‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 42 sur 156 · MORAINES MÉDIANES. ^Î · texte numérisé non relu

MORAINES MÉDIANES. ^Î

ks crêles des creTasses ou des aiguilles et dans les dépressions même de la glace, et juger d'après leurs inflexions et leurs sinuosités des déviatâons latérales qu'éprouvent les masses dont elles suivent invanablement la marche et les mouvements.

Sur les moraines régulières, comme celles du glacier de TUnter- Aar, les matmaux se classent et se distribuent en quelque sorte en raison de leur masse, malgré l'apparente confusion qu'offirent ces digues kxrsqu'on les aborde pour la première fois.

Sor les pentes de 0,25 et de 0,38 p. 100, des blocs volumineux ne peorent se fixer solidement et ils glissent incessamment vers les pieds des tahis, où ils forment des champs de blocs éparpillés sur la glace. Ceux qui se trouvent sur la crête de la moraine , entourés d'une quantité suffisante de menus débris pour empêcher une accélération latente de rablatkm et les préserver ainsi d'une chute inévitable, s'y maîDtieniiait comme les blocs Hugi et des Neuchdtelois i , de sorte qu a une certame distance du point de départ , et en raison des pentes que prennent les talus, on ne rencontre plus sur les flancs de la moraine que des dalles, des blocs peu volumineux, reposant sur leur phs grande lace et mêlés aux fragments résultant de la désagrégation OQ de la décomposition des matériaux; et sur certains points la mo- Fune médiane de TUnter-Aar offre l'aspect de ces grossières couvertures des chalets, dont la toiture, composée de dalles de pierres ou de larges tranches de bois, est maintenue par des blocs rangés ou disposés superficiellement.

Les blocs isolés aux pieds des moraines médianes ou latérales, ou disposés à la surface des glaciers, ont souvent des dimensions gigantesques; on en trouve dont la longueur est de plus do 20 mètres; d'autres, en grand nombre, ayant 6, 8 et 10 mètres dans tous les «eus : ce sont les blocs erratiques rejetés sur les rives des glaciers ou a leurs pieds isolément ou par groupes.

Ces blocs anguleux conservent leurs aspérités en cheminant sur les glaciers, et généralement ils n'offrent d'autres traces de frottements que celles des chocs qu'ils ont éprouvés dans leurs chutes successives. Leur volume ne leur permet pas de s'intercaler entre la glace et les ptnâs des rives, à moins de circonstances exceptionnelles, quand

DA. * En 1S62 le bioe tlv^i se trouve au 1»» de la moraine m/'diune, rive droite. - U Umc eT-k4fiei des StuchâteMs, séparé en plusieurs morceaux, se trouve épars au bas ^ b n\t faorbe de la moraine médiane depuis plusieurs années.

des crevasses ou des ouvertures assez laides se formenl accidentellement. Aloi'sils sont -brisés et réduits en éclats qui s'arrondissent et se polissent, ou ils résistent et, entraînés sans pouvoir tourner sur eux-mêmes , leur surface frottante se polit et se couvre do stries, tandis que leurs faces et leurs angles, préservés au contact de la glace , conservent leurs aspérités; et, qu'ils soient entièrement anguleux ou partiellement frottés et polis , ils ont un caractère propre qui permettra toujours de distinguer les blocs erratiques des blocs roulés, usés et arrondis par les cours d'eau ordinaires ou assez puissants , s'il en existait, pour transporter à de grandes distances et pour faire remonter ensuite jusqu'aux faites de montagnes élevées des masses de rochers de 200 à 300, et souvent même de 1000 à 2000 mètres cubes, i Tables des glaciers. Les blocs dispersés à la surface de la glace y donnent lieu au phénomène bien connu de la formation des tables des glaciers, fragments souvent volumineux de dalles ou même de petits morceaux de rochers supportés par des piédestaux de glace.

