MORAINES FRONTALES
8QDt oondamnéB à perpétuité, et dès leur apparition à la lumière ils roulent sur le talus et meurent.
DA. 15. ■•ndMS flp«mtele« (N).l Moriiaes fhHiUles.
H0C8 et fragments de roches en aval sur le sol de la pente terminale du glacier. .
Les matériaux qui couyrent les glaciers finissent tous, les uns par atteindre la pente terminale et donnent lieu à la moraine froniaU , d'autres restant en place sur les rives d'encaissement et forment des moraines laUrales^ et d'autres encore sont engloutis et forment nuyrame profonde.
Par la progression du glacimr les moraines frontales seront enterrées par le glacier, qui jMisse dessus conune un rouleau compresseur. Le glacier diminuant par suite de fortes ablations, elles resteront temporairement en {dace sous forme de digues ou de remparts, le plus souvent pendant l'arrière-saison de l'été; puis elles seront atteintes de nouveau et enterrées ou poussées en avant.
Ces remparts ou digues (moraines frontales) que nous voyons à de certaines distances échelonnés dans les vallées en aval des glaciers actuels (glaciers en activité) , sont des preuves d'une plus grande extension des glaciers ; — souvent ces digues échelonnées sont à une petite distance de la pente terminale.
Les gens du pays vous disent : Il me souvient parfaitement qu'en 1838, par exemple au glacier supérieur du Grindelwald, le glacier a d^osé les blocs monstres qui couvrent le rempart de moraine qui se trotive en 1862 en ligne droite éloigné de 100 mètres et plus de la pente terminale du glacier ; aujourd'hui le glacier se retire, il diminue. — Certes il avance moins dans la vaUée en 1862 qu'il n'avait avancé en 1838, la preuve est positive; mais est-ce une raison pour croire que le glacier reste immobile, qu'il se repose , ne progresse plus , paûsque depuis 1838 la masse de glace diminue à la pente terminale? Je répondrai : Cette diminution est locale à sa pente terminale ; des preuves positives établissent que la masse générale progresse en volume dans les régions plus élevées, et si de certains glaciers diminuent à leur pente terminale (semblent diminuer), l'explication en est facile : Les matériaux qui couvrent la surface du glacier (moraines de toutes
DA. * M&rames frenteles, en aUefluand Gletscherschutt, — Voyei Glaciers en actirUé ftr ém CkarpmUer^ paragraphes Meraimfs firontales et Phémomènes erraféqm^, 9* bien décrits par cet obsenateur.
espèces) finissent par atteindre le talus terminal, et lorsqu'ils forment nappe, ils protègent la surface qui les supporte d'une forte ablation. Les neiges temporaires qui couvrent les glaciers et qui souvent, i)ar suite de fortes chutes et par des étés froids , se maintiennent longtemps sur les parois tei*minales mêmes, protègent de même les surfaces couvertes contre toute ablation. — La chaleur et les rayons solaires auront peu ou point d'action pourfendre la masse , et le glacier progressera et envahira la vallée. — Le glacier inférieur de l'Aar se trouve dans ces circonstances. Sa pente terminale est couverte d^me nappe de matériaux sur toute sa largeur, qui s'étend sur une grande longueur en amont; l'ablation par ces circonstances est faible, et toutes les années nous trouvons sa pente terminale plus en aval; il progresse appi'oximativement de 10 mètres par an, et des observations positives nous disent que cette progression , par les journées d'été les plus chaudes, est moins forte, sans doute, que lorsqu'une protection de neige la met à l'abri de toute fusion, mais qu'elle est très-sensible pour des observations journalières faites à la pente extrême.
Les glaciers qui ont peu ou point de matériaux (moraines) sur leur dos, subiront de fortes ablations (fusions de la surface), surtout dans les étés chauds. Cette ablation est très-forte aux parois du glacier supérieur du Grindelwald depuis un certain nombre d'années , et on peut prédire qu'elle continuera , parce que nous voyons sur la mer de glace en amont peu de matériaux sur sa surface. Mais s'il survient \m éboulement considérable de roches, éboulcment que nous pouvons qualifier hors ligne (monstrueux) i, il couvrira la surface du glacier, et lorsque cette moraine qui formera nappe arrive à pente terminale, ce qui ne peut manquer, les matériaux protégeront de l'ablatton et le glacier progressera, envahira la vallée et rejoindra la digue et les blocs restés en place en 1838 ; elle pourra même la dépasser.
