‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 76 sur 156 · AIGUILLES, DENTELURES DES GLACIERS · texte numérisé non relu

AIGUILLES, DENTELURES DES GLACIERS

Les aiguilles , quoique exposées continuellement à raction destrucûve des agents atmosphériques , comme la surface unie des glaciers , présentent rarement l'aspect terne et raboteux qui caractérise ces derniers ; elles sont an contraire généralement lisses et d'une belle teinte azurée ou verdâtre. — De SauMwe déjà nous a donné Texplication de cette diffîrence, qui provient selon lui de ce que les flancs de ces aiguilles sont continuellement lavés par les eaux qui en distillent , ce qui les rend parfaitement nets et transparents. Ajoutons à cette explication que les saletés de leur surface sont entraînées par les eaux d'ablation.

Les glaciers qui ont le plus d'aiguilles sont toujours ceux qui font le plus bel effet pittoresque. — A mesure que Ton monte le cours des glaciers, les aiguilles deviennent généralement plus rares. — La température de Fair se refroidit par les altitudes. Les brouillards, les nuages qui couvrent fort souvent les grandes hauteurs, interceptent les rayons solaires. Les chutes de neige , qui sont très-fréquenles en été dans les hantes régions, préservent de l'ablation (fonte) et les neiges anciennes (changées en nevé) se maintiennent temporairement beaucoup plus longtemps qu'à des altitudes plus basses.

Mais les tranches transversales du glacier ne se transforment pas immédiatement en pyramides; il faut pour cela que les mouvements latéraux inégaux viennent encore les diviser dans divers sens, de manière à déterminer des masses prismatiques irrégulières qui s'alternent vers le haut par l'effet de la fonte , etc.

L'effet des pyramides ne se produit pas seulement sur les glaciers. Les grands blocs de glace qui se détachent du glacier d'Aletsch et nagent â la stirfoce du lac Maerjelen, se fondent également en pyramides, dont les parois conservent comme celles des aiguilles du glacier leur teinte azurée. — Des fragments de glace, fort souvent volumineux, se détachent de la voûte des glaciers (pentes terminales), le torrent les entrahie et les dépose à une certaine distance. En 1 859 nous avons vu plusiem-s blocs de glace volumineux dans l'Aar-Boden, à 500" en aval de la pente terminale du glacier de l'Aar inférieur ; ces blocs avaient pris des formes très-bizarres.

Les traces de stratifications ou dislocations que l'on observe quelijuefois sur les parois des crevasses, facilitent la dislocation de ces tranches, et il arrive même souvent que des masses entières d'aiguilles s'écroulent par cet effet et referment les vides qui les séparent ; c'est ••^qiie Ton peut voir en phisieurs endroits an glacier de Vicsch. —

Au glacier de Rosenlaui, à sa pente terminale , nous avons vu , il y a quelques années, de superbes blocs de glace détachés du glacier prendre ces formes bizarres dentelées.^

Les nevés qui couvrent les glaciers, même ceux d'une grande épaisseur, ne présentent jamais des aiguilles. Dans les endroits abruptes ils se séparent en grands cubes ou fragments angulaires que die s»«»mre a décrits sous le nom de séracs; mais ces fragments ne prennent pas non plus des faces dentelées.

Crevasses spora- DA. 15. CFeTAMes spovAdlqwM (G).

diqacs. Grevasses isolées, ëparses dans des localités du glacier où on ne

s'attend pas à trouver des crevasses.*

Un afiaissement partiel de la surface les produit ordinairement. — Dans les petits glaciers une grotte, une caverne du sol peut produire ime crevasse isolée que nous nommerons sporadique; on n'en voit pas en amont ni en aval dans cette même localité.

Cavcaai. DA. 16. CaTea«x (H).

L'ami DefMF a appelé caveaux de larges et profondes crevasses qu'on rencontre dans les nevés qui couvrent temporairement les glaciers dans les hautes régions.

On voit aussi des caveaux dans les régions des glaciers où les nevés ont disparu par la fonte.

Leur forme est ordinairement elliptique comme celle des baignoires, et au lieu de se terminer en pointe ef&lée ou se resserrer connue les crevasses ordinaires, elles sont souvent arrondies à leur extrémité. Leur intérieur n'a pas non plus la forme conique des crevasses de glacier, le gouSre est au contraire plus étroit prés de la surface que dans la profondeur, de manière qu'une coupe transversale, au lieu de représenter une pyramide renversée, ressemble davantage à une ellipse ouverte par le haut. Quelquefois elles sont complètement fermées à la surface.

Il est dif&cile de se faire ime idée de l'effrayante grandeur de ces gouffres, qui ont jusqu'à 300" de longueur, de 15 à 20" de largeur et

DA. * En août 1862 la pente terminale du glacier de Rosenlaui se présente sous fomie de talus de glace compacte.

DA. < Ces crevasses, fort souvent couvertes de neiges fhilches ou de nevés anciens, sont d'autant plus dangereuses pour les voyageurs qu'elles se trouvent dans des loeililés où on ne s'attend pas à trouver des crevasses. Sur les glaciers couverts de neiges ou de nevés, nous le répétons : Des précautions, on ne saurait assez en prendre. — Les guides de hautes régions et les glacialistes ne marchent franchement que sur la glacp et les roches découvertes.