Un bloc situé sur un glacier (fig. 17\ pi. 40) ne peut s'échauffer et laisser passer assez de chaleur au travers de sa masse pour que l'ablation agisse aussi activement sur l'aire qu'il recouvre, qu'extérieurement à son pourtour, sur la glace exposée à l'action directe du soleil ; à mesure que la surface de la glace se fond et s'abaisse , le bloc parait se relever, et au bout de quelque temps il se trouve comme perché sur ime éminence de glace, dont les parois subissant en même temps l'influence de la chaleur, se rongent et tendent à se rapprocher {fig. 4T et <7«) ; enfin , quand elle a atteint im niveau qu'elle ne peut dépasser, eu égai*d aux proportions ou au poids du bloc, celui-ci n'étant plus suffisamment soutenu , tombe et ghsse à une certaine distance , en raison de la hauteur du piédestal et de l'inclinaison du glacier, et va un peu plus loin donner lieu à la formation d'une nouvelle table

DA. * Les glaciers portent sur leur dos des ruches monstres et de la iM)assiëre de roche impalpable.

H. * Des amas de terre, de gazon,' etc., préservant la sarrace de la glace, donneot également lieu à la production des tables : la fig. i7, pi. iO, en offre un exemple.

Lorsque le chapeau tombe, si les éléments dont il est Tonné restent réunis, le phénomène se reproduit, tandis que s'ils se divisent, ils donnent lieu k la rormalion de cdnes graveleux ou de trous dont il sera question ci-après. En parlant des tables des glaciers, je crois devoir citer en passant un exemple de tables d'un autre genre que pourront présenter des amas de terres , de sables argileux et graveleux , ayant un certain degré de cohésion.

La direction que suivent les blocs en s'écartant de leurs supports est ordinairement assez constante ; à Taspect du Sud , Tablation est UmjouTsplus considérable que du côté opposé préservé, pendant la plus grande chaleur du jour/ par Tombre même des blocs, et Taffai- Missement des supports étant proportionnellement plus fort et plus rapide au Midi, c'est de ce côté que le surplomb est plus considérable et que les chutes ont ordinairement lieu.

En supposant que la surface de la glace sous la table soit de niveau, le sorplomb de la masse suffirait pour en déterminer la chute; mais cette surface se modifie , et qu'elle soit de niveau ou penchée môme vers le Nord, sa pente varie et elle finit par s'incHner vers le Sud , sous Tinfluence des rayons solaires qui échauffent directement les surlaces inclinées de la table et des supports. Ainsi , Tinclinaison des foces supérieures de ces supports de glace , leiu* diminution plus rapide d'un côté que de l'autre, et en retraite de la verticale passant parr le centre de gravité des tables , sont les causes qui se combinent pour déterminer la chute des blocs et la direction suivant laquelle elle a habituellement lieii.

On a cependant des exemples fréquents de chutes anormales de ces tables dans divers sens et dans des directions entièrement opposées , amsi qu'on peut le voir par un exemple pris au pied du talus méridkmal de la moraine latérale du glacier de l'Aar (Jxg. 17, pL 40) , représentant divers blocs tombés, savoir : abc vers le Nord, d à TEst et e au Sud-Est , et enfin un petit bloc f, portion de la table e , commenrant à tabler elle-même au Midi sur la glace qui d'abord supportait la masse entière.

Mais ces déviations s'exphquent et se comprennent mieux sur le

terrain qu'à l'aspect d'un croquis aussi imparfait que celui- ci et qui

oe peut donner une idée complète de 1 ensemble des circonstances en

raison desquelles les tables ont dû affecter ces directions.

.Vbrités par d'autres blocs , leurs supports n'ont pu ressentir l'action

Sar la droite de la Viége , en face de Staldeu , rancienne moraine latérale du grand ^brkr de Saint-Nicolas offre un ebcarpemeiit k pic terminé supérieurement par un talus KQ incfiiiè et gazonné. Les eaux du torrent atteignant continuellement 1<* pied de cet «cafytflieBt, déterminent des ébonlenento partiels ; en même temps les eaux pluviales fmsant les lentes qui se produisent dans le plateau par suite d'affaissements des |>artirs désagrégées de sa base, découpent la masse en pyramidt^s r>u p^ilyédres rappelant ^ar Inurs formes les aiguilles et les laMes glaciaires.

