ACTION DES EAL'X ET DES TORBENTS SORTANT DES GLACIERS
dans les lacs et dans les bassins à rentrée desquels leur cours se modifie et se ralentit.
Sur les rives des glaciers , dans les anses ou plis du terrain formés d'an côté par la glace, on rencontre de petits bassins dans lesquels les eaux sont retenues habituellement ou temporaiiement et périodiquement; ils sont alimentés soit par de petits ruisseaux coulant à la surface des glaciers , soit par les eaux provenant de Ûltration et de Faldation, et qui y parviennent chargées de détritus enlevés aux amas boueux de leurs rives.
La boue glaciaire , les sables et des galets mômes 8*y accumulent et y constituent des dépôts sédimentaires divisés en couches régulières et superposées, dont on peut étudier les relations et Tarrangement quand les eaux, trouvant une issue , s'écoulent et laissent ces cavités momentanément à sec {PI. 8,fig. 47 et PI 9, fig. i,7 et 8).
Ces dépôts de débris glaciaires, évidemment dus à Faction des eaux retenues du côté d'aval par un barrage accidentel , ne sauraient se former sans le concours combiné de la glace et de Peau ; ils sont étages et placés à diverses hauteurs , soit au-dessus , soit au niveau du fond des vallées; ils nous offrent sur une très-petite échelle des exemples de fonnations plus étendues et plus importantes que nous aurons bientôt occasion d'étudier et dont ils serviront à déterminer la nature et à prouver l'origine.
Les divers cours d'eau, dans leur régime ordinaire ou gonflés accidentellement , et les torrents constants ou périodiques charrient en plus ou moins grande quantité des sables, des galets, des blocs et des détritus limoneux qui se déposent dans les bas-fonds dès que la vitesse des couinants se ralentit et descend au-dessous d'ime certaine limite. Les matériaux ainsi transportés subissent les effets de frottements continuels; ils s'usent, leurs angles s'émoussent, ils s'arrondissent et tendent toiLS indistinctement à acquérir la forme de sphéroïdes plus ou moins réguliers ; et tandis qu'ils s'arrêtent ou se déposent dans tcmtes les parties du lit où la vitesse est trop faible, les détritus provenant de la décomposition des diverses substances charriées ou des •lêfiôls glaciaii-es, et tenus en suspension dans les eaux, continuent à*'{iv entraînés et vont, dans les bassins où les torrents se jettent, fa>mier des nappes de sédiment.
Ces dépôts alluviens prennent une inclinaison qui varie suivant la iialurp des matières transportées et la profondeur des eaux des lacs 'i^iiiî» les(jiiels ils se foiment. Les matières les plus lourdes se déposent
d'abord, et aussitôt que la vitesse du courant a diminué, elles constituent des zones rayonnant autour d'un centre situé à l'embouchure môme de la rivière, et elles forment des couches ofiûrant des bourrelets, des onduiations , des renflements. Les sables et les limons poussés plus loin se déposent lentement et par grandes nappes, dont ThorizontaUté peut souvent être parfaite, et qui tendent à combler toutes les inégalités du fond des bassins et même celles que présentent les amas de galets.
Les torrents sont les agents de destruction et de transport les plus actifs ; les dépôts qu'ils produisent dans les vallées où ils dégorgent ne sont pas composés de couches stratifiées comblant les fonds de cavités ou de lacs , ou formant des nappes continues sur les terrains peu inclinés ; ce sont des amas de matériaux jetés sans ordre, d'immenses ruines s'élevant de plus en plus sur le sol qu'elles envahissent, et sur lequel elles forment des bourrelets saillants et allongés connus
a'iDcs de dfjcrtion. SOUS le iiom de cdnes de déjection, anciens ou récents.
Tous les blocs , tous les galets transportés et accumulés par les eaux sont plus ou moins parfaitement arrondis; leurs angles sont toujours émoussés , et en raison même de leur mode de transport et des chocs qu'ils reçoivent en roiUant dans les Uts des cours d'eau, ils ne sauraient jamais conserver ni leurs angles ni leurs aspérités ; aussi l'absence complète de galets anguleux est-elle un fait caractéristique des dépôts véritablement alluviens ou formés sous l'influence exclusive des eaux.
