DES INFLUENCES NUISIBLES EXTÉRIEURES
Nous comprenons par là les influences du monde extérieur qui sont capables de faire naître et se développer la prédisposition goutteuse, ou qui hâtent le développement complet d'une prédisposition héréditaire ou spontanée , et la transforment en diathèse goutteuse, et enfin les influences qui hâtent le développement complet de celte dernière et qui , par la continuation de leur action, peuvent même devenir dans beaucoup de cas la cause occasionnelle de l'accès lui-même. La connaissance de ces agents nuisibles nous a été acquise par l'expérience, autant par les résultats fâcheux qu'ils ont produits, que par les avantages qu'on a retirés de la soustraction des malades à leur influence. Leur action sur l'organisme peut se ranger en général sous deux chefs difl"érenls: tantôt ils exercent une action matérielle en altérant d'une manière qualitative et quantitative les humeurs de l'économie, d'autres fois leur action est plutôt dynamique en ce qu'ils agissent plus spécialement sur le système nerveux qu'ils irritent et afi'aiblissenl. Souvent ces eflets sont isolés, d'autres fois aussi ils sont unis et sont provoqués par un seul agent. On ne pourrait pas dire que l'une ou l'autre de ces influences nuisibles eijt une prédominance quelconque à produire plus particulièrement la goutte. Nous voyons plutôt les unes prédominer dans certains cas et les autres dans d'autres cas; dans la plupart des cas il y en a plusieurs qui agissent simultanément, comme cela arrive du reste en général pour presque toutes les maladies constitutionnelles. Ce qui nous paraît mériter ici une
menlion particulière, c'est la croyance qu'on professait dans le temps de la coniagiosiié de lagouite. Cette opinion a été acceptée pendant plusieurs siècles même par les médecins les plus célèbres , tels que Bœrliaave et Van Swieten. Elle dut son origine en partie à l'idée générale qu'on professait alors sur la contagiosité des maladies constitutionnelles, en partie à son hérédité irès-fréquenle, en partie aussi à ce qu'on voyait souvent que plusieurs membres de la même famille en étaient affectés en même temps sans qu'on pût invoquer l'influence d'un agent extérieur spécial, et enfin à sa nature spécifique et à sa fréquente incurabilité.
Wendt dit là-dessus avec beaucoup d'esprit: «L'opinion que la «goutte se propage par contagion est une théorie qu'a inventée « l'amour-propre humain et que la peur qu'on a de la mort conti- « nue à entretenir. Celui qui hérite d'une paire de bottes fourrées qui «a été portée par un podagreux pendant une partie de sa vie de «souffrance, a en définitive fait un triste héritage et fait bien de ne «pas les porter, car ces effets présenteraient des inconvénients «pour la propreté de son corps; mais celui qui porte ces boites «n'en deviendra pas goutteux pour cela, il faudrait pour cela «d'autres influences que d'enfermer ses jambes dans des bottes «qui ont logé des membres goutteux.» La contagiosité est aujourd'hui complètement abandonnée et on n'en parle plus que comme notion d'histoire. Les influences dont il faut tenir compte dans l'histoire de la goutte sont les suivants :
\° La gloutonnerie ei la gourmandise. De tout temps on a regardé comme une des principales causes de la goutte l'ingestion d'une Irop grande quantité d'aliments. En France on a longtemps défini son origine par l'aphorisme suivant: «un excédant de la recelte sur la dépense.» Le médecin suédois Acrel, d'Upsala, a publié en 1787 un traité intitulé: De mitrimento corporis superflue, ut vera arthridis causa.