Ici les érosions agissent sur le sol comme l'ablation sur la (riace , et des chapeaux de aiAfi remplacent les blocs {PL 11. fig. 17;.

directe du soleil du côté du Midi , et les trois premiers ont subi au Noitl une ablation aôcélérée par les blocs de la moraine réfléchissant la chaleur do ce côté ; enfin les chutes vers l'Est ont eu lieu pour les blocs éclairés et dégagés principalement dans cette direction ; et généralement les chutes anormales n'ont lieu que dans les groupes de blocs disposés de manière A empêcher ou à retarder, par les ombres qu'ils projettent, Faction régulière de la lumière et de la chaleur.

Dans un autre groupe indiqué (fig, 48, pi, 10) , on voit trois blocs énormes encore soutenus par leurs supports de glace ; deux tablent vers l'Est, et le troisième table vers l'Ouest.

Si les blocs s'écartent facilement de leur point de départ en tombant sur des plans inclinés dans le sens de leur chute , ils peuvent aussi remonter graduellement des pentes d'une faible inclinaison : ainsi, sur le flanc Nord d'une moraine médiane, composée de matériaux éparpillés et laissant entre eux des vides sur lesquels l'ablation s'accélère, lorsqu'un bloc a (fig. 49^^ pL 40) forme une table, il peut tomber dans la cavité b et se rapprocher de la crête C, à une distance d'autant plus faible , à la vérité, que la pente sera plus inclinée, mais appréciable après un certain nombre de chutes répétées. Ces faits accidentels n'ont pas une très-grande importance, mais cependant j'ai cm devoir les noter comme des exceptions plus ou moins fréquentes à la marche habituelle et régulière des tables vers le Midi , et afin de prémunir les observateurs contre une cause d'erreurs dans l'étude du mouvement des glaciers.

Ainsi , un bloc peut tabler plusieurs fois pendant le cours d'un été, s'écarter de la moraine à laquelle il appartient et , après quelques années, les circonstances locales et atmosphériques étant favorables, se trouver notablement déplacé et se réunir à des bloc* d'une autre provenance et situés sur une autre partie du glacier ; la chute des tables ayant habituellement heu dans la direction du Nord au Sud , si le mouvement de translation se produit dans le même sens , elles parviendront à la pente terminale avant les autres matériaux partis d'une même station, puisqu'elles auront parcouni dans un temps donné , non-seulement l'espace franchi par le glacier dont elles suivent le mouvement général, mais encore la somme des distances partielles de chute en chute (fig. 49*^ 49^, 49^) ; un bloc situé au point a, A gauche de la moraine médiane Qtg. 49*) commence à tabler {fig. 49^) ; la cavité b s'élargit jusqu'à ce que le bloc tombe, vienne s'y loger et se rapprocher de la moraine C (fig. 49^).

TABLEE bES GLAGIEItS. "2 1 3

Si, au contraire » le mouveoicnt de translation du tsïader est du Sud au Nord, les blocs auront f^eculê en tablant en sens contraire ; eofiû» si la dirertion est de TEst à TOuest, ils marchei-ont transversalameiit en se portant d*une rive vers Tautre,

Ces observations font comprendre ijull faut éviter de fixer des points de repère siir des blocs exposés à siUjîr des déviations latérales eu arant ou eu arriére, lorsqu*on vent mesurer les résultats de la pi"opwioa annuelle ou temporaire d*un placier , et qu'on doit choisir pour opérer sûrement les blocs solidement établis sur les croies ou sur les plateaux des moraines , quoiqu'tîn réalité ces déviations ne neat pas aussi importantes qu'on pourrait le supposer, puisqu'elles ne se reproduisent ni contiiinellement, ni périodiquement dans des fimiles constantes, ni avec assez tle régularité pour qu'un bloc puisse to dèfioitive franchir de grandes dist^mces ; souvent même des blocs cessent de tabler et mprennenl les allures de la moraine dont ils font parité , après s*en être écartes de quelipies métrés seulement de coté , tu avant ou en anière ; d'autres fois ils sont rejetés et niomeiitanéoieiit ou déOnitivement abandonnés sur les rives.

