle est forcée de dévier;
tandis qu'elle reste isolée si elle est enveloppée et arrêtée tont-à-
coup.
Les glarons qui se forment par suintement sur les parois des cve- Tas^e» ont la mémestmchire, et ils se divisent en fnigments disposés cmicentriqu émeut et par couches; mais» en raison du mode même de kor formation , on conçoit qiie ces couches ou enveloppes successives ' alitent exterieirrement et qiie les plus récentes doivent être celles UT- If^xtérieur, tandis que raccmisî^ement des roses a lieu en sens inverse de la circunférence vei's le centre.
H- 18. On rencontre souvent de Teau dans des cavités elliptiques ou naij^oîn's. — Tfou» d V^^^<^ réstiltant d'érosions déterminées par des amas de graners «î'.i , liiL-uus matérianx déposés dans ijuelques plis par les eaux coulaol h la surface des glaciers. Ces graiîei-K «'échauffant ' , môme à une aertâdne profondeur^ à travers Peau qui les recouvm, jbnt fondre la I fiêicë à leur contact et déterminent la formation de trons qui s'appit>- [ JÊaHmeni graduellement (Pi 5, fig /? à 16).
^B &$ trous semblent se rétrécir vei-s le fond; mais il est plus ^BbcI de dire qu'ils s'élargissent snpéricuiement, puisque réelle- ^BËiilimtrs orifices s'agrandissent, au contact de l'eau échauffée à sa
Bl,en «•ITet, œlte disposition en forme de cônes renversés insulte 4e ludion de la chaleur connnnniquée en même temps aux graviei's ft à la surface de Teau corrodant la glace suivant » des talus inclinés
• Cttfravkrs sVctwnitri'nî pnr tos nyons sdlalns , iiirHm- \\ une n-rtaîiip imiroii- » H fifpeiiéint ïh MJtit Pîi rnriliK'l avec lu ^îlarr oi ilaiis roaiï a zerth — Voycjiî (ikiïmaetifitè, pangruphes OA
mi'ridHMis.
on raison de la diminution graduelle de la température de Teau de sa surface vers le fond, ainsi que nous Pavons vu plus haut.
Ces réservoirs d'eau ont reçu diverses dénominations : les montagnards les appellent des g(milles; M. A^sMim les a décrits sous les noms de baignoires lorsqu'ils ont une certaine étendue, ou de trous méridiens quand ils ont une forme semi-circulaire , leur arc tourné vers le nord et la corde de cet arc au sud , dirigée de Test à Touest, un renflement de glace sur leur bord méridional et une plus grande profondeur au nord.
M. Kciier, frappé de la forme constante de ces cavités, a cherché le premier à en ^pliquer l'origine : «Lorsque des parcelles de gravier «s'accumulent derrière un renflement de la surface du glacier, dit-il, «elles s'échauffent ^ et s'enfoncent peu à peu dans la glace et y occa- «sionnent im petit bassin. Or, comme le gravier absorbe beaucoup «plus de chaleur que la glace, il en résulte que ce sera du côté où les «rayons solaires agiront le plus longtemps et avec le plus d'intensité «que le bassin devra s'élai-gir et le gravier s'enfoncer le plus profon- « dément, et ce côté ne peut être que le côté septentrional; et voilà «pourquoi tous ces bassins ont leur convexité tournée vers le « Nord. 2 »
On voit , d'après ce qui précède , que ces cavités particulières rèsultent d'accumulations de paix)elles de graviers denière un pli ou renflement de la surface de la glace , et que cette relation est une condition essentielle de leur formation. En eifet, les accumulations de débris graveleux déterminent des cavités circulaires ou elliptiques, et toujours à contours arrondis, sur des surfaces planes et dépourvues de rides, aussi bien qu'aux pieds des talus des pUs exposés à l'aspect du Midi. Pour qu'un tit)u s'élargisse plus d'un côté que de l'autre, il faut que l'ombi-e portée par im obstacle empôclie une partie du dépôt graveleux de s'échauQer; que cet obstacle soit une saiUie de la glace ou une dalle de rocher, il empêchera l'action des rayons solaires pendant im temps plus ou moins long , suivant son orientation et la hauteur diurne du soleil , et la courbe sera évidemment tournée dans la direction du Nord; mais la corde do l'arc parallèle à la croie de l'obstacle, quoique tournée du côté opposé, c'est-à-dire au Sud, ne
H. ' DeMir, Excursions j p. 489; et asmmUi, Système glaciaire, p. 101. DÂ. * Les parcelles de roches gneissiqucs^ schisteuses noires, s'échauffent intimment plus que les parcelles granitiques ou quartzeuses.
