CHAPITRE XI
Ce fut pour Mme de Staël un déchirement affreux. Le 19 octobre 1803, au matin, elle quitta ce Paris, qu'elle aimait d'un amour si passionné. Elle y avait passé quelques jours dans une attente inquiète ; mais enfin il fallait partir. Mathieu, lui aussi, était navré de douleur. Ce fidèle ami devait la revoir une dernière fois chez Joseph Bonaparte, à Mortfontaine. Joseph et sa femme, dont le dévouement, dans la circonstance, avait été admirable, faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour adoucir à Mme de Staël la douleur de Texil ; ils Tavaient invitée avant $on départ, et Mathieu avec elle. Ce que fut cette suprême entrevue, on le devine sans peinew Quelques heures auparavant, M. de Mont-
morency écrivait à Mme Necker de Saussure :
« PariS) ce mercredi 19 octobre (1803).
ft Je n'ai pas eu le courage de vous faire partager nos angoisses depuis une quinzaine de jours : vous les aurez sues par votre oncle (1), peut-être par notre amie ellemême. Elle a été bien malheureuse, et par conséquent nous le sommes aussi. Voilà ce qu'il y a de plus sûr. Je serais ensuite embarrassé de vous foire concevoir tout ce qui s'est passé dans son cœur, dans son imagination, les combats d'une indignation naturelle, de la dignité et d'une sorte de faiblesse tout à fait touchante pour la France. Elle est partie ce matin de Paris, qu'elle n'a revu que pour le qnitter. Ce moment aurait été affreux, s'il n'était arrivé pour le rendre
(1) Necker, le père de Mme de Staël.
supportable, le projet d'une route très lente, peut-être d'une station autorisée à ving^ lieues, et surtout la certitude de nous revoir aujourd'hui même à dîner, ce qui est bizarre, à la campagne du frère de celui qui nous fait faire tous ces voyages (1). Elle a reçu de lui, de sa femme en particulier, et de plusieurs autres hommes très dévoués au gouvernement (2), des marques d'intérêt et d'attachement fort au delà de celles que j'aurais espérées. L'opinion aussi parait lui être plus favorable ; si Ton assure que personne dans le monde ne l'attaque, c'est que tout le monde craint aussi pour soi quelque chose de semblable. J'unis à ce que nous avons souffert ce que son père et vous allez souffrir là-bas. Que nos douleurs au moins ne sont-elles unies ! Je pense à vous dans la peine, et dans le bonheur aussi, quand ce
(1) Chez Joseph Bonaparte, à Mortfontaine.
(S) Entre autres Regnanlt de Saint-Jean d'Angély, Fontanes, Junot. (Cf. Mme de Staé'l et Napoléon, chap. u.)
IS
mot peut se repcontrer dans la vie. Votre cousine pourra-t-elle jamais connaître quelque chose de paisible comme votre vie? Adieu, je vous quitte pour me rendre i ce rendez-vous campagnard, peut-être le dernier pour bien longtemps. Sa santé n'est pas trop mauvaise, elle a repris dans deux ou trois moments de demi-espérance, à une sérénité et à une amabilité qui frap)>aient tout le monde.
a Nos deux sages amis ont été parfaits dans cette occasion, et elle a repris aussi à les aimer beaucoup (1). J'étais sûr qu'ils le méritaient. Vous en jouirez, parce que vous faites commune cause avec la raison, et qu'eux vous sont bien attachés.
(1) n l'agjt de M. et Mme de Gërando. Il y avait eu un peu de refroidisfement dans le» relations qui les unissaient à Mme de Staël. Celle-ci était fort exigeante en amitié ; il fallait que ses amis accourussent à son appel. « Je suis seule ici, écrivait-elle de Mafliers à Gérando, sans amis pour soutenir mon âme qui me manque. Je TOUS demande en grâce de venir me voir un quart d'heure ce matin ; vous n'avez rien à faire qui soulage davantage une créature souffrante. »
« Adieu, aimable amie, qui devez compter en compensation de bien des malheurs. »
Mme de Staël n^était pas partie seule ; elle emmenait avec elle son fils aine Auguste, sa fille Albertine, et Constant l'accompagnait.
