‹ Mathilde (volume 3)Chapitre 44 sur 107 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

M A I) A i\I E SE C 11 E R I N

^ Ursule!

Nous nous embrassâmes avec effusion. Je m''attendais à trouver ma pauvre cousine affreusement changée : quel fut mon étonnement de la voir plus fraîche, plus joHe que jamais, quoique son regard fût toujours mélancolique, quoique son sourire fût toujours triste. Elle me présenta M. Éloi Sécherin : c''était un jeune homme d^me taille moyenne, d'une figure pleine, colorée, assez vulgaire, mais dVne expression riante et ouverte. Au premier abord il me parut être un de ces hommes qui se font pardonner le peu de distinction de leur tournure et de leurlangage parla franchise et par la bonhomie de leurs manières. Néanmoins je n'eusse jamais cru que ma cousine, avec nos idées de jeunes filles, aurait pu se décider a un pareil mariage. Envoyant M. Sécherin, le sacrifice qu'Ursule disait m'avoir fait me parut encore plus grand. Je la plaignais profondément d'avoir dû subir Pimpérieuse volonté de son père. Lorsque j''embrassai Ursule, je lui serrai la main; elle me comprit, serra la mienne et leva les yeux au ciel.

Mademoiselle de Maran entra avec M. de Lancry. Ursule me jeta un regard qui me navra : elle com()arait son mari à Gontran. Ma cousine

P.OI""?hT.S^

Page 1