I. tu
256 GLACIEBS EX ACTIVITÉ.
glaciers simples on composés , au groupement des espèces de roches par zones parallèles et linéaires, à leur répartition ou leur réunion sur tel ou tel point , suivant les formes , les positions et la constitution géologique des vallées d'où elles sont sorties.
Aussi est^il parvenu , en étudiant les moraines anciennes et actuelles et Tordre de leurs matériaux , et en ^bservant les circonstances topographiques et orographiques des bassins , à découvrir les gisements de débris erratiques qu'on n'avait pas encore retrouvés en place; et réciproquement , à Taide des mêmes données , on peut déterminer à l'avance les points sur lesquels on devra rencontrer telle ou telle espèce de roche provenant d'im massif dominant im glacier en activité ou touché autrefois par un ancien glacier; puisque toujours les blocs des diverses espèces de roches forment des séries parallèles, et quand, arrivés dans la plaine, ils s'étalent considérablement, ils ne conser-. vent pas moins une disposition respective analogue à c«lle qu'ils avaient dans leurs gîtes primitifs; les blocs du flanc droit d'une vallée occupent dans la plaine la rive droite du bassin; ceux du flanc gauche la rive gauche ; enfin ceux des vallées les plus centrales en couvrent les régions centrales.
Dans les moraines profondes le mélange des matériaux est encore moins facile et fréquent qu'à la surface des glaciers, la distribution est aussi régulière , et elle leur imprime 'un caractère essentiel qui permettrait toujours de distinguer sûrement les nappes glaciaires des comblements alluviens, quand bien même ceux-ci auraient été nivelés et dressés par des glaciei-s postérieurement à leur formation et recouverts d'une moraine superficielle; en effet, si Pon suppose une moraine profonde d'une épaisseur extrêmement faible cx)inmençant à se fonner sous \m glacier récent dans une vallée granitique , cette moraine sera exclusivement granitique; si, au contraire, le bassin est bordé d'un côté par des roches serpentineuses , elle offrira exclusivement, de ce dernier côté, des débris de cette roche; et les surfaces granitiques g r ou serpentineuses 6' (Jig. 8, pL 14) auront chacune une étendue proportionnée à la masse des matériaux entraînés sous le glacier; enfin elles se toucheront sans se confondre, toute déviation, toute perturbation étant rendues impossibles par la pression qu'exerce le glacier, et la translation des matériaux ne pouvant se faire que d'amont en aval dans le sens de la pente.
Si la puissance de la nappe augmente graduellement, la séparation établie entre les deux assises inférieures se maintiendra entre cha-
TlL&XSrCttT BEii MATEJtUn rAK LES i;i.lCI£RS. r^«
•nice «ies ondiM sipnficîeUemcait H sa<Y>essii>eiiieni ajoutiVes. ei k^ •iêpôc «mEEpsenAn deox nappeis dislîiiclefs se racnudant superioim^ meai ao même plm indmé et s'affuyant I ime couue ranu^« oii ^^ JTTTtapiyant a leur luini de oaoïad a et 6 (fy, 9) ; ejifin , si le gincier <st ^mspaBé de phisiears affluents . les diTersses espèces de roches aanenêes dans «on lit oooserreront des dispositions ivssi^f^liws aiuH lo^oes à celles de leurs gftes; eUes formeront des séries di$tinct«^ et. fe ctxzkfalemeiit olbira, en raison de leur diversité, des bandes jUns iceases. mais toujours séparées et juxtaposées « coiiuuo la fi9. 10.
cirooiistances , des nappes de composition et d\m- Iieuvent se superposer et indiquer doux dé^iAts distinct», sepazés ; ainsi des ^aciers latéraux , suspendus , rejettent contimie&einent leoTS moraines terminales sur les anciennes napiH's abandonnées par les glaciers principaux ; et ils peuvent dans oertaiut^s drraoEtances reooavrir ces nappes de leurs moraines profondes.
Le grand glacier qui occupait autrefois la vallée d*Aoste était fiirniù par les affluents du revers méridional du Mont-Blanc réunis pn's de Goannayenr. Dans F Allée-Blanche, les glaciers provenant Aw col 4e la Seigne et du Mont-Blanc lui-même marchaient parallèleniout «t «omblaîent le fond du bassin de nappes séparées et paraUMtm dw ^Arîs granitiques, de schistes et de calcaires jurassiques métaniorfUqoes.
