GR£VA8S£S
(xénéralemeiit, partout où Teau, par une circoostance quolcouque . ne peut s'écouler librement, il se forme im lac.
Grand nombre do lacs dans le voisinage de glaciers en activité et dans les localités abandonnées par ces derniers n'existent que par un barrage de matériaux erratiques , dans les Alpes , les Pyrénées , les Vosges , la Forôt-Noire , en Ecosse, etc., etc. Petit lac à la base Au glador de TAar nous voyons depuis grand nombre d'années un du Rothhoni (glacier petit lac à la base SO du promontoire du Pavillon. Ce promontoire inférieur de lAar). ^^^ ^ ^^^^ ^^ ^^^ existence. Depuis 1844 jusqu'en 1862 ce lac est d'année en année plus envahi par le glacier ; ses dimensions sont aujourd'hui fort resti*eintes , et s'il existe encore , c'est par suite de fortes ablations du glacier ; mais dès qu'une avalanche de pierres couvrira la siurface de glace qui, au printemps, touche roche en place, cette couverture protégera la surface de l'ablation et sa présence est anéantie. 1 Lac Ma^rjeien. Le lac Mœrjelen , du glacier d'Aletsch , est suivant la carte fédé- Glacier dAieiscii. raie à 2350* d'altitude; il a environ dans son plein 1500^ de longueur et 330* de largeur ; sa profondeur moyenne est d'environ 7 à 8", ce qui constitue im volume d'environ 3,700,000* cubes d'eau.
La température de l'eau du lac était le 28 août 1848, à 5 he\u*es du soir, à quelques décimètres de profondeur et à une distance de 30* de la falaise de glace, à 2^,50; à la distance de 1000* de cette môme falaise à 6«,80; l'air ambiant à 6^
La température du lac étant supérieure à zéro , l'eau ronge le dessous du glacier et forme un espace vide de quelques centimètres. Ce vide facilite la chute des blocs de glace dans le lac.
Autrefois ce lac n'avait aucun écoulement et il s'élevait indéfiniment jusqu'à ce qu'il se creusât lui-même une issue sous la glace ; il se vidait alors tout d'im coup , et ce déversement subit d'une masse d'eau aussi considérable par les canaux intérieurs du glacier (par les cavernes sous -glaciaires) occasionnait souvent des désastres dans la vallée de Naters et en Valais.
M. Cl. studer raconte que les pâtres du chalet de Mserjelen avaient l'obligation, lorsqu'ils s'apercevaient que le lac allait se déverser (se vider), de courir l'annoncera Naters, où Ton remettait au premier porteur
DA. > En 1842 ce petit lac avait d'E k 0 iino longueur de 50 mètres, et de S k N 30 mètres de largeur, soit lâOO mètres carrés. En 1862. en septembre, par une forte ablation de glace dans Tannée , sa surface d'eau n'est plus que de tOO mètres carrés.
de la nouvelle une paire de souliers neuft pour sa peine i. Pour prévenir ces éruptions violentes, le gouvernement du Valais a fait creuser un canal dans le prolongement de la vallée de Mserjelen , par lequel les eaux du lac se déversent dans la vallée de Viesch dès qu'elles ont atteint un certain niveau. Cela n'empêche pas que le lac ne s^écoule encore toutes les années par-dessous le glacier^ ordinairement en juillet ou août; mais comme la masse d'eau est bien moins considérable qu'autrefois , ses effets sont aussi moins à craindre.
Au glacier supérieur du Grindelwald il se forme de petits lacs pé< ues eu aval du riodiques dans la moraine en aval de la pente terminale; ces lacs, au «'*«*«' supérieur du nombre de deux, je les ai vus en mars 1862 remplis d'eau et en août ^'*°^''** • inéme année le niveau de l'eau était à la mâme hauteur. — Dans les anciennes moraines laissées en place à une plus grande distance en arrière du bourrelet des grands blocs déposés par le glacier, en 1838, nous voyons un lac de peu d'étendue, mais très-profond.
