‹ Matériaux pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 13 sur 14 · LL-wj! ^^ àw.-3 J^ ^bL,^l ,>b!Lj j^iu^l is-^j jjw* J-v^j · texte numérisé non relu

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tjjï LJLj J,t ^\.h^\ ^ ^ IjjLij ccLibrum sindum Indum Abu-Giafar- Mobamad-ben-Musa-Kbuarezmita in epitomen ad Almaimonis usum contraxit et ad ejus instar tabulas suas mabometanis celebratissimas condidit ; in quibus tamen Indorum

( 433 ) tabulas, quoad motum médium, ut minus accula tas lepreliendit (i). Undè ab illorum systemate, in iis maxime quae ad sequationem et deolinationem altinent discedens, aequationem secundum Persarum svstema, declinationem veio solis ad Ptolemaei mentem instituit, additis eliam de suo inventis non sanè contemnendis. Egregium hocce opus Indis astronomis eatempeslate arrisit ac toloterrarum orbe ad hune diem longe latèque percrebuit. » Déjà en 820 de notre ère, les astronomes arabes ne conservaient plus du siiid-'hmd que les moyens mouvements des planètes , rejetant les équations qui y étaient rapportées, et la partie relative à la déclinaison du soleil; voyons si le passage sur l'Indien Katka nous fournira quelques nouveaux documents :

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(i) Ou plutôt, si le texte est exact, « fideni tril)ncns iis quse « in Sindhindo de molu medio tradita sunt, » comme le fait remarquer M. Oildcmeister contre Casiri et Colebrookc. (Scriptorum arabuin de rcbus indicis luci, p. 102.)

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« Katka natione Indus, longe velustissimus , Indorum omnium astrologorum facile princeps est habitus; cujus nuUa vel setatis vel rerum notitia, cùm propter locorum distantiam, tùm propter obvia utriusque regni impedimenta ad nos pervenit. Hinc faclum ut Indorum scripta vix aliqua acceperimus. Enim vero tria illorum et quidem notissima, systemata astrologica recensenlur, videWceX situliim hinduni, argebahrum B\c[ue arkandam ex quibus unum duntaxat sindum hindum ad

nos olim perlatum est, quocl plerique iiiahoiiielaiii doctores secuti, tabulas astronomicas condiderunt , nempè Mohamad-}3en-Abrahim-4pliazaraeus ; Habs-ben-Abdallali-Bagdadensis, Mohamadben-Musa-Kbuarezmila , Hosain-ben-Mobamad , dictus Ben-Aladami aliiqiie. Porro sindiim bindum soiidil pe?'petuum œiernumqae; ità quidem refert in suis labulis Alhosainus-ben-Aladami. Quod autem ad eoium scriptorum opéra spécial in nianus nostras incidit Hber musicus, indicà linguâ Baipbor dictus; id est sapientise fructus, musical et barmonicae artis elemenla complectens; Hber etbicorum RaUla et Dimna inscriptus; bber artis logisticae à Mobamado-ben-Musa-al-Rhuarezniita exornatus, qui caeteros omnes brevilate me* tbodi ac facilitate pra3Stat,Indorumque in prœclarissimis invenlis ingenium et acumen ostendit.Ex Katkae igitur operibus nobis liaclenus noti sunt : liber deœtatum tempore, titulo Alnainuzar; liber de astrologiœ genetliliacre secretis; liber conjunctionum major; liber conjunctionuni minor. >;

Il résulte de ce qui précède, que les Arabes n'ont rien pu tirer de bien intéressant et surtout d'original des livres de l'indien Katka\ ils ne savaient même pas à quelle époque il avait reçu le jour, m ce (|u'il avait fait réellement; de plus, ils trouvent dans rinde trois systèmes astrologiques, le Sind-