Anjomdliui le glacier principal ayant dispani , les ullluonts do Qanalette, du Miage et de la Brenva descendent seuls dans la valh^) ; ai oocopent, savoir :
Le glacier de Ghanalette le cété gaucho à Tamont du lac*, (lonihal, 4 ies deux antres la largeur entière sur deux i)ointH (litVéreulH , nt. .■yqmient scit partiellement, soit en totalité, lo r.oniI)h^nunil iiiir.it^n 'Je nouvelles nappes exclusivement granitiques dont on (*()ni|in*n(l pazfùtement la superposition et la sépanition , jmisquV'IloH rrHii]h«nt > drooostanoes que Ton peut apprécier et de caiimm iigiHH/nit hoiim X» yeox. Mais si ces glaciers s'étaient retins on vonuiont lï ilinpiirûr^. Qo pourrait au premier abord éiirouver r|ii(;lqiut rlilllriilh') n «a^kpier ces faits.
i>9sndant, pour aniver sûrement et prompli;nH;nt a luui miliilldii , . ^.JLgAil de remarquer que la s«';{i;iration lU't^ napjK'H inilii|iii« ^U^n yrzjocÊï^ successives; que la distribution ni rarrariK^^iiM'til. il(* Immih ne peuvent être attribués qu'à Vtu'XUm ^UuMiv, m«iili< ru
258 (iLACIERS EN ACTIVITÉ.
pablo de dresser des remblais de comblement et de les régler i bandes parallèles juxtaposées ou superposées par couches régulièn que Toi-dre observé dans les remblais eût été tioublé s'il s'était pi duit sous l'influence de courants plus ou moins actifs; enfin que nappe supérieure complète ou partielle indique, après la retraite glacier principal , les envahissements de glaciers latéraux dont on ( terminerait l'origine, les directions et l'étendue d'après rimportan< la nature et la distribution de ces remblais superficiels. HhH» erraiiqucs. H. 50. Les blocs erratiques, dans im certain rayon autour des Al] et des chaînes de montagnes, aujourd'hui dégagés de glace, so: comme on l'a dit, les bornes milliaires placées sur la grande roi glaciaire, à des distances variables des points de départ; mais n'en indiquent ni l'étendue ni le terme. Moraines profoiirtcs. j^g vwraines profondes répandues dans les plaines, siurles fiai des vallées , sur des plateaux ou sur des proéminences élevées et c( stituant presque exclusivement la couche superficielle de la terre, prolongent des Alpes jusqu'à l'Adriatique, la Méditerranée, f avant vers le Nord , et se sont même réunies aux comblements de Loii-e en francliissant les faîtes interposés entre le bassin du Rhifl et les vallées dirigées vers le centre de la France; tandis que ce n' qu'cï partir des crêtes du Jura, des environs de Schafhouse ou de colline de Turin qu'on commence à apercevoir des blocs disséminé leurs surfaces , et plus en arrière , avec les premières moraines t minales considérées jusqu'ici comme les limites de la plus grai extension des glaciers.
Évidemment les blocs erratiques sont des témoins abandonnés ] les glaciers pendant la période de retraite , et ils se sont dissémini éparpillés ou réunis en amas ou moraines, en raison de l'accélé tion de la marche rétrograde ou de la durée des stations sur tel ou point; aussi les stations extrêmes qu'ils ont pu atteindre, loin marquer les limites de la plus grande extension des glaciers , ne m semblent-elles indiquer que le moment auquel ces phétwmènes sup^ ficiels ont pu commencer à se produire sur des points définitivem< abandonnés par les glaciers.
Évidenunent , pendant la période d'extension , les blocs ne po vaient être rejetés, ni rester isolés sur les fronts ou sur les rives d glaciers qu'à la suil« d'ablations extraordinaires ou de retraites ac« dentelles et momentanées , et ils ne tardaient pas à être de nouvs atteints, refoulés, broyés ou enfouis dans la moraine profonde, ■
MORAINES PROFONDES. 25î)
du retour des progrès en avant. — En effet, si l'on considère un bloc A parvenu sur la crête de la tranche terminale d'un glacier et tombant au pied du talus en B (PL 15^ fig. /), il ne saurait y demeurer st^tionnaire, on le comprend , que dans le cas où le glacier s'arrêterait ou diminuerait tout-à-coup. Mais aussitôt que le mouvement de pxx)gre8sion ne sera plus compensé ou paralysé par une suffisante a,l>lation, il sera poussé en avant si le sol est résistant, ou enfoui C1.2U1S la moraine profonde si elle est assez puissante pour qu'il puisse IsL pénétrer et s'y enfoncer. Enfin, si l'extension se continue, le glacier augmentant graduellement en largeur et en puissance, tous les t>i€)cs des rives aussi bien que de la tranche terminale seront inévitai3Xcment atteints, déplacés et entraînés jusqu'au point C, où noussupfMZMons que le glacier aura atteint son extrême limite , pour se retirer ^aiiBsuite et définitivement vers le cirque A D, d'où il ne sortira plus C^i^i. 15, fig. 2).
Mais le glacier n'abandonnera cà et là que les blocs disséminés à &^3^ surface ; et ces blocs , si la distance entre le pied des talus d'ëboul^zinent et la tranche terminale est de 1 kilomètre , ne parviendront E»y^ff à ce dernier point avant vingt années , si la marche est moyeniiK^^ment de 50 mètres annuellement; or, si la glace avait atteint un dL^veloppement de 1 kilomètre, soit im accroissement de 500 mètres <1^^ B en C, pendant que les blocs tombés au point x auraient par- G<:^'uru la distance x y , toute la surface de la glace serait entièrement ^^^^agée de matériaux ; sur le front, aussi bien que sur les rives , on i^^ rencontrerait ni moraines frontales ou latérales , ni blocs étalés , ^'fc la moraine profonde p p révélerait l'extension du glacier entre les E^^z^ints y z, s'il venait par une cause quelconque à se retirer en tota- ^tjé ou en partie jusqu'en y avant que les blocs n'eussent atteint ou ^^passé ce dernier point.