Les blocs monstres et la grande quantité de matériaux restés en place en 1838 prouvent qu'avant cette époque la surface du glacier portait cette accumulation sur son dos.
J'ai cité le glacier supérieur du Grindelwald comme glacier qui diminue à la pente terminale , et celui de l'Aar inférieur qui continue à progresser; celui du Rhône se maintient dans les limites qui va-
DA. < Éboulcment monstrueux {Bergstwrz), comme celui de Goldao, qui a comblé en grande partie le lac de Lauertz (du canton de Schwiz) — celui des DîaMerets (dans le canton de Vaud ) et grand nombre d'autres.
MORAIXES PB0F05DES. 415
rieot fort peo; od dit alors que le glacier reste stationnaire (tôea entendu à sa pente teniiniale)J
Matériam enterrés sons le giader.
Les gros blocs, les débris de roches qoi tombent par soite d*ablatkm sur le sol en aval de la pente tenninale forment la moraine frontale, qui 88 maintiendra en place pendant tout le temps que la fusion de la gbœ, qui est en contact avec elle, sera ^us forte que la progrès* siflo, c'est-à-dire que le glacier diminue. Si la progression est ^us considérable que Fahlation, les matériaux, à mesure qu'ils tombent, s'éparpilleni et le glacier passe par-dessus et les enterre.
On comprend parfaitement que de menus matériaux soient ainsi enterrés, mais on est en droit de demander : Et les gros blocs , les Uocs monstres, eux aussi sont-ils enterrés? L'observation positive nous met à même de répondre par un oui incontestable.
ÂQ glacier inférieur de TAar, un certain très-gros Uoc, bloc monstre n* 18 de la triangulation, se trouvait en 1842 approximativement à 80 mètres en amont de l'extrémité du talus terminal (paroi terminale aimipte) ; d'année en année il s'est plus rapproché du talus, et en 1 848 d a fini par tomber sur le sol. Dans la même année nous l'avons vu à 10 mètres approximativement en aval de la moraine tenninale. Ed 1849 ce Uoc se trouvait à deux mètres en aval de la moraine, sans avœr bougé de sa place; mais sa base était comblée de débris et la surDause qui dépassait le niveau du sol n'était plus que d\in mètre. En 1830 il était définitivement enterré, et nous ne l'avons plus mi depuis'. D'autres blocs de grande dimension, que nous avons vus dans les mêmes circonstances ont subi lé môme sort : ils sont enterrés. Les matériaux qui composent la moraine frontale et qui tombent de la surface du glacier sont généralement tous anguleux, à arêtes vives a très-peu d'exceptions près s. Ceux qui sortent par la voûte du glacier et entraînés par les eaux , sont plus ou moins émoussés et ronds. La moraine profonde sera par conséquent composée de matériaux anguleux et ronds , mêlés ou superposés les uns aux autres.
hk. • Voyez Prop-eMsUm, numremenis des glaciers^ qui complète ce paragraphe, nqiiH Boot avou donaé peu de développement.
hk. * Voyei Proçresrion du glacier de VAar,
DA. ' Je dis : A arttes vives à très-peu d'excepUons près. IV cerUins matériaux qui st trameut à b surface des glaciers peuvent être rananiés par les eaux sur la surface du glacier Béae et seront arrondis. Voyez MoraH^es en actitite remaniées par les HnLX.