( 436 ) Hincl, dArgehahr et VJrkand; le premier seul est parvenu jusqu'à Bagdad (i). M. Gildemeisler, qui s'est donné la peine (1. c, p. loi et io3) de faire une nouvelle traduction latine des passages cidessus mentionnés, substitue aux tria systemata astrologica : très methodos as tvono micas ^ trois méthodes astronomiques. Mais rien ne montre qu'il puisse être ici question d'astronomie proprement dite; les expressions ^7/y^rt//^6>^^'(f;///;^ ^fs^\ ^ sont généralement employées pour désigner la science astrologique ; quant à l'astronomie, c'est d'ordinaire heiet L» ilm heiet vju^ Jû et surtout rœsœd j^o, astronomia calculatoria.Cesi aller un peu loin que

(i) Remarquez aussi cette tendance à remplacer toujours les faits par des généralités. Ici , nous lisons : Indorum in prœclarlssimis inventis ingcnium et acumen ostendlt. Ailleurs, Rosen (ihe algebra of Mohammed ben Musa, p. x), après avoir dit qu'il est très-probablequeles Arabes ont reçu l'algèbre et le système de numération décimale des Hindous, ajoute : Who furnishcd them ivith varions important points of mathetnatical and astronomical information. Mais quelles sont ces découvertes remarquables, ces connaissances diverses et si importantes dans les sciences mathématiques transmises par les Indiens? C'est ce que personne ne nous apprend d'une manière nette et positive, et l'on peut croire que les inventions qu'on met sur le compte des Indiens ne sont que dos idées grecques. Voy. Colebrooke, Miscellancous essajSy 1837, t. II, j). 412, 4i/i, 4^i9)et ce qu'il dit, p. 427 et suiv., sur les mots Arjahahar eX.Jrcand; p. 467 et suiv., sur J ry a bàat ta ; p. 5o4 , 5o8 et 509, sur Phigar et Katka. — M. Chasles , Jpcrçu historique, etc., p. 4^2 , lit Kat/ia au lieu de Katka,

de faire deKafla, sur de semblables données, uf? savatilaslronoinc; le titre seiilde ses ouvrages prouve qu'il s'occupait spécialement à'astrologie, et par conséquent, s'il fut le plus ancien des astronomes i/idicns, il était déjà bien postérieur à Hipparque, puisque l'astrologie ne pénétra dans l'Inde que vers les premiers siècles de l'ère cbrétienne. (M. Letronne,!. c, p. 27.)

D'un autre côté, ce nom de Katka soulève bien des doutes; d'Herbelot (Bibliotb. orientale, 1697, p. iL\è et 9^7), lit Kengheh^ Kejiker, Kankar, Kanghah et Cancah ou KankaJi; dans le manuscrit que possède la Bibliotbèque royale, on trouve Kankak iSci très-nettement écrit ; Colebrooke a vainement cherché cette dénomination dans les livres sanscrits, et M. Gildemeister (Le, p. 108 et suiv.) combat avec beaucoup de raison les conjectures du savant anglais. Nous avons exposé ailleurs ( Mémoire sur les systèmes géographiques des Grecs et des Arabes, p. 12 et 1 3) les divers sens qui ont été appliqués au moyen âge au nom de Kanka, que les Indiens eux-mêmes {^W Usons Dict.) disent être wn faux brahmane. Mais qu'il ait existé ou non un auteur indien appelé Katka ou K(mka , ce qui est bien certain, c'est que les livres qui lui ont été attribués n'ont aucun intérêt pour l'histoire de l'astronomie, et ne sont pas de nature, d'après ce que nous en sa-