Les lacs qui touchent les rives des glaciers ne sont généralement pas permanents ; ils se vident et sont mis à sec pour se remplir de nouveau ; souvent ils changent de dimensions, disparaissent par l'augmentation , l'extension du glacier et s'agrandissent par leur diminution. Ceux de la surface sont plus soumis encore à de certaines circonstances qui les forment ou les anéantissent ; des crevasses et assures dans la glace favorisent leur écoulement, des matériaux peuvent sV entasser, etc.
Les fortes dépréciations en creux de la surface du glacier peuvent donner lieu à des lacs sur les glaciers mômes, tels que les ravines, les crevasses très-larges qui s'évasent (les caveaux), les baignoires, les trous méridiens , les moulins , les barrages des eaux par des malériaux qui forment des digues imperméables : toutes ces droonstances peuvent donner lieu à des amas d'eau que nous appelons lacs.
Sur la carte du glacier inférieur de l'Aar, levée en 1842, d'après uc dans \c giales directions de M. Agumiu, par M. ^mm ^Vied, ingénieur, à l'é- cicrinfencurdcrAar, ehelle de 1- pour 10,000" ou Vicooo, Planche II de V Atlas du système Z^-^^ZC *'"' giaeiairepar M. A^amIb, nous voyons le tracé de trois lacs sur la suriaœ du glacier :
DA. « Cet écoulement prompt du lac Maprjelen à travers les c-Avemes sous-glar.iaires pruQve combien ces canaux sont grands et sont en communication sous toute l'étendue iQ idarier; en hiver ces canaux sont à sec et une promenade sous-glaclaire de plusieurs lignes de longueur aurait certes un certain charme.
1^ Le petit lac au bas du promontoire du Rothhom (base du Pavillon) , dont la surface d'eau était en 1 842 de 1 500" carrés. En septembre 1862 cette surface n'est plus que de 100" carrés.
2® Un lac dans le glacier à 80" de rive droite, entre les points fixes IV et VI , et de 500" en amont de la ligne transversale de point fixe VI (rive droite sur roche , entre le glacier du Thierberg et celui du Silberberg) , et le point fixe VII (rive gauche en amont du Rothliom). Ce lac avait en 1842 40" de longueur dans la direction SSE à NNO et une largeur de 20", soit 800" cari-és.
3** Un troisième lac dans le glacier, 40" de rive droite , 230" en amont du précédent (n*» 2) , 20" de largeiu», 20" de longueur, 400" carrés.
En parcourant cette anuée (en septembre 1862) le glacier sur rive droite, nous avons été étonné i de voir sur le glacier en aval et en prolongement du glacier du Thierberg un très -grand lac encaissé dans le glacier : je dis très-grand , puisque ses dimensions générales peuvent se traduire par 200" de longueur et 200" de largeur, soit 40,000" carrés (4 hectares de superficie) et une profondeur reconnue de 65", qui n'est peut-être pas le maximimi.
Ce lac est à peu près à 350" en amont de la ligne transversale du point fixe VI au point fixe VII et 100" en aval de la jonction du petit glader du Thierberg au grand glacier. Il se trouve à 150" plus en aval que celui marqué sur la carte de M. A^masis en 1842. — C'est probablement le même qui s'est maintenu et a cheminé avec la masse de glace qui le renferme : 150" de locomotion en vingt années établit une moyenne par an de 7",50. — Sans entrer dans des cliiffres positifs du mouvement du glacier près des rives, ce chiffire approche beaucoup de ceux du mouvement observé sur rive gauche dans la même ligne transversale.
Ce lac a pour rives des parois de glace, des falaises dans la force du terme, qui sont partout abruptes. La surface de l'eau est verticalement de 3" à 5" plus basse que la surface du glacier, qui est couvert de moraine éparpillée dans cette localité. Cette hauteur d'eau ne saïu^it augmenter ; au Nord du lac une galerie de déversement est en communication avec des crevasses profondes , dans lesquelles le trop-plein s'engouffre. Par une journée chaude et de forte ablation on voit à chaque instant les matériaux des bords tomber sur les pentes, et lors-
DA. * {\c. lac existe certes depuis longtemps, puisqu'il est signalé en 1843; mais nous
n'avons pas eu o<casion do visiter cette localité auparavant.