Ainsi le bloc n*» 1 2, situé sur la rive Ébauche du glacier de rUnler-Aar, à r^val de la station de Brandlamme , était éloigné de 80 métrés de cette rire en 1842, et il s'en était écarté jus<[u'a une distance de 90 mètres en 181G, pour s*en rapprocher ensuite graduellement. Au mois d'août 1819, il tablait vers le Nord-Est dans la direction des parois de rochers favorisant de ce coté Taccélération de Fablalion, et il était fort^ueni incliné et prêt à ghsser dansTornière latérale du glacier; mais 3 était encore à cette époque à 40 mètres du bord (flg, 5, pL 17); " en 1851 il continuait à tabler vers la rive dont il n'était plus qu'à tme distance de 15 mètres (fig, 5^)^ etgu'cufln il venait toucher au mais d*août 1852 (fïg 5*), pour ne plus s'en écarter très-pmbable-

quelque distance, à l'aval de ce bloc n" 12 , près du Bœrenritz, OD apercevait, en 1848, un antre bloc appuyé contre les rochers borle glacier à environ 20 métrés en avant et au-dessous d'un de Pinus cembra et de souches d'arbres anciens existant sur «a ierixe gazonné {PL f 9, ftg, 4) ; en 1849 , ce bloc avait été relevé ei yoiMé contre le œmbro le plus rappraché de la rive; Tarbro n'avait

ftJL • Ce bloc «" 12» bîw miinîitrc. ('i*mïn'is. dans la tri:ingtikilii»ju c?^l tomtiê eu 1RV2 l9» ufte trpfaue énorme H ji'a plus para ;iu j^iir de|»uis tcHe ppiMiue.

pu résister et on en voyait le tronc brisé couché sur le sol , tandis que le bloc qui le touchait encore , supporté par un piédestal de glace , allait tabler vers l'intérieur du glacier {fig. 2), En 1850 il avait été relevé de nouveau , porté à l'aval et abandonné sur le gazon à quel- (jues mètres au-dessus du niveau de la glace cpie l'ablation continuait h déprimer et qui, l'iriver suivant, devait venir le toucher et l'entraîner de nouveau (fig. 3).

Ces blocs, en s'écartant ou en se rapprochant périodiquement et sans doute définitivement de la rive du glacier, ont donc suivi une marche compliquée qu'il suffisait de noter en passant pour faire voir que tous les blocs en tablant ne se dirigent pas invariablement vers le Midi, et que les déplacements irrégidiers de ceux-ci ayant été aperçus et soigneusement observés , nos calculs sur les progressions du glacier de TAar sont dégagés des erreurs que nous aurions pu y introduire si nous avions considéré ces deux blocs , ou tant d'autres aussi peu stables , comme des points fixes. * Maiériauxqub'eii- H. 35. Lorsquc les blocs ou les débris de rochers sont assez volufoiiaiiidaiisiafiiace. mineux pour intercepter partiellement ou en totalité la transmission de la chaleur sur l'aire qu'ils recouvrent , ils donnent lieu à la production des tables et ils semblent se relever au-dessus du niveau de la glace à mesure que l'ablation en déprime la surface. Mais lorsqu'ils sont réduits en petits fragments , en feuilles ou en dalles assez minces i)Our devenir complètement diathermanes , il se produit un effet contraire et d'autant plus sensible, que. leur couleur sera plus sombre. Ces débris, sous l'influence du soleil, se réchaufient d'autant ' plus que leur pouvoir absorbant est plus considérable , et en faisant fondre la glace par l'action de la chaleur qu'ils ont acquise, ils s'enfoncent peu à peu jusqu'à ce que, anivés à une profondeur où ils commencent à être constamment à l'ombre, ils se refroidissent et cessent de descendre {PL f/, fig. 4). La profondeur des trous qu'ils forment ainsi varie nécessairement en raison des dimensions dos menus débris, mais ordinairement ne dépasse pas 10 à 15 centimètres ; et, en efTet, on comprend que, dans ces cavités tubulaires, l'ombre portée par la paroi méridionale atteindra d'autant plus promptement et à une moindre profondeur la paroi opposée, que l'ouverture sei-a plus étroite, comme on le voit par la fig. 2, pi. 44 , indiquant les relations