PLftTS OU MUULINS,
pfts invariablement menée de FEst à rOuest , do manièi'e k permettre la détermination exacte dn Nord et du Sud i>nr une ligne menée Aotoimnet de cet ar«: perpeiidicnlairenieiit sur la crête de robslacie. Aussi ces cavités ne sonl-elies réollemenl des tvous înérldkm que dans te cas où elles se foimenl sous des plia accidenieîlement dirigés de rEst h lT>nest ; j'ai eu souvent occasion de m'en af?sin*er au glacier de rAar. à la surface duquel on rencontre une très-grande quantité de fxvcavités semi-circulaires, dont les conles prennent. diflei*ents degrés dlnclinaison sur le mt^ridien ^ et de reconnaître, la boussole A la main, — - ^-- perpendiculaires menées des cordes aux sommets des anis nt soit a droite, soit à Ébauche de la véritable ligne du Nord W, S. fy. 1$ et 46),
H. 19. Lnrsï|ue Teau provenant, de la ftinte de la neige iiWt pas tniisscnui a h sarabsorbée en t<:italité par les glaciers, elle imbibe !es coucbes inférieures ^^^^ ^"^ Biafkm. des w&vés et, entraînée par la pente, elle finit par s^écouler à la sur- Eane de la glace en un grand nombre de petits filets qid se ix^unissent et donnent alors naissance a des niisseaiix plus ou moins volumi-
H.SO- Ces eaux usent et con-odent la glace et y creusent des Karrm, des siant^, Riiions h sinucttx 'èouveui profonds, dans les lits desquels sont entraînés ^^ ^^^^^ •*''* "*'''' mena» débris de nicbers, des graviei^ et des galets rpii roulent en rtatr Bctioipian t et finissent par s*user, s'arrondir et prendre les formes propies aitx galets façonnés par les coui-s d'eau (PL 5, fîg. ^7*); A la nie des ftmtes extraordinaires * , ces niisseaux pi*ennent quelquefois kl proportiofis de véritables tarrents.
Ouïes remarque principalement sur les parties des glaciers dépour- Toe^ ' ' îes, et il suffît qu'une crevasse s'ouvre et vienne croiser ienr- , nr en interiTjmpre le coui's.
H, 51. L'eati en tomîiant dans une fracture en corrode les bords el Puîis ao moulinai fitoodh la paroi sur laquelle elle coule; lorsque plus tant cette fracliire le tefenne . le sillon semi-circulaire formé d\m côté se conserve {fi9* 17*), et. en même temps, si Ton vertu re est insulïîsante pour iâiler la totalité de Teau, la paroi oppf>sée se coriY)de à son tour, et kiaiilé dans laipielle les eaux continuent h s'engouffrer devient un tmi cytinclrîqiie ou aplati A section circulaiit» ou elliptique (fig. 47" cf §7^ Cm troos, désignés sous les noms de puUs ou de moulins^
IML * CcMl iiirt0Vt »il pnntemp> . a la tonte des nei^i's , abrs cjuc te glacier e^t cnmm piÉ 1 b (ttilM! Miprrieurc et que [es fissures ^^iiihaireï^ ne S4)iil pc»inl uu vertes , f» fiWÊ fmtk à il Mirticr s*^u» iiit vnluiiii' sou\e[it trés-ciin^iilemble.
s'enfoncent verticalement comme les pamis des crevasses qui leur ont donné naissance et finissent par s'incliner comme elles; leur diamètre est sensiblement uniforme , mais dans certains cas il offre des variations produites par les érosions de Peau renvoyée d'une paroi contre l'autre et des matériaux qu'elle charrie et entmîne dans ces gouffres ordinairement très-prefonds.
Quand une nouvelle crevasse vient à s'ouvrir à l'amont d'un de ces puits, le ruisseau trouvant une nouvelle voie d'écoulement, le puits se trouve à sec et persiste jusqu'à ce que ses parois se soient rapprochées par le mouvement continuel de dilatation, qui cesse d'être neutralisé par le passage et l'action érosive de l'eau ; souvent aussi des pierres d'un trep fort calibre tombent dans ces trous, s'arrêtent à une certaine profondeur, retiennent les menus graviers et forment des barrages qui s'opposent à l'écoulement. Aussi voit-on des puits et des moulins, soit en activité, soit sans eau et entièrement vides ou remplis jusqu'à leurs bords, «aniios bipues. H. 22. La glacc des glaciera alfecte souvent une structure rubctnée, et olfre sur les parois des crevasses des séries de bandes verticales d'une glac« plus compacte, plus transparente et d'une teinte azurée^ plus vive et plus foncée que celle des masses de glace que ces bandes semblent pénétrer et diviser par tranches parallèles.
Cette division et ce parallélisme sont pour quelques auteurs des indices certains de Torigine et de la stratification de la glace ; et on a cru reconnaître que ces bandes, en grande partie du moins, représentaient les plans des couches de nevés converties en glace et successivement ajoutées ; enfin qu'elles correspondaient aux affleurements de ces couches, toujours visibles dans la K'gion des nevés ou apparents k la surface même de tous les glaciers.*
Cependant, sur certains points, ces bandes sont tellement nombreuses et rapprochées qu'on en peut compter cinq, six et même dix dans un décimètre. Aussi a-t-on compris qu'il n'était pas possible de voir dans chacune d'elles l'indication d'une couche séparée; leurs dimensions sont aussi très-variables : les unes ont à peine 1 millimètre de largeur; d'autres ont de 10 à 15, à 20 centimètres et au-delà ; enfin leur intensité est loin d'être uniforme , et on remarque souvent une bande d'un bleu pâle traversée par une bande étroite d'un bleu trèsfoncé.
Si ces bandes étaient bien réellement des plans de séparation des
DA. « Ces rourlips de nevés convertis en glace ne sont plus admises par aucun glacialiste.