CAVERNES SOUS-GLACIAIRES
dtiisent généralement le long des rives exposées aux rayons solaires ; on en voit rarement dans les localités qui se trouvent à Tombre.
Les crevasses riveraines doivent leur existence à diverses causes. — Les permanentes sont dues h des fUets d'eau ou ruisseaux plus ou moins volumineux qui se jettent dans le glacier. Après leur parcours sur les pentes, ces eaux prennent une température assez élevée pour fondre la glace et forment im vide entre roche en place et glacier. — Les temporaires sont dues principalement aux circonstances atmosphériques , à réchauffement des parois de roche par les rayons solaires et à la réverbération qui fait fondre la glace eu contact et pi*oduit des espaces vides. — Dans les parages où la roche en place abrupte est ravinée et inégale , le glacier ne remplit pas les anfractuosités, par ablation la partie supérieure disparaît de la surface et Tespac^ qui séparait le glacier de la rive est à jour, et la ci'evasse se présente.
Ces crevasses temporaires changent de dimensions et de formes : les unes se ferment, de nouvelles s'ouvrent, etc.
DA. 2Ô. Cavemes ■ans-irlaelaires (M). C;iYcni(s sous-^la-
Cavités sous le glacier, à la pent^ terminale et aux boixls de ceux *'''^"^***
à faible pente. Elles ressemblent beaucoup aux cavernes souterraines que nous trouvons dans ceilains sols ; elles sont irrégulières , sinueuses. quelquefois d'une certaine étendue, composées d'une série de renflements ou étranglements , c'est-à-dire de salles plus ou moins vastes commimiquant ensemble par des couloirs.
Les cavernes glaciaii-es ont généralement pour origine des excavations produites dans la glace par les eaux qui s'écoulent i)ar la pcnlo terminale ; ces eaux prennent souvent une autre direction et laissenl l'ancien lit souteiTain à sec. La circulation de l'air chaud à travers ces vides et les rayons solaires qui pénètrent souvent par des ouvertures supérieures les agrandissent par ablation de leurs parois.
Le glacier supérieur du Grindclwald doit être cité on première ligne par ses nombreuses cavernes glaciaires.
Au mois de mars 1862 j'ai visité et observé ce glacier pendant plu- cavernes soas-giasieurs jours, et je me suis promené dans ces cavernes: promenade "a^^cs do glacier sudes plus pittoresques, promenade fabuleuse. Je me garderai bien de ^a^. tracer noir sur blanc mes impressions de ce voyage sous-glacial, cela
se voit et on en garde le souvenir toujours toujours. — Mes
uTiides de hautes régions , les frères Dlatter et Peler Bohren , qui m'acœmpagnaient ot qui sont dos lapins qui ont parcouni un grand V. t^
aùiiibretleiK)6>eIa»!ier«. ijot talUé 'les Qunrhes «iiDS bs pmtes abraptes •lu FiQfrter-Aariiorn . «le la Jcn^frau . des Wecterbcmier et des pics du mas^ du Moote-Hoea : ib ont franchi ueijw» eC Afr^Kftrifiiilr. ( Jes moDtagnards étaîen t dans un raTîséeizient extraofdîmîre ; à diaque pas des exclamation» d'admirati^io . de suipiiae . qui se résomaient par: «Jamais, an grand jamais, nous naTODs rades effets ansâ magique»! > Et cènes ils ne se trompaient pas.
Nous avions profité de l'abord facile de ces carêmes pour organiser Tc^iserration de la marche du glader dans mie saison qui est encore Thirer au Grindelwald. On lisait la marche de sx en six heures. A minuit . Blaiter, mon guide en chef , s'est rendu dans les caTemes : à son retour au chalet où nous avions pris gîte, c'étaient des exclamations de joie ; tout le monde se lêveille. saute de la concliette sur le plancher : «Venez, venez tous: le temps est beau, il ne &it pas froid, en route . en route pour le glacier ! A la lumière les grottes sont magnifiquement belles ! *
Avant de nous mettre en route je me sois muni d^mi flacon d'alcool et de sous-coupes de tasses. — La nuit était smnbre, le temps calme et la température de l'air au-dessus de zéro. Une lanterne , dont le verre est convexe à la partie extérieure (pareille à cdle des policemans en Angleterre) , éclairait notre marche. — Nous entrons dans la caverne d'observation : la lumière, concentrée par le verre convexe, projetée sur les parois, produisit des effists Cmtastiques de lanternes magiques : les parties environnantes dans une obscurité complète. — Des terrines contenant de Talcool furent placées; on y mit le feu, et tout le monde de s'écrier : «C'est plus beau, c'est plus imposant, c'est plus magique que l'éclairage du GriedMich par des feux de Bengale, et certes, l'année prochaine nous nous payerons l'effet de ces feux , et Targ^it ne sera pas mal employé.*
En août 1862 j'ai visité de nouveau le ^ader supérieur du Grindelwald; les cavernes glaciaires nombreuses existent encore, mais l'accès en est assez difficile, et adieu les promenades : l'eau ooule sur le sol détrempé , le long des parois et du toit , et des morceaux de glace se détachent, des pierres tombent —
RaTioesd^glarim. ^A. 21. BaviiH» de. ffl^de» (N).l
Excavations longues qui ressemblent quelquefois à des vallées d'è-
DA. ' Bavin, excavation longue que les eaux pluriales creusent accidentelleaieBt dans un terrain en pente.