DA. • Les blocs coniprïs dans la triangulation sont nonibroiix , ot dès qu'un de ces blors table, il nVst plus ftbsenc.

MATÉRIAU! QVl S ENFONCENT ÛANS LA GLACE. ?15

de Ittm cavités ouvertes par des fragments dont les diamèU^es booI

proportionaellenient comme I : 2 : 4.

DesleuiUes, des morceaux de J>ois, des insectes acddenteUemeut

w^fSÊéè par les glaciers prodiiisent absolumeot les mêmes eQets^ et

Itti uns ei les autres » comme les fietiles pierres, reparaissent à la surface de la glace que rablation déprime, pour sYnifoncer ensuite loi'sqaUs se trouTent de nouveau exposés à l'action du soleil ; et liiialemeul ib paurtidpûnt au mouvement génénd du glacier et cheminent tout en suhraot alterna ri vem eut des déviations ascendantes et descendantes. Les matériaux éparpillés à la surface des glaciers ou réunis sous iORue de moraines peuvent pénétrer, et souvent assez profundément, dms la glace, en tombant dans les crevasses, au fond desquelles ib fie trcmveat ensuite enlérmés et retenus pendant plus ou moins de tBBSps jusqu'à ce qu^ils soient de nouveau ramenés par ablation à la

Geft eorps i^trangers , ac^^identellement enfoncés dans la glace, repnÙseDl en efet ordinairement au Jour plus ou luoiais prompleam, en raison de la profondeur a laquelle ils se sont arrêtés et de hMOèlération ou du ralentissement de Tablation, mais non, comme nMsnMait le croire autrefois, parce que les glaciers ont la propriété dt leg repousser et de s'en débarrasser.

SnppoaaoB qu'un bloc 6 {fig. 9, pL ii) soit parvenu â une profonienr de 30 mèUtïs dans l'intérieur d'un glacier, éprouvant irne ablalim amuielle de 2"',50 moyennement , la surface ae de la glace s'a- I graduellement de 2™, 50, de 5 , de 10 , de 20, de 30 mètres ; ; on espace de 12 années , le bluc entièrement dégagé repandii^ait ai jour aussitôt que la tranche r d serait atteinte et mise k découvert...

Dans liss glaciers remaniés, les blocs se mêlent plus intimement à b^aoe et sV trouvent souvent enclavés à de trop grandes profonitm9 pour qu'ils puissent reparaître a la surface avant tle paiTenii* t h tranche tenninale sur laquelle on aperçoit la glace satie par la hOBB glaciaire et pénétrée de graviers et de blocs,

Oe mélailgo s'observe très-bien au glacier du Rhône, surtout loi'sfi^rmi pteèUne sous les voûtes don le Hhônc s'échappe; mais il est Irts-raifs , et toujours exceptionnel dans les grands glaciers qui n'ont fÊB wàH de dérangements ou do idiutes assez considérables pom* fa- Wiiaet introduction à de gTandes profondeurs de matières étrangères à la glace. L^ puits ou mmilins sont, à la vérité, des équités ordinaiprofondes pour permettre rinlroduction des blocs vers

216 GLACIEU8 EN ACTIVITÉ.

les tranches moyennes ou même inférieures; mais , comme ces ti'ous sont ordinairement assez peu nombreux, intermittents et de faibles diamètres, les menus matériaux et les petits blocs qui s'y introduisent accidentellement n'y parviennent pas en quantités suffisantes pour altérer V apparente pureté de la glace, ordinairement limpide , transparente et dégagée d'accumulations de graviers ou de menus débris entraînés dans les crevasses, dans les fissures superficielles, et qui reparaissent aussi bien que les blocs sous l'influence des causes dont il vient d'être question.