Les glaciers arrachent au sol qu'ils touchent quelques débris , mais l^e masses de roches et les accumulations de matériaux qu'ils abanâ^oonent proviennent des éboulements successifs et continuels des uxcniàgnes aux pieds desquelles ils se trouvent placés. La surface du gXacier de TUnter-Aar, à la hauteur du Pavillon, est dominée par des escarpements de 1000 mètres de hauteur; les crêtes des pics bordant ses deux cirques sont constituées par des roches désagrégées , niais eues fournissent comparativement beaucoup moins de débris que les flancs des montagnes bien plus exposés aux variations atmosphériques que les sonmiités presque toujours dégagées de glace.
Lorsque ce glacier occupait toute la vallée de Hasle et se joignait au glacier du Rhône par le col de la Meyenwand, il n'était dominé que par quelques pics recouverts eux-mêmes de glaciers , et dont les débris retenus et solidement soudés par la glace ne pouvaient se désagréger et tomber sous formes d'avalanches; et évidemment alors il ne se trouvait à sa surface aucun de ces amas de matériaux nécessaires pour former des moraines superficielles, latérales ou frontales, aucun bloc à transporter. Et ce n'est que plus tard , après une notable réduction, après un abaissement suffisant de sa surface que les rochers dégagés de leur manteau de glace ont pu se déliter et s'ébouler, et que le transport des débris qui s'en détachaient a pu commencer à avoir lieu.
A partir de ce moment , les matériaux erratiques ont dû mettre un certain temps pour atteindre les stations les plus éloignées, où nous les retrouvons aujourd'hui.
Ainsi, les blocs des environs de Schafliouse ayant 260 kilomètres à parcourir de ce point à l'origine du bassin, en admettant une progression annuelle et moyenne de 100 mètres , il fallait pour ce trajet 2600 années , à partir du moment où les glaciers avaient non-seulement commencé à décroître , mais déjà subi des réductions notables et nécessaires pour permettre aux éboulements de se produire et de former des moraines superficielles.
Lors donc qu'un bloc tombait au pied de la tranche terminale à Schafliouse , les glaciers du Rhin avaient décru pendant une longue suite d'années, non-seulement en hauteiu*, mais aussi en étendue, et ils avaient cessé d'occuper la basse vallée où leurs moraines profondes révèlent leur séjour d'une manière aussi incontestable que les champs de blocs ) que les barrages laissés entre Schafliouse et les glaciers ac- > tuels : accumulations qui à elles seules sont insuffisantes pour caractériser l'ensemble des dépôts erratiques, puisqu'elles n'en constituent que la partie qu'on doit même considérer comme acddenteUe et qui , dans certains cas , peut manquer totalement ou partiellement , tandis que les moraines profondes, le Léfwi, les polis et les stries inférieures ne font jamais défaut.
L'absence des blocs erratiques dans le bassin du Rhin, au-dessous de Bâle, n'est pas ime preuve négative de l'intervention de la glace dans la formation, dans le règlement du dépôt de comblement de cette grande vallée : c'est un fait qui s'explique et que l'on comprend immédiatement quand on examine une coupe du ten*ain compris entre
HYPOTHÈSES PROPOeSÉES PAB DIFFÉRENTS AUTEURS. 261
B&le ei le dique do Finster-Aar — Les crêtes élevées {PL iS,
fig. #) étaient alors couvertes de glaciers et cette immense mer de ^ace réunie â la branche droite du glacier du Rhône , aux glaciers de la linth, du Rhin , joignant les glaciers du Jura et des Vosges, ne laissait à découvert dans le bassin inférieur aucim espace où des blocs auraient pu tomber, quand même elle en eût été recouverte; ce qu'on ne pourrait supposer sans admettre hypothétiquement et sans pieuTe, dans les Alpes, des cimes énormément plus élevées que celles qu'on y observe aujourd'hui.
La présence des blocs erratiques dans le fond et sur les flancs des Tallées alpines et sur des sommités situées en dehors de l'enceinte des montagnes et séparées des Alpes par de larges bassins, par des lacs pirofonds, était un phénomène d'une trop grande importance pour ne pas attirer l'attention des géologues et donner heu à ime série d'obsenratioas, de discussions et de théories qu'il serait superflu de rapporter ici dans leurs détails.
Les énormes dimensions de la plupart de ces blocs et leiir éloiguemeot des lieux d'où ils sont sortis devaient naturellement faire supposer que l'agent de leur transport était doué d'une puissance extraordmmre àoni on croyait les agents de l'époque actuelle entièrement dépourvus; aussi, pour expliquer ce phénomène tout naturel, cherirhait-<m à en rendre compte en imaginant des causes exceptionnelles €i extraordinaires.