que c'est un bloc volumineux , en faisant le plongeon , la surrace de l'eau décrit de grands cercles superbes qui se colorent de toutes les nuances du spectre solaire ; et ces effets sont d'autant plus beaux que des parcelles de glace qui surnagent à la surface reflètent les rayons lumineux : c'est superbe, en vérité, mais tout en étant en admiration et en contemplation devant ces effets de coloris hors ligne , il ne faut pas perdre de vue et se souvenir qu'on se trouve en aval d'une pente terminale d'un petit glacier à paroi abrupte de 50 à 60''. L'ablation , qui est l'auteur principal de ces effets irisés , agit aussi sur les surfaces du petit glacier; les matériaux enchâssés à peu de profondeur deviennent libres et, avec une vitesse prodigieuse et un sifflement qui tinte mal aux oreilles, ces projectiles arrivent sur le bord dy lac comme des éclats d'obus et produisent le même effet sur l'économie animale J
Ce lac d'une profondeur de 65™, au fond duquel se trouvent certainement des quantités de roches qui y sont tombées depuis bien des années et dans lequel il en tombe constamment, finira par être totalement comblé plus en aval , et une forte chute de moraine latérale des petite glaciers qu'il sillonne pouvant le combler d'un seul coup, est peut-être l'auteur des grands cônes de matériaux que nous voyons sur rive gauche en aval : par l'ablation de la surface du glacier, ces matériaux se trouvent à la surface et forment un cône. Ce qui me confirme dans cette hypothèse, c'est un trou de sondage que j'avais fait au milieu du glacier découvert, ligne transversale du Pavillon au Grûnberg. Dans ce trou de 20" de profondeur et do 20 centimètres de diamètre, j'avais placé des bois de mètre en mètre, depuis la surface, pour me rendre compte de l'ablation. On introduisait un bois marqué par des chiffres qui indiquait la profondeiu*, on remplissait l'espace d'un mètre de pierres et roches , et ainsi de suite jusqu'à la surface. Les années suivantes, par l'ablation , les bois arrivaient successivement à la
DA. * En rentrant de cette excursion du l^c au Pavillon , après le souper, j'avais réuni les guides pour boire fraternellement quelques verres de vin en réjouissance de la déeoaverie du lac. — Je demande au guide en chef : Quelles sont les précautions h prendre pour éviter d'être atteint par les pierres qui se détachent de la surface des petits glacien? ~ Voici la réponse : 11 ne faut pas les aborder pendant les fortes chaleurs et, si 00 entend un bruit de chutes de matériaux , il faut faire comme les chamois : il ne faut pas se sauver, mais ouvrir de grands yeux , voir de quel cAté se dirigent les matériaax et les éviter seulement au moment où on les voit venir vers soi dans une direction qui pourrait vous atteindre; alors on fait un saut de cAté et tout est évité.
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surface, ainsi que les pierres, et remplacement se reconnaissait pai* un grand cône de pierres qui s'était formé au-dessus, et ce cône , on le voit encore en 1 862 , mais moins correct de forme.
Ce qui confirme encore ce fait , ce sont des crevasses qui se trouvent sur la moraine éparpillée à 1 kilomètre approximativement en amont de la pente terminale du glacier inférieur de TAar. Ces crevâmes, de forme ronde dans la partie supérieure à paroi abrupte , se remplissent de matériaux qui y tombent, et plus en aval nous voyons des cônes de roches sur la moraine éparpillée.
Trous d'orgue. DA. 27. TrtNUi d'oF^ve (S).
Trous cylindriques d'un petit diamètre et de peu de profondeur, vides ou remplis d'eau.
Les très-petits fragments de roche, le sable, la terre , surtout lorsqu'ils sont de nuances foncées , reposant éparpillées sur la surface du glacier, s'échauffent par les rayons solaires i, et au lieu de proléger la glace de l'ablation (comme ils le feraient s'ils étaient réunis en couche assez épaisse) , ils s'enfoncent dans la glace et donnent lieu à des trous qui ont quelques centimètres de profondeur. Ils sont ordinairement cylindriques, d'nn diamètre de 1 à 3 centimètres. M. Agm«a> leur a donné le nom de Tr(ms d'orgue.
