‹ Mathias l'humoristeChapitre 24 sur 54 · LA RETRAITE · texte numérisé non relu

LA RETRAITE

A partir de ce moment il n’y eut plus, dans la vie de la marquise, rien de bruyant ni de mondain. Aux réceptions animées succéda le séquestre le plus absolu- Madame de Breuil semblait vouloir expier une effervescence passagère; elle ne se montrait plus nulle part, et se tenait à l’écart de ses connaissances les plus intimes. Dans le public, on commençait à en jaser lorsque le fait s’expliqua, et passa de bouche en bouche avec une prodigieuse rapidité. La marquise tournait à la dévotion et se retirait entièrement du monde.

Berthe n’avait jamais manqué de piété; c’était pour elle à la fois un besoin naturel et une tradition de famille. Contre les dangers auxquels exposent des mariages peu assortis, sa piété avait été son bouclier le plus sûr. Mais 'Cette piété, si sincère et si vive qu’elle fût, n’excluait pas un peu de tolérance et comportait quelques accommodements. La charité y entrait dans une dose suffisante et la tempérait. Ainsi la marquise conciliait, avec les distractions du monde, l’exercice de ses devoirs religieux; elle n’admettait pas qu’un plaisir honnête fût incompatible avec l’œuvre du salut; que la musique, ce charme de l’oreille, la danse, cette grâce du corps, fussent autant de pièges dont il fallût se défier et que l’esprit de ténèbres tend aux âmes faibles afin de les pervertir. Telle était sa piété : un sentiment profond, vrai, exempt d’affectation et d’aigreur, point exclusif, point ombrageux et ne cherchant pas à s’exercer au delà du domaine de la conscience, • “ .

Quand elle eut mis entre elle et le monde une barrière que désormais elle ne devait plus franchir, cette piété changea de caractère et sortit de ses limites. Plus de concessions, plus de tolérance, plus d’accommodement. Ce fut une piété toute d’une pièce, n’excusant rien, ne pardonnant rien. 11 faut être juste: la marquise se montra d’abord et surtout rigoureuse pour elle— môme. Jeune et faite pour plaire, elle se sevra des plaisirs, même les plus innocents, et fit régner dans sa maison une règle aussi austère que celle d’un cloître. Point d’abstinences dont elle s’affranchît; elle n’avait point de cesse qu’elle n’eût poussé les choses aussi loin qu’elles pouvaient aller. A ce prix seulement, elle vivait en paix avec elle-même et parvenait à dompter les scrupules dont elle était assaillie.

Jusque-là c’était bien ; c’était assez pour madame de Breuil, qui n’avait pas charge d’âmes. Elle ne le crut pas ; elle trouva ce lot trop réduit et eut des ambitions plus grandes. Cette perfection à laquelle elle aspirait, elle voulut l’imposer à autrui et se montra sans pitié pour les faiblesses du prochain. Ses lèvres ne s’ouvraient pas pour la prière seulement ; le blâme en sortait aussi et quelquefois l’anathème. Elle essaya de ramener au bercail, de gré ou de force, les brebis qui s’en échappaient; et quand la persuasion n’y suffit pas, elle usa du sarcasme, se prit à médire à la plus grande gloire de Dieu, et décria ceux qu’elle ne put convaincre. Évidemment ce n’était plus là une piété selon l’Évangile, mais une piété qui allait plus loin que le but, et, à ce titre, répréhensible.

Une puissance réelle s’y attacha néanmoins; la puissance ici-bas n’est qu’au prix d’un peu de terreur. Bientôt la situation de madame de Breuil fut nettement établie : elle passa pour un des bras droits de l’Église. Il n’était point de bonne œuvre dont elle ne fût; son hôtel, fermé aux réceptions tumultueuses, devint le siège d’une foule d’institutions ou d’associations charitables qu’elle créait ou qu’elle présidait. Les pauvres la bénissaient, les dignitaires du clergé en parlaient avec éloges;

pour les quêtes et les sermons de charité, c’était son nom que l’on citait d’abord, et la publicité des journaux contribuait à lui donner plus de crédit encore. Dans tout cela une part était faite à la vanité ; où ne s’en glisse-t-il pas?