H. 3 1 . We mmmammre , supposant qu'un grand lac retenu par la chaîne iiypouièses propo- 'lu Jura recouvrait la plaine de la Suisse et se prolongeait au loin dans *^ ^" *• •—• les vallées, a pensé qu'une rupture subite ayant eu lieu au fort de TÉ- Illilll**!^ t^T! ^dose, un courant avait dû se produire tout-à-coup et acquérir une v^-t-H, Le7.11. violence suffisante pour entraîner au loin et sur les rives élevées de ce lac les blocs dispersés par le Jura; et plus tard , M. liéopoid de BmAs comprenant ce qu'il y avait d'invraisemblable dans l'hypothèse •l'an courant unique, puisque, dans ce dernier cas, loin de se déposer par étages tout le long du Jura, les blocs auraient été entraînés ians la dîrecticm de la vallée du Rhône , vers (renève , admettait autant de courants qu'il avait constaté de groupes différents dans les ac- •mmulations de blocs, soit par leur disposition, soit par la diversité •ies roches qu'on y rencontrait.
■^■■■■iiB supposait que les blocs erratiques avaient gUssé des Alpes jusqu'au Jura sur wi plan inclmè . creusé et morcelé cnsuito ..ar de* révolutions postérieures. ^
nitiqucs.
Delnc admettait de violentes éruptions, des explosions à. la suite desquelles les blocs avaient été lancés à travers les airs; et enfin le père iTenturi , M. Ijeyeli et d'autres ont proposé une autre explication et pensent que le transport des blocs a dû s'effectuer sur des radeaux de glaces entraînés par des courants diluviens.
Chacune de ces hypothèses avait ses partisans, mais celles des grands courants a pendant longtemps conservé et conser\'e peut-être encore la majorité des opinions , malgré les travaux récents de MM. de Charpentier, Af^Mmisy Deror et de tant d'autres géologues (glacialistes) qui , dans ces derniers temps , ont étudié et expliqué les diverses phases du phénomène glaciaire, et malgré les objections qu'ils ont • successivement formulées en rapportant des faits positifs, des preuves irrécusables.
Formes et dispo- H. 52. La fonue des blocs erratiques du Jura et de tant d'autres locasiiions des blocs er- jj[jés éloignées des hautcs cimes des Alpes est généralement afiguleuse et sans traces d'usure ni de frottement, et entièrement semblable à ces masses polyédriques de granité qui se délitent suivant des fissures déterminant un clivage dans les massifs dont ils se détachent; d'autres sont usés, polis, striés et rayés; et généralement ils reposent sur ime. couche de sables et de galets intermédiaires entre eux et le sol , dont la surface , soit qu'elle soit constituée par des calcaires ou des granités, est oTdmaÏTement polie et striée.
Les blocs sont disposés (PI. 16) par groupes, par bandes étagées , mais ils ne sont pas distribués par ordre en raison de leur volume; on n'y remarque pas plus que dans les couches de sables et de galets qui les supportent ce triage que les courants impriment invariablement aux matériaux qu'ils ont charriés ; et la présence de cette couche inter-% médiaire extrêmement meuble entre le sol et les blocs, indépendamment de la conservation dss surfaces polies et striées, prouve qu'aucune cause vwlente n'a pu atteindre les sommités ou les flancs des montagnes avant, pendant et après le transport des matériaux erratiques. Avant, puisque les stries du sol eussent été effacées; pendant et après , puis- (jue les sables eussent infailliblement été entraînées par des coiurants capables de charrier des blocs dont un gi^and nombre ont plus de 300 à 400 mètres cubes et plus.'
I)A. ' Le bloc monslre : bloc calcaire sur une montagne de gypse appt^lée le Blontel canton de Vaud); il a >I900 niMres cubes. Le ItlaiLstein, dans la vall^» de Saas, ^ 8.300 mMres cubes.
FORMES ET DISPOfilTIOKS DBS BLUCS ERRATIQUES. 263
Cette couche inférieure, composée de matériaux triturés et arrondis recouvrant des surCsu^es frottées et qu'ils ont servi à polir et à 'Strier^ révèle de la manière la plus évidente VacUon glaciaire ; sa conserralîoa sur des plateaux , sur des plans fortement inclinés prouve qpe ragent qui seul a pu le produire s'est retiré graduellement, lentement et sans débâcles, en abandonnant les blocs et les divers débris êpupillés à sa suriace par bandes parallèles qui pouvaient se joindre , 9e féanir latéralement , mais non se confondre les imes avec les autres mmiTie le font les matériaux de diverses provenances entraînés à Textténdté d\m goulot d'écoulement, souvent d'une longue vallée, ot Rjetés pële-méle , par ordre de pesanteur pourtant , dans im cône de éêj/ectkxï ou une nappe alluviale.
Les blocs erratiquss ne forment pas une ceinture enveloppant le massif des Alpes et disposée suivant ime courbe de niveau ou inflédiîe suivant des pentes variables vers les vallées extérieures. On les RCroove par zones à différentes altitudes , non-seulement sur les hauteurs, niais encore sur les flancs des montagnes, dispersés dans les piailles ou accumulés dans les vallées.