La glace de glacier H. 36. Cependant la poussière, les sables fins ou grossiers, des conUeni toujours des matériaux impalpables tenus en suspension ou charriés par l'eau, péuèri "x'^» roch t™***^' ^^^^ ^^^® ^^^ joints des parois de glace et s'y fixent ou s'y incorporent à toutes les profondeurs en quantités souvent notables ; aussi la glace la plus hmpide , la plus pure en apparence, contient-elle toujoui's une certaine proportion de ces détritus provenant de la décomposition des matériaux des moraines et de la poussière qui accompagne les avalanches de blocs et se répand sur la neige, sui* les nevés et sur la glace; ces matières étrangères, qu'on ne saurait apercevoir, se retrouvent pourtant lorsque l'on fait filtrer l'eau pi'ovenant de la fonte d'un bloc de glace. Au glacier de l'Aar, par exemple, un mètre cul)e de glace détachée en face du Pavillon , choisie au fond d'une crevasse et pai'aissant aussi limpide que le verre le plus pur, contient moyennement 1\648 de sable fin et de moyenne grosseur, et ce poids augmente et dépasse deux kilogrammes si l'on ajoute les éclats de roche réduits à l'état de menus graviers qu'on y renconti*e en quantités assez notables.

c«mes graveleux. U. 37. L'eau qui circule en grande abondance à la surface des glaciers, au printemps et pendant l'été, charrie des galets qui s'arrondissent et prennent les formes de cailloux l'ouïes par les coui*s d'eau; elle entraîne en outit) les détritus, les sables, la poussière et la boue prevenant de la décomposition des matériaux des moraines supei'ûcielles. Ces matériaux transpoilés se déposent en nappes dans les dépressions de la smface des glaciers ou en amas dans les trous ou baignoires que les ruisseaux travei-sent et où leur vitesse se ralentit.

Lorsque ces cavités sont mises à sec, leurs rebords , sous l 'influence de l'ablation, s'abaissent d'abord jusqu'aux niveaux de ces nappes ou dépôts de boue formant souvent des couches assez épaisses pour intorcepter l'artion des rayons solaires ol préserver la surface de la

CÔNES fiBAVELEUX. 217

quHls recoiivrent. Il se produit abrs un phénomène dont les

premières phases sont aiialo*^ues à. celles des tables; rablatioii conti-

noanl, les depuis boueux couronnent les petites èminences ab c de

||aoe dont iU ont relardé la fonte (fig. 5, pL ti) ; mais comme ils n'ont

ai Ia compacité, ni la rigidité des blocs, les matières dont ils sont

oampoeésm désagrègent, glissent et s'étalent sur les flancs de leurs

, qulls enveloppent et couvrent d'iui mince revêtement. Ans-

qne le chapeau domine sensiblement la surface du glacier (fi{}. 4),

on i-éduit répaisseur de ses supports , et les portions b h mises

surplomb lonibenl inmiédiatoment, glissent eu suivant des lignes

lie talus plus ou moins inclinés en raison de la ténuité des déLntns

H fonneDl au pourtoiir des supports de petits amas d'cboulejîients ce;

la gkaoc non recouverte d d continuant *i se fondre , slncline vers le

du défiot qui ne cesse de s'alî'aisser dans tous les sens; de

éboulements ont lieu successivement^ etHnalement la proé-

de glace a [»ris la forme d'un cène on iriuie pyramide irrô-

dont les faces sont entièrement cachées et préservées de nou-

par un revêtement t ee de détritus.

ÏJk f%g, Â transfonnée, ainsi que le représente une autre coupe

'^ r .î), offre de tous cétés mie inclinaison Irès-nniforrae si les matières

. le toéiue degré do ténuité, stiil. plus ou moins pmnoncèe si elles

ollrent des amas séparés de sables ou de menus gra\iers, mais toujours

talf^memcnt fcdtile et pnipurliunnellement [ibis forte sur ses faces

cdaânées complètement, et plus douce du côté préservé par Fombre

de la liroéminence.