En examinant d'une manière attentive l'origine des cas de goutte isolés, on trouvera rarement qu'un excès de nourriture dispose par lui-même à la goutte, mais que l'influence nuisible provient plutôt du genre d'aliments qu'on absorbe et de leur mode de préparation. En partant de là on trouvera que les gloutons sont beaucoup moins exposés à contracter la goutte que les gotu-mands , qui , en vérité, mangent moins que les premiers, mais qui choisissent leurs mets et les font préparer avec raffinement. Cette nourriture variée et préparée d'une manière artificielle et exquise provoque une surexcitation des nerfs du bas-ventre et de l'estomac, la digestion s'affaiblit et jette ainsi les premiers fondements de la dyspepsie. Ou observe souvent que ce sont précisément les sujets chez
qui l'on soupçonne une prédisposition goutteuse qui présentent en apparence une digestion irès-active, ce qui les excite à ingérer une plus grande quantité de substances alimentaires. Je suis persuadé pour ma pari, que cet appétit anormal est souvent déjà un symptôme du développement de la diathèse goutteuse, développement qui ne petit qu'être accéléré par cette nourriture surabondante. Prout a raison quand il dit qu'une mauvaise digestion est souvent un préservatif contre la goutte. Pour ce qui est de la qualité des aliments, c'est surtout la nourriture animalisée qui doit le plus prédisposer à la goutte, parce qu'elle renferme plus que toute autre une grande quantité d'éléments azotes , dont la transformation dans l'organisme donne lieu à la production d'un excès d'acide urique et d'urée.
On peut encore regarder comme particulièrement nuisible l'abus des différentes épices, qui ont bien pour effet au commencement de stimuler un estomac affaibli', et de l'exciter à recevoir une plus grande quantité d'aliments, maisqui bientôt l'irritent et concourent ainsi à la formation d'un chyme et d'un chyle de mauvaise qualité.
2* L'abus de boissons spirilueuses. D'après Garrod on pourrait se demander si jamais il se serait produit un cas de goutte, si jamais on n'avaii abusé des boissons spiritueuses. Nous ne partageons point celte opinion à un si haut degré que ce médecin. Car, que le plus grand abus de boissons spiritueuses n'est pas capable de produire la goulte, voilà ce dont les ivrognes sont une preuve évidente et journalière; car, après urt abus continuel et durant de longues années des boissons les plus pernicieuses, un ivrogne peut bien être pris d'une autre maladie, mais très-rarertient il est pris de la goutte. Je crois, moi, que l'abus de la boisson en favorise particulièrement l'apparition, mais seulemeilt là OÙ il y à en même temps abus dans la nourriture.
Celle manière de voir se fortifie de jour en jour dans notre esprit, non-seulement par suite de notre expérience journalière, mais encore par suite des notions physiologiques que nous avons acquises sur les effets des boissons alcooliques, connaissances qui se sont considérablement étendues dans ces derniers temps par suite des belles recherches de Bœcker *. Le résuUat principal qui en ressort, c'est que tous les spiritueux retardent la métamorphose par l'alcool qu'ils contiennent, et déterminent par là une diminution considérable (le tous les éléments exci émcnlitiels, tant des reins que des poumons. Si donc, dans ces conditions, il y a en même temps ingestion d'une pins grande quantité de substances alimentaires,
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il est clair qu'au bout de peu de temps l'organisme sera sursaturé de sucs nutritifs. Comme par suite de l'usage des alcooliques les poumons excrètent beaucoup moins d'acide carbonique (li5 c. c. par minute d'après Bœcker) et qu'en même temps ils ont pour effet immédiat d'augmenter eux-mêmes directement la quantité d'acide carbonique que renferme le sang , l'oxydation de ce dernier doit nécessairement être considérablement entravée. Outre l'alcool il faut encore prendre en considération dans l'abus des boissons spiritueuses, les autres éléments qu'elles renferment, telles que le sucre , l'extrait de mail , les acides etc.
Un autre effet des spiritueux, qui favorise le développement de la dialhèse goutteuse, devra être recherché dans la surexcitation qu'ils provoquent dans le système nerveux et dans l'action débilitante qu'ils exercent sur les organes digestifs. D'après Garrod une boisson spiritueuse favorise d'autant plus la prédisposition goutteuse, qu'elle attaque davantage les organes digestifs.