Malgré le peu de sympathie que M. de Montmorency et Mme Necker éprouvaient pour ce personnage, c'était toujours à lui qu'ils confiaient le soin de protéger Mme de Staël, et, au besoin, quand Benjamin essayait de se dérober, ils savaient lui rappeler sa tâche. Mme de Staël, d'ailleurs, se déclarait fort satisfaite de son compagnon, et il faut rendre à Constant cette justice que, bien qu'il fÙt parfois las de sa chaîne, il se dévouait sans trop se plaindre. « Je vous prie, écrivait Mme de Staël à Mathieu, de Taimer du bien qu'il me fait, ou plutôt du mal dont il me sauve (1). 1»
(1) A M. de Montmoreacyi Metz, 28 octobre 1803. (Saintr-Beuve, Nouv. Lundis, t. XII, p. 300, 301.)
ISO MATHIEU DE MOMTlfOBKNCY
Mais elle était dans un état de santé déplorable, faible, abattue, accablée de perpétuelles insomnies; son imagination malade lui créait des fantômes. Il lui semblait que la mort menaçait son père, ses enfants, ses amis, tous ceux qui lui étaient chers.
Elle baignait de ses larmes les lettres que Mathieu lui envoyait; mais, dans cette situation d'esprit, c'était toujours vers lui que se reportait sa pensée : « Mon âme, lui écrivait--elle, va se réfugier dans la vôtre, et j'ai pour vous de ce sentiment que vous inspirent les personnes en qui vous vous confiez et que vous croyez meilleures que vous. »
A Francfort, la petite Albertine tomba malade, et ce fut pour Mme de Staël un nouveau tourment. Mais elle avait encore un autre sujet de préoccupations fort grave : c'était la santé de son père, M. Necker. Cet homme, vraiment excellent, pour qui elle avait une adoration profonde, avait été le premier à conseiller à sa fille le voyage d' Al-
ET MADAME DE STAËL ISl
lemagne. Les nombreux ennemis de Mme de Staël glosaient sur ce voyage : a Elle abandonnait, disait'On, un père âgé, de santé chancelante; elle préférait courir le monde, en quête de succès et d'aventures. i> Mais les intimes, comme Mathieu et Mme Necker, savaient à quoi s'en tenir. Ils savaient que Mme de Staël avait proposé à son père de revenir à Goppet, mais que Necker avait refusé. Il aimait mieux voir sa fille accueillie, fêtée à Weimar, à Berlin, et connaissait son incurable tristesse, son impérieux besoin de distractions et de vie intellectuelle. Il avait fait ce sacrifice avec simplicité , et la joie qu'éprouvait Mme de Staël, le calme qui avait fini par renaître dans son âme au cours du voyage triomphal, qui était son éclatante revanche de Texil, comblaient de satisfaction le bon Necker. C'est ce qu'explique parfaitement la lettre suivante de M. de Montmorency :
ISt MATHIEU DE MONTMOBBNCT
• Paris, ce S7 janvier (1804).