Telle fut la brusque métamorphose qui eut lieu dans l’existence de la marquise de Breuil, et dont on s’entretint pendant l’espace de quelques semaines. Au bout de ce temps l’attention se porta ailleurs : Paris change volontiers d’idole. Mais il en resta, pour la marquise, une notoriété à laquelle jamais elle ne fût parvenue à un autre titre et par d’autres moyens. Son nom resta classé; il représenta désormais la piété dans sa plus haute expression et l’austérité des principes poussée jusqu’au rigorisme. Les années, en s’écoulant, ne firent qu’ajouter plus d’énergie à cette opinion et asseoir la réputation de madame de Breuil sur des bases inébranlables. Elles amenèrent aussi deux événements qu’il est essentiel de rapporter.

Le premier a pour héros Octave de Marseillan. Dans le cours d’une expédition vers les steppes du désert, Octave, lancé à la poursuite d’Arabes insoumis, s’était trouvé séparé du gros de sa troupe et depuis lors n’avait pas reparu. Tous les elTorts tentés pour le retrouver ou pour connaître du moins son sort avaient été infructueux. On avait interrogé à ce sujet les chefs des grandes et des petites tentes, les hommes de la montagne et ceux des oasis, aucun d’eux n’avait pu donner des renseignements précis. On en était donc réduit à des conjectures et ces conjectures variaient. Les uns disaient qu’Octave, cerné par un parti d’ennemis, s’était vaillamment défendu et avait péri le sabre au poing plutôt que de se rendre. A l’appui de cette version, ils ajoutaient que des boutons d’uniforme avaient été découverts dans un campement voisin et que ces boutons provenaient de la dépouille du malheureux officier. D’autres prétendaient, au contraire, qu’il n’était pas mort, qu’accablé par le nombre et n’ayant plus qu’un tronçon de fer à Ja main, il était tombé vivant entre les

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mains de ses adversaires et avait été emmené en captb vité dans l’une de ces villes du désert où nos soldats n’avaient point pénétré. Tel fut le premier événement.

Le second événement ne fut pas d’un intérêt moindre. Après trois ans de séjour en Perse, le marquis de Breuil finit par comprendre qu’il y avait produit tout son effet et suffisamment relevé la France dans l’estime des populations. Tous les cadeaux étaient distribués et les cordons du budget se resserraient de plus en plus, nouveau et impérieux motif de battre en retraite. Puis la santé du marquis s’était altérée sons l’influence du soleil d’Orient : atteint d’une maladie épidémique, il n’ea était réchappé que par miracle, et avait grand besoin de l’air natal pour aider à sa convalescence. Il quitta donc Téhéran avec les honneurs usités en pareil cas, et revint à Paris pour y recevoir les félicitations des professeurs de persan et des sociétés asiatiques.

Hélas ! il devait expier promptement de si beaux sucbès. Çe n’est point impunément qu’on change, à un âge avancé, de civilisation et de latitude. Ces brusques transitions de climat, le contraste dans les régimes, les mœurs, la nourriture, avaient porté à sa constitution un dommage difficile à réparer. Ni l’art des médecins, ni les soins de sa femme ne parvinrent à rétablir complètement sa santé. Il languit pendant quelques années encore, puni par où il avait péché, et expiant dans son fauteuil la période agitée de sa carrière; puis un beau jour il s’endormit du sommeil éternel, en rêvant sans doute à son ambassade de Perse et à la mention qu’elle aurait dans l’histoire de la diplomatie contemporaine.

La marquise prit le deuil, et même, quand il fut expiré, elle resta vêtue de noir. On s’attendait à la voir contracter un second mariage, et des amis officieux essayèrent de s’en mêler; elle repoussa ces ouvertures de façon à ce qu’elles ne se renouvelassent plus; il fut dès lors évident qu’elle voulait rester veuve et conserver cette indépendance qui allait si bien à ses goûts et à son humeur.