Un oune ainsi constitué ne tarde pas à se moditler et à prendix3 une

de plus en plus aigtié {fuj. G), par suite de la fonte progressive

delà glace à sou pourtour, et la raideur de ses pentes ayant atteint

an gnaxijiium rpiî ne ix*rmet plus aux détritus d^ rester appliqués et

, le sonmict linit par se dégager entièrement, et sa base sente

enveloppée et prèi^eiTée par les détritus qiu occasionnent la pro-

de nouvelles pitièminences (fig, 7). Lorstpieles détritus forment

une enecinte mmulaire continue au [wurtour d'un cône dont le som-

vatA Tient à tsc découvrir, Pablation agit intérieul'ement et extérienre-

mcnt; Teau provenant de la fonte du sonnnet coule sur les parois

UM'liiiées, di\ise le dépôt ou passe au ti'avei's sans Tentramer; s'il se

difine» |ilufiieurs amas plus jMvtits se formeront, tandis que, si le dépôt

frste iotacl, on observera les dis^Miisitions suivantes : le cône étant

timdu Mjpérieuremont jusqu'au niveau a h des dèlritus, il se formera

intérieurement une cavité dans laquelle les bords de Tenceinte boueuse tendront h s'affaisser (ftg, 8), Si cette cavité s'agrandit graduellement et conserve une partie de Peau, les éboulements continuant, la totalité des détritus finira par tomber dans le fond du petit bassin où il se réunira de nouveau, de manière à donner naissance à un second cône semblable au pi*emier.

Si, au contraire, l'eau s'échappe soit latéralement, soit par une tissure intérieure , il se formera un cône plus grand que le premier, ayant intérieurement une cavité cratériforme bordée d'arêtes dentelées et qui cessera de s'approfondir aussitôt que les détritus en auront entièrement reconverties parois (PL 41, fig. 40). Extérieurement, le cône continuera à s'élever et à s'incliner; enfin lorsque ses flancs seront mis à nu , l'ablation , en abaissant les crêtes a a a, déterminera des éboulements de l'intérieur vers l'extérieur , jusqu'à ce que le fond de la cavité soit devenu le sommet d'un cône {fig, 44) qui subira ensuite et de nouveau ces mêmes transformations ; et elles ne cesseront de se produire jusqu'à ce que les détritus auront été entraînés, dispersés et reportés sui* im autre point par les eaux.

Les pyramides et les cônes graveleux sont souvent très-nombreux dans certaines régions des glaciers ; ils succèdent ordinairement aux baignoires et aux trous méridiens ; on en rencontre constamment en face du Pavillon, sur l'afiluent du Lauter-Aar; et là un exemple d'im cône à dépression intérieur, dont je viens d'expliquer la fonnation, s'est reproduit pendant plusieurs étés successifs sur l'affluent du Finster- Aar, entre les stations de la Brandlamme el du Baerenritz.

Sur les moraines superficielles on observe aussi des dépressions, des coupures et des cônes isolés ou réunis par groupes, el dont quelques-uns ont une hauteur considérable. Ces accidents résultent de l'inégale distribution des matériaux dont ces moraines se comi)osent, des intermittences, des éboulements ou de l'accumulation, sur certains points , d'amas plus puissants de débris et de blocs.

Sur toutes les parties non recouvertes a 6 de la surface de la glaoe (fig, 42), l'ablation creuse des cavités irrégulières, des sillons longitudinaux et transversaux dans lesquels les matériaux glissent et dont ils recouvrent toutes les parois, et bientôt toutes les lacunes sont comblées ; la moraine , divisée soit en plusieurs bandes parallèles , soit en amas successifs, n'offre plus qu'une nappe irrégulière et accidentée

Ix)i*squ'un amas plus puissant de débris et de blocs a (fig, 44) s'est

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