BANDES BLEUES
couches plus ou moins épaisses, plus ou moins nombreuses de la glace dans le voisinage des nevés, elles devraient être pai-allèles ou sensiblement parallèles aux couches de ces nevés auxquelles les assises de glace succéderaient à stratification concordante. Mais les bandes sont généralement verticales et parallèles aux parois des fissures et des crevasses , et elles ne s'inclinent iju^accidentellement lorsque la glace éprouve soit en avant, soit de côté, un mouvement de déversement; enfin entre elles et les couches des nevés il y a une discordance évidente (PL 8. ftg, 1),
Outre les difficultés qu'on éprouverait à expliquer les causes d'un redressement vertical et subit des couches de glace h mesure qu'elles se forment et cette discordance qui prouve l'impossibilité d'admettre dans les glaciers mie succession non interrompue et continuelle de couches de nevé converties en glac^, on aurait certainement quelque peine à comprendre d'autres anomalies non moins frappantes.
En effet, les bandes bleues forment un réseau irrégulier; eUes aftÎBCtent diverses directions et plongent dans les masses sous différents angles, et ces entrecroisements, ces pénétrations suivant des inclinaisons variées sont des faits qui ne pouvaient passer inaperçus ; ils prouvent avec quelle réserve on doit accueilhr la théorie du parallélisme constant entre les bandes et les couches ou leurs affleurements, et combien il serait difficile de démontrer comment une couche horizontale ou peu inclinée de nevé , convertie en glace sur la surface entière d'un cirque, peut, inunédiatement après sa transformation, se redresser, s'intercaler dans le glacier et y constituer ime tranche verticale régulière de quelques centimètres d'épaisseur, et le pénétrer, soit transversalement , soit longitudinalement.
Les bandes transversales considérées isolément affectent à la vérité ûes courbes qui rappellent au premier aspect les affleurements des «mches des nevés ; mais ces courbes , loin d'indiquer des tranches successives et en retraite , sont les bords des plans verticaux poussés en avant avec des vitesses inégales. Si lem' mouvement de progression était uniforme, ces tranches chemineraient sans se pher et tracées en ligne droite d'une rive à l'autre ; mais le mouvement étant plus accéléré au milieu que sur les bords, les bandes, aussi bien que les parois <les crevasses, doivent se contounier et affecter des arcs dont les somraeLs sont tournés vers l'aval, fe courbes ne sont pas et ne sauraient être parallèles ontit* elles,
même poui* des bandes originairement parallèles et formées en mêm temps.
Une série de lignes droites aaaaa {fig. S, pi. 8), tracées à Taid de pieux fixés dans la glac« transversalement à Taxe d'im glacier e également distantes Tune de l'autre, ne tardent pas à s'écarter inéga lement et à affecter des courbes cccc, d'abord sensiblement concen triques, et des arcs de cercle qui se modifient peu à peu et devienneii ensuite des ellipses et des paraboles très-allongées de plus en plu aiguës dddd; lorsque les courbes commencent à se dessiner, si Toi trace de nouvelles droites c ce (/ï^. 2 ef 3), on a ensuite un nouveai système de cx)urbes ffff {fig, 4), croisant les premières d d d sou des angles cjui varient et dont Touvertui-e tend sans cesse à se réduire Enfin des lignes parallèles à Taxe ggggiftg-S) marchent soit parai lèlement à cet axe, soit en s'écartant et en rayonnant vers les bords si le glacier peut se dilater latéralement.
Les crevasses et les bandes affectent absolument les mômes dispo sitions ; leur réseau compliqué comprend des alignements droits et de coui-bes diversement entremêlées {fig. A et b)\ aussi dans le cas oi Ton panîendrait à démontrer que les glaciers sont composés d couches successives et que les bandes bleues en marquent les joint de sépai'ation , il resterait encore à rechercher le secret des pénétra tiens et des entrecroisements de »ces couches , et la solution de celt dernière question ne serait certainement pas la moins embarrassante
L'origine des bandes bleues paraissait autrefois un phénomène doB l'explication offrait de nombreuses difficultés; aujourd'hui, et d'aprè des observations suivies, il semble qu'elles doivent toutes être rap portées à une cause unique, dont les effets sont plus ou moins pro nonces et sensibles, suivant les conditions dans lesquelles se trouve 1 glace soumise à son action.
La glace des bandes bleues ne diffère sous aucun rapport de la glace cens Utuant la masse du glacier ' ; elle n'est ni plus ^compacte ni plus trans parente, et elle oflre une structure complètement identique et le mômes grains irrégiiUers ; et il est évident qu'elle doit sa teinte plu prononcée d'un bleu plus intense à une imbibition plus considérable pour s'en assurer, il suffit de détacher un bloc de glace rubanée, d l'exposer à l'air pendant quelques instants et de laisser à l'eau qii
DA. « Nos observations autorisent k imprimer, en 1863, en petits caractères ce conclusions de Tami H«s«rd. De certaines {places bleues diffèrent sous bien des rapport;