Eolre le lac de Neuchâtel, par exemple, et les crêtes du Jura on remaïque des zones de blocs marquant différents étages ou divers lioriaoDs, c'est-à-dire la diminution et les stations successives des anciens giaders. Puis, au-delà des premières crêtes, on en retrouve dans les vallées intérieures de la chaîne du Jura qui ne s'ouvrent pas directement dans la grande vallée suisse ^ ; dans le Val-de-Moutiers- Traver», en avant de Fleurier, où l'on rencontre, comme l'avait remarqué Beiacy autant de pierres primitives que si Ton était dans une ^nUée des Hautes-Alpes ; et cependant on est là à cinc] lieues do Tuuleture de la vallée du côté du lac, et cette vallée, près de son ouverture, est, pour ainsi dire, fermée par les deux défilés de la Clusotti' et des Odllons.
Pour expliquer cette distribution dans l'hypothèse des (rouranlH, il {sdrait admettre, avec M. de Bnch, des veines fluides ('»taK(u»M oi iiiucliant parallèlement en entraînant les blocs provenmU di) divtuii ^KniiQos géologiques, les maintenant invariablenuuit et Ioh oiniK^chiUit ^ se confondre, malgré les difficultés et les obKt/ii;liîM Mutm uotuliitt ?» le grand courant devait rencontrer sur le ti»rrain nvvUUmU^ «lu'jl
• MmhIb^ Kinder sur tes fjlariprs, p 2TH; *{ 4. %. l»Hii#« Vtniinn-^ V'"'" ^f*9. 1 t«l . ISU.
avait à parcourir, les déposant chacun à sa destination sot des crêtes élevées et isolées , dans quelques vallées , sur quelques points de la plaine, au lieu d'en former une immense déjection; et enfin les préservant de chocs, de frottements qui auraient inévitablement èmoussé les angles et les smfaces des uns et altéré le poli pu efEacé les stries des autres, mais pourtant des courants assez violents pour charrier d'énormes portions de rochers, et cependant trop faibles pour détremper les couches superficielles de sables ou de galets, les morceler ou les balayer.
Sur les fronts et sur les rives des glaciers on voit journellement des blocs rejetés sur les moraines profondes anciennes et actuelles ou, sur le sol dénudé à surfaces soit abruptes , soit polies ou striées; ils tombent aux pieds des talus, ils sont abandonnés par suite de l'ablation déterminant l'abaissement de la surface et des rives ou la retraite des tranches terminales ; nous pouvons observer toutes les phases de leur marche et reconnaître de quelle manière ils s'arrêtent lorsque , {parvenus au terme de leur course lente et imiforme , ils se séparent définitivement ou temporairement de leurs supports de glace.
Ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux s'est produit exactement, mais sur une plus grande échelle, à une époque reculée; la même cause seiUe a pu produire des effets identiques, et toutes les drconstances accessoires qui, aussi bien que la distribution, les formes et les stries des blocs éloignés des Alpes , prouvent l'action exclusive de la glace dans ces phénomènes extérieurs , qu'il fallait bien rapporter à des causes imaginaires quand on a voulu expliquer la formation des dépôts superficiels de la terre avant d'avoir observé les faits et étudié le rôle propre à chacun des deux agents de destruction et dereconstnio tion : l'eau et la glace ; le premier agissant partout sous nos yeux et le second ne fonctionnant que dans quelques contrées considérées autrefois comme inaccessibles, où l'on a fini cependant par aller l'étudier.
Groupcsotinappesdu H. 53. On sait aujourd'hui que le terrain erratique est divisé en un terraiD erratique, certain nombre de groupes de roches, ou en nappes dont les limites respectives restent parfaitement distinctes , ainsi que M. ««jot Ta si bien démontré dans plusieurs Mémoires dont je ne puis mieux faire que de citer textuellement quelques parties.
«Si dans le bassin du Rhône, où le terrain erratique est développé sur une immense échelle , on observe les principales roches caractéristiques des dépôts superficiels, telles que le granito talqueux, le
GROUPES ET NAPPES DU TEltliAIN ERRATIQUE. 265
chloriteux, les chlorites, les euphotideSf les serpentmes, od Toit que leur répartition s'est faite suivant une loi générale dont on retrouve l'application dans tous les bassins, dans les hautes vallées, dans la plaine, aussi bien que sur les proéminences extérieures (P/. 15. fig. S).
«Le granité talqueux ou arkésine, le gneiss chloriteux et les chlorites verdàtres ou roches de Bagnes constituent un groupe à part que M» ci«7«t nomme roches Pennines ^ provenant des massifs de la grande chaîne des Alpes , depuis le fond de la vallée de Bagnes et dY)aiiemont jusqu'à celle de Viège et au-delà. Â ce premier groupe nennent se joindre les roches du Monte-Rosa, comprenant trois espèces particulièrement caractéiîstiques , savoir : les euphotides de Scuis, provenant exclusivement des hautes cimes du Saasgrat, les éclogites, qui leur sont associées et que Ton retrouve exceptionnellement à rOuest du Saasgrat, dans les moraines du glacier de Finelen; enfin les serpentines compactes ou schisteuses du Monte-Rosa.