Roches qui encadrent H. 32. Les Alpes vues de loiu paitûsscnt se découper en crêtes éleles glaciers. vées , en pics aigus à arêtes tranchantes et à plans réguliers , et elles semblent fomiées de rochers assez sohdes pour résister à toutes les causes de destiiiction ; mais de près leurs sommités offrent l'aspect d'immenses ruines et des traces de continuelles dégradations; les rochers profondément désagrégés, déhtés et décomposés par l'action des eaux et des agents atmosphériques, sont recouverts jusqu'aux cimes les plus élevées de monceaux de débris qui tombent sur les glaciers avec un biniit effrayant et les recouvrent d'avalanches de blocs souvent énoiines , de menus matériaux et de nuages de poussière.*
H. ' Un exemple pris dans le cirque du glacier de rUnter-Aar fera comprendre cette dispositiun , cette apparence de pyramides régulières et solides et la désagrégation réelle dos masses de rochers qui les constituent.
Vu du Pavillon (PL 18 , fiy. i*), le sommet du Thierberg est une pyramide aigne, torniinée par des arêtes ti-anchées, continues, sans dentelures apparentes.
débris rejëtés à la surface de la glace n'y entasseraient cxuifnsôl#l6aus aucun ordre si les glaciei's résident stallonnaires; mais, en lÙBûzi de ta pro^^i^cssion, ib se disposent en lon^qiPî? Iniîuéos suivant fe sens des mouvemenrs de translation sur les boixls ou sur les divers JfÊÊmÊB de la surface des glaciers et finissent par s'awnnuder à leurs adrtmiléSf aux pieds de leui's tmoches terniinaies, sous forme de barrages ou de digues transversales. Ces traînées , ces digues , sont les morainejs,
II* 33. Les nwraines ont retui diverses dénrïniinations, soit en raison Moraines. de leurs formes, soit en rîiison de ïem* distribution et do leur situatkm; aiiiHi, loi-sqn'elles sont superllcielles, on les nomme rnùraines Mommw mm»hÊÊérales ou nwi'aints médiauts, suivant qu'elles sunt situées In long nt^s — oMmucs la-
. riires ou vers les parties moyeimes des glaciers ; à lexlrémité des
(6ralt*s ^ moraines fronlalrs ikTmîialc*)
»« les barrages extérieurs ne reposant plus sur Ja glace, sont in^iraim^s rrofo»lei meraines fronudes ou tcntimales; enfin sons ies glaciers, la couche •>♦•* it boue, de satiles, de galets et de Llocs constitue les monnnGs profÊmdes, foruuuit presque toujours les bases sur lesquelles reposent les iMliaiaas Crontales.
Aiim que je viens de le dire , les débris qui tomimnt sur les bords àim glacier marchent avei^ la glace qu'ils recouvrent, et les élxiule- IWlff se succédant continuellement sur le môme point ou périodique- IMI et à diverses stations, fournissent de nouveaux matériaux qui «m entraînés à la suite des premiers et constituent ces longues traitées SOT les rives du glacier, iesmoraines latérales, dans la distribution «I Tarrangement des^pjelles on observe un ordi'e et une régularité mnarquaiiles.
Les moraines latérales sont simples ou CM^mposées lorsqne les éboukmms proviennent d'nu seul ou de plusiem^ points rapprochés et IKiiemienlàune égale distance du bord ; composées, loi^qulls tonilx*nt ide*djstauc>es inégales soit des rives, soit du milieu du glacier; dans œcas, les moraines latérales se divisent en plusieurs bandes séparées oaamiiguês, marchant parallèlement et avec des vitesses différentes. Les mûraioes latérales s'étendent sons forme de nappes à la surface
M 00 reiamiiie avec uiip lunette d'une force niùme médiocre, on aperçoit que ftofil |»rufonik'nji'nt dkuuik^es, et que le stmimel iiigu qui les termine e\ p«* uni* |i>rjnnxle Irian^ulaire ii plans réguliers, n*i'sL qu'un aniiis de blocs sé- » vais Avs ;iiitres, iiirlirns (^l rn surplarnî) {fif/. P vl î'), , de umi prè*\ . cm ite \w\ plus i|tj'un mttni'fïiu île ruinées dont le^ agents atmos H eliaque iiisl:mi ii ilelerniirn'r le ftéplÉtcenicnt et la ehute^
