‹ Matériauz pour servir à l'histoire comparée des sciences mathématiques chez les Grecs et les OrientauxChapitre 6 sur 24 · AL · texte numérisé non relu

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Cette dernière découveite lui est attribuée généralement, et présentée comme son plus beau titre de gloire; mais Hipparque lui en avait préparé les voies. Delambre a été obligé de convenir que cet astronome avait reconnu l'insuffisance d’une inégalité simple pour rendre raison des observations de la lune (1); il aura signalé l'effet de l’évection, et peut-être Ptolémée l’aura-t-11 soumise au calcul, dans le seul but de compléter sa théorie des planêtes.

Quoi qu'il en soit, on ne saurait estimer trop haut le service que nous a rendu Ptolémée, en composant son Æ4/mageste (>); il nous transmet dans ce traité les éléments du système astronomique qui a conservé son nom, et qui, malgré l'erreur fondamentale sur laquelle il repose (limmobilité de {a terre prise pour centre de tous les mouvements célestes ), a régné sañs partage pendant quatorze siècles. C’est le tableau le plus exact des connaissances astronomiques de lantiquité ; c'est le point de départ des écoles arabe et moderne.

La géographie n’est pas moins redevable à Pto-

(1) Delambre, Astr. anc., |. 11, p 189, 193.

(2) Voyez plus haut, pag. 2, not. 2; les Arabes ont fait de ñ ueyiotn, la très-grande, le mot Luust\ almadjesthi, , … be * d'où est venu le nom d’A/mageste.

(19) lémée; sa méthode de projection, pour la construction des cartes, qui était celle d'Hipparque, est encore employée aujourd’hui; et sa table de la longitude et de la latitude des lieux terrestres, maloré ses imperfections, est l’un des plus précieux débris qui nous soient restés des Grecs (1). Les écoles d'Athènes et d'Alexandrie subsistérent, il est vrai, jusqu'aux V° et VI* siècles de notre re, mais elles ne produisirent que des commentaires sur les ouvrages de Ptolémée (2), dont un bien petit nombre nous est parvenu (3); les matériaux d’une histoire des sciences pendant cette longue

période manquent presque entièrement ; sur ce

(1) La géographie de Ptolémée était intitulée : ÿewypatxn bpnynsu. L'abbé Halma en a publié en français le premier livre et les derniers chapitres du septième. Ce travail a donné lieu à des remarques fort utiles de M. Letronne (Examen critique des prolégomènes de la géographie de Ptolémée, etc.; Journal des Savants, décembre 1830 , avril et mai 1831, et Bulletin universel des sciences de Férussac, mars et mai 1837, sect. vir). — Voy. aussi notre Mémoire sur les systèmes géographiques des Grecs et des Arabes, p. 16 et suiv.

(2) Weïdler, ÆHést. astr., p. 180 et suiv., donne la liste des autres ouvrages de Ptolémée, dont Les connaissances étaient aussi étendues que solides.

(3) Au milieu des noms que nous a conservés Weïdler, |. c. p. 184 à 202, Théon et Proclus, qui florissaient au quatrième et au cinquième siècle de notre ère, méritent seuls d’être mentionnés. On peut voir dans l’Héstoire de l'astronomie ancienne de Delambre, t.If, p. 546 et suiv., ce qu'il dit de Sextus Empiricus.

point, les annales romainés ne peuvent être d’aucun secours , et les Latins demeurèrent longtemps étrangers à tout progres scientifique (1). On aurait pu en dire presque autant des Arabes, si l’on s’était borné aux traductions faites au moyen âge de quelques-uns de leurs traités d'astronomie qui paraissaient calqués sur Ptolémée (2). Boulliau (3) après avoir compulsé tous les manuscrits de la Bibliothèque royale, n'avait trouvé que sept observations postérieures à l’astronome d'Alexandrie, qu’on

pt joindre à Péclipse de Théon (4): nous voulons

(1) Laplace, L. c., p. 55, s'exprime ainsi : « Rome, pen- « dant longtemps le séjour des vertus, de la gloire et des let- « tres, ne fit rien d’utile aux sciences ; la considération attachée « dans cette république à l'éloquence et aux talents mili- « taires entraina tous les esprits; les sciences n’y présentant «aucun avantage, durent être négligées, an milieu des con- « quêtes que son ambition Jui fit entreprendre , et de ses que- « relles intestines, qui produisirent enfin les guerres civiles « dans lesquelles son inquiète liberté expira et fut remplacée « par le despotisme souvent orageux de ses empereurs. Le dé- « chirement de lempire, suite inévitable de sa trop vaste « étendue, amena sa décadence, et le flambeau des sciences, « éteint par les irruptions des barbares, ne se ralluma que

«chez les Arabes. »

(2) Boulliau, 4séronomia philolaica, 1645. Prolegomena,

p. 14 etre (3) Idi,-p::15.

(4 Théon, Comment. ad Ptol., p. 334. Weïdler, 1 c.,

p. 189. Boulliau, Le.

(ai) parler des observations de Thius (1). On ne peut douter néanmoins que dans un siècle où fleuri le philosophe Simplicius, il n’y ait eu des savants livrés à l'étude de l’astronomie(2); et lorsque la persécution les obligea d’ailer chercher, avec les Nestoriens, un refuge chez les Perses et dans les contrées plus éloignées de PAsie orientale, ils n’y portèrent pas seulement les connaissances qu'ils avaient puisées dans les ouvrages de école d'Alexandrie , ils y ajoutérent les résultats de leurs propres observations, de leurs propres travaux (3), et cet esprit de recherche et d’invention qui les caractérisait, ne laissa pas assurément la science stationnaire. Malheureusement, l’histoire littéraire du sixième au neuvième siècle de notre êre nous offre des lacunes qu'on ne saurait espérer combler, si lon ne savait aujourd’hui que les manuscrits arabes peuvent fournir sur cette

période des documents précieux ; à peine a-t-on

(1) Id. p. Vossius, ch. 33, $ 25, p. 165. Delambre, Hist. de l’astr. anc., X, 318. Thius vivait vers l’an boo.

(2) Boulliau, 4stronomia philolaica , p. 14. Weïdler, Hist. asiron., P. 200.

(3) On en pourrait trouver la preuve dans certains passages d’Ebn-Jounis; il dit, par exemple, que les Perses avaient découvert au cinquième siècle le mouvement de lapogée du soleil, Voy. notre Zatrod. aux tables astronomiques d'Oloug-Beg, p. 47.

(22) examiné et traduit jusqu’à présent quelques-uns de leurs traités scientifiques, et les découvertes qu'ils ont revélées prouvent que cette mine, restée si longtemps inexplorée, permettra d’arriver à la solution de bien des questions importantes. Nous allons passer rapidement en revue ce qui a été

fait jusqu'à présent dans cette direction.

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