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mot làflD a^wkitue leur ptHWwVx hi à les ph» eKpérimeuMk^ ni à h^mw ^te* r<Bil oin«t« le siTOir^mir. <N qui w i^amivi^ H^ a oBopfte, et certes dumn de nous «ùl |wun|«h>i.

ksmtvés mi mr neiges frtikàmfmi^im%H>mf h$i^l0fitrt^ M à distance les uns dts autres^ ta k tt^l m^m d$ iVHnvi'

Ans caveaux coureits je donne une dénoniiiiAtion «|viV)iiUo :

DA- 17. ViMfeiBHi «M alaeten (!).• Xim\m*\ ilw $U

Cawmx (crevasses monstres) oonveits d\ino coiiclw do lu^i^i^ iiovc^ *(<^»

oa de glace. Caaveiture de la pire espèce, dont il fatU ho iiuMIor oonunn de la neige ventée en suiplomb ou du nevô ramolli |VAr Ion rnyoïiM solairei. — Fort souvent le matin co sont doD {M)iitM Holidim mir liwqods on passe fiurt à son aise, sans le moindru (iHii|(i»r; daim la Journée, après midi , ce sont des ponts eu pdto nu)llo , nii r^Monmlo 'même couleur et aspect que le matin), iiiii se ronifmnt. . . .

■* mmmw nous donne une description coinplt^ti) do iMm Umilmank i*N«rtH-«««*4.f »!...«. de glader, qull appelle caveaux. — Daim su pul)li(*/fiUoti : KanmnUhu u séjmin dans les Alpes, 1844, p. 306 et miivaiiUM, il noim <lit ;

«Smr le glacier de Viesch notis doscendtnuïH ilann lifH v\ïtiu\\m do «neige qui s'étendent au Sud vers le Valali». Lu iiciiio (Aaii \mU^\Ui «menthomc^ne, sans aucune traa» <le itM^lufii itWmU*^'^, u\ d<> *Air\w «étrangers à la surface. Les crevas«eM avaii^it a piMj pr(>« c'Mii('M>»M<>ii< «disparu, ou, si Ton en apercevait ericon* qij(;|f|ij<H!uiinf>»« v'oUi\\ fm «leOancdela vallée. Aussi man^liitifiii^fioiji» hm*^ wm» hiU^m' «M'**» «nié, lorsque nous remarquâxiM»âqii4;ii|iji« iïi^un*'M *\'* m'^m» {A^^um^^ «petites ouvertures. Curieux dVn c^mtiÈÙU-H \h < f^n^i^. im/m» u*m^ «liu «geâmes de ce côté. — Quel tut fut |4mi ii<>ti«> H/iimu'^mi'M* I<mi"|m i u «regardant dans une de f:es \\}i'jmim, <|ui i/mvmX ^mp |*ltii« du JO mjii «timètres de large sur 30 vAm\isi>^rm ^ hn^ , /«/iti* vl4«o^ii> ijm i;ll» «cachait un immense pr^f^ij^^^^ ^ 'IvDr «ii^ |;H'M);i'r M(«(«^iil uhi

«li^ Mif.i.

DA. * La li^iiwiiiifus et IumImm»» <w« KliÉ«»Mi>^ «tui ^ idimi*- «m. i<ii).iii.> .iiiiri- A*r^ rcrl» pari exaiEmf * il Uvfi st|iK^ ^ <iImm^ ihu ti ui <i<ii<(

«lumière azurée qui surpassait eu beauté, en transparence et en «douceur tout ce que nous avions vu jusqu'alors dans les glaciers. « — Que n*ai-je reçu le talent de reproduire dans un langage digne « de la nature tout ce qu'il y avait de poésie dans cette simple corn- «binaison de la neige et de la lumière! Jamais je n'ai vu un spectacle «plus effrayant; nos yeux en furent tellement fascinés que nous ne «nous aperçûmes pas d'abord que la croûte de neige qui recouvrait ce «caveau enchanteur n'avait en cet endroit que quelques centimètres « d'épaisseur ; cependant je n'estime pas que nous ayons couru de bien «grands dangers, car la neige était fortement tassée et le soleil ne «l'avait pas encore ramollie.

«Après avoir contemplé l'effet entraînant de ce phénomène unique, «nous voulûmes aussi en connaître la nature et la cause. — C'était «une immense crevasse , gouffre de plus de 30" de large et d'une pro- « fondeur que nous évaluâmes à 100'*' au moins. A l'endroit où nous «l'examinions, elle n'avait d'autre ouverture que la petite lucarne « dont je viens de parler ; mais plus loin elle correspondait à «ime large crevasse ouverte du côté de rive droite par laquelle en- « trait la liunière, et le toit intermédiaire on tempérait le reflet des «parois de neige, leur donnant une douceur et un charme indicible. «Les parois de ces caveaux , semblables à d'immenses murs de cristal, « étaient composées de couches horizontales et parallèles de 0",60 à «1" d'épaisseur, d'ime neige fortement durcie par le tassement , mais « cependant cristalline ; car elle n'avait pas encore affecté la forme «grenue du nevé, qu'on rencontre plus bas. — Entre ces couches «de neige , il y avait ordinairement ime petite bande de glace, mais «d'une glace huileuse et peu compacte, quoique d'une teinte plus «foncée que le reste des parois. — Nos guides étaient tous d'accord «pour affirmer que chacune de ces couches représentait la neige tom- «bée dans une année, et cette explication nous parut en effet la plus «naturelle''. — Quant aux minces bandes de glace qui séparent les « couches de neige , elles sont sans doute dues à l'action du soleil «qui agit successivement pendant l'été à la surface de toutes les «couches.»

Des observations nombreuses de 1844 à 1862 confirment que les

DA. * Déjà de naamnire avait reconnu que les nevés qui couvrent les glaciers en très-bautes régions et qui sont longtemps persistants, sont stratifiés et que chaque rourho représente les chutes d*unc année.

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