RAVINES DES GLAClEliS. 451
roskm8. — Elles se rencontrent sur le glacier de TAar, surtout près de son extrémité , là où les moraines commencent à s'éparpiller. La plupart sont à sec , mais accidentellement quelques-unes sont remplies de flaques d'eau. Il y en a qui ont 2 kilomètres de longueur; d'autres ont bien moins d'extension ; celles de la rive droite sont très-irrègulières. Nos observations nous disent que la surface du glacier est généralement sous l'influence du sol qui lui sert de base (le supporte). Nous savons de plus que , par suite de l'eau d'infiltration et de l'assimilation 1 de cette ean par le glacier, il progresse dans tous les sens en longueur, largeur et hauteur : cette progression est générale et locale, en niwa de sa masse , du volume de glace de sol à surface. Sur un sol uni, à pente régulière et^lans un encaissement convenable, la surfaoe du glacier est unie lorsque son dos n'est pas couvert de matériaux. Dans les localités où le sol est accidenté, le glacier qui le couvre se trouve sous l'influence de ces sinuosités.
Au printemps , ordinairement fin avril , le nevé qui couvre le glacier atteint le maximum de tassement et la hauteur moyenne est aloi*s de 2 à 3*. En janvier 1846 la hauteur du nevé sur le glacier inférieur de TAar, de pente terminale jusqu'au bloc de l'hôtel des Neuchâtelois, était de 2*",30; sa densité de 613 kilogrammes, représentant 1",20 â 1",80 hauteur en eau. En mai le dégel général commence dans les parties basses du glader La fonte est souvent très -forte; c'est surtout sur la moraine qu'elle est la plus active : des blocs sont mis à découvert, les rayons solaires élèvent leur température, l'eau coule abondamment sur les talus, se fraie un passage à travers le oevé et forme de grands ruisseaux qui augmentent de volui^e dans leur course et finissent par former de vrais torrents qui atteignent la pente terminale , où ils tombent en cascades et en nappes d'eau. Dans leur parcours, des matériaux sont entraînés; ils creusent, ils ravinent la snrface du glacier.
Mon guide en chef Hans Jaun , chargé des observations météorolo-
Bmtmi, creiué de ravins.
Bavineux, coapé de ravins, creusé par les torrents.
{Dictionnaire universel, par Hesciierelle aîné, 1858.)
DA. * Assimiler, physiol. : transformer en sa propre substance les matières puisées fB deliors de toi.
AttimHation, pliyMol. : fonction commune à tous les êtres organisés, en vertu de laquelle ib transforment en lears propres substances les matières qu'ils puisent en deh«>rs. {UicUonnaire de Bescherelle).
452 r.RKVASSES.
giqiies à riiospiœ du Grimsel pendant Thiver 1845-1846, a vu au commencement de mai Teau de la surface du glacier de PAar inféneur, par suite d'une très-forte fonte de nevé , tomber en torrent de la surface du glacier et juste à l'endroit où commence la grande ravine.
Les nevés et neiges fraîches qui couvrent les escarpements des deux rives du glacier fournissent par leur fonte une masse d'eau dont une partie coule sur le glacier et en ravine la surface.
Les ruisseaux et généralement les eaux qui coulent en été sur les glaciers ravinent les surfaces partiellement.
Les excavations longues, qui ressemblent (comme nous le disons) à des vallées d'érosion longues, sont produites surtout au printemps. Dans cotte saison les ci'evasses, les puits, les Assures capillaires, etc.. qui conduisent l'eau dans l'intérieur du glacier, ne sont pas ouvertes, et l'eau de fonlo coule à la surface du glacier jusqu'aux pentes terminales et latérales. — C'est un vrai torrent sur le glacier même qui charrie des matériaux et qui arrondit les débris de roches. Par cette raison on ne doit pas être étonné de voir dans les basses r^ons des glaciers ayant sur leurs surfaces des galets pareils à ceux qu'on trouve dans les torrents ou sur les fonds qu'ils ont abandonnés, et par cette observation l'axiome, que les matériaux qui tombent de la sivlacedu glacier à pente terminale ou qui se trouvent engagés dans leur extérieur sont anguleux , n'est pas à l'abri d'exceptions.
Falaises des glaciers. DA. 22. FaUlfles des frlaelen (0).l
Certaines coupures presque verticales semblables à des falaises -. dont la#hauteur est assez considérable.
Partout ou le glacier est couvert de matériaux les falaises peuvent se former. Leur étendue est très-variable et dépend de Télévalion de la moraine au-dessus de la surface de la glace. — Sur le glacier inférieur de l'Aar nous voyons une falaise très-grande en aval de lalign^ transversale du Pavillon au Grunberg; elle n'a pas moins de 250" de longueur et sa hauteur est au moins de 20". Une autre un peu moins inclinée, mais plus longue , se trouve sur le flanc droit de la moraine médiane, entre les blocs de l'hôtel des Neuchâtelois et le Biœ 0«(ri*
DA * Glclscherschild est le mot aUemand de nos guides pour désigner les fabis^- DA. * Falaises, se dit des terres cl des rochers escarpés taillés en précipices sot^ bords de la mer ol ({ui n*ont à leur pied ni plage, ni grève qui les sépare de Yrvi
{Dictionnaire de Bescorbelu)