202 GLACIËR8 EN ACTIVITÉ.
de la glace ou constituent des bourrelets, des barrages souvent élevés
à quelque distance des rives , ou touchant les bords et se déversant
même sur les terrains voisins des glaciers.
Les maiéiiaui ré- L^s galots , les blocs , les terros et généralement toutes les matières
pandus ^ la surface répandues à la surface de la glace la préservent et en retardent Fabla-
dc la glace reurdcnt ^^^ ^^^ j^^ Doints qu'elles recouvrcut; si donc un amas de débris se
l'ablation sur les x- i
points qu'Us recrf- forme SUT le bord d'un glacier {PL 9, fig. 1S) et s'installe à une certaine vreni. distance A B (PL 9, fig, 45), la portion de cet amas participant au
mouvement de translation aura, dans le cas représenté par cette figure, \me section triangulaire c B a qui sera ensuite remplacée par la masse de l'éboulement d aussitôt que la première portion aura suffisamment cheminé.
La moraine constituée par l'amas ac B (fig, 44) ne conservera pas la forme de ce triangle ayant un côté vertical a c, mais elle se transformera en un prisme c Bfg, dont le côté fg sera la ligne de talus plus ou moins inclinée que pourront prendre les matériaux en s'étalant plus ou moins loin sur la rive en g, eu égard à leur nature, leur grosseur, etc. ; puis enfin l'ablation faisant graduellement baisser la surface de la glace B H, la moraine d {fig, 1S) tendra en môme temps à s'affaisser et à s'étaler vers la dépression qui se formera au-dessous du point B, et finalement elle s'écartera de la rive sous forme de nappe x a?' a?" {fig, 46),
A distance du bord, \m amas a {fig, 4, pL 40), quelles que soient ses dispositions, finira par prendre la forme d'un prisme plus ou moins régulier; l'ablation agissant des deux côtés à la fois , la glace s'abaissera graduellement et le dépôt , maintenu au môme niveau ou sur^ haussé par suite du gonflement, paraîtra se relever de plus en plus au-dessus de la surface de la glacé.
Lorsque le relèvement sera suffisant pour déterminer la chute des matériaux qui ne pourront rester en surplomb sur les arêtes db eXc e {fig, 2), ils glisseront sur les plans inclinés h d, ce, V d\ c* t\ etc., et finalement la section de la moraine sera celle d'un prisme triangulaire D A E {fig S); mais l'ablation n'agissant pas également, le côté exposé à l'action solaire sera plus déprimé ; le côté A E sera proportionnellement plus long que D il , et aura par consé(juent une pente plus forte; et en même temps, si la moraine oQre quelques lacunes, quelques vides sur lesquels l'ablation puisse agir, elle présentera transversalement et dans le sens de sa longueur des dépressions, des renflements ou des cônes isolés dont il sera question plus tard.
MUllAINES SLPEKFICIELLESê 203
Les moraines latérales (rendant invariiiblement à se rapprocher des Ist; dies ne 8*en étîartent fjifexceptionoellemf^nt, Ini'st|iie des acciils du teri-aiii délerniinent dest deviritions dans la raartvhe de» glacier». La glace sur les rives, au contact des rochenî et sous la double ntlliience de la t-halmir réfléchie par lenn> parois et de raction directe dis soleil, y subit une ablation pins forte qu'à certaiiie distance de ces rii«; et Jes réductions qu'elle épixjuve favorisant le gonflement ou le déversement de la masse, les mormnes viennent toucher les bords, »Y arrêief)t partiellement ou en totalité et marquent trèS'Hpftroxima- Hupiilifif les limites latérales des placiers.