«Ces roches représentent dans la plaine la grande chaîne centrale ou Pennine; les espèces suivantes, les massifs latéraux du Mont- Blanc et de rOberland-Bemois.
< Les granités du bassin du Rhône constituent les blocs gigantesques èpars sur les pentes du Jura : les uns à base de feldspath blanc dans lequel Tamphibole et une substance chloriteuse remplacent ordinairement le mica et forment des amas d^un vert noirâtre et qui prend en règle générale une couleur vert clair que lui donne une substance ulqueuse d'une apparence terreuse. Ce sont les protogynes du Mont- Blanc, dont il existe plusieurs variétés résultant de la structure et du développement des cristaux souvent maclés ou de la proéminence de l'une des parties constituantes. Les unes , les protogynes à structure goeissique et à cristaux extraordinairemeàt développés, appartiennent aux aiguilles de Chamounix, au revers N.-O. de la chaîne; celles du Val-Ferret, sur le revei's N.-E., ont le grain plus égal, quoique les cristaux soient encore très -développés; enfin les protogynes à petits grains et pauvres en parties talqueuses , et passant à im véritable sDeiss, se trouvent plutôt dans Textrémité Nord, entre Saint-Maurice et Martigny , comme dans le Mont-Catogne.
»La seconde sorte de granité diffère des précédentes par plusieurs taractères : les cristaux ne dépassent pas une grandeur moyenne ; ils ^i plus confusément cristallisés et ne sont jamais maclés; le mica *»les» substances r|ui le remplacent sont plus disséminés et d'un vert
plus clair. Rarement on y remarque des amas noirâtres empâtés dans leur masse; les parties talqueuses sont souvent peu abondantes et l'aspect de la roche est généralement plus blanc.
«Ces granités, provenant du glacier du Rbdne et du massif de rOberland- Bernois par les glaciers de Viesch et d'Aletsch, sont les mêmes que ceux qui , sortant des revers opposés du même massif, se sont écoulés par la vallée de TAar.
«Les poudingues de Valorsine, qu'on retrouve non -seulement dans cette loc^ité, mais encore sur la rive droite du Rhône, près de la dent de Morglet et à la montagne de Fouilly, accompagnés de conglomérats et de schistes rouges lie -de -vin, appartenant à la même formation.
«Enfin im nombre prodigieux de galets de toutes grosseurs d'un quartz ordinairement jaunâtre, répandus plus abondamment dans le bassin du Rhône que dans aucun autre, et dont la présence aux abords de ce bassin annonce invariablement la proximité des autres roches erratiques.
«La répartition de ces espèces de roches dans le bassin inférieur n'est point accidentelle , et elle a lieu suivant un ordre et un triage particuUers; telle espèce se trouve dans ime partie du bassin, et ne se trouve que rarement ou pas du tout dans une autre. Ces blocs , à partir du lieu de leur origine, tendent à former des bandes paiallèles, et quand, arrivés dans la plaine, ils peuvent s'étaler sur de grandes surfaces, ils ne conservent pas moins des dispositions respectives analogues à celles qu'ils avaient dans leurs gîtes primitifs ; enfin des groupes, composés chacun d'une seule espèce de roche à l'exclusion de toute autre , se rencontrent çà et là et au milieu de roches d'espèces variées.
«Ainsi les roches Pennines, l'arkesine, le ^eiss chlorité et les chlorites granuleuses, sont de beaucoup les plus répandus; elles couvrent les trois quarts de la surface du bassin ; elles marchent toujours ensemble et forment un groupe qui se comporte presque conune une seule espèce. En les prenant depuis leur point de départ, depuis le débouché de la vallée de Viège et du Val-d'Érin , elles suivent le fianc gauche de la vallée du Rhône, sans jamais passer sur la rive opposée; à l'issue dos vallées d'Entremont et de Trient, elles s'associent aux granités du Mont-Blanc qui les accompagnent en formant la lisière extérieure. Au sortir de la vallée du Rhône elles s'étalent on un large éventail et remplissent le bassin du Léman et vélui des
TERBAINS ERRATIQUES. 267
1;m:s de Neuchâtel et de Bienne. On les retrouve à la fois le long des pentes extérieures des chaînes du Gbablais, au pied du Salève , dans toute la plaine de Genève ; elles couronnent de blocs prodigieux le liont-de-Sion; elle constituent la majorité des blocs suspendus au revers du Jura, depuis le fort de TÉcluse jusqu'au pied de la Dôle , ainsi <iue les blocs moins nombreux qui sont épars dans le pays de Gex et sur les hauteurs de la Côte jusque dans les environs de Lausanne. Plus à TEst, ces mêmes roches, mais en blocs moins volumineux et relativement moiiis fréquents, jonchent les pentes du Jura et forment avec les granités du Mont-Blanc la zone supérieure de Terratiqne.
« Dans la plaine, où les granités paraissent à peine, elles dominent de nouveau et couvrent de leurs débris toute la plaine de TAar, les «x)llines molassiques , entre Soleure et Berne , et s'étendent jusque ilans les environs de Zofingen et d'Aarbourg, où des blocs de chlolite, derniers représentants des roches Pemiines, marquent le point •le jonction des anciens glaciers du Rhône et du revers Nord de roberiand-Bemois.