Lorsque ces trous sont très-rapprochés et que les parois qui les séparent se disloquent , ils prennent plus d'extension et peuvent devenir des trous méridiens. Grènéralement les matériaux de couleur foncée, de petite dimension et éparpillés , donnent lieu à des trous d^orgue. Ces mêmes matériaux compactes et d'une certaine épaisseur formeront des cônes que nous désignerons sous le nom de Cânss graveiei^x.
Moulins des giariers. DA. 28. MonliM des iflaelew (T).
Ruisseaux qui , dans leurs parcours à la surlace du gladér, rencontrent des crevasses et s'y engouffrent.
L'eau frappe contre les parois de la crevasse , ronge la glace et se fraie un passage. Cette érosion est favorisée par les sables et les matériaux charriés par les ruisseaux.
Le bruit qui résulte de ces chutes et chocs d'eau dans l'intérieur du glacier rappeUe celui que fait une roue hydraulique d'un moulin.
Ces mouUns sont intimement Ués aux crevasses et se voient fréquemment sur rive gauche de la grande moraine médiane du glacier inférieur de l'Aar. — Ils ne sont pas permanents; les eaux qui les
DA. ' Vovcz Trous mrridims.
alimentent fort souvent 8'engou£&ent dans des crevasses plus en amont et laissent l'ancien lit à sec. Il peut arriver aussi que Tissue de Teau dans la partie inférieure de ces excavations dans la glace se ferme par une cause quelconque : soit par des matériaux entraînés ou par 9uite de contraction des parois ; et le moulin restera complètement ou en partie rempli d'eau.
Eu hiver l'eau des moulins submeiigès se gèle généralement.
Les dimensions et la forme des moulins varient à l'infini et dépendent de la quantité d'eau qui les alimente. De simples filets d'eau, eux aussi, essaient leur force et veulent prendre raug de moulins : si d'autres camarades se joignent à eux, leurs dimensions grandiront; ils avaient manifesté leur présence par une petite voix faible et plaintive : maintenant ils parient haut ^ et réclament le titre de moulins ; ils ne sont plus aspirants. Par le bruit haut et sonore qu'ils répandent, ib disent : L'union fait la force I — Un accident sument, et ils sont réduits au néant ; d'autres surgissent , grandissent et les remplacent.
Rien de plus pittoresque que ces moulins; nous les voyons toujours avec un nouveau plaisir chaque année.^
DA. 29. WmÈ%B 4M ipladen (U). Puits des glaciers.
Tnms circulaires ou elUptiques d'une grande profondeur et à parois verticales , auxquels viennent aboutir des ruisseaux.
Dans toutes nos excursions sur les glaciers de l'Aar, de 1844 à 1862, nous avons cherché en vain un puits qui traverse verticalement toute l'épaisseur du glacier de surface à sol. Cette verticalité est dans certains puits très-grande; mais, sans pouvoir le vérifier positivement, M. AgmmÊÊ* pense que l'on peut admettre que ces puits correspondent à des couloirs intérieurs qui se trouvent dans les parties inférieures du glacier.
A une certaine altitude en amont de l'Abschwimg , tant sur le Finster-Aar que sur le Lauter-Aar, on ne voit plus de puits , et les moulins y sont rares, mais par contre les caveaux n'y manquent pas, snitont sur le Lauter-Aar, rive gauche.
