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fondes débordent les tranches terminales et s'étalent sous forme de nappes régulières supportant les moraines frontales, les dépôts d'éboulement et les déjections des torrents ; elles se retrouvent au-delà de la région des glaciers, par étages successifs séparés par les défilés où elles n'ont pu se fixer, et enfin elles constituent ces immenses comblements des basses vallées que Ton considère généralement encore comme des lacs desséchés.
Ces moraines, soit encore recouvertes par la glace , soit récemment ou très-anciennement mises à nu, offrent, dans toutes leurs parties indistinctement, les mêmes caractères, des dispositions identiques et des matériaux dont l'arrangement, les formes et la distribution révèlent la cause qui seule a pu présider à leur formation. Elles sont réglées longitudinalement, suivant des lignes de pente d'une parfaite régularité, sans renflements ni dépressions, et transversalement leurs surfaces se raccordent soit à des lignes droites de niveau d'un côté à l'autre des vallées , soit à des plans légèrement inclinés vers l'une ou l'autre des rives ou vers le milieu du bassin.
Les matériaux qui les composent sont des galets plus ou moins volumineux, des sables et dé la boue glaciaire formant des accumulations souvent très-puissantes , dans lesquelles on n'aperçoit pas de séparations marquant des étages successifs, des couches distinctes, soit de sable, soit de boue ou de galets, indiquant ces intermittences, ces variations que Ton remarque dans tous les remblais alluviens ou d*éboulement ; entassés confusément sans aucun triage , ils constituent des masses évidemment élevées lentement, et par une cause agissant sans cesse avec la même énergie sur tous les points à la fois, et n'ayant pas comme les cours d'eau la propriété de classer les matériaux soumis à son action par ordre de grosseur ou de pesanteiur spécifique.
Des galets souvent très -petits, souvent volumineux et mêlés de blocs , s'y rencontrent à toutes les hauteurs , et toujours revêtus d'un enduit boueux qu'ils auraient perdu en roulant quelques instants seulement dans des courants assez rapides pour les entraîner ou pour les déplacer. Ces galets sont généralement arrondis et polis, aussi leur donne-t-on généralement la désignation de cailloux roiUés et sont-ils considérés comme des témoins irrécusables de l'action des eaux. Mais les eaux n'ont pas seules la propriété d'arrondir et de polir les débris de roches qu'elles déplacent ou transportent ; les glaciers l'ont aussi , et si l'on compare les accumulations de débris erratiques des Alpes aux déjections ou aux alluvions torrentielles, on s'aperçoit que ces