Un trou de trois mètres de profondeur, fait dans PAar-Boden sur rive gauche, a pleinement confirmé ces observations; nous avons trouvé du sable, de la boue de glacier, des galets, des blocs ronds, des fragments émoussés et des roches à arêtes vives. C'est la moraine profonde de Tancienne extension des glaciers.
lies glacialistes , géologues et naturalistes en général qui étudient spécialement le terrain erratique, non pour prouver le déluge, mais pour démontrer l'ancienne extension des glaciers, voudront, s'il vous plaît, prendre en grande considération les moraines profondes, et se rappeler que ces mêmes moraines profondes ne se trouvent pas uniquement dans le bas des vallées, mais sur les plateaux très-élevés, et que fort souvent ces moraines profondes , qui avaient une épaisseur énorme du temps des glaciers monstres, par suite d'érosion par Teau, ont été entamées, creusées, enlevées en partie, et qu'il ne reste de leur ancienne existence souvent fort peu de matériaux , qu'il ne fauf pas confondre avec Us moraines latéraUs. Moraineslniérieures. DA. 17. Monlnes Intérieur (P).
Matériaux qui tombent accidentellement dans des crevasses du glacier et s'y maintiennent.
La glace de glacier en apparence la plus pure renferme toujours des parcelles de sable. Des blocs de glace, détachés à diverses profondeurs et la glace retirée des trous de sonde à de grandes profondeurs, contiennent tous des parcelles de roches. — Ces parcelles de trèspetite dimension sont ordinairement des grains de sable très-petits , cependant on en trouve du poids de quelques grammes. A la pente terminale, et généralement dans les parois de glace des crevasses, nous voyons des matériaux empâtés dans la glace qui arrivent à la surface par l'ablation ; parmi ces matériaux il y en a d'un gros volume.
Les parcelles de sable très-fin dans l'intérieur du glacier, à toutes les profondeurs , proviennent en grande partie de leur infiltration à travers les fissures capillaires , qui souvent sont assez ouvertes pour permettre cette introduction. Des matériaux de toutes dimensions tombent dans des crevasses ; une partie est remise à flot par ablation, d'autres restent en prison lorsque la crevasse se referme; d'autres tombent dans dos puits ou moulins et se trouvent à une grande profondeur et ne reviennent au jour qu'à la pente terminale.
Itouc do Blacior. DA. 18. Bo«e de nplacler (cOUChe de bOue) (Q).
Roches réduites à l'état de poudre fine, de limon, par le frottement des surfaces de glace contre les parois et le fond qui les encaissent.
BOUE DE rtU\CIKR. 117
; nous dit < : «On sait que le polissage n'est pas produit directement par la glace, mais qu'il existe entre elle et le sol une amche de dépôt de matières meubles plus ou moins tritun^es , que j'ai appelée la couche de boue, — Cetie couche est l'émeri au moyen duquel le glacier use et polit les roches sur lesquelles U passe. En général cet émeri est d'autant plus fin qu'on le prend plus pi'ès de Textiémité du glacier ; souvent même il est réduit à im véritable limon dont les propriétés varient suivant la nature de la roche. La roche des rites çst-elle du granité, ce limon est blanc et incohérent comme nu glader du Rhône ; lorsque c'est du gneiss comme au glacier de TAar, il piend une teinte plus foncée et un aspect plus vaseux ; enfin il devient tout-à-fait terreux lorsque le glacier se trouve dans une vallée calcaire , conome celle de Rosenlaui. Il entoure alors les débris des moraines qui sont comme incrustés de boue toutes les fois qu'ils n'ont pas été lavés par un torrent 2. C'est ce limon qui donne à l'eau des glaciers la teinte laiteuse qui les caractérise.»
Alluvions, Lehm, Iabss, sont synonimes de boue de glacier. Je dirai plus ; La plus grande partie de la terre (que nous appelons terre cultivable) n'est autre chose que de la boue de glacier. Ce sont des roches réduites à l'état de poudre par l'action des glaciers.
(De certaines roches sont décomposées et très- divisées par les agents atmosphériques. Les torrents qui charrient les matériaux les divisent, les triturent même ; mais ces actions ne produisent pas cetto quantité énorme de terre cultivable qui couvre le sol. 3)
Les glaciers en activité et leurs ancêtres sont les auteurs de la terre qui (ouvre le sol et que nou>s cultivons.^
OA. ' SourHles études, etc., p. 674.