Si une crevasse médiane vient à se former sur le chemin d'un ruisseau, celui-ci s'engouffre directement; en même temps l'eau qui frappe les parois verticales de la crevasse ronge la glace , et il en révolte un puits en rapport avec le volume d'eau. Une fois formé, ce
DA. * Sous ce rapport ils ont de Tanalogic avec un grand nombre de panenus. DA ' Aux yen des peintres ce sont des crevasses qu'il faut se garder d'approcher
■• Asassls*
puits persiste, alors môme que la crevasse primitive se ferme, et il continue à servir de réceptacle au ruisseau aussi longtemps qu'il uc survient pas de nouvelles crevasses en amont. — Il peut arriver: lorsque le ruisseau est très-volumineux , que la crevasse qui se forme sur son passage ne soit pas assez large pour recevoir d'abord tonte la masse d'eau qu'il débite ; dans ce cas, le surplus passe outre et continue à couler dans l'ancien lit jusqu'à ce que l'eau ait eu le temps do se creuser un trou en rapport avec son volume. Citations de M* Ai^mMlz dit (dans SOU ouvrage : Nouvelles études sur les glaciers, 1847) : «Le lendemain du jour où s'étaient formées, prèsdePhôlel des « Neuchâtelois , les crevasses médianes , je fus étonné en passant de- « vaut le plus grand de ces ruisseaux, de voir que l'eau y était bien «moins abondante que la veille. Je remontai le ruisseau pour eu re- « chercher la cause , et je vis qu'une partie de l'eau se perdait dans aune crevasse fraîchement formée. Quelques jours plus tard, le ruis- « seau s'était creusé un trou suffisant dans cette dernière crevasse et «le lit en aval était complètement à sec. — Il résulte de là que l'ori- «gine et le point de départ de tous les puits est dans les crevasses. (tOn ne trouverait aucune trace de crevasses sur un glacier, qu'on « serait néanmoins en di*oit d'eu conclure qu'il en a existé partout oii «il y a un puits. La profondeiu* des trous de cascades ou puits est en «général très-considérable. Il y avait en 1842, près de l'hôtel des «Neuchâtelois, un puits dans lequel la sonde est descendue jusqu'à «260"^, et j'en ai sondé (M. A^mMiz) plusieurs qui ixidiquent lOO"" et « plus. Tous étaient parfaitement verticaux jusqu'à leur débouché dans « les canaux avec lesquels ils communiquent. La présence de ces ca- «naux intérieurs n'est pas une supposition gratuite. On peut les voir «au fond des puits toutes les fois que ceux-ci sont \'ide8. On les aper- « çoit même quelquefois de la surface lorsque la partie verticale n'est «pas très-profonde.
«M'étant fait dévaler (M. it^aMls) en 1842 dans un de ces trous, «situé sur la branche du Lauter-Aar, non loin de l'hôtel des Neuchâ- «telois, pour y reconnaître la disposition des couches, je rencontrai à «la profondeur de 16" un canal d'apparence tortueuse dontl'ouver- «ture n'avait pas plus de 30 centimètres de diamètre. Il pénétrait «obUquement dans l'intérieur du glacier et sa forme, ainsi que sadi- «rection, contrastaient d'une étrange façon avec les parois régulières « et verticales du puits. »
Les puits ne se rc^ncMjntient pas indifféremment sur tout^îs les parties
PUITS DGS r.LACIERS. 4G5
du glacier. Aux glaciers de l'Aar, où ils sonl nombreux, leur myon ne s'étend guère au-delà du Pavillon. Ils sont surtout abondants aux enTirons de ra[nplacement de Tex- hôtel des Neucbâtelois , sur le Lauler-Aar, aussi bien que siu* le Finster-Aar. — Il ne faut les chercher que dans les endroits unis et peu accidentés , parce que c'est là uniquement que les ruisseaux peuvent acquérir un certain volume.
Les puits sont un phénomène moins éphémère que les crevasses et les autres cavités du glacier. D'ordinaire ils persistent pendant plusieurs étés consécutLGs; c'est ainsi que le grand puits du glacier de TAar, dans lequel M. jigmMlB est descendu en 1844, existe en 1848 à côté de la moraine, sur TafOuent de la Strahleck.
Les puits ne restent pas à la même place. — M. AgaMi» dit : < Les poits ne restem
« En 1 842 , lorsque je fis faire la carte du- glacier de TAar, je voulus i»»*^ lamêmc piar*. «m'assurer si les puits , dont j'avais remarqué un grand nombre aux «environs de l'hôtel des Neucbâtelois, persistent, ou s'ils se refor- « mai^t chaque année. En conséquence , j 'en signalai deux à M. mvn^, «ingénieur, en le priant de les comprendre dans le réseau trigono- « métrique. L'un de ces puits était situé sur le Finster-Aar, à peu près «à la hauteur n® V^ ; l'autre se trouvait sur le bord gauche de la «moraine médiane, à 200"' en aval de l'hôtel des Neucbâtelois, près «d'un escarpement du glacier'. Lorsqu'en 1843 le môme ingénieur « se rendit au glacier de l' Aar pour mesurer le mouvement annuel , «il retrouva non-seulement les puits , mais il constata qu'ils avaient «cheminé dans la même proportion que les blocs de la moraine mé- «diane relativement aux points fixes du rivage. En 1846 ces mêmes •puits existent toujours; mais ils sont, après quatre ans, à une dis- « tance de près de 300" en aval de leur emplacement en 1842.