Sur un fJan peu incliné x y (fig. 8, pi, 40), ces moraines peuvent S^élAhlir et rester en plaide si le glacier vient à diminuer, on glisser fkli haut et plus bas s'il débordeou abiuidonne le point qu'il avait d'à bjrd iltomt, et indiquer silrement ses limites extrêmes. Mais sur une paroi fiotlcale ou très-raide x y (fig. 45, pL 9)^ elles ne peuvent que remonter cm descendre et suivre les oscillations de la glace , mais elles ne saunùenlse flxer^ et ou nV retrouverait d'autres traces de la présence et de Faction du glacier, s'il se retirait entièrement on partiellement, ijoe les surfaces polies et striées des rochers.
Les moraines latérales , abandonnées momentanément ou dèflnitivement, sont plus ou moins puissantes, continues ou discontinues; cOes constituent sur les flancs des montagnes des traînées ou des smasde blocs, des honiTelels et des enceintes suivant des ligues de pemes d'amont en aval, parallèles aux smTaces inclinées des glaciers. Extérieurement ou du côté des montagnes , les talus de ce» bourrelets font souvent très-fortement inclinés, les matériaux ayant été rejetas Moeesilrement, entassés et maintenus par la glace; tandis que vei's r«Tal, du côté de la vallée, ils ofïrenl des î>entes moins abniptes. Ainsi lDtsqu*une moraine a b c d {PL fO, pg. 8) est abandonnée à mesure ^ le glacier diminue, la crête fbc du bourrelet s^abaissera graduellemeol aussitôt qu'elle ne sera plus soutenue par la glace; elle s'afiais- "iTtfiiivant vm plan de glissement f e, pour s'étaler sur le point g et fsoidre une inclinaison d'autant plus faible qu'elle sera formée de HUe ou de menus matériaux, tandis que la pente des talus pourra iieiadre 35*, soit en hauteur les "^f^y^ de sa base si elle se compose et gros galets et de blocs an^iideux.
Les principaux matériaux dont se composent les moraines latérales des blo«"» et des galets anguleux offrant quel<]ues traces de fmtteient», quelques angles émoussés par les chocs qu'ils ont subis en
lombant du haut des montagnes , et ces débris sont mêlés à des détritus provenant de leur décomposition ou de leur division mécanique. Cependant on observe fréquemment, et môme dans le plus grand nombi-e de cas, de la boue et des sables de trituration, enfin des galets et des blocs polis et striés dans ces accumulations rejetées sur les rives des glaciers ; et ce mélange de matériaux bruts et façonnés par la glace paraît d'autant plus étrange , que les matières étalées à la surface des glaciers sont transportées sans chocs et sans frottements. Mais il est facile de se rendre compte de cette apparente anomalie et de constater de quelle manière les galets façonnés s'ajoutent aux galets anguleux.
La glace généralement ne touche pas immédiatement les parois des rochers , ainsi que je Tai déjà fait remarquer : elle en est séparée par une couche de boue , de sables et de galets soumis ù Faction incessante du glacier et qui s'arrondissent, se pohssent et se couvrent de stries. Pendant la belle saison, au contact des rochers qui s'échauffent, l'ablation devient plus active sur les rives exposées à l'action du soleil; la glace se fond et s'écarte graduellement, l'ouvertui-e latérale s'élargit de plus en plus et les matériaux bruts ou déjà façonnés de la rive , ou reposant encore sur les glaciers , y tombent, s'y mêlent et y subissent indistinctement l'action du polissage.
Si donc on observe à la sortie de l'hiver, et au moment môme où la neige va disparaître, une coupe (/?^. 41, pi. 40) prise sm* la rive d'un glacier, on remarquera à la fin de l'été que la surface de la glace (fig, 4i) sera descendue au-dessous du niveau c b d'un certain nombre de mètres ; que l'ouverture triangulaire 0 s'est élargie supérieurement dans la môme proportion, et plus môme, suivant les circonstances locales ; enfin que la moraine latérale A est descendue en totalité et en partie, et qu'en s'affaissant elle s'est mélangée aux matériaux bruts rejetés par le glacier.