«Ces roches sont les seules qui pénètrent dans les hautes vallées du Jura ; au-delà de la limite marquée dans le Jura-Neuchâtelois par les grands blocs de granité et des roches poUes, au-delà des trois premières chaînes, et plus loin encore, o^ rencontre dans les hautes vallées, jusqu'à plus de 700 mètres d'altitude, des dépôts erratiques composés de fragments et de blocs dont les plus volumineux atteignent rarement un mètre, accompagnés de nombreux galets de quartz, d origine exclusivement Pennine, témoiîis irrécusables de Pex tension des glaciers et de l'absence de blocs granitiques à la surface de l'ancien glacier, à l'époque où il se retirait vers l'intérieur des bassins de Neuciiâtei et du Léman. On n'y rencontre aucun bloc , soit des granités du Mont-Blanc, soit des poudingues de Valorsine, qui ne commencent k paraître que dans les vallées du Val-de-Travers , de Ruz et de Wallorbe.
« Les chlorites qui viennent en plus grande abondance de la partie inférieure de la vallée du Rhône tendent à conserver leur position extérieure le long de la rive gauche du bassin ; elles remontent trèshaut sur les chaînes du Chablais , sans atteindre toutefois la hauteur •les granités; mais elles laissent au-dessous d'elles les arkésinesqui n'u^'cupent guère que le pied de ces hautcui's ; elles sont encore en hVyt-s de plusieurs mètres au Mont-de-Sion ; au-dessus du pays do
Grex, sur les confins du Jura-Vaudois et du Jura-Neuchâtelois , elles reparaissent plus fréquentes en gros blocs.
«Le gneiss chloriteux, quoique abondant, ne forme que très-rarement de gros blocs ; sa présence est liée à ceUe de Tarkésine, la plus répandue de ces trois roches. On la trouve le long de la rive savoyarde du lac de Genève ; elle forme la majorité des blocs du Mont-de-8ion , du Vouache et du pays de Gex. Plus à TEst , elle accompagne en blocs nombreux les gi*anites du Jiu*a. Dans la plaine, elle abonde entre Neuchâtel , Fribourg et Berne , et elle forme presqu'à elle seule, à quelques lieues de Soleure, les plus gros Uoesooimus, non-seulemeat du bassin du Rhône, mais de la Suisse entière ; le grand bloc de Steinhof et ceux du Steinberg.i
«Ainsi donc, les roches Pennines se trouvent dans presque toute rétendue du bassin , excepté sur la rive droite de la vallée du Rhône, et hors des Alpes, dans les contrées situées au pied des montagnes de la Gruyère.
«Les roches du Monte-Rosa se comportent comme une seule esfièce ; elles suivent à peu près les allures des roches Pennines qu*elles accompagnent presque partout à Tétat de galet; mais elles ne les suivent pas dans les plus grandes hauteurs, et elles affectent plus particulièrement la plaine et les coteaux inférieurs : la plaine de Genève et les coteaux qui la bordent, le pays de Grex et surtout les environs de Nyon, sont les localités où elles abondent principalement. Dans la partie orientale du pays de Vaud et plus loin vers l'Est, les blocs d'euphotide deviennent d'une grande rareté ; elles reparaissent cependant en abondance, associées à la serpentine, entre Berne et Burgdorf , où elles caractérisent toute une région du bassin.
«Ainsi, Ton voit que les deux régions dans lesquelles les roches du Monte-Rosa sont les plus abondantes, sont Tune et l'autre sur la droite de celles où dominent les roches Pennines. Et ici encore on retrouve une disposition qui rappelle la situation relative des vallées d'où elles sont descendues.
«La répartition des granités du Mont-Blanc offre des caractères remarquables ; on les trouve à la fois à la limite supérieiure de tout l'erraticpie, le long de la rive gauche du bassin, sur les hauteurs du Chablais , le long des pentes opposées du Jura. Cette dernière localité
DA. * Le bloc de Steinhof a 2080 mètres cubes ; le bloc monstre sur le Montet (canton de Vaud) a 4900 mètres cubes ; le Blaustcin (dans la vallée de Saas) a 8360 mètres cubes.
TERRAINS ERRATÎOtînS. 269
maraii mâme, œntro toute attenta, ôlre le domaine spécial de cette
piidie, où elle est dispos^^ en bandes continues à limites trancïiées.
f «Sur les flancs de la chaîne de Chaiimont, la limite supérimire des
lilocs €^ marquée par des blocs de gianile très- volumineux» formant
vma WODB qui se partage en «'abaissant vei^ TEst, sur les hauteurs
de diatiinont , au pied du Chasserai ei par les vallées d'Oninn et do
Vanffeliii ; au-dessous de cette promière zone est un interv^a!Ie de plus
ée 2O0 mètres de hauteur iout-a-fait dégarni de gros blocs. Mais
on rencontre une seconde zone de plus d'un kilomètre de
qui couvre les plateaux de PieiTc-A-Bot d'une quantité de blocs
tns&i grog et plus nombreux que ceux de la zone précédente ; elle
Êù prolonge de TEst à TOuest dans tout le pays de Neuchâtel.