A- • Ce caractère est très-important pour Tétudc des anciennes moraines, des Ww^ fmtiqnes isolés, et généralement pour tout le terrain erratique, en ce qu'il excliii rcatiée toute idée de eonrants; car si les blocs erratiques qui en sont incrustés avaieni de tnasportés par l*eau, celle-ci aurait. commencé par les laver et l'on trouverait les bèuc» parfaitement propres comme dans le lit des torrents. Or, il n'est pas sans inipoitabre et faire remarquer que cette boue glaciaire se retrouve partout où les depuis ■«rain^oes sont intacts, m. c^lUmb l'a reconnue dans les anciennes moraines des VMf» et fai pu me convaincre, en visitant ces localités sous sa direction, qu'elle a afeoêoMOt le même aspect qu*^ l'extrémité de nos glaciers actuels.
bA • Voyei Matériaux charriés par les torrents qui sortent des glaciers,
DA. • Cette thèse, je la soutiens, j'en prends toute la responsabilité. — (Suppositions. li.vpotlMMs erronées, conclusions forgées par .VU. les glaciaUsies, théories plus que ha sârdm. iaadBisables , nullement confirmées par la science professée. -) Il n'est que vnf nw : La houe de glaciers ne fait pas partie du programme de l'enseignement : PhTij^ar éê fskièe Je suis asseï osé de dire que l'auteur de la terre que nous cultivons ,
c;iux sur les glaiicrs.
418 MOIi.AlNES.
MorjiiM's cil ;icti- DA. 19. Moraives en «etiYité remaviées par les eaaz ■»!•• ^h
vite remaniées parles . /|^\
Matériaux peu volumineux remaniés par les eaux qui coulent i forme de ruisseau à la surface du glacier, par suite de fortes font surtout au printemps.
Si nous parcourons par une belle journée d'été les glaciers de PÂai^Kidepuis la ligne transversale du Pavillon au Grûnl)erg jusqu'au drqi^K^e de la Strahleck , nous voyons des filets d'eau nombreux sillonner I^ a surface du glacier; nous voyons de petits ruisseaux, mais nous voyoï^^s aussi des ruisseaux d'une certaine importance , siutout sur les deuK x rives de la moraine médiane. Nous voyons de plus sur les bords (^He ces ruisseaux du sable en assez grande quantité et des galets arrond=^^ absolument pareils à ceux que nous trouvons à ime certaine distanczn^ en aval du glacier sur le sol.
Gomme les événements hors ligne du printemps ne durent qi.aae quelques jours, il est très-rare que les glacialistes soient témoins de ca^ c« qui se passe à cette époque, et sous ce rapport, force est de s'^^^en rapporter à des guides intelligents.
H ans Jav/n , mon guide en chef, chargé des observations météoi^ "^ logiques et glaciaires, a passé l'hiver 1845-1846 à l'hospice du Griii^ — uisel. Outre les lectures météorologiques tri-horaires, il se rendait dei— •^ ui ou trois fois par mois sur le glacier de l'Aar inférieur, jusqu'à l'ii^" ^^ cien emplacement de l'hôtel des Neuchâtelois , près de l'Abschwon^ m%, pour mesurer avec son camarade, le domestique de l'hospice , la pii^ ^* gressiou du glacier sur divers points. Il nous narrera le résultat d'ui^K^ -^^ course qu'il a faite, fin d'avril 1846, au glacier; donnons lui la pand^^ '^'
« Fin d'avril la neige qui couvrait le sol des environs de Thospi^ -5ce
« du Grimsel , par suite de l)elles journées chaudes et le soleil aidati- 3(,
« a commencé à se fondre et on voyait des ruisseaux d'eau nombreiwui « se frayer un passage à travers les neiges qui couvrent les roches et «se jeter dans le lac. Le Fœhn (vent du Midi très-chaud) avait soufli^Bé
