MORAINES PROFONDES
et moi*celé par Faction de quelques coiiranls extraordis cette hypothèse ne saurait être sérieusement soutenue. Ed eflEst, en admettant un comblement élevé d*abord jusqu*au ni- Teaiu de la ligne .r y (fig, 15) et corrodé ensuite par un courant » les afEouillements ne sauraient se prodime également et par tranches puallèles sur la largeur entière du comblement; les eaux^ suivant k direction de la veine fluide, s'ouvriraient un lit qu'elles élargifaieot, qu'elles approfondiraient et modifieraient contiuueLlemeiit. Les berges ne pouvant, en raison de la constitution du dépôt, se main* tenir verticalement , preudi'aient des talus inclinés vers le thalweg H formeraient des terrasses a b {fig, fB) , bien dilférentcs des revoteiDflEits ou nappes inclinées indiquées fig. iÙ, et le fond du lit c serait hérissé de proéminences supérieures par des canaux sinueux, comme lei lits de tous les torrents coulant sur des dépôts de sables et de grartcrs , loin de présenter un phm à surface régulière.
Si le cours d*eau, contrairement aux lois, aux conditions hahi* toelles de Técoolement et au régime des courants , avait une force igùe au centre et sur les rives » et s'il était capable de déblayer la iov&ce du dépôt et d'en réduire Pépaisseur en enlevant des couches suooessiTes, les parois d et c (fig, i, pL io) seraient mises à nu et iégigécft des ^revêtements que Ton remarriue dans la fig. 45e[ qm Mil eomposées de couches applicfuées de sables et de menus maté^ anx que les eaux ont toujours la propriété de détruire , mais que, tes aucun cas^ elles ne sauraient ni former, ni maintenir dans les enditioDs où nous les retrouvons sur les plateaux ou sur les flancs tanllées.
Bofin , si la masse des eaux , après avoir creusé un lit a à dans un OQDiblement primitivement nivelé de c en d (Jxg, i5, pL i) diminuait Sndoeilement et de manière à occuper successivement les sections 9f, fh^ le dépôt serait morcelé , distribué en plusieurs étages , les uns têHhd ayant leurs surfaces parfaitement unies , et les autres offrant les irrégularités qu'on remarque dans les hts encx^mbrés de ou dlles de sables ou de galets qu'on a quelquefois bien à tort comme des terrasses parallèles d'éi-osion» disposition que les comblements glaciaii-es peuvent seuls prendre et conserver.
Locsque plusieurs glaciers se réunissent et viennent occuper le fond I^bhc Tàllée, leurs moraines profondes restent distinctes, quoique dans une seule et même nappe; et si ces glaciers, sortant des
fiDéis principales auxquelles ils semblent exclu^ivemenl appartetiir.
eu égard à la configuration et au relief du terrain , viennent à se répandre sur des contrées voisines , ils y laissent des comblements nettement sépai'és, dont les contours visibles et bien déterminés permettent, après leiu* retraite, de constater Torigine, la direction, la marche , les oscillations et l'extension extraordinaires de ces glaciers ; et c'est en étudiant cette distribution propre aux dépôts glaciaires, les groupes séparés des diverses roches qu'ils renferment, que déjà avant 1844, M. Gvyot avait préparé ime (^arto indiquant les anciens bassins erratiques de la Suisse , entre les Alpes et le Jura , au nombre de six et dans les limites suivantes (voir la carte , pi. 35). Ancieusbassiiiscr- H. 42. 1" Bossin de VArve , occupé autrefois par les glaciers du revers raiiques de la Suisse, Q^ijgutjj ^J^ Moiit- Blauc et des deux versants de la vallée ius-
ctc., les Alpes et le ''
Jura, par m. «-Tot. qu'au Mont-Salève.
2° Bassin du Rhâne, réimion des glaciers de la haute vallée du Rhône, des versants des chahies de l'Oberland Bernois, des Alpes du Valais, du Simplon , du Monte-Rosa, du Mont-Blanc et des montagnes dominant les vallées de la Drance , recouvrant tout le bassin du Léman , se développant par-dessus le Saamen par Berne , jusque dans les vallées de l'Aar vers Aarburg, et la chaîne du Jura pardessus les lacs de Bienne et de Neuchâtel.
3° Bassin de l'Aar, comprenant les glaciers de cette vallée, du revers nord du massif de la Jungfrau et du Simmenthal , joignant le grand glacier du Rhône à Berne, se termmant en pointe vers Aarburg et fournissant un affluent franchissant le Brunig et s'étendant dans la direction de Saamen.
4** Bassin de la Rems , comprenant les glaciers du Saint -Gothard» d'Unterwald , du Rigi, et venant se terminer dans le bassin de l'Aar, entre Aarburg et Baden.
5** Bassin de la Linih , occupé par les glaciers du canton de Claris , de Schwyz et de SainIrGall , joignant le bassin de l'Aar, de Baden à Ëghsau.
6° Enfin, le bassin du Rhin, occupé par les glaciers des Grisons, de l'Albula, d'Appenzell, de Saint-Gall, de Thurgovie, recouvrant le bassin de Constance et toute la contrée comprise entre Wangen (Wurtemberg) et EgUsau.
Ces limites, généralement exactes, ont été complétées et modifiées sur quelques points par M. Bscher de la laMth , qui indique conmie limites entre ces bassins, savoir :
Olteii pour le bassin du Rhône.
ANXfENS BASSINS ERRATIQUES.
