‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 79 sur 156 · FALAISES DES GLACIERS. — BAIGNOIRES · texte numérisé non relu

FALAISES DES GLACIERS. — BAIGNOIRES

OÙ elle empêche la moraine de s'étaler de ce côté , ce qui la fait paraître ccHnme alignée sur uu espace de plusieurs centaines de mètres. A l'extrémité de la pente terminale couverte de matériaux on voit des parois de glaces verticales nues : ce sont des falaises. En 1862 le torrent du glacier de TAar inférieur sort à très -peu de distance de rive droite , et la partie au-dessus de la voûte et celles qui Tavoisinent des deux côtés forment une falaise très-caractéristique.

Les moraines médianes en relief sur le glacier, couvertes de matériaux de peu d'épaisseur, prennent des pentes de plus en plus abruptes, surtout du côté du Midi ; par suite d'ablation ces matériaux tombent à la base , laissent une partie de la glace à nu ; celle-ci n'étant plus protégée contre les rayons solaires et l'air ambiant, se fond et provoque de nouvelles chutes de matériaux; la pai'oi de plus en plus abnipte se d^mit de sa couverture et finit par produire des falaises.

Un gros bloc, le bloc monstre de protogine que nous appelons le ■tec Mh^ se trouvait jusqu'en 1859 sur la partie supérieure de la moraine médiane; peu à peu il s'est rapproché du côté du talus droit, et en 1862 il se trouve prescjue au bas de la moraine. Dans ses chutes successives il a entraîné les matériaux qui se trouvaient sur le parcours, il s'est formé une falaise, le talus est plus abrupte et une grande partie de la glace est à découvert.

Si des crevasses s'ouvrent, s'élargissent, ils engloutissent les matériaux des moraines , mettent des parois de glace à nu , et une falaise de petite dimension est formée spontanément. Sur la moraine éparpillée du glacier inférieur de l'Aar, depuis l'endroit où le ruisseau du glacier de la Trift inférieure se jette dans le glacier jusqu'à^a pente terminale (soit rive gauche du glacier), nous voyons un grand nombre de Êdaises qui doivent leur origine à la cause citée.

Les ruisseaux qui coulent le long de la moraine médiane rive droite, et qui souvent ont 2 à 4" de largeur sur 0",50 de hauteur d'eau, rongent les parois de la base du cône de glace , la pente devient plus abraple, les matériaux glissent, tombent, la glace est à nu et la falaise produite.

Les sables et les limons qui couvrent les cônes graveleux venant à quitter les parois , mettent la glace à nu et produisent une falaise en mimatnre.

DA. 23. BaiIgMlres (P).

Nous appelons baignoires les petits amas d eau d'une fonne in-êfiuiK'îf ^\ qui n ont pas l'aspect caiartéristiquc dos trous méridiens. —

l)aiBBuiri>

Ce sont fort souvent des trous méridiens qui , par certaines influences, ont changé de forme. Souvent des amas d^eau ont pour origine une crevasse qui s'est fermée dans la partie inférieure et retient Teau, ou des dépressions dans la surface du glacier agrandies par les filets d'eau.

Ces baignoires sont remplies d'une eau daine et transparente, et souvent leur forme ovale atteste que le nom de baignoire est très-bien appliqué. Non-seulement le nom, mais aussi la manière dont se présentent ces réservoirs d'eau justifient leur dénomination.*

Trous méridiens. DA. 24. Trovs iBéridleas (Q).

Trous demi-circulaires remplis d'eau , d'une forme caractéristique, ayant leur arc tourné au Nord et la corde de l'arc au Sud.

Lorsque l'on se promène sur mi glacier peu incliné (les deux glaciers de l'Aar et le glacier d'Aletsch dans leur partie moyenne, le glacier de Zermatt, de Zmutt et beaucoup d'autres), on rencontre à la surface une quantité de petits trous dont le fond est tapissé de menus matériaux, roches triturées à l'état de sable fin, sable plus gros, etc., et qui ont ordinairement de 15 à 30 centimètres de profondeur, une largeur à peu près égale, et de 30 à 60 centimètres de longueur.

a Nous connaissions ces trous, dit M. DMi*r, pour en avoir remar(|ué un grand nombre; mais nous ne leur avions pas accordé une attention particulière. Ce fut M. F. K«Uer qui , le premier, fut frappé par leur forme constante. Il remarqua qu'ils étaient tous semi-circulaires, ayant leur arc tourné au Nord et la corde de l'arc au Sud. Il chercha dès lors à se rendre compte de cette singulière disposition , (|u'il expliqua à peu près de la manière suivante : Lorsque quelques parcelles de gravier s'accumulent derrière un renflement de la surface du glacier, elles s'enfoncent peu à peu dans la glace et occasionnent un petit creux ou une sorte de bassin en miniature. Or, conmie le gravier absorbe de la chaleur, il en résulte que ce sera du côté où les rayons solaires agiix)nt le plus longtemps et avec le plus d'intensité que ce bassin devra s'élargir et le gravier s'enfoncer le plus profondément. Or, ce côté ne peut tHre que le côté septentrional, et voilà pom*quoi tous les bassins ont leur convexité tournée au Nord.

DA. * Un jour, en rentrant au Pavillon, nous avons vu un touriste en costume d'Adam (nu comme un ver) sortir d'une de ces baignoires par un air ambiant de 4- 3*. Quel ne fut notre ^tonnement de rca)nnaitre un de nos amis qui venait nous Taire visite et qui nous dit : «J^avnis uni' idée Axe de me baigner à ?3flO mHres 4'altitude, dans de l'eati h zéro.«

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