( 438 ) vons, à relever le crédit scientifique des Indiens. En serait-il de même de leurs trois systèmes, le Sind-Hind, V Argebahr et VJrkand? Les Indianistes ont vainement clierclië, jusqu'à présent, à nous expliquer le véritable sens de ces dénominations : pour les uns, Argebahr, y.^s\ ou ^rge/iir, j^A..\ (M. Gildemeister, 1. c. , pag. io6 et 107) n'est autre chose qxx'Ârjabhatta (i) ; pour les autres, \ Arkand est \ Arkasiddhanta. Mais comme les Arabes se sont bornés à emprunter le Sind-Hind à l'astronomie indienne , c'est de ce livre ou de cette méthode seule que nous devons nous occuper. Si nous en croyons, d'ailleurs, Masoudi, le Sind-Hind aurait une grande valeur, puisque non-seulement V Argebahr e\ YArkand, mais encore VA Images te, en seraient dérivés (manuscrit de M. Quatremère, fol. 4^? verso) — (j^*-9>.jl ) ^«^^-ûj^lt s^L:iX^ v.^^.^:^-^)!] o-i^5 à^.^j

( (^.^rrr-^K-» ) L^-?-v-r^-f ( v'^-^) ^^***^' ^ J a ex libro Sind-Hind, varii derivati sunt libri, sicut liber Argebahr et Almagistus ; dein fluxit ex Argebahr liber Arkand, et ex Almagislo liber Ptolemaei.» (Voy. M. Gildemeister,!. c, p. 106, i32,et p. 3 des textes arabes). Quant au véritable sens des mots Sind-Hind, c'est pour Masoudij^î&j.)tj.a^ sœcu- (i) Voy. la note de la page 436 in fine.

(439) lum sœcuhruni ; pour Bolilen (Altes Indien, II, 27/i)? Gjrus circumagens ; pour M. Fluegel , fatum domi^ nans ; pour Colebrooke, the revoUdng âges ; pour Casiii(t. ï, p. 4^7)? ceternumperpetuumque; et enfin, pour M. Gildemeister (1. c.,p. io3), perpetuitns aljso/uta.FsLU t-il rapporter ce traité^ avec Colebrooke {Miscel/aneous essajSjW^ 42 8),aLi Rrahmasiddhanta ? C'est ce qui n'est pas complètement démontré.

Toutefois, un fait ressort des témoignages arabes que nous avons exposés plus liaut : c'est qu'au milieu de tous ces travaux, qui semblent attester cliez les Indiens une certaine activité intellectuelle, on arrive, en dernier résultat, au Sind-Hind, seul emprunt que l'école de Bagdad ait fait à l'astronomie indienne. Il s'agit de rechercher maintenant si les Tables qu'il contenait étaient originales, ou bien encore si quelque indication inaperçue ne décèlerait pas une source grecque.

Traduites pour la première fois sous le khalifat d'Almansor, elles sont employées jusqu'au temps d'Almamoun, c'est-à-dire pendant cinquante ans. A cette époque, Mohammed-ben-Musa en fait un abrégé, en les modifiant profondément; mais l'Almageste de Ptolémée commence à se répandre dans les écoles, et déjà il n'est plus question du Sind- H'uuL Les astronomes aral)es, les véritables observateurs, paraissent n'en tenir aucun compte, et

n'en font point mention dans leurs traités scientifiques, prenant toujours pour point de comparaison les écrits d'Hipparque et de Ptolémée; c'est qu'évidemment les Tables indiennes opposées aux Tables grecques devenaient complètement inutiles par leur infériorité même; et l'on peut en conclure liardiment que l'astronomie indienne n'a fourni aux Arabes aucun document de quelque valeur ; car assurément les savants de Bagdad n'auraieut pas manqué de dire ; « Voilà ce que nous avons trou vé dans les Traités des mathématiciens d'Alexandrie; Yoici ce que les Indiens y ont ajouté. » Bien loin de là : ils laissent les Indiens tout à fait de coté; et si le Sind-Hind est quelquefois cité dans leurs écrits (i), c'est toujours pour des questions d'un ordre secondaire, ou dans des calendriers qui rappellent nos almanachs des campagnes.