On est loin d'être d'accord sur le degré d'influence relative qu'il faut attribuer à chaque espèce de boisson. Je crois que cette influence est en raison directe de leur richesse en alcool. Garrod ne paraît pas partager cette manière de voir, car il croit d'après sa propre expérience que les boissons distillées, telles que le rhum , le cognac et l'eau-de-vie, ont peu ou pas d'influence du tout sur le développement de la goutte, tandis que l'influence du vin et des bières fortes serait manifeste. Il se fonde pour éiabUr cette opinion , sur le fait généralement connu qu'en Ecosse et en Irlande on boit beaucoup d'eau-de-vie et que la goutie y est très-rare , tandis qu'elle est très-fréquente en Angleterre où l'on consomme beaucoup de vin et de bière. Mais on pourra facilement expliquer cette différence quand on voudra se rappeler que l'eau-de-vie est consommée par les classes ouvrières dont l'ordinaire est eu gé. néral fort maigre, tandis que la bière et le vin ne servent qu'aux classes aisées qui vivent dans l'abondance. Il est pour moi hors de doute que les vins sont d'autant plus nuisibles qu'ils sont plus riches en alcool, et parmi eux et en première ligne je range les vins de Porto et de Cherry.
On professe en général des idées très-erronnées sur l'influence nuisible des vins du Rhin; ce sont surtout les médecins anglais qui les proscrivent à cause de leur acidité. Ce qui a donné lieu à cette fausse appréciation, c'est qu'en général les Anglais qui sont accoutumés aux vins forts supportent mal les vins du Rhin, moins chauds et plus acides que ceux qu'ils boivent d'habitude.
Mais cela n'autorise pas Gairdner à dire que la goutte est excessivement fréquente chez les habitants des provinces du Rhin, car
cela n'est pas. Mes collègues dti Rheingau m'assurent tous, que chez eux la goutte est une maladie inconnue, et pourtant les habitants de cette contrée boivent , h toute heure de la journée et de la nuit, les vins les plus mauvais et les plus acides, et qu'ils ne peuvent pas vendre au dehors.
Beaucoup de médecins ne sont pas d'avis que l'usage de la bière contribue peu à favoriser le développement de la goutte. C'est Van Swieten qni a le premier émis cette opinion, qui s'est propagée d'âge en âge, sous la foi de cette grande autorité médicale. Ce médecin a en effet observé , que tant que le peuple hollandais est resté pauvre, il buvait de la bière et se portait très-bien , mais que dès qu'il est devenu riche et puissant, il a bu du vin et a été affecté de la goutte. Mais Vau Swieten a oublié de prendre en considération les autres jouissances et excès qu'entraîne presque forcément avec soi la richesse. Je suis en état d'opposer à ses observations, d'autres observations qui sont tout le contraire des siennes. Il y a vingt ou trente ans, les classes moyennes des villes un peu importantes du Rhin, en partie à la suite de quelques bonnes vendanges successives , en partie par le bon marché de tous les objets de consommation, se trouvaient assez à leur aise pour faire du vin leur boisson ordinaire; la bière était mauvaise, et il n'y avait guère que le journalier, ou l'étudiant qui rentrait dans ses foyers, qui en consommassent; or d'après le témoignage de tous les médecins, la goutte en ce temps là était fort rare. Aujourd'hui au contraire, le vin est plus mauvais et plus cher, l'argent est rare, la bière, au contraire, est devenue beaucoup meilleure , et par suite elle est nécessairement devenue à la mode, on en boit beaucoup; mais, depuis ce temps aussi, la goutte se montre beaucoup plus fréquemment.
D'après Todd ' , aucune boisson spiritueuse, bue en grande quantité et d'une manière continue, ne prédispose autant à la goutte que la bière , et j'incline beaucoup , d'après ma propre expérience, à partager son opinion.