« Votre lettre qui, comme toutes les autres, parle toujours si directement aux facultés les plus intimes de Tàme, m'a donné une satisfaction de plus, bien précieuse, en me rendant compte de la situation d'àme, de la vie entière de M. votre oncle. Il faut Tavoir vu dans Tintimité \ de la famille, dans ses relations avec sa fille, pour bien concevoir ce que vous me dites de la préférence qu^il veut donner à son absence, accompagnée de Tespoir d'un peu de distractions, sur la présence d'une profonde tristesse, d'un profond malheur qui, chez elle surtout, est bien contagieux. On aurait de la peine à faire entendre cela aux autres, qui, jugeant par les considérations générales, accusent toujours d'une sorte d'abandon, inconséquent avec un grand sentiment filial. Mais comme le premier intérêt
pour le sentiment vrai est ce qui est, avant ce que les autres pensent, le bonheur et la propre impression de ce qu'on aime, avant les jug^ements du public, je jouis pour mon amie, pour son excellent père, poumons tous, de ce que ridée d'un tort ni d'un reproche ne se place point entre eux ; de ce que ses succès à Weimar, ses succès à Berlin, qui me semblent garantis par les premiers, pourront leur donner à tous deux plus de consolations sur le commencement du voyag^e , plus d'espérances sur le charme du retour^ que leur séparation actuelle ne leur cause de peine .
« Vos nouvelles confirment tout à fait celles que je reçois de Weimar, celles que m'a encore répétées l'autre jour le ministre de Prusse (1) : les succès de l'esprit et de l'amabilité et, ce qui m'intéresse encore davantage, les effets de calme et de contentement qu'elle en a reçus. Elle en a tant
(i) Le miniftre de Prusse à Paris, Lucchesini, ami de Mme de Suël.
IM MATHIEU DE MONTMOREtfGY
besoin! J'aimerais encore mieux les conso* lations puisées à une source plus pure, plus constante : mais Famitié se réduit à ce qu'elle peut obtenir. »
Cette dernière phrase, — le coup de cloche — montre bien Tintime pensée, la secrète espérance de Mathieu. Mais, quoi! Mme de Staël était admirée, fêtée, presque heureuse; il fallait se contenter de ce calme passager, de cet épanouissement de Tàme ; Dieu saurait, quand il le voudrait, réaliser ses dé* crets impénétrables. En attendant Tœuvre de la gràce^ le bon Mathieu se réjouissait des succès de son amie. Celle-ci, dans les lettres qu'elle écrivait de Weimar ou de Berlin, s'abandonnait à Tivresse du triomphe, et les plus doux sentiments remplissaient son cœur. Elle associait à ses succès, par la pensée, les trois êtres qu'elle chérissait le plus : son père, Mathieu et Mme Necker.
Elle écrivait à sa cousine : a Nulle femme
ne se place à côté de vous, un iDstant même, pour mon esprit... Que j'ai bien fait de vous donner uniquement et. exclusivement tout ce sentiment qu'une seule femme peut inspirer à une atortre femme! (l) »
Cependant un nuage venait obscurcir tant de bonheur. Les nouvelles de Paris étaient mauvaises; la tyrannie de £onaparte commençait à peser lourdement sur la nation.
Le 14 février 1804, il avait fait arrêter Mor reau, donné Tordre d'instruire son procès.
En mars, c'était l'arrestation du duc d'Enghien sur le territoire badois, à Ettenheim, son jugement sommaire, son exécution dans les fossés de Yincennes. La consternation régnait : Paris était frappé de stupeur. En particulier, le meurtre du duc d'Enghien avait inspiré à Mathieu, comme à tous les
(1) Voir les lettres de Mme de Staël à Mme Necker de Saussure, écrites de Weimar et de Beriin^ que nous avons publiées à la suite de notre édition de Pix années d'exil (Plon«Nourrit, 1904).
royalistes, un profond sentiment d'horreur; et de ce jour date pour lui, comme pour Chateaubriand, la rupture avec celui qu'ils araient considéré comme le sauveur de la société contre la Révolution. M. de Montmorency avait, de plus, un grief personnel contre le Premier Consul. En janvier 1803, son oncle, le duc de Laval, le père de son cousin Adrien, avait été exilé pour une lettre confidentielle, que la police avait surprise et qu*on jugeait injurieuse pour Bonaparte (1). Mathieu, dans ses lettres, évitait avec prudence de parler avec trop de clarté de ces divers événements ; mais il était tenté de se féliciter de Tabsence de Mme de Staël, et il écrivait à Mme Necker de Saussure, en parlant de leur commune amie : m Vous imaginez combien de gens ici, combien d'amis de seconde ligne disent que le moment de son voyage ne pouvait
(i) Relations secrètes des agents de Louis XVIU, p. 24i.