Berne et Buri^dorf poiir le bassin de rAai\ Une oscillation des glaciers du Rhône et de Ja Rcuss sur k contrée awinprise entre CEnsingen, Aarwangen, Zofmgen et Aarburg.
Une oscillation des glaciers du Rhin et de ]a Linth, entre Badeu ' H Zurzaeh , et qui étabht la liniitc extfeme générale d*exteiisiou suifont la chaine du Jura et FAar, et dans le bassin du Rliin à Zurzach. Enfin f d'après les indications déjà anciennes de M. CSn^ot et rentes de MM. Martins et Cïafltaidi, les limites des dt^pôts orraliques in levers oriental seraienl iiiarijiiées parles moraines fmntales des bci Majeur et de Garda, d'Ivrée et de Rivoli ; et au-delti de ces enceintes ■HfiBftI les stations ex triera es supposées des anciens glaciers, k-s t'oniblemenls sont CMntoès eomiDe de^» dèpôls diluvii'ns formés par des courants beaucoup pïm pnigsanta fK Jtt cours d^eau actuels.
S'il en c'iaît ainsi, on devrait évidemment nunarquer une séparalioii entre ces dépôts rapportés a deux formations diirérentes y successives ou contemporaines , et pour éviter toute erreur, il faudrait indi- (juer les caractères essentiels des uns et des autres, comme on Ta fait pour tous les autres terrains. Ceiies , il no nous a pas été donné de voii* oos cOfiirées couvertes xjai- les eaux de la mer ou pai^deUement émergées d occupées par de grands lacs d^eau douce , et cependant on sait parfaileoieiil distinguer les fonnations moraines des formations d'eau douce, iOmpent entremêlées d'une manière remaiTjuable au moyen des fossiles tf^arJTut et lacnstres , témoins irrécusables du passage et du séjour des CMiiX dans Jestiiielles ds ont vécu, A Tégard des dépôts superficiels , d à défaut de fossiles, on doit trouver d'autres témoins des causes 90I1S riiifluenc-e desquelles ils se sont produits et des preuves des inon- 4iHifyt%g ou de Fextension extraordinaire des glaciers sur des contrées les eaux ne sauraient plus aLleindre et que la glace a cessé de iviir : témoins et preuves que tant de recherches ont fait connaître oiqiii ne permettent plus d^appliijuer arbitrairement et sans examen le» qualifications de diluviens aux dépôts formés par les glaciers , ou de ^iadmrts à ceux que les eaux seules ont la propriété de former.
En Ikîsant l'application des résultats des observations faites jusqo^ld, j^ai essayé de démontrer que toutes les nappes de comblement dce vallées des Alpes et des bassins arrosés par les cours d'eau sorde ces oioalagncs étaient les moraines profondes des a7ick7is glafJus ou moins pitïfoudément entamées et bouleversées par les t; el à cet égard, ou j'ai entre\Ti la vérité en faisant une juste ipplMation des c*iuses d'après Ir*s eflels j^roiliiits. nu j'ai commis une
grande erreur que je me hâterai de reconnaître aussitôt que le coucours des eaux dans le transport et dans la distribution des matériaux de ces nappes me sera démontré.
Mais, en attendant ime solution contraire à celle que j*ai donnée , je vais rappeler sommairement les considérations que j'ai développées ailleurs à Tappui de mon opinion.
Gombiemeui de la H. 43. Le comblement de la vallée du Rhin au-dessous de Bàle est vallée du Hhin. divisé OU tix)is étagcs parfaitement distincts : Tinférieur composé de sables, de graviers et de cailloux d'origine ea;(;Iufit;6men{aij9me; Tétage moyen composé aussi de sables, de graviers et de cailloux provenant des Vosges sur la rive gauche, et de la Forôt-Noire sm^la rive droite ; enfin le supérieur formé de Lehm provenant principalement des Ali)e8.
Pour expliquer le transport et la séparation des matériaux dont se composent ces dépôts , on a admis qu'une action diluvienne violente avait eu d'abord son origine dans les Alpes , et qu'elle avait seule et exclusivement dominé pendant une longue période de siècles , à en juger par l'immensité du dépôt alpin compris entre Bâle et Bingen , les Vosges et la Forôt-Noire seulement.
Un grand courant, débouchant dans le bassin du Rhin avec une vitesse de 14 mètres par seconde et débitant près de cinquante millions de mètres cubes d'eau dans le même temps, aurait pu , s'il était chargé d'une masse suffisante de matériaux , y entraîner joumellomeut des masses de remblais ; mais encore , pour recouvrir près de huit cent mille hectares de ce bassin d'ime nappe d'une épaisseur considérable, eût-il faUu ime certaine suite de siècles. Et en admettant que ce temps ait été aussi restreint que possible et que des débris de roches amoncelés à l'avance dans les hautes vaUées, ou se détachant continuellement des montagnes en quantités suffisantes, aient permis au comblement de se produire avec une activité extraordinaire, on conçoit qu'un aussi vaste dépôt n'a pas été formé d'un seul jet.
Pendant qu'il se produisait , les Vosges et la Forêt-Noire devaient être entièrement dépourvues de cours d'eau , ou si elles en avaient, ils n'entraînaient aucuns débris dans le bassin sur les rives duquel ils se trouvaient aiTÔtés par le grand courant ou par un obstacle quelconque; puis le comblement alpin étant terminé, le Rhin exlraordinairement réduit, cessant de transporter dos matériaux, se serait creusé un lit profondément encaissé ; tandis que les cours d'eau des chaînes latérales auraient ('ommcncé à charrier des sables , des graviers et des galets et à constituer l'étage supérieur du comblement ;