L'action de cette boisson s'explique du reste suffîsammenl quand on prend en considération sa composition chimique. Elle contient en effet, surtout les bières de bonne qualité, outre une assez forte proportion d'alcool , de l'extrait de malt et du sucre, qui sont des éléments nutritifs; de plus elle renferme du houblon, dont l'action excitante sur les reins finit, par un usage longtemps continué, par produire de l'hyperéraie de ces organes et de la paresse dans leur sécrétion, état qui est très-favorable pour le développement de la
'Clinical lecture on two cases of guut. London {Ued. gaz.) 1856.
goiiUe. Bœoker* a fait des recherches Irès-inléressanles sur l'action physiologique de la bière. 11 en ressort que l'aciion de la bière a beaucoup d'analogie avec celle de l'alcool, et que par son usage, la transformation élémentaire, ainsi que l'excrétion par les reins et les poumons, de la plupart des éléments excrémentitiels, se trouve diminuée. Ce qu'elle a de plus remarquable, surtout dans ses rapports avec la goutte, c'est qu'il a toujours trouvé chez les buveurs de bière un excès d'acide urique ; ceci prouve qu'il s'en forme en excès dans le sang. Bœcker a aussi examiné le sang de plus près , après l'usage de la bière , et il a observé que le gâteau ne se colore ni aussi vile, ni aussi complètement qu'à l'état normal, et de plus que le sang frais renferme une plus grande quantité de corpuscules sanguins décolorés et sans noyau, ce qui prouve que le sang absorbait moins d'oxygène. L'analyse chimique a en outre fait constater une augmentation dans la proportion des parties solides. i >■'-•• ' '• •>■■■> :"!• '•::!-**?';^ • ■ •' '• 'îi
3° Par les travaux de l'esprit et les affections morales. Ces deux causes prédisposent ù la goutte par l'action excitante ou déprimante qu'elles exercent sur le système nerveux. A la suite de celte action, tantôt ce système est disposé plus favorablement aux influences excitantes de la dialhèse goutteuse, d'autres fois ce sont les fonctions de la vie végétative qui en souffrent, surtout la digestion > la respiration et les organes sécréteurs. Aussi voyons-nous très-souvent cette maladie chez les savants illustres, chez les grands hommes d'État, qui passent leur vie dans une tension continuelle de leurs facultés intellectuelles, ou qui ont des émotions morales fréquentes. Eu furent atteints Sydenham, Kanl, Leibnitz, Harvey, Franklin, B. Milton et beaucoup d'antres. Sydenham s'en consolait en disant qu'elle affecte plus de sages que de fous, plus de rois que de mendiants.
Dans une lettre qu'il écrivit à son ami, le docteur Short, ou lit les paroles suivantes: «Je l'envoie sur la goutte une courte notice «au lieu d'un gros volume que j'avais en tête, et voici pourquoi : «quand je me suis mis à l'ouvrage, dès que j'eus pendant quelque « temps concentré toutes mes pensées sur l'objet que j'allais traiter, «je me suis attiré une attaque de goutte plus violente que toutes «celles que j'ai encore éprouvées, et chaque fois que je me remets (là vouloir traiter de la goutte, je m'attire de nouveau une at- « taque. » Les émotions dépressives, telles que la peur, le chagrin, la menace d'im malheur, agissent de la même manière. Les grands spéculateurs et les grands industriels, dont le sort dépend des
' Ârcliiv fiir. wissentcliaflliche Heilkunde, 1. 1'''", -ie caliii'r.
fvariaiions de la Bourse, ou des flols de la mer, sont Irès-sujels à icelte maladie.
4" Par line vie sédentaire. Ce genre de vie est souvent réuni à des éludes sérieuses. Cadogaii la regarde comme une des causes les plus importantes pour le développement de la goulie.
Avec ce genre dévie la digestion se trouble, la respiration et la circulation se ralentissent et ne se font qu'incomplètement, les sécrétions sont peu actives, les nerfs s'affaiblissent, la peau et les imuscles deviennent flasques, tous états qui sont très-favorables [pour hâter le développement de la goutte.