pas être mieux choisi et qu'elle ne doit pas regretter Paris. Je suis un peu comme elle :
je n'ai jamais envie de dire cela tout à fait ; mais il y a quelque chose de vrai, et il Test certainement que, si Ton pouvait n'y pas être de cœur et de pensée, il faudrait tâcher d'en être bien loin » (1) .
Mais rien ne pouvait arrêter Mme de Staël : elle parlait déjà de retour. Dés le mois de janvier 1804, elle annonçait son intention de « passer deux mois d'été à vingt lieues de Paris » pour revoir ses amis (2). Puis elle avait renoncé à cette idée; mais elle avait écrit à Mathieu pour lui proposer un rendez-vous de quinze jours, à quarante lieues au mois d'octobre. Quant au séjour de Paris, il n'y fallait pas penser pour l'instant. M. de Montmorency, comme il l'écrivait à son amie, n'était pas en posi-
(i) 5 ventôse (23 février 1804).
(2) A Mme Mecker de Sautsure (Weimar, 31 janvier 1804).
us MATHIEU DE MONTMOBE^fCV
lion de solliciter aucune grâce. Cette année même, au mois de mai, par sénatus-consuite du 28 floréal (18 mai), Napoléon était proclamé empereur des Français. On sait que le nouvel empereur s'était proposé de rallier, de gré ou de force, la noblesse à son trône, en lui distribuant des charges de cour. Il ne pouvait oublier une illustre maison comme celle des Montmorency, et un de ses émissaires, le baron de Breteuil, avait £ait des ouvertures. Il y eut, à ce propos, à rhôtel de Tingry une réunion solennelle de toute la famille. Le vieux loyalisme de Mathieu s'émut : il parla avec une chaleur, avec une force, qui arracha des larmes à Tassistance. Tous prirent l'engagement solennel de ne pas paraître à la cour, de n'accepter du meurtrier du duc d'Enghien aucun emploi, aucune charge (1). Ce serment d'Ânnibal mettait fin, pour Mathieu, au rôle
(i) Notice inédite d'Adrien de Montmorency, citée par HBMUOTy Madame Eécamierf t. I, p. lîO.
de solliciteur; désormais, il ne pouvait plus rien pour Mme de Staël.
Déjà, un mois auparavant, il écrivait à Mme Necker de Saussure :
• Paris, ce 12 ayril 1804.
« Il y a bien peu lieu d'espérer des changements de dispositions ou d'événements, qui lui donnassent (à Mme de Staël) la tentation de rhiver à Paris ; mais de toute manière il faudrait auparavant qu'elle eût passé quelque temps avec son père. Vous voyez que nous nous entendons bien, ce me semble, sur ce point. Vous entendrez aussi que, dans la situation d'âme que mes dernières lettres vous expriment, je n'ai jamais été moins en train de solliciter. Je lui écrirai dans ce sens, mais avec la pensée toujours présente de ne pas l'inquiéter par un conseil trop sage et trop positif. Elle a eu des succès plus qu'il n'en fallait pour relever de
l'abattement ; et elle rapportera dans Tintérieur toute autre chose que du découragement. Nous trouverons tous notre compte à la voir plus tôt. «
Mais une catastrophe imprévue vint déjouer les prévisions de M. de Montmorency.
