‹ Matériauz pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les Orientaux (volume 2)Chapitre 19 sur 30 · en RC MIDEULUS. 22e don ae · texte numérisé non relu

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Dans le chapitre XIE, il est question des nébu-

leuses {= D S\S (3) connues sous le nom des

(1) La table porte SN 45 long. 26° 26 du lon, latitud. 13° 40’, et plus loin 5 el long. 15° 13° du capricorne, latitud. 11° 15/; il ya là confusion évidente; on lit dans le texte ,L à-à tar i longit. 26° 40° du lion, et is.) longit. 571" detà vierge; nous conservons cette dernière indication.

(2) Il y à encore sur ce point transposition.

(3) On lit dans Golius et dans Meninski eS malum omen aut præsagium, mala sors, malum. Suivant Lalande, t. I, pag. 88, la première nébuleuse à été observée en 1610.

30 puits SUN] J#b. Elles sont situées à divers degrés de chacun des 12 signes : savoir dans le Bélier vers 6°, 11°, 17°, 23°, 20°; dans le Taureau wers 139, 18°, 24° ct 25°; dans les Gémeaux vers 29, 12°, 17°, 23°, 30°, etc. Nous ne nous étendrons pas plus loin sur ce manuscrit, dont nous avons extrait les points les plus saillants; on y trouve un petit traité de lastrolabe (fol. 72), des détails sur les maisons célestes (fol. 82), et de plus la confirmation de ce que nous avons dit ailleurs (1) sur les signes représentatifs des planètes; les figures reproduites au fol. 122 prouvent que déjà, au dixième siècle, les Arabes employaient des figures tout à fait en rapport avec celles dont nous nous servons actuellement.

Au moment même où nous achevions l'impression de ce volume, M. Reiïnaud publiait son grand mémoire sur l’Inde; ce mémoire complète les idées que l’honorable académicien a consignées dans son éntroduction à la géographie d'Abou’lféda, plusieurs fois citée par nous, et nous n’en eussions point parlé en cet endroit, si deux notes qui nous concernent n'appelaient pas de notre part quelques observations:

Lorsqu'il s’agit de la rectification d’un fait, de l'interprétation d’un texte, la critique est toujours la bien-venue. Les Arabes donnent le nom d’4/-djouza Dos, à la constellation d’Orion et au signe des

(1) Voy. nos Prolég. d’Oloug-Beg, értrod., p. cxLViu,

Gémeaux ; M. Reinaud nous reproche (voy. son mémoire, pag. 365) d’avoir appliqué au mot djouza le sens de zoëx, dans l'index que nous avons fait imprimer à la fin de notre Mémotre sur les instruments astronomiques des Arabes (t. Y des Mémoires des Savants étrangers, publiés par Académie des Inscriptions et belles-lettres). L'origine de cette interprétation remonte plus haut que nous, plus haut même que les Arabes; elle se trouve dans Varron et dans Pline. — On lit en outre, page 223 de l’Astronomie de Lalande (t. I, in-4°) : «Il y a dans la partie su- « périeure d’Orion trois petites étoiles, qui ressem- « blent à un jeu de trois noix, ce qui a fait appeler « cette constellation zux ou Juglans , Stella jugula. »

M. Reinaud adopte la leçon de ar Aldjauzd , qui signifierait «celle qui dépasse et qui empiète sur «ses voisins ». — De a wi, transWwil, on peut arriver à traduire Orion par Oriens ;— mais M. Reinaud ajoute que les Indiens avaient fait d'Orion le 3° signe du zodiaque, et que c’est pour cela que les Arabes ont donné, par extension, le nom d'4/djauzd ou d'Orion au signe des Gémeaux. Cette explication ne serait admissible qu’autant que le mot 4/djauzd serait la versiou fidèle du nom indien de la constellation d'Orion, et encore comprendrait-on difficilement qu'il fût venu à la pensée d'un astronome, de faire un signe zodiacal d'Orion, qui s’éloigne de plus de 30 degrés de lécliptique; d’un autre côté, les Arabes, en désignant le troisième signe du zodiaque par le terme générique d’4/djauza, se seraient bien gardes de l'appliquer d’une manière toute spéciale aux