« Deux seules espèces de roches forment cette traînée de gros blocs,
c*ail la protûgyne du Mont-Blanc, à très-gros cristanx de feidsiiath,
irafeDant des aiguilles de Chamounix , et en général dn revers occi-
deslaU de la chaîne, accompagnée d'une sorte de gneiss gris dont on
relnnive des masses idenlicpies dans la chaîne des Aiguilles-Roug^^s.
«Les granités du Haut-Valais ou du flanc droit de la vallée jouent
u£i pôle IrèB -secondaire dans la plauie : assez nombreux en Valais
il sur là ri%^e droite du Rhône, ils sont if poussés par les pontlingues
4e Valorsino vers rintérieur du Bassin, et ils suivent une courte
iptt passe sur le Jura , entre Lausanne et Vevey, tourne à FEst sur les
ftaMtix environnant Moudon ; puis, suivant les hauteurs du Nord de
Bofliûoi« tiennent rejoindre les Alpes de Fribourg au pied de la Berra,
«Les poudingues de Valorsine, avec les cxïnglomérats rouges he-
<b-viii, ont un domaine plus distinct que toute autre roche. Ils
tooupent i eux seuls la rive droite du Bassin, et, depuis le débouché
dib vallue du Rhône, couvrent le plateau du Jorat jus^pi'aiLx envi-
loii de Lausanne. Les conglomérats rouges se tiennent presi^u'ex-
àÊÉremenl d !a limite supérieure, le long de Textrémc rive droite,
wtt hs hauteurs de la chaîne qui domine Semsale, siu- le Molèson et
h Berra. Les blocs de Vrdorsine pmprement dits occup<?nt, d Texchî-
liofi de toute autre roche, ou peu s'en faut, les hauteurs qui dominent
Vwejr. Ils forment une large zone qui, au sortir de la vallée, s'inflé-
«ait iu Nord-Est et couvre tout le pays, entre les Alpes d'une {lart
Hitt hauteurs au Nord de Rue et de Romont, jusque dans les envi-
iQtt de Fribourg et du Gouggisl)erg. On les trouve eiu^ore très-nom-
bfoxpl mêmes dominants, mais môles aux roches Peniiines et aux
imiila», sur tout le plateau entre Lausaimo et Yverdou H sur
toute la rive méridionale du lac de Neuchâtel ; ils sont rares sur la rive septentrionale de ce lac et au pied du Jorat, où ils montent rarement dans la hauteur.
«Les galets de quartz généralement répandus dans tout le bassin du Rhône ont dû être compris au nombre des roches les plus caractéristiques ; cependant les quartzites paraissent accompagner plus particulièrement les roches Pennines , et forment la seule trace erratique reliant la région des blocs extérieurs au Jura avec le terrain erratique que Ton trouve étalé dans le fond des hautes vallées de cette chaîne. Ici ils sont associés aux roches Pennines comme de coutume ; et c'est ainsi qu'à l'extrémité orientale du bassin le plus éloigne des gîtes primitifs, que dans les environs de Zoângen , non loin des nappes erratiques de la Reuss , une grande abondance de galets de quartz annonce subitement l'approche du bassin du Rhône. Us sont seuls d'abord , mais h quelques centaines de mètres plus loin se montrent quelqiies chlorites granuleuses ; les talschistes et les granités succèdent enfin et ne laissent plus de doute : on est en plein bassin du Rhône.
«Ainsi, on le voit, la distribution des roches erratiques dans ce bassin, aussi bien que dans tous les autres, est soumise à une loi selon laquelle les traînées de roches de mêmes espèces conservent dans la plaine une position déterminée qui leur est assignée par la situation respective des vallées d'où elles sortent. Les roches qui pro» viennent des vallées latérales les plus rapprochées du bord de la vaUée principale gardent les bords sur l'une et sur Vautre rive, tandis que celles qui sortent des affluents les plus reculés tiennent le centre.^
Cette disposition que l'on observe sans exceptions dans tous les bassins erratiques semble cependant avoir subi d'importantes modlflca* tiens dans celui du Rhône, où les matériaux n'affectent pas entr'eux les séparations tranchées qu'ils offrent dans les dépôts de la vallée jusqu'au point où elle débouche sur le Léman ; mais leur mélange, toujours incomplet, s'explique parfaitement dès que l'on jette les yeux sur une carte du bassin où l'on a tracé les limites de l'ancien glacier du Rhône.
Tout le bassin entre les Alpes et le Jura , des environs de Soleuie à Genève, a été recouvert par les glaces débouchant de l'étroite vallée du Rhône, à l'issue de laquelle elles ont pu s'étaler et former une nappe ayant la forme d'un immense éventail {fig. S, pi, 4S). Près de Genève , elles ont rencontré les glaciers de l'Isère , de l'Arve et de la Dranco dans un défilé insuffisant pour Técoulemont d'aussi puissantes