Mais aussitôt que l'ablation diminuera, le glacier tendra à regagner le terrain , à atteindre ou à dépasser le niveau c 6 , à se rapprocher de la rive et à se relever, et sa progression en avant, en hauteur et en largeur, n'étant plus aiTôtée ou ralentie par la fonte superficielle ou latérale les matériaux engagés dans l'intervalle 0 seront comprimés plus fortement , refoulés et remontés par le mouvement ascensionnel vere la rive, seule direction qu'ils puissent suivre, eu égard à la foraie triangulaire de l'ouverture dans laquelle ils se trouvent engagés. Et c'est ainsi que des galets et dos blocs façonnés par la glace, des sables
>I0UAINES SUfEItFir.îELLES, :?05
e trityraiioo sont rejelés laU^ralement et vieiment se m^r à des bloes anguleux» ou dominent môme exclusivement dans les moraines latérales, quand une interroptioii on nn éraiiemenUle kl luipiM? siiperficielle ne{>ermet plus aux matériaux angideux de [jar- Tcnîr jusiiu'aux tnjrds du glacier.
Eu rvsiimé, les matériaux qui tombent sur les rives des glaciers Sionii^nt des bourrelets ou des Itandcs parallèles à ces rives.
Lors^t'un éboulement s'est élabli sous forme de nappe A B, a peu pito uniforme {PI. 9, fig. 9)^ la glace subissant l'ablatinu conti^la nve €l BUimnl sa limite intérieure /i, s'aliaisse graduellejuenl avec la nappe dans la partie centrale C (/?//. 10) y conserve le niveau primitif, tandis que les jiarties latérales s'aijaissent à droite et à gaucbe et constituent 1» revêlements d'un bourrelet longitudinal ayant la forme d'un prisme qtd se mtxlifie divei-sement ensuite.
Un éboulement A B e (fig. 4S>) est partiellement entraîné avec le gbder; la section a c B ayant une face verticale, ne saurait se mainloiîr ainsi; la portion triangulaire a f x {fUj. l-f) s^êlxiule et mt^mibe for la rire de a? et ;? , et la moraine latérale reprend la foime g f B , ten la portion e x fB , de nouveau entraînée, va bientôt se modifier ptr sittte de Téboulement de la face verticale x e.
La purtion d {fig, iS) laissée sur la rive ne saurait consen^er sa face 9Rttcale a ^; celle-ci s^écroule, toute la surface A a suit le mouvement et Tamas prend la forme x x x** (Jig. 46), qui sera de nouveau modifiée comme cela a eu lieu pour la moraine A B e de la fig. fS.
Quand un éboulement vient touclier un glacier au pied d'un laluB
trps-<scarpé, a; y (fig. 13), la portion entraînée par la glace subit les
nxKrvements indiqués ci-dessus ; mais si le glacier s'abaisse sensihle-
laeni, les matériaux descendant en même temps laissent à découvert
ki parois des rochers sans Liisser de traces de la hauteur occupée par
k glacier au moment où réboulement est venu le toucher, tandis que
dass la/kjf. 8,pL 10 si le glacier s^abaisse jusqu'aux niveaux fjh g* h* ,
l^snas a b c d, soutenu d'alwrd par la glace, s'alTaisse ; la portion
•' c tombe et s*étale de e eu g ; le déi)ôl prend la forme f^ fc g et
-lii'i»* sur le flanc de la montagne, parallèknneut à la rive cbi gla-
I î-nirrelel qui maitjuera les bniites que le glacier a atteintes à
^lonné.
De même, dans la fig, 6, même planche, nu dépôt .r peut rester
nomme tin témoin du passage du glacier sur les rochers peu inclinés
ly; inaÎR ifll se tn^uve silué connue dans la fig. 7, il tendra à glisser
206 (iLAGIERS EN ACTIVITÉ.
suivant lînclinaison de la paroi x* y', et à s'introduire entre les rochere et la glace.
