COXBLEIIE!CT DE L.V VALLÉE DU RHIN
et enfin, œs ooun d^eaa cessant eux-mâmes d'agir, le Rhin serait rerenu de nouvean incmder la plaine et la couvrir d'un puissant dépôt deleftm.
Dans un bassin conmie celui dont il est question, on comprendrait des alhiTÎons simultanées produites par le cours d'eau principal et par ses divers affluents , une masse plus considérable de déjection formée par le courant le plus puissant; mais il faudrait une foi bien aveugle pour admettre sans preuves ces actions alternatives exercées en premier lien exclusivement par le RMn , eu second lieu exclusivement par ses affluents, et finalement par tous les cours d'eau à la fois, qnand cm observe d'ailleurs tant de faits que ces ingénieuses hypodièses laisseraient sans explications.
Ainsi, les courants sortant des Vosges n'ont pas suivi, entre le pîed de ces montagnes et le Rhin, le plus court chemin , la ligne de plus grande pente; la Thur, par exemple , ayant 30 kilomètres à parodoiir entre Thann et Hombourg, sur une pente de 0,004 p. 100, s'est jetée dans 1111 coulant d'Ensisheim à Schlestadt, sur une pente Je 0,0006 p. 100, et longeant la chahie des Vosges en suivant parallèlement le cours du Rhin.
Ces oouis d'eau, retenus par de faibles obstacles dans les directions qu'ils conservent aujourd'hui, auraient dû cependant avoir assez de poissaiice pour s'en écarter et se creuser d'autres Hts , s'ils avaient réeUement transporté les matériaux constituant le deuxième étage du romlJpmenL La DoUer devait être extraordinairement gonflée pour franchir les vallons de la Largue et de rill, des proéminences ële- Ttes, el remonter jusqu'à Bàle, où les galets de syènite du Ballon, •pie seule elle pouvait charrier , se trouvent associés aux galets alpins. A l'aspect du terrain et du régime de la Doller, qui vient actuellement , à une faible distance de sa source , se perdre dans l'ill au- Jessous de Mulhouse, il n'est pas facile de s'expliquer comment, à ane époque quelconque et avec im volume d'eau aussi considérable *pi'oa voudra le supposer, elle aurait pu prendre son cours vers l'aoMHit jusqu'à Bàle , tandis que les bassins de TIU et du Doubs se nouraient ouverts siu* son passage , et pourquoi , au heu de se jeter dans ces voies qui lui offraient im écoulement facile, elle aiu*ait préîeré franchir une barrière élevée de 150 à 200 mètres au-dessus du niveau de la plaine; aussi n'est-ce pas aux eaux ordinaires ou extrafjrdinaires de cette rivière que j'ai cru devoir attribuer le transport ♦if-î? syénites du BaOon jusqu'aux buttes erratiques de Bâlc.
Les comblements de la Forêt-Noire et des Vosges non -seulement sont nettement séparés des comblements alpins, à la surface desquels on n'observe ni érosions ni remaniements que des courants même très-faibles y auraient exécutés, mais ils n'offrent pas ces mélanges que les eaux am*aient favorisés à partir de leurs confluents, soit avec TIU, soit avec le Rhin; d'un autre côté, les dépôts alpins offrent les mêmes séparations , et ils se présentent dans un ordre extrêmement remarquable, qui certainement eût été troublé, quand môme leur transport aurait été exécuté par des courants successifs.
Ainsi, entre Biilach, Kaiserstuhl et Ziu:zach, le dépôt du Rhin occupe le centre de la vallée, et il est bordé par le dépôt de la Linth (jui s'appuie contre lui en se raccordant au même plan incliné et le sépare du comblement de TAar {PL i'5, fig, 2) ; à l'amont de Bûle , le comblement exclusivement jurassique de la Byrse (fig. 4) se juxtapose au comblement alpin : relations qui rendent improbable l'hypothèse proposée pour exphquer la formation de l'étage inférieur du grand dépôt du bassin de l'Alsace. En effet si , à im moment donné , im courant assez puissant, ayant son origine dans les Alpes, avait seul envahi ce bassin en passant par-dessus les proéminences qui s'étendent de Baie à Mulhouse, entre la plaine et la vallée de l'Ill, il devait être alimenté par les eaux de la Sarine, de l'Aar, de la Reuss , de la Linth et des divers affluents du Rhin , entraîner à partir de Waldshut, où tous ces cours d'eau se trouvent réunis , des matériaux charriés par ces diverses rivières et en opérer le mélange dans le goulot resserré qu'il devait franchir à l'amont de Bdle.
Mais je viens de le répéter, ce mélange n'existe nulle paît et les comblements sont distincts, séparés.
Le Rhin seul aurait donc coulé d'abord; ses affluents seraient ensuite venus les uns après les autres compléter le comblement, et dans ce cas le dépôt se serait accru par additions successives de couches distinctes superposées et se présentant en séries qui permettraient de reconnaître l'ordre suivant lequel chaque courant aurait exclusivement agi. Mais ces dépôts sont juxtaposés , et quel que soit le développement des bassins d'où ils sont sortis , leurs surfaces raccordées au plan incliné du comblement n'offrent ni dépressions ni renflements indiquant des mouvements de translation plus fsdbles ou plus violents, et ils ont évidenunent été formés et réglés simultanément sous l'influence d'une cause imiquc , puis partiellement recouverts de nappes provenant des Vosges et de la Forôt-Noire. Cette cause se