‹ Matériaux pour l'étude des glaciers (volume 4)Chapitre 82 sur 156 · VOÛTE DES GLACIERS · texte numérisé non relu

VOÛTE DES GLACIERS

Un jour du mois (l\août 1841 les ouvriers de M» Agmmîm. étaient occupés à forer un trou dans le glacier, lorsque le peiroir s'échappa sulntemenl de leurs mains : ils étaient alors à la profondeur de 30*". En même temps on vit arriver h la surface une grande quantité de bulles d'air. L'eau cependant ne s'écoula pas du trou, d'où il faut ooDclure que la cavité rencontrée par le perçoir était une cavité fermée.

On peut admettre en principe que dans les puits il existe des cavités » car ce n'est qu'à cette condition que les crevasses peuvent recevoir et écouler les eaux des ruisseaux.

Lorsqu'un puits, un moulin, une crevasse ou une fissure quelconque n'absorl)e pas l'eau du ruisseau qui le traverse et que celle-ci passe outre, c'est une preuve qu'il n'est en communication avec aucun de ces canaux, ou bien que ceux-ci sont fermés. On ne peut pas admettre raisonnablement que ce soient les ruisseaux qui creusent ces canaux , car dans ce cas , au lieu d'être obliques, ils seraient verticaux , c'est-à-dire dans le plan de la chute. Mais si les ruisseaux ne les creusent pas, il est probable qu'ils les entretiennent et les élargissent. Ce qui le ferait croire , c'est qu'il est rare qu'un ruisseau rencontrant un puits ou une crevasse , pisse outre. En revanche , les exemples de puits remplis d'eau et ne recevant pas de ruisseaux sont très-fréquents, surtout au commencement de l'été, ce qui tendrait à faire croire que leurs canaux intérieurs se sont trouvés fermés au printemps avant la fonte des neiges ; en tous cas il faut que les canaux intérieurs soient antérieurs aux puits et aux crevasses avec lesquels ils oonununiquent, autrement les puits eux-mêmes ne pourraient pas se former. Il existe d'autres indices non moins significatifs de la présence de cavités intérieures.

■• A^mMis dit : «J'ai vu sur la tranche terminale de plusieui^ cavii<>snbsorv(H>s^ «glaciers, en particulier au glacier de l'Aar, des crevasses assez '»!»«"»« l'^minaie du «spacieuses qui avaient tout-a-fait l'air de crevasses verticales, p^,^ < quoiqu'elles ne se prolongeassent pas jusqu'à la surface. Il est difii- « die de dire quelle est l'origine de ces crevasses et quel rôle elles «jouent dans l'économie des glaciers. Cependant, comme les causes - qui déterminent les crevasses en général ne sont rien moins que «limitées i la surface, il n'y aurait rien d'étonnant qu'il s'en fonnât

• aussi dans l'intérieur. — Il résulte de ces observations que Topinion de certains auteurs anciens, qui soupçonnaient des ravilés,

• n'est pas aussi fantastique qu'on l'a prétendu. »

VuâUî des glaciers. DA. 31 . Wmàtm «es ^Uelers (W).

Voûlo à la pente lomiiiiale des glaciers par laquelle sort le torrent.

Les torrents qui s'échappent au pied des glaciers se creusent quelquefois une issue en forme de grotte cintrée. La voûte de cette ouverture est généralement surmontée et encadrée par des arceaux de glace qui sont concentriques et séparés les uns des autres par une fissure. Ces arceaux ne peuvent être envisagés conmie le résultat d'une vérî table stratification. Ils sont dus uniquement à un affaissement et à une séparation de la glace, qui ne se trouvant plus suffisamment appuyée , se détache peu à peu par son propre poids autour de Touverture et finit par se précipiter dans le torrent.

Dans les gi^ands glaciers à faible pente et qui peuvent s'élargir à la partie extrême , le torrent sort généralement par une voûte. Exemples : voûte du glacier inférieur de l'Aar — du glacier de TOber-Aar, du Rhône — des glaciers du Grindelwald, etc.

Dans les glaciers à faible pente , dont l'encaissement se réti-écit fortement à l'extrémité (pente terminale) , l'eau sort par des excavations à la base sans former de voûte , telle que la Massa , qui sort du glacier d'Aletsch.

Aux petits glaciers à fortes pentes il ne se forme pas de voûte à la sortie de l'eau. Exemples : glaciers de la Trifl — du Zinkenstock et autres, dans le bassin des glaciers de l'Aar.

Les voûtes ne se trouvent pas toutes les années à la même place de la pente terminale ; môme dans le courant de Tannée l'emplacement peut varier. ^ Au glacier inférieur de l'Aar nous avons vu de 184 S à 1862 le torrent sortir par une voûte rapprochée tantôt de rive gauche, puis l'année suivante non éloignée de live droite, et souvent au milieu de la vallée. En septembre 1862 l'Aar sort par une voûte superbe très-près de rive gauche.