c'est le gtacier, et que ce même auteur, qui aujourd'hui est infiniment moins confirme ce que j'avance, — et il doit ôtre entendu; il ne forge pas de théories, et ^ que nous en savons, c'est lui-même (le glacier en activité) qui nous Ta dit : n n*^^ Tait pas mystère et répond à toutes les demandes qu'on lui adresse. Le glacier toutes les langues; — cependant je dois prévenir que les salles d'attente pour les ponses ne sont ni parquetées, ni chauffées, et que le télégraphe électrique ne transc^net
pas les réponses dans les cabinets d'étude — aux savants pas même aux i
de génie, dont les théories sont temporaires
XATÉBLVLX E> PLJkilE StR Ut sOL Bl£JIa3II£:> KVK US;* HU X. 41^
«chaud boute la auU . ei le matia de Ujiuie beure je db ù ummi cauKi- • rade : GiùvanMi <. en roote puur le glacier, uous allons vaLr jouer )e^ «grandes eaux; ta Terrai, c'est super[)e. — Nous oous achemîuons : «OD enfonçait dans la neige jusqu'aux geiioux ; cette ueige était eom- » posée de très-gros grains, comme celle qui couvre les hautes re^gious («lété. ArriTésdansrAar-Boden, près des huttes en aval du glacier^ «nous voirons un spectacle magnifique : c'était rraimeut superbe. Un «vrai torrent tombait en cascade dans TAar-Boden. Du nùtieu de la «pente terminale sous le glacier c^était une nappe d'eau d^me seule «Tenue. Sur rive gauche et rive droite du glacier de grands ruisseaux «coulaient sur la pente. Dans la partie inférieure du glacier on no «voyait point sortir d eau, ni par la voûte ordinaire. En cheminant ' sur la moraine médiane, dont les plus gros blocs sortaient ù dècou- «vert de la neige, nous avons vu des deux côtés de la moraine non «pas des ruisseaux, mais de véritables torrents couler et entraîner la «oeige et des pierres : c'etaitune véritable débâcle. Vous compreadrei ai- ' sèment maintenant la présence du sable , des galets et même des blocs 'arrondis sur la surface du glacier, surtout dans certaines locailités.
«Je suis retourné au glacier le 15 mai. L'eau sortait i^ la i^artio ^ inJérieure du glacier sur divers points ; la grande cascade n'oxislait * pins et Feau de la surface disparaissait dans les crevasses , dans les mou- ^ lins et les puits. Les ruisseaux des deux côtés de la moraine mMinn<^ « étaient plus forts qu'en été, mais c'étaient de sim})les niissi^aux. »
Dans l'été nous voyons le fond des plus forts ruisseaux tapissi^ t\v Knatériaux épars, le plus grand nombre est anguleux <\ anMes vivoH^ ^ ces matériaux ne sont pas en mouvement. L'explication est facJli* recours d'eau sont trop faibles pour les déranger, mais nu printinn|H« ieidrcoostances changent; non-seulement la fonte est forte, umU lo»» fiwires capillaires du glacier sont fermées i>nr le fh>lcl di» riiJ\»i»r oi ^'aheoibent pas les premières eaux.
DA. 20. WÊmÉéwimmM en plaee «nr le sol r^mamlé* par !•• »iiii%« liU«vm«M\vM ^Uv.
Matériaux déposés par le glacier, qui sont atteintH o\ \vn\m\(^^ m\ •**'^ ^' ^ \<^m<^ leseani. H» ^^ ^^ux.
Comme développement de ce paragraphes , voyou lim iHirAj^rAi^ia» ^''xàmxades Phénomènes erratiqites, T. III t\o nim MtU^rhiu^f^ |Mm r^ da glceUrs, et ceux des Glaciers en nctMi^ , \m\\ illxo»^ tJ^ôiM 'îJeurs. dans le premier et le quatrième vohiincv
DA. 1. CyreTSWMft.^ Crevasses.
Fentes — lézardes — déchirures — fissures qui sillonnent les glaciers : les unes larges et béantes, les autres étroites ou capillaires.
Tous les glaciers ont des crevasses.
Les neiges et nevés qui couvrent temporairement les glaciers et ceux qui sont sur roche en place sont crevassés.
La fréquence, la forme, les dispositions, les directions et la persistance des crevasses varient à l'infini dans les divers glaciers , et même dans les diverses parties et altitudes d^un seul et môme glacier.