L’ABBÉ GERBIDEAU. * ' ' T

II restait un souci à la marquise, un souci des plus sérieux : c’était l’éducation de son fils; après ses devoirs envers Dieu, elle n’en connaissait pas de plus pressant que celui-là. Dès que Roger avait été en âge de commencer son éducation, elle l’avait confié à un homme d’église, chargé de lui enseigner le grec et le latin, de former son caractère et ses mœurs, de l’élever comme il convenait à son nom et surtout dans de6 sentiments chrétiens.

Dans ce choix d’un précepteur la marquise eut la main heureuse. Elle prit un jeune abbé qui venait de recevoir les ordres et appartenait à une congrégation où les sujets d’élite ne manquent pas, celle des jésuites. Alors c’était du coi âge ; ce mot suffisait pour mettre les esprits en réva ation et soulever des frémissements. Aujourd’hui ce préjugé a disparu avec beaucoup d’autres ; la génération qui arrive n’a plus de ces passions : c’est le cours des choses. Tout s’use ici-bas, tout vieillit, tout passe, les opinions comme les hommes; la vie est pleine , de ces retours. . • .

Le précepteur de Roger était un de ces esprits distingués qui honorent les corporations dont ils relèvent. On le nommait l’ahbé Gerbideau; il était de bonne bourgeoisie et ne s’était consacré à l’Église qu’à la suite d’une vocation décédée. Au séminaire, on l’avait remarqué pour la force de ses études et l’aptitude singulière qu’il apportait au travail. Personne ne le surpassa en théologie ; personne ne commenta mieux que lui les grands auteurs. Ses mœurs étaient des plus pures ; son caractère d’une douceur qui n’excluait pas la fermeté. Qu’on joigne à cela une physionomie heureuse, un accent pé-

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nétrant et persuasif, des manières aisées, un langage choisi, et l’on aura une idée des avantages que réunissait l’abbé Gerbideau. Aucun guide ne pouvait être meilleur pour Roger à quelque point de vue qu’on envisageât les choses.

Il entra donc à l’hôtel de Breuil comme précepteur de l’enfant et y fut traité avec les égards dont il était digne. Il avait un appartement à lui et un serviteur à ses ordres, un cabinet de travail, une bibliothèque, enfin ce qui peut rendre la vie commode et douce. Sa situation n’était pas celle d’un mercenaire, ni même d’un commensal, mais celle d’un ami, et en plus d’une circonstance d’un confident. Quoique jeune, l’abbé Gerbideau avait une maturité précoce qui commandait le respect, et des airs de bonté qui invitaient à l’abandon. Il ne gênait ni ne semblait gêné ; il avait ce maintien naturel qui est un charme dans toutes les positions, mais qui a plus de prix dans l’état ecclésiastique, où il se rencontre moins souvent qu’aillcurs. Avec lui on était à l’aise; son habit noir ne glaçait pas, son rabat ne chassait pas la gaieté. Il se mêlait à l’entretien, quel qu’il fût, sans y paraître emprunté, et y plaçait son mot au besoin, avec un tact et une justesse qu’il était impossible de ne point remarquer.

Sous la direction d’un pareil précepteur, Roger aurait dû faire des progrès rapides et devenir un élève accompli. Personne n’avait, plus que l’abbé Gerbideau, les moyens de le rendre propre aux grandes carrières où sa naissance et sa fortune semblaient l’appeler. Il faut ajouter que le précepteur n’y épargna aucun soin et qu’il s'efforça de justifier la confiance qu’on ayait mise en lui ; et pourtant le succès ne répondit pas à son attente. Il y avait dans le caractère de Roger quelque chose de rebelle et d’impétueux, que ni la douceur ni la fermeté ne purent vaincre et qui résista aux remontrances comme aux supplications. Demandait-on une chose à l’élève? à l’instant il faisait l’opposé. On l’eût dit né pour la contradiction; il ne voulait se plier à rien ni subir aucune règle. Dès l’abord, il y eut entre lui

les langues mortes une incompatibilité que le temps ne lit que développer; il ne voulait pas entendre parler du latin et envoyait le grec à tous les diables. Son seul goût était pour les exercices violents. Il prétendait qu’un gentilhomme en sait toujours assez quand il monte à cheval et peut forcer un lièvre à la course.