Dans la Jig, 14, un éboulement A couvrant partiellement la glace s'appuie contre le rocher et pénètre dans l'ouverture A y; si cette ouverture s'élargit (fig, 4 S) y et si en même temps le glacier s'abaisse, le dépôt, placé d'abord à la hauteurs 6, descend graduellement et tend à disparaître dans l'ouverture 0 y'.
Des matériaux engagés entre le rocher et la glace descendent à mesure que l'ouverture 0 s'élargit (fig. 41, pi. 9), et ceux qui sont restés à la surface de la glace en ^4 y tomberont ensuite aussitôt que l'ablation aura incliné la surface de la glace suivant la i)ente x x'.
Mais si le glacier remonte ensuite et, par suite d'un gonflement, se rapproche des rochers, le dépôt pressé tendra à remonter et à former un bourrelet de matériaux broyés et arrondis mêlés de boue (fig. 19).
Quand une moraine latérale bac (PL 9, fig, 17) , modifiée par suite d'un déplacement et ayant pris la forme htg, présen-e la rive d'un glacier, l'ablation se fait sentir du côté découvert b h\ Idi surface du glacier s'abaisse graduellement suivant la pente x x', et l'amas de matériaux m ne pouvant rester en surplomb , s'affaisse et tend à s'étaler sur cette pente (fig. 48) , qu'elle suivra vers un point écarté de la rive ou qu'elle recouvrira sans s'éloigner du bord, jusqu'à ce que l'ablation de la rive modifie le glacier suivant x' x'\ et ramène la nappe de matériaux dans les conditions indiquées dans la fig. 9, pi. 9.
Enfin, quand un éboulement s'est partiellement engagé entre le rocher et la glace, il peut conserver encore supérieurement, comme l'indique la fig. 9, pi. 40, la forme d'un bourrelet prismatique, dont l'arête supérieure s'affaissera graduellement à mesure que l'écartement 0(fig. 40) deviendra plus considérable ; et, à un moment donné, la moraine latérale aura la forme d'une cuvette dont les bords plus ou moins relevés finiront par recevoir une inclinaison trop forte suivant laquelle ils ne pourront se maintenir ; les matériaux tomberont alors dans la cavité 0, où ils continueront à s'enfoncer jusqu^à ce qu'ils soient repoussés et relevés , comme on le voit dans la fig. 49 , pi. 9.
Lorsque deux glaciers viennent se toucher et se réunir, leurs moraines latérales se réunissent et se confondent; la moraine latérale droite a: de l'un s'opposera contre la moraine latérale gauche y de l'autre (PL 40, fig. 44 et 46).
Si les deux glaciers sont de puissance inégale , la nouvelle moraine
MOItAlNES SUPERFICIELLES. 207
est refoulée sur Tune des rives et marche parallèlement au bord contre cette rive elle-même, ou à une distance d'autant plus considérable que Taffluent est plus fort; tandis que, si les deux glaciers sont à peu lires d'égale puissance , la moraine se dispose longitudinalement smrant Taxe m m' marquant leur plan de jonction , et elle prend alors la dénomination de moraine médiane.
Tant que deux glaciers marchent parallèlement, elle occupe le milieu de la masse qu'ils constituent; mais si Tun des deux , plus fort et plus puissant, refoule l'autre latéralement, la moraine médiane suint des déviations qui indiquent l'importance et les limites des oscillations déterminées par l'action du glacier prépondérant.
Une moraine médiane peut être formée de deux ou de plusieurs Moraine médiane. moraines latérales riveraines, parallèles les unes aux autres, contiguës ou distancées. Ainsi, au pied de TAbschwimg qui sépare les giaders du Lauter-Aar et du Finster-Aar et foime un promontoire au point où ces deux glaciers se réunissent et constituent l'Unter- Aar, la grande moraine médiane de ce glacier comprend , savoir :
Du côté du Finster-Aar (rive gauche) , une moraine latérale provenani du cirque de la Strahleck et une latérale de l'affluent du Mitrelgrat, séparée de la première et la suivant parallèlement jusqu'à la hauteur de la pointe de l'Escherhom, où elles se réunissent.