La surface du glacier est sous Tinfluence du sol qui lui sert de base et des roches en place qui Tencadrent. Elle est de plus influencée par les cavités dans Tintérieur et au fond des glaciers : des masses partielles s'affaisseront; d'autres se soulèveront.
De certaines crevasses sont provoquées par une tension intérieure. Dans rinégalité de la température et la lubréfaction des différentes asMses , les crevasses sont rarement permanentes : elles sont en gé-
U\ • Kn allemand : Glrtscher-Schrunde , Spalteii, hlilffe.
422 CHEVAS8E6.
néral temporaires. — Les fissures, les déchirures s'ouvrent , grandissent, deviennent béantes; se rétrécissent, se referment, disparaissent.
Les crevasses sont généralement évasées dans la partie supérieui-e et se rétrécissent dans le bas du glacier. — Elles sont rarement verticales; un grand nombre sont plus ou moins inclinées. — Rarement elles traversent le glacier dans toute sa largeur. — Elles ne pénètrent généralement que jusqu'à une certaine profondeur, et très-exceptionnellement elles traversent la masse de part en part : lorsque cet accident se présente, U peut servir à déterminer approximativement Tépaisseur du glacier. — A en juger par la profondeur des puits qui sont intimement liés aux crevasses médianes , on peut conclure qu'il y a des crevasses dont la profondeur va jusqu'à 260 mètres. ^
Les crevasses sont à sec; exceptionnellement on en voit qui sont complètement ou partiellement remplies d'eau, souvent temporairement : l'eau trouvant une issue , la crevasse est mise à sec. Le niveau de l'eau qu'elle contient dépend de l'affluencc de l'eau de la surface qui l'alimente. — Leur fond est quelquefois parsemé de matériaux qui y sont tombés; d'autres complètement remplies. — De gros blocs sur leurs bords , ou soutenus par les deux parois de la crevasse , pi-oduisent im effet très-pittoresque ; puis tombant dans l'iutérieur, ils restent en suspension entre les deux lèvres. circunstaiires qui DA. 2. li» Tarlété des creTaMes dépend — est produite — infliÂcncée
protioiscnt les varié- par les circonstances suivantes ;
Ârcidlirdu'îeiT^iii Accideuts du terrain du fond qui supporte le glacier : inclinaison , pente régulière , irrègulière et configuration des rives qui Ten- Ctiissent.
Manhc. MarcIie (mouvement, progression) régulière, normale, progressive, ralentissante , irrégulière , générale , locale , partielle. — Les glaciers nous disent (on ne saurait assez le répéter), que leur progression en longueur, largeur et hauteur est essentiellement en raison de leur vo- • lume local et soumis néanmoins à la masse générale. On voit combien les allures des glaciers peuvent être irrcgulières et occasionner des perturbations à la surface , et même à de grandes profondeurs. iMcmc. Localité, Certaines parties du glacier sont abritées des rayons solaires et à l'ombre toute l'année, d'autres le sont temporairement;
DA. ' Puits (le 2f{0 mrtros do profiindeiir, mesuré par .n. akaiuiIb sur le glaner Inférieur de l'Aar.
VARIÉTÉ DES GREVASSES. 423
enfin il y en a qui, dans les journées sereines, l'eçoivent les rayons solaires toute Tannée.
AUUtides^, Les altitudes ont une très -grande influence sur les cre- Aitimaes. vasses.. Au-dessus de la limite des neiges temporaires (persistantes) , les glaciers sont adhérents au sol, gelés solidement aux roches qui les encaissent généralement dans toutes les saisons. Cette partie du glacier en contact avec le sol reste immobile, âxe ; les parties supérieures ont un mouvement progressif dans tous les sens , et ce mouvement est généralement plus accéléré dans la partie supérieiu^. Au-dessous de la limite des neiges et nevés temporaires (persistants) , les glaciers ne sont généralement pas adhérents au sol dans leur ensemble. Dans les saisons froides ils peuvent être adhérents partiellement, surtout aux bords, aux pentes terminales, ou bien dans les endroits fortement crevassés où le glacier a peu d'épaisseur. — Par des alternatives de grands froids et de chaleurs, surtout en arrière -saison ou au printemps, ou par suite de vents chauds ou froids, des parties du glacier seront adhérentes et libres alternativement.