On devine à quelles épreuves fut mise la patience de l’abbé Gerbideau ; il fallait qu’il y eût en lui, pour supporter de tels écarts, un peu de la nature de l’ange. Chaque jour lui apportait quelque tribulation : Roger déchirait ses cahiers ou jetait ses livres au feu, manquait la prière du matin ou s’échappait quand il s’agissait d’aller à la messe. Point de châtiment qui pût le réduire; point de considération qui pût le retenir. Il ne craignait personne, pas même sa mère; c’était un esprit ardent, indompté, ne supportant point de frein, incapable d’application et tourné aux aventures. D’ailleurs le corps était svelte et vigoureux, la physionomie ouverte et décidée; rien d’un diplomate, toute l’étoffe d’un soldat.

L’abbé Gerbideau lutta du mieux qu’il put contre un naturel si peu maniable; c’était sa tâche de tous les jours et aussi son désespoir. Quoique le fiel en débordât, il vidait jusqu’au bout ce calice. Cependant, un jour, il se sentit vaincu. Sur une observation faite avec douceur, Roger s’était oublié; à l’insubordination il avait ajouté des propos désobligeants. Il fallait à tout prix y mettre ordre, la dignité du précepteur n’avait que trop souffert. Mais quel châtiment infliger à un gentilhomme, et dans son propre hôtel? Tous étaient dérisoires et inefficaces, et d’ailleurs l’abbé y répugnait; il préféra se rendre chez la marquise et résigner ses fonctions.

— Madame, dit-il en entrant, je viens vous remercier de vos bontés et prendre congé de vous.

En parlant ainsi il avait l’air consterné et l’attitude d’un coupable.

— Ah ! mon Dieu I monsieur l’abbé, répondit madame de Rreuil, que me dites-vous là? Vous nous quitteriez?

— Il le faut, madame la marquise.

— Vous ôtes donc mécontent de quelqu’un ici? Serait-ce de mes gens ?

— Non, Madame.

— Ah! j’y suis, reprit-elle avec un geste à l’appui. Ce sera encore ce démon de Roger.

— Hélas !.. Madame.

— Pour un enfant ! nous quitter à cause d’un enfant î C’est lui donner bien de l’importance» monsieur l’abbé; vous n’étes pas raisonnable aujourd’hui.

— Je m’efforce de l’étre, madame la marquise, répondit-il avec un accent de douleur qui la frappa.

— C’est donc bien grave ? dit-elle d’un air plus réfléchi.

— Très-grave, Madame.

— - Eh bien ! monsieur l’abbé, racontez-moi cela, et puis nous aviserons ensemble. Et calmez-vous d’abord, calmez-vous : tout s’arrangera.

Il lui rendit compte de la scène qui venait de se passer, et, à mesure qu’il entrait dans les détails, la physionomie de la marquise se rembrunissait; elle n’aurait pas cru que l’enfant pût manquer à ce point aux bienséances; elle se sentait blessée dans son orgueil de mère, et comprenait qu’elle était tenue à d’amples réparations.

— Comme vous le disiez, monsieur l’abbé, cela dépasse les bornes.

— N’est-ce pas, madame la marquise?

— Il ne faut pas qu’il y retombe ! Garder si peu de

respect! ' - -

— Sa tète l’emporte toujours !

— Et vis-à-vis d’une personne qui y a tant de droits ! Malheureux enfant 1 Écoutez, monsieur l’abbé.

— Je suis à vos ordres, madame la marquise.

