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A GRANDE VITESSE ET A LONGUE DURÉE

La question si complexe de la direction aérienne par ballon, remonte à la mémorable découverte des Montgolfieren 1788, et, malgré la bonne volonté d'une masse de chercheurs il est impossible d'admettre plus de quatre personnalités ayant sérieusement étudié la question depuis cette époque jusqu'à nos jours.

Je vais les nommer par rang d'ancienneté, car j'ai la bonne fortune d'avoir pu collaborer avec les deux premiers, qui sont reconnus, ajuste titre, comme les deux principaux promoteurs de la direction des aérostats.

Je citerai donc d'abord M. Henry Giffard, à qui revient l'honneur de s'être élevé le premier seul dans les airs avec une machine à vapeur, suspendue et soulevée par un ballon à gaz de forme ovoïde, en i852 à l'Hippodrome de Paris (Arc de Triomphe), lequel voulut bien m'admettre à son bord dans un second essai du même genre, exécuté

avec un ballon beaucoup plus grand et une machine à vapeur plus puissante, en i855, à l'usine à gaz de Courcelles. Malheureusement, le véritable inventeur de la direction aérienne n'a pas laissé de notes suffisantes pour qu'il soit* possible de tirer parti de ses remarquables expériences.

Le second est le grand et illustre ingénieur Dupuy de Lôme, à qui l'on doit l'étude théorique et pratique de la permanence de la forme, de la stabilité et de la rigidité du système suspensif, ainsi que l'application raisonnée du ballonnet à air et de l'hélice à grande surface.

Il me fît l'honneur de me choisir comme collaborateur, constructeur et aéronaute, en 1870-1872 pour l'exécution et l'ascension de son grand navire aérien à hélice; les résultats obtenus pendant l'expérience sont les seuls qui aient été contrôlés au moyen d'un anémomètre placé à bord de la nacelle; la vitesse de 2", 80 par seconde, quoique modeste (étant donné que la puissance motrice était représentée par huit hommes), n'était cependant pas négligeable.

C'est certainement ces trois premières ascensions avec ballons ovoïdes à hélice, qui ont servi de point de départ à tous les essais exécutés depuis par MM. ïissandier frères à Auteuil, et par MM. les capitaines Renard et Krebs à l'École de Chalais (Meudon), en 1884 et i885.

Je suis heureux de constater que c'est à MM. Gaston et Albert Tissandier qu'appartient la priorité de l'application première de la machine dynamo-électrique, et si le résultat obtenu a été maigre comme vitesse de marche, c'est

certainement à une aulre cause que Temploi de Télectricité comme moteur qu'il faut la rechercher ; dans un appareil dirigeable la résistance à l'avancement doit ressortir en raison directe des obstacles qui lui sont opposés. Or ces derniers sont très nombreux dans le mode de suspension que ces Messieurs ont adopté, et il en est de même pour le type particulier de nacelle qu'ils ont construit; il n'est donc pas étonnant que la vitesse qu'ils ont relevée, sur le sol et non à bord, n'ait pu atteindre 3 mètres par seconde. Quoi qu'il en soit, cette expérience est fort honorable pour eux, surtout si l'on considère qu'ils l'ont effectuée avec leurs propres ressources et sans le secours d'aucune subvention quelconque.

Je continuerai en disant quelques mots sur le système adopté par MM. les capitaines Renard et Krebs, dont les expériences ont été couronnées de succès et qui ont eu la gloire de revenir les premiers à leur point de départ. Leur forme d'aérostat et de nacelle diffère essentiellement de ce qui avait été fait jusqu'à ce jour; ce qui ne prouve aucunement qu'elle soit préférable, et si, comme le bruit en court, ils renoncent à l'électricité pour employer un genre de machine plus légère à puissance développée et à durée égales, il est certain que la vitesse de leur aérostat en sera d'autant augmentée.

Si j'émettais un seul point de critique sur leur appareil, ce serait sur le trop grand nombre de cordes de suspente que le type allongé de leur nacelle nécessite, et sur la résistance colossale que ces mêmes cordes, additionnées de toutes les innombrables pattes d'oie

nécessaires pour leur reliage à la chemise qui recouvre l'aérostat, doit rencontrer à l'avancement.

En efTet, le coefficient R ressort pour Tensemble de leur ballon tout compris par 1/5 environ du maître couple.

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