‹ Mathilde (volume 2)Chapitre 38 sur 57 · LES VISITES DE NOCES · texte numérisé non relu

LES VISITES DE NOCES

(le Maran, car il est tout simple que nous commcn* cions Dotre tournée par elle.

Je regardai M. de Lancry avec stupeur.

— Ma tante! Vous n'y pensez pas, mon ami.

— Comment cela?

— Aller chez elle, moi .' moi î

— Mais en vérité, Mathilde, je ne vous comprends pas.

— Vous ne me comprenez pas... Ah! Contran!

— Bon... j'y suis... vous songez encore à cette calomnie insensée contre votre mère? mais nous sommes convenus que c'était de la folie. Il faut prendre les gens pour ce qu'ils son t^.. Plutôt que de ne calomnier personne, votre tante médirait d'elle-même; c'est une infirmité morale dont il faut avoir autant de pitié que d*une infirmité physique... Vnus me regardez d*un air' stupéfait... pourtant rien n'est plus simple... Ajouteriez-vous la moindre importance aux propos d'un fou?... Non, sans sans doute, n'est-ce pas? Eh bien, faites comme moi... Oubliez de folles paroles dictées par l'égarement de la haine; la noble mémoire de votre mère est au-dessus de pareilles médisances.

Mon cœur se brisait. D'abord je n'eus pas la force de dire un mot, puis je m'écriai en fondant en larmes, car depuis le matin je les étouffais :

— Jamais.. . jamais je ne remettrai les pieds chez mademoiselle de Maran!... Je vous en supplie, n'insistez pas... cela me serait impossible.

— Calmez-vous, Mathilde, calmez-vour,... croyez bien que je ne vous demande rien que de juste, que

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