Et du côté du Lauter-Aar (rive gauche) , une latérale provenant de rAfaFchwung et joignant la moraine de la Strahleck au pied même du promontoire; ime deuxième latérale de cette même montagne; pms deux latérales du Lauter-Aarhom, et enfin la latérale du Schreckhom ; ces quatre dernières, séparées les unes des auti^es, se réunissent , savoir ; la seconde de l'Abschwung et les deiLX du Lauter-Aar les unes aux autres, à quelque distance de l'Abschwimg et à la moraine de la Strahleck, en face du Trift postérieur; eniin à celle du Schreckhom , un peu à l'amont du Pavillon ; à partir de ce point elles se confondent et ne forment plus qu'une seule et imique moraine à laquelle vient encore s'ajouter, à la hauteur du Trift antérieur, ime Lande de matériaux provenant du Schreckhom et dont le prolongement supérieur, à l'amont de la station de l'hôtel des Neuchâtelois , est ordinairement recouvert de nevé pendant la plus grande partie de lannée.
A partir du lorrenl du Trift antérieur, (!ette grande moraine s'étale lat^fnilenient vers la rive gauche et recouvre entièrement la surface »]*t l'ailltient du Lauter-Aar jusqu'à l'extrémtié du glacier , entre le
pied de TAbschwung et le Pavillon; elle décrit une grande courbe contournant TEscherhorn et toiunée vers la rive gauche du Lauter- Aar, refoulé latéralement par Taffluent du Finster-Aar.
Mais , vers les rochers du Pavillon , le glacier entier semble rejeté momentanément vers la rive droite, pour venir ensuite s'appuyer plus fortement du côté opposé. La moraine médiane suit ces diverses inflexions.
Au pied de rAbschwung, la moraine médiane est une acciunulation de blocs et de matériaux provenant d'éboulements continuels et entassés sans ordre. Mais à peu de distance à Pavai de ce point, ils s'étalent sur deux plans inclinés à partir de la crête supérieure de la moraine et plongeant à droite et à gauche, et la moraine elle-même prend la forme d'un prisme allongé dans le sens du glacier.
Jusqu'à la hauteur du torrent du Trift l'inclinaison de ces plans augmente graduellement et à mesure que l'ablation abaisse la surface du glacier au-dessous du niveau de la crête de la moraine ; et comme elle agit plus activement du côté du Midi , la dénivellation est pluB sensible et l'inclinaison augmente de ce côté. Vis-à-vis le Trift, le côté gauche de la moraine s'étalant jusqu'à la rive du glacier n'ofbe plus qu'im grand plan incliné, allongé et irrégulier, et ofiTrant une dépression plus ou moins marquée au contact des rochers , tandis qu'à droite et au Midi l'escarpement se prolonge réguUèrement et plonge vers le fond de la grande dépression qu'éprouve, entre la moraine médiane et la moraine latérale droite , le glacier dont la surface reste à découvert jusqu'aux abords de la tranche terminale.
Vis-à-vis le Pavillon (PL 40^ fig. 15), la largeur de la moraine médiane est de 196 mètres, savoir : 99 mètres de la crête au pied de la fSLce gauche et 97 mètres pour l'autre côté; et la différence de niveau entre cette crête et les points extrêmes étant de 55 mètres à gauche et de 73",25 à droite, l'inclinaison d'un côté est de 0,255 p. 100, tandis qu'elle est de l'autre de 0,380 p. 100; et ces inclinaisons varient, elles deviennent plus faibles vers le Trift , tandis qu'elles augmentent sur divers points de la face méridionale vers le bas du glacier.
Lorsque les glaciers sont crevassés et profondément tourmentés, leurs moraines médianes ne consei*vent pas des dispositions et des formes aussi i^éguhèi'cs ; elles se divisent, se découpent et s'éparpillent, ainsi qu'on le remarque aux glaciers de Viesch , d'Aletsch, de Gorner, de la Bï-enva , etc. ; mais cependant on peut toujours les suivre de proche en proche et les reconnaître aux accumulations conservées sur