«En conclurons-nous que les puits se conservent indéfiniment? • Nullement. Ici il importe de bien distinguer entre les stations où «ces accidents se rencontrent. Au glacier de l'Aar, ceux que je viens «de nommer spécialement sont tous situés dans la région moyenne du «glacier. C'est la région où le mouvement est à son maximum^ et où «le ralentissement ne commence qu'à partir du n** V. Or, si c'est le «propre de tout mouvement ralenti de resserrer la masse, et par « conséquent de fermer les ouvertures , on ne saurait en dire aufeint
DA. • Nouvelles études et expériences sur les glaciers actuels, p. 347. DA. • II est indiqué par la lettre F sur la carte de P. II . Atlas acmbU. DA. « 11 est indiqué par la lettre E sur la carte de P. M, Alas acmmIb. DA. ' Et où le glacier a la plus grande épaisseur.
460 ChEVASSES.
«des régions où le mouvement est accéléré (comparativement), et les a cavités de ces régions auront par conséquent bien moins de chance «(de se refermer. Les crevasses pourront môme disparaître que les «puits n'en continueront pas moins d'exister, grâce à leur plus grande «largeur. Mais je doute fort que ces mêmes puits persistassent si on «les transportait dans une région où le mouvement est ralenti. Ils « s'y fermeraient infailliblement : c'est pourquoi on n'en rencontre « pas en aval de la ligne transversale du Pavillon au Grunberg.»
Les puits ne restent pas à la même {dace ; ils suivent le mouvement du glacier, absolument comme un bioc de la surface ou comme une perche fixée dans le glacier : des observations nombreuses nous le disent, et personne ne s'en étonnera ; c'est tout ce qu'il y a de plus naturel. En règle générale, dans les parages où nous voyons c«s puits, nous les retrouvons chaque année, mais tous ne sont pas ouverts, et par conséquent l'eau ne peut ^as s'y engouffrer. Il y en a qui fonctionnent comme puits pendant plusieurs années , mais le plus grand nombre se ferme en hiver; l'eau qui s'y jette en petite quantité en arrière-saison se gèle aux parois, obstrue le passage, le puits se remplit d'eau et toute la masse se gèle : et la meilleure preuve que c'est ainsi que les choses se passent, c'est qu'à l'ancien emplacement de l'ex- hôtel des Neuchâtelois , où les puits ont été les plus nombreux en 1842 , ils le sont encore en 1862; et en parcourant la ligne en aval sur rive droite de la moraine , depuis l'ancien emplacement du Rloc AiTWMiB (ex-hôtel des Neuchâtelois) jusqu'au njtéme bloc, dont une partie existe et continue toujours de cheminer en aval , et qui se trouve en 1862 approximativement de 1 ^/^ kilomètres plus^en aval , nous voyons des puits fermés distancés les uns des autres approximativement de la longueur de la marche du glader annuel. — En règle générale , un puits est en activité une année, sauf exception , et on nouveau puits s'ouvre à peu près à la même place de celui qui Ta précédé.
Cavités iniérieorps DA. 30. C«vité« lMtérle«res 4ea §flmti»TU (V).
(les glaciers. Gaveaux — déchirures — crevasses dans l'intérieur du glacier, qui
font quelquefois suite aux puits. — On les aperçoit môme qu^quefois de la surface, lorsque les puits ne sont pas trop profonds.
M. A^mMlB dit : «M'étant fait dévaler en 1842 dans un puits
«je rencontrai à la profondeur de 16" un canal d'apparence tortueuse tt dont l'ouverture n'avait pas plus de 30 centimètres de diamètre.. J »
DA. ' Voyez la nii>mo ritation . paragraphe PtUts,