5° Par les excès vénériens. De tout temps on a admis que les excès vénériens sont une cause puissante pour engendrer la goutte. Hippocrate déjà leur attribue une grande influence et prétend que les jeunes gens qui n'ont pas atteint l'âge de puberté, ainsi que les eunuques, ne contractent point la goutte. Mais Galiendéjà nous fait voir que, dans la Rome dissolue, ces derniers n'échappent point à cette maladie. Dans ces derniers temps on a de nouveau i invoqué cette influence et on lui a souvent attribué une importance qu'elle n'a pas. D'après Bizet ce serait même la seule cause déterminante. Elle agit d'une manière débilitante sur le système nerveux et sur la digestion. Mais son action est rarement isolée, en général elle s'accompagne d'excès et de débauches en tout genre.
6» Par les influences de la température. Les changements de température doivent être mises, d'après Dessault et James Johnson, au premier rang des causes excitantes extérieures. Cela est vrai, plutôt pour le rhumatis«me que pour la goutte, mais il n'en est pas moins vrai aussi, qu'il y a souvent des cas dans lesquels, par suite de suppression plus ou moins complète de l'activité de la peau, ou à la suite d'humidité et de froid, le système nerveux périphérique s'affaiblit, ladyscrasie du sang augmente et la prédisposition goutteuse se développe plus rapidement, et ces influences peuvent même provoquer une attaque.
7" Par l'influence nuisible du climat et des saisons. Quoiqu'on observe la goutte sous tous les climats, il n'en est pas moins notoire qu'elle se montre' de préférence dans les pays froids et humides qui y prédisposent beaucoup plus que les pays secs et chauds. Dans les contrées froides du Nord, en Angleterre, en Hollande, en Pologne , en Russie , elle est très-fréquente ; elle est en revanche beaucoup plus rare dans le midi de la France, en Italie, en Grèce, en Espagne , en Turquie ainsi qu'(;n Afrique, en Chine et au Japon.
N'oublions pas toutefois qu'il faut prendre on considération le genre de vie de ces derniers peuples, qui est peu favorable au développement delà goutte, genre de vie qui est prcsqOe force sous
ces climats. Car un étranger qui continuerait chez eux la manière de vivre de son pays, y serait exposé tout aussi bien que chez lui. Dans les Indes, par exemple, où la maladie se montre très-rarement sur les indigènes, les Anglais qui y continuent le genre de vie qu'ils avaient mené en Angleterre, en sont encore plus vite atteints que s'ils étaient restés à Londres.
C'est ainsi que nous voyons aussi la maladie disparaître d'un pays à différentes époques, pour reparaître de nouveau plus tard. Tant que Rome fut République, la goutte y était inconnue; sous l'Empire elle devint excessivement fréquente. Il est très-cui-ieuxde lire les statistiques des médecins, sur la rareté de cette maladie en Écosse. Ainsi sur 2200 malades, le docteur Gregory, médecin de l'hôpital royal d'Edimbourg, n'a observé que deux cas. Le docteur Hamilton , ainsi que le docteur Christison , tous les deux médecins du même hôpital, pendant trente ans, n'y ont également observé que deux cas. Si au contraire je parcours mon registre à moi , je trouve qu'en moyenne sur trois Anglais l'un est Écossais. Cette contradiction dans les résultats se comprendra facilement quand on voudra se rappeler qu'il ne vient dans les hôpitaux que les classes pauvres, chez lesquelles la goutte est aussi rare en Écosse qu'à Londres même.
Parmi les saisons c'est certainement l'hiver, avec sa température froide et humide, qui prédispose beaucoup plus à la goutte que les mois chauds de l'été. Non-seulement c'est dans cette saison que souffrent le plus les goutteux de toute espèce, mais c'est encore à la fin de l'hiver que se produisent le plus souvent les attaques nouvelles, qui alors reviennent ordinairement après une période annuelle.
11 est hors de doute qu'à l'action de ces influences nuisibles extérieures, il faut encore joindre celle qui provient du genre de vie qu'on mène pendant cette saison, qui se passe presque tout entière dans les chambres, dans les salons et au milieu des plaisirs de la table.