Mais ces Tables indiennes seraient- elles seulement un extr^t fort imparfait des Traités grecs qui avaient sans doute pénétré dans l'Inde à la suite de l'astrologie? Colebrooke [Miscellaneous essajSj II , 449 î et notre Introduction aux Tables

(i) M. Gildemeister, /oc. cit., p. 106. — Posteà quanquam jam Ptolemaei liber qiicm Arabes cleindè prœferehanty esset translatus , pkires astionomi Tabulas atl Sindhindi rationem adornarunt, ut tertio Hig. saeculo Alhasan-ben-Miçbali -.L^^, Fadlil-ben-Hatim vies., Nairizius ^jn^i et Yaqiib-ben-Tharif] ^<L1> Hispaniis. Casiri, toc. cit., I, 4i3, /j2i, 425.

astrononûfjues frOloiig-Beg, 1. 1, 1. c.) en reconnaît lui-même la possibilité, et il ajoute, pag. [\\i et 4i4 : « The Arabs adopted in its totality Ptolemy's ïheory of ihe motions of the planets wliicli Hindus hâve onlj in part; but tlie Arabs improved on his astronomy by careful observations , a praise to wliich the Hindus are not equally intitled. » N'est-ce pas là une condamnation sans appel de l'astronomie des Indiens ? — Le Sind-Hind pourrait bien n'être qu'un recueil de pratiques astiK)logiques , de quelques règles de calcul renfermées, à la manière des Hindous , dans des vers mnémoniques , auquel auraient été jointes des Tables du soleil et de la lune, très-incomplètes. Casiri nous apprend qu'Ahmed- ben-Abdallah-Habash, surnommé le calculateur, avait composé trois Tables : la première , d'après la méthode des Indiens ; la seconde, d'api'ès la Table vérifiée; la troisième, selon la méthode des Perses; et, si l'on en croit Abulpharadje, la première contenait des règles, et la seconde, les observations que Habash avait faites lui-même. Ces règles, qui concernaient principalement le moyen mouvement des planètes, n'offraient assurément aucun caractère d'originalité. C'est ainsi qu'il est fait mention du Sind-Hind dans un calendrier d'Harib-ben-Zeid , dédié, au dixième siècle, au khalife Mostanser. L'auteur se borne à dire que le soleil

entre tel jour du mois dans un des signes du zodiaque, selon Âlbalegni et les observateurs, et tel autre jour, selon le Sind-Hind, secundum intention em Asind'Hindi ou Sindi- Hindi. Ceci pourrait nous conduire à fixer l'origine grecque du Sind- Hind^ puisque M. Letronne a établi que le zodiaque des Indiens n'était autre que celui des Grecs ; et, d'un autre côté, l'entrée du soleil dans les douze signes, selon le Sind-Hind^ s'accorde beaucoup trop exactement avec le calendrier Julien , pour qu'on puisse assigner une autre source aux déterminations des Indiens. Jl y aurait lieu seulement de rechercher si les Arabes qui placent l'entrée du soleil dans les signes du zodiaque, cinq ou six jours avant le Sind-Hind^ n'auraient pas deviné et signalé la nécessité de la réforme grégorienne , cinq ou six siècles avant que l'Europe chrétienne y ait songé; c'est une question que nous traiterons ailleurs. Il nous suffit d'avoir démontré que l'école de Bagdad parait n'avoir rien emprunté d'important à l'astronomie indienne; et je ne doute pas que si l'on trouvait un exemplaire du Sind'Hind^ qui, jusqu'à ce jour, ne nous est point parvenu, toutes nos assertions ne fussent justifiées. Ce qui prouve, au reste, que l'on s'est toujours fait l'idée la plus fausse des travaux scienlifiques des Indiens, en général, c'est qu'aucune des dé-

couvertes qui leur sont attribuées ne semble leur appartenir véritablement, pour peu qu'on approfondisse la question. Alkofthi, par exemple, suppose qu'ils ont invenlé le système de trépidation des fixes dans le passage suivant :

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