Mon guide en chef Hans Jaun, qui a passé l'hiver de 1845-1846 ;\ l'hospice du Grimsel, chaîné des observations météorologiques et glaciaires, a vu au printemps fin avril le torrent, ou {dutôt Teau de fonte de la neige qui couvrait le glacier, couler sur le talus terminal du glacier sur une grande largeur, non en nappe régulière, mais en filets d'eau plus ou moins volumineux ; il dit que c'était superbe à voir. Quelques jours plus tard il sortait à la base du glacier de l'eau sur toute la largeur, et plus tard encore le torrent sortait compacte à la base , à peu de distance de rive gauche. Au glacier inférieur d\i Grindelwald on voit par les anciens lits des

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lûncnl» qâ » GraniciU a sec en aral de la pente leiminale que sou- ¥cflC b ¥odte- dn giaeicr a diai^ de place. — 11 eu est de màue au dader svférimr AiGrindetwald. En ISfê Tean sort de ces deux ^de» mam hôa de mie ganthe.

En aais IMS /ai fini des obscvrafiions pendant plosienis jours aux dn GnndelwaU. Le temps était beau, la toupérature t Mfr-âeiœ peur la saison. An village de GriudelwaU cl dans b poitie basse de la Tallée il nV avait que quelques raifslKhffs déneige: le sol était généfalement découvert « ce qui est exfipênenaeal laie dans cette saison qui. pour cette contrée dans les .\Ipes [lÛBer ah.;, est encore rhiver.

Dons les années ordinaires^ nous disent les cens du pays, en mars Se sal est comat dnn mètre de neige tassée, et cet hiver nous n avans pas pn charrier le bois de cbaufiEige sur les traîneaux; il est rijoiièpca de neige, et quand elle conviait le sol. la chaleur et lesoleSb flaodaieni pnnnplement.

iriii II! II! fr attitude moyenne lOOù^ approximativemeDt. dn gbder il s'écoule un très-Caûble filet d^eau. qui fort que cenx qui siHrtent à la base du glacier en assez sur tonte retendue de b pente. Outre ces filets d'eau ' sont souvent que des suintements d'eau, il y en a - b pente terminale partiellement et de faiUe dimeuàon. — Ces canx sont le résultat de b fonte des neiges qui couvrent \t ^SÊÔeat et ne viennent pas de ben loto. La vo6lr dn gbcîer. dans son intérieur, est complètement bouchée, à b partie extérieure, cm reconnaît encore soii à un œrtain cintre qui est en retrait dans la masse. — •^let&e fcimeture ne provient pas du lapprocbemeut des parois latcrifa». Dî de Talbissement du toit de b voûte: elle n a ni Taspect, ni AstfwUMie, ni b couleur de glace de glacier, et mon guide Blatter ma de svnle ofaeervé que celait de la glace d'eau (Eis) o\ nullement le h gtoe de glacier (Gkischer) > . Elle a une couleur verdAtro et sale ;

kL * %m aniARi, et fftnènleBieiit les monUiUEuinb, font une grande difTciviuo •^IR mufB «tf mt%t . qa"\h appeUenl Scknet «*l Fêrm . ti tnlt^ gtaeo de glacier et glace /-M, K*rtmM^ H fis. Par GIrtsehrr tout nwirt, iik4 îmiIo, Us désirent de la glace 4i* iSatHgx, 'tt d» iHii rqril pour la connaiUY. et t'ts e>t pour eux de la glace d*eau

470 CiŒVA8i>£S.

011 voit que cette glace est de la glace d'eau chargée de boue et de sable , qu'elle est formée de couches superposées les unes aux autres par suite de Teau qui provient de la surface du glacier et qui, en coulant sur la pente disloquée de la voûte intérieure , s'est congelée.

Sur la surface du glacier, au-dessus de la voûte et sur les côtés et ailleurs, nous avons trouvé la neige (qui a quelques décimètres de hautcm*), ramollie et aqueuse, en de certains endroits soUde et compacte ; dans d'autres localités c'était de la véritable glace d'eau gelée et adhérente au glacier; elle était même très-glissante. C'était de l'eau de fonte de neige qui s'était gelée à la surface comme celle qui a fermé la voûte.

En aval du glacier, la neige qui couvrait le sol était partiellement imbibée d'eau, et lorsqu'on l'enlevait, on trouvait de la glace d'eau d'une certaine épaisseur.

Par de certaines ouvertures (que je désigne sous le nom de Cavernes sous-glaciaires) , on pouvait pénétrer sous le glacier i et se convaincre que le glacier n'était alors pas adhérent au sol. Ces cavernes sousglaciaires communiquent ordinairement avec des crevasses ouvertes jusqu'au jour, et la température intérieure était celle de l'air extérieur à l'ombre.

«laclrr Mipérievr <1« «rlndelwaM.

Les observations faites sur ce glacier sont en tout point conformes à celles du glacier inférieur ; la voûte est fermée, etc., etc.

M. Suchj, ingènieur.du bureau topograpliique de Berne, a dressé en 1861 et achevé en mars 1862 pendant notre séjour au glacier, le plan topographique des moraines latérales et frontales (terminales) et des contours de Texti-émité inférieure du glacier supérieur du Grindelwald à l'échelle de V^îsoo-

Ce plan est non-seulement complet et parfaitement bien fait, mais il est d'ime exactitude hoi's Ugne.

M. uAuÊÊew, peintre à Tliun, auquel j'avais donné rendez-vous, a fait deux illustrations très-exactes du glacier supérieur du Grindelwald pendant notre séjour, qui complètent le plan topograpliique. Ces plans et illustrations sont des documents précieux pour suivre \)av la suite la marche et les diverses phases ou perturbations de ce glacier, lis font partie de l'Atlas Aq nos Matériaux pour l'étude des glaciers.

I)A Vdvrz paianiJipho (averties snns-glaaaires

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