Ablation. La fonte de surface varie dans les différentes locaUtés, Abiauon. principalement sur les rives et à la pente terminale. Les parois (lèvres) des crevasses subiront des ablations diverses, s'ouvriront de plus en plus ou conserveront leur forme. — Les rayons solaires , en traversant la glace compacte et transparente des parties supérieures d'une crevasse, suivant la forme de glace qu'ils parcourent, peuvent être concentrés conune ils le seraient en traversant ime lentille en verre ou un vase d'une cei*taine forme rempU d'eau ; au foyer des rayons solaires la fonte sera très-forte et influencera la forme des crevasses. — L« cas peut même se présenter où de l'eau, qui est toujours transparente sur le glacier, occupe une anfractuosité d'une certaine forme, qui fait aussi l'office d'une lentille.
Les rayons solaires réfléchis par des parois de roches qui se trouvent sur le glacier, ou par celles qui l'encaissent, ont une très-forte action sur les bords des crevasses.
Les filets d'eau qui sillonnent les glaciers par suite de la fonte de la surface (l'ablation) se jettent dans des crevasses , les élargissent, changent leur forme. L'érosion sera plus marquante loi-sque le filet d'eau prend les dimensions d'un niisseau et qu'il charrie du sable et au-
IIA. ' îlt^s (»hscrvations posilivos et nombreuses nous autorisent a riter ces influences ft'allitude.
424 CllKVASSES.
très meuus débris, ce qui est souvent le cas. Souvent l'invei-se a lieu ; des filets d'eau très- faibles , surtout en hautes régions , touchant les parois des crevasses , s'y congèlent et tende)it à les fermer et les ferment souvent complètement. Dans les régions plus basses, le. môme effet se produit au commencement de l'hiver et au printemps dans de certaines circonstances météorologiques.
ProiiHiion conire DA. 3. Proteetlon contre rabUtion. Les neiges OU nevés qui
couvrent temporairement les glaciers protègent leur surface de toute ablation pendant tout le temps que cette couverture persiste. Souvent ces nevés ont une très-grande épaisseur, surtout dans les altitudes où il tombe le maximum de neige pendant l'année , ou bien dans les localités où la neige s'accumule par le vent ou par des chutes d'avalanches. Le froid de l'air ambiant (les basses tempéi'atures) se propage à travers les matières gelées , nos observations nous le disent ; mais lorsque leur épaisseui' est grande , la température de la surface de la neige ou du nevé sera infiniment plus basse que c^lle qui couvi*e le glacier à son point de contacta Ces différences de températui'es contribueront à former des crevasses dans ces neiges , ci*evasses qui correspondent souvent avec celles du glacier qui subira une certaine influence. Lorsque les neiges compactes couvrent les ci'evasses du glacier, l'influence sera différente.
Sous les roches et matériaux erratiques «n activité sur le glacier (les moraines) Tablation de la surface des glaciers est plus faible que dans les parties découvertes.
Les parties du glacier couvei-tes , pix)tégées, et celles libres, exposées à l'air ambiant, ont une influence différente sur les crevasses.
ForuiaUtHi des rre- DÂ. 4. Formation des ereTnsees.
vassts. Toutes circonstances météorologiques — topographiques — orogra-
phiques (altitudes) égales d'ailleurs :
lurtuence du fond. U ne s'ouvrira pas de crevasses nouvelles dans les régions où la marche, le mouvement, la progression est régulière , uniforme, normale; celles qui existent se maintiendront temporairement et pourront même être pereistantes.
La glace se contracte par le froid , ainsi que les autres solides ; sa densité augmente , une longueur donnée se raccourcit d'autant plus
DA. ' Par suite de chant^cnieiits de température, après des séries de journées Irèsfroides suivies de journées chaudes , les couches inférieures seront a des températures phis hasses que la surface.