étoiles Castor et Pollux ; et cependant ils appellent Castor ,.sN| bises] œ la tête d’Æ/djauza de gauche, et Pollux DT Viss/f O1, la tête d'Aldjauza de droite. Peut-être vaudrait-il mieux substituer à la leçon d'Aldjauza VAN celle d’Aldjousal JS, Juvenis, adolescens, qu’on rattacherait aisément au signe des Gémeaux; ce sont d’ailleurs des questions étymologiques inutiles à résoudre. Quant à la forme grammaticale de Los elle peut être le féminin de l'adjectif masculin 513 et Ideler, dans son traité des noms des étoiles, nous a donné à ce sujet, p. 214 et 325, une petite dissertation très-détaillée; il trouve dans | res media, aut nux, referens nuces, ete., et même, suivant Beigel, un pluriel rompu; la grammaire de M. de Sacy ne justifierait que dans un seul cas (V. p. 265, 259, 258 et 193, 1°° éd.) une semblable opinion. Mais encore une fois, c’est un point d'un intérêt secondaire; nous remarquerons seulement que l'observation de M. Reinaud repose sur un fait, et à cet égard, rien de mieux; — 1l n’en est pas de même dans une note qu’il insère quelques pages plus loin : « M. Sédillot, dit-il p. 323, me parait, en « général, avoir apprécié les choses de l'Inde d’une « manière peu exacte, dans son premier volume des « Matériaux pour servir à l'histoire des sciences ma- « thématiques chez les Grecs et chez les Orientaux.»

J'avoue que je ne saurais accepter un jugement qui, tend à jeter une sorte de défaveur sur un ensemble de travaux qu'on ne fait pas connaître. Si, usant de re-= présailles, et par ce seul motif que mon sentiment m'est pas conforme au sien, j'écrivais, à propos du mé-

moire de l'honorable académicien, qu'il me semble avoir traité son sujet d'une manière peu exacte, M. Reinaud aurait droit de se plaindre, et de demander sur quels éléments j'aurais fondé une observation aussi générale ; entre deux personnes d’avis contraire, le public savant doit seul décider-en dernier ressort,

Tout le monde sait d’ailleurs la réserve que commaude lexamen des traditions indiennes; il suffit de citer les noms d’Anquetil-Duperron, de Bentley et de Bailly. Lorsque nous portâmes notre attention sur les travaux des Arabes, nous fûmes frappé des nombreux emprunts qu'ils paraissaient avoir faits aux livres de l’Inde ; mais, en approfondissant la question, nous reconnûmes, sous la plupart de ces emprunts, une origine grecque, et nous recherchâmes si les astronomes de Bagdad n'auraient pas appelé #adiens des procédés dont l'invention première appartenait aux savants d'Athènes ou d'Alexandrie; c’est ainsi que le cercle indien se trouvait décrit dans Proclus. Les chiffres 772diens (1), l'algèbre (2), la trépidation des fixes (3),ete., pouvaient être des idées grecques communiquées à l’Inde par les Nestoriens ; nous fûmes confirmé dans ces hypothèses, en voyant les Arabes, à peine en possession des livres grecs, négliger complétement les

(1) Voy. les travaux de M. Chasles, /oc. laud.

(2) Notre opinion se trouve en partie confirmée par une note insérée au Journal des Savants, 1849, p. 315.

(3) M. Reinaud, p. 320, cite à ce sujet le Journal des savants ; C'est à M. Letronne que nous devons la communication de ce fait; voy. plus haut, p. 444.

( 768 ) sources de la science indienne; et aujourd'hui nous sommes de plus en plus porté à croire que les Indiens, bien loin d’avoir été les maîtres des races anciennes, ont été, successivement, sous le rapport scientifique , tributaires des Clialdéens et des Perses, des Grecs, des Arabes, et enfin des Européens.

M. Reinaud, tout en admettant l'introduction des livres grecs chez les Indiens , attribue à ce peuple un mouvement intellectuel remarquable du cinquième au septième siècle de notre ère, et il attache aux emprunts que les Arabes ont pu leur faire une grande importance. Son opinion, comme la mienne, ouvre un vaste champ à la discussion ; mais, ni l’un ni l’autre, nous ne pouvons avoir Ja prétention d’avoir détruit tous les doutes, et résolu tous les problèmes qui concernent l'Inde ancienne et moderne; déjà même un éminent géomètre semble disposé à reconnaître, chez les Indiens , une science tout à fait originale, indépendante de la science grecque, peut-être issue de la science chaldéenne. Nous avons, dans le cours de cet ouvrage, élevé quelques objections contre un système auquel nous ne pouvons nous rallier dans l’état actuel de nos connaissances. Mais , encore une fois, nous travaillons tous à une œuvre commune, qui est la recherche de la vérité, et il importe à notre propre considération de ne pas abandonner le terrain des faits, pour nous jeter dans des appréciations générales, qui substituent des questions personnelles à des discussions purement scientifiques.

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