— Vous allez m’envoyer Roger, c’est moi qui me charge de le réprimander. Je veux lui dire une bonne fois qui vous ôtes et comment il doit se conduire envers vous.

L’abbé Gerbideau s’inclina et se disposa à se retirer.

Ut MATHIAS ti’lHJMORÏSTlî»

— Je vais envoyer l'enfant, dît-il.

Madame de Breuil le retint et l’invita à se rasseoir sur un siège plus voisin du sien.

— Pas encore, reprit-elle, j’ai à causer avec vous. Avez-vous quelques instants à me donner?

— Tout ce que madame la marquise voudra.

— Monsieur l’abbé, reprit-elle avec un acèent de bonté, vous m’avez Causé aujourd’hui un chagrin contre lequel je veux être désormais en garde.

— Moi, Madame?

— Oui, monsieur l’abbé, vous 1

— Alors c’est bien involontairement.

— ■ J’en suis convaincue, et c’est pour cela que j’ÿ insiste. Pour me rassurer promettez-moi une chose'.

— Laquelle, Madame?

— C’est que vous ne parlerez plus de nous qnittérT

— Croyez bien, Madame... ‘ ' •

— Et que vous ne nous quitterez pas quoi qu’il arrive, poursuivit-elle en écartantlcs explications. Je sais bien ce que vous allez me dire : c’est qu’il y a une limite à tout, môme à la patience d’un saint; c’est que Roger peut demain, aujourd’hui môme, recommencer ses insolences; c’est que votre dignité en souffre et que votre caractère en est atteint; je sais tout cela et tout ce qu’on peut y ajouter encore. Eh bien! malgré ces griefs, malgré ces dures épreuves, promettez-moi encore, et en dépit de tout, de ne pas nous quitter. Me le promettezvous, monsieur l’abbé?

— Je voudrais le pouvoir, Madame, répondit-il avec quelque hésitation.

— On peut toujours ce que l’on veut, monsieur l’abbé ; voyons, soyez bon pour nous, nous vous en saurons un gré infini. Vous n’étes pas un étranger, après tout; vous ôtes de la famille ; il faut nous traiter comme tèls. Roger est indomptable, n’est-ce pas?

— Je le crains, Madame.

i— Eh bien î plus ce nous sera démontré, plus il deviendra nécessaire que vous restiez près de lui. Si vous n’en pouvez venir à bout, jqui donc oserait l’essayer?

— De plus heureux que moi, Madame.

— Impossible ; tout le monde y échouerait. En abandonnant Roger, vous le laissez au dépourvu et sans défense. Ayez donc pitié de lui !

— Oh 1 madame la marquise, quel mot vous employez là 1 -

— C’est celui qui convient, monsieur l’abbé. L'enfant est à plaindre, bien à plaindre, si vous renoncez à l’élever. Vous nous resterez, n’est-ce pas ?

— Puisque vous le désirez, madame la marquise.

— Dites que je vous en supplie, monsieur l’abbé; je vois Roger perdu et vous seul pouvez le sauver. Vous nous resterez. El nous, et les miens, et tout le monde ici nous serons vos obligés.

Telle fut l’explication qui eut lieu entre madame de Breuil et le précepteur de son fils. Depuis ce moment, l’abbé Gerbideau se résigna. D’ailleurs madame de Breuil tint parole,; elle intervint plus qu’elle ne l'avait fuit jusqu’alors dans l’éducation de son lils, et se chargea de la partie la plus délicate, celle des semonces. Quant à l’abbé, il se contentait de faire entrer dans celte tête indocile le plus d’histoire et de géographie qu’il pouvait, et cherchait, à défaut de latin et de grec, à lui donner au moins quelques notions de sa langue.

De là vint ce crédit que l'abbé Gerbideau conserva dans l’hôtel de Breuil et dont il n’abusa jamais. Quand l’éducation du jeune marquis eut été achevée tant bien que mal, l’abbé changea de titre et de fonctions; la marquise le prit pour son directeur et en fit l’intermédiaire de ses bonnes œuvres.

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