Déjà, au mois de février 1804, alors que Mme de Staël était à Weimar, Necker était tombé malade. Mme Necker de Saussure, que sa cousine avait chargée spécialement de veiller sur son père, Tavait prévenue avec mille précautions de Tétat de santé du malade. Mme de Staël, avec sa vive imagination, sa sensibilité exaltée, était en proie à de mortelles angoisses, a Je fus pendant quelques jours seulement, écrivait Mathieu à Mme Necker, n'ayant en aucune manière le courage d'écrire à notre amie, en attendant sa propre impression, qu'il est trop dangereux avec elle de prévenir par une phrase, même entortillée. Il n'en fau-
drait pas tant pour la condamner à un vrai supplice d'attente et d'inquiétude (1). »
L'alerte avait été chaude ; mais Tétat de Necker s'améliorait, tout danger semblait écarté. Mme de Staël s'abandonnait avec confiance à ses succès de Berlin, quand, le 10 avril, après huit jours de maladie, Necker s'éteignait dans les bras de sa nièce. Ses dernières paroles avaient été pour que l'on consolât sa fille, qu'on lui ôtàt tout remords d'être loin de lui. Le 18, Mme de Staël trouvait sur sa table deux lettres qui lui annonçaient que son père était dangereusement malade. Quatre jours après, ' le 22, à Weimar, elle apprenait la fatale nouvelle. Son désespoir fut affreux. Des éclats de la douleur et des convulsions, elle tomba dans le plus profond abattement.
(1) Du 5fô férrier 1804 (ce lundi 5 ventôse). — Mme de Staël éciÎTait, le 1"' ayril, à sa cousine : « Ah ! comme je me confie dans vos promesses sur la santé de mon père t Je suis effrayée de ce que j'ai éprouvé à Weimar... Je ne crois pas que je puisse surrirre à sa perte. »
Benjamin Constant, qui était revenu en Suisse, n'avait fait que toucher barre à Lausanne, était reparti en grande hâte pour Weimar : « Je veux la voir, la consoler, écrit-il dans son Journal intime. Pauvre malheureuse! » Il Fentourait des soins les plus délicats, les plus dévoués. Mme de Staël en était toute reconnaissante. De Weimar, le 23 avril, elle écrivait à sa cousine :
« Tout ce que je puis vous dire, mon amie, c'est que je vis et que la destruction de tout bonheur, de toute existence, de tout avenir, de tout repos, me laisse malgré moi la vie physique. Je suis, et mon pauvre ami aussi, hors d'état de partir avant quatre jours; je vous écrirai pour vous prier de venir au-devant de moi à Berne. J'ai besoin de vous pour entrer dans son tombeau qui sera le mien. Adieu, je n'en puis plus.
Adieu! Vous l'avez vu cinq mois de plus que moi, cinq mois que j'ai perdus! Ah! si
je pouvais mourir de ces paroles ! Adieu ! »
Au-dessous de cette lettre, Benjamin, les yeux rougis de larmes, avait tracé à la hâte les mots suivants :
a Je n'ajoute qu'un mot. Je n*ai pas l'idée de quelque chose de plus touchant, de plus angélique. Je suis bien peu propre à la consoler; car, à l'exception des reproches injustes qu'elle se fait, je partage tous ses sentiments sur l'être excellent qu'elle a perdu. Adieu, je n'en puis plus de mal aux yeux; croyez que je vous aime et vous apprécie, et qu'il m'est doux de penser que je vais bientôt vous revoir. »
Mme Necker de Saussure et son mari étaient allés au-devant de Mme de Staël avec son second fils, Albert; ils la rencontrèrent à Zurich avec Constant et Schlegel, qu'elle avait connu à Berlin et qu'elle ramenait avec elle; ils revinrent ensemble à Goppet.
La mort de Necker marque une nou-
velle période et, pour ainsi dire, une nouvelle étape dans le sentiment qui unissait Mme de Staël à sa cousine. Désormais, ce sentiment prit un caractère intime et sacré.
Mme Necker fut, aux yeux de Mme de Staël, non plus une amie, une cousine, mais une sœur véritable : n^était^ce pas celle qui avait vu mourir son père, reçu son dernier soupir? La mort avait passé; elle avait imprimé sur ces deux âmes son sceau ineffaçable.