OUI
pas cela. . pas ce
iitaila
cordes de l'àme, avec quelle dexléiilé, avec qn illc so'iplisse. i II •• |i ssail des larmes au souiiie, de la caudeer à l.i diL'iiilé, de l'cr;;' ed .'i la lendiessc pour vous peisuadi'r un mensonge. S'ailaquatil à loul, :ï voirc esprit, à votre cirur, à vos vices, à vo- vertus, à vus sympathies, à vos liaiues, elle nu laissait pas cufin une seule des libres de voire iulelligeuee, di! voire cœur, sans l'avoir iolernrgé ... Vers les Irois heures, M. Séchiiiu était occupé à sa fdiri(pie, iitad une Séi lierin f lisait sa sie le accoulniiiée; j'étais dans le salon avoe Ur'-ule, loisquc .M. Lliopinellc y entra. Al. Ch ipiuelle était un jeune liiiiuiuo lirmi, d une ligiiie pleine, coloiée, encadrée de favoris noirs; si laille épaisse, robu>te, élail sans gr;i( e : il avait des pieds et des iiiaius énurmes : ses traits, assez réguliers, mais d une e\prc^siou comihiu le, devaiiiit lui valoir en province le titre de Iieau. En conséquente de la saison, probableniciil, il portait
nu chapeau de pailli- et une cravate à la Lolin; une redingote de buiiracaii vert à bouliuis de métal, uu pantalon rayé de bleu cl des soulier^ de daiui gris couiplétaienl ce costume pastoral. .\ peine eus-je entrevu cet ensemble vulgaire, que je me sentis ahsoliiiiii'iit rassurée sur latiau(iuillilé du cœur d Ui -nie.
.rajouterai, en m'inspirant un peu de l'esprit et du langage de mademoiselle de Maran, que M. Chopinellc joignait à ces dehors du bi'.ui Léandre des rengnig ■ments de satislai'lio:i jubilante , diiiieeuiei.'t contenue par une so: le de réserve officielli'. de morgucadiiiiuistia ive, ipii fii-ait di' M. le > sous-préfet l'idéal di' l.i sollise dans la sulli^ance, et de la vul^jarilé dans rinsiiflisanic.
J'échangeai un malin sourire av(C ma i-unsine. Elle répondil par un salut très-fioid , m\ bruyantes et fauiili,res démouslrations de M. Lhopiiielle. Il nu; sembla (pi'il était euli.; dans le salon en \érilable vaiiKpieur, en ami intime iinpaliemmenl atlendii. 11 re lait comme élialii de l'accueil glacial (I Ursule. Tout à coup .M. Uliopiiiellc rèilécliil. cl s'aperçul sans doiile (|Uo ces aiis conqiiéranls dev.iient èlre souveraineiiu ut déplacé-, devaiii une é rangere.llsocri 'luii air cap.ibl ', CI son regai'd semblait dire à Ursule : — Soyez Iranquille , ne craignez rien : je lie vais pas vimj compromettre; je dissimulerai parliiitenicnt noire inlelligeucc. Ce manège de fatuité insolente et ridicule me révolta ; alors je ne supposais pas un moment que la conduite de ma cousine eût en rien auioriiè bs iiiiperlinenles affectalions de M- Cliopinelle. — (Jii'y a-t-il de nouveau à Voiiviay, monsieur Chopiiielle.! lui dit Ursule en conliniiai.t de Iravailler à sa tapisserie. — lUeu tle liès-iuiportant, madame, si ce n'est administialivement ; cl il ajona, d'un ton important cl mysléiieiix : — Ou parle d'une dissoluliou. Ma co"rcs|ion(lance m'a absorbé et m'a empêché de venir faire hier la parlie tle notre gros Toirangc au. Que voulez vous? avant d'èlre aimable il faut èlre fonctionnaire... Je regardai Urside. Elle haussa les épaules. Ces mois, noire gros Tourangeau, s'appliquaient sans doute à sou mari. Je fus choquée de celle plaisanterie. .M. Chopiiielle conliiiua : — Vous pensez b eu, mnda r.e.
, aviZ |iilii'; Ji: nioi ! — r ace 'S.
Oui
lioiivo (Inns mon îiriomliSîOiiR'iU dliummiii- on se cioiiait liiez les
fine mes logicls ne se sunl pas homes l.i, :ijiuil;i-lil en s iiielinant graeieii^eiiie[U devant L'isole, mais les aHaiies d'Elat avaiil lout. — Ma elieic' amie... M. Clinpinelle, sûiis|iiélet de nolie ariondijsement, nie dil Ursnic en m'iiuliiiiianl M. Cliopiiielle d'un signe de lète.
Je m'inelinai légereiiicnl. — Madame arrive de la eapilalc? inimsieiir. — Madame va Ironvei' la pniviiiee liien maussade, liieii ennnveuse, bien stiipide! l'oiir nous antres, ^ali^iens, c'est mie verilaliie Sibérie, nn exil: aniant aller tout de snile aii\ aiUipodes .. Vous n'avez pasd'idi'e, madame, des llgmes ipi'iin et de la vie qu'on y mène; ma parole limons, pour ne pas dire davantage. Heureusement que niadaiiic Séeherin a été jetée comme moi sur celle terre étrangère; si madame reste ici ipieUpie temps, nous improviserons une petite cdlonie parisienne an milieu dessauvnges delà Touraine. Madame est sans doute nmsieienne? me demanda M. (diopinelje. Ili'urcuseniriit il se cliaigea de ma réponse cl ajouta : — Il n'y a pas à en douter, je parie que mad.iine a une voix eliai niante ; nous
ti'ansporleriins ici la
patrie des ai'ls. Madame
Séeherin a nn drii( ieiix
talent : madame Séeherin la jeune, bien cii-
lendn,cai!,al)elle-mere
n'a jamais su ipie chanter kl messe, ah ! ah î
ah ! M. Ohopinrlle
me regarda lonl lier
de cette impertinciiee.
Il s'aper(.ul (pi'clle n'était pas de mon goût,
et se relonrna vers Ursule. — Monsieur, lui
répondit - elle sccIr—
ment, ce ipie vous dites de la mère de mou
mari me semble pailai-
leuienl déplacé. L'éton-
nemcnt de M. (Ihoiii-
nelle redoubla. — Ah
çà ' vous avez donc
quelque chose contre
moi, que vous m'ac-
eiieillcz de la soiteV Un
dirait que je suis un
étranger (lour vous,
dil-il avec un certain
dépit. — En vérité ,
monsieur , je ne sais
pas ce que vous voulez
dire. Parlons, si vous
li: voulez bien, de la
roule vicinale que vous
nous promettez sans
ce>se , reprit Ursii'e
avec le plus grand sangfroid. M. Chopinelle
sembla piqué au vil';
voulant sans doute jiis-
tilicr le langage familier
qu'il alTeetail à l'égard
de ma cousine, il s'oublia jusqu'à dire : — Je
ne sais si c'est la présence de madame ipii vous intimide ainsi ; mais, ordinairement, avoucz-lc, vous me traitez moins cérénionieu emcnl, madame. Je ne suis donc plus l'ami de la maison?... Bien, bien, je me plaindrai à ce cher Séeherin, je vous en avertis.
Si je n'avais pas eu en Ursule une coidiance aveugle, insensée, la mauvaise liumeur (fe cet lior.iuie, d'ailleurs inliniment mal élevé, ment donné beaucoup à penser. Mais je ne vis dans M. Ch(qiiiielle qu'un f.it ridicule qui voulut à mes yeux abuser d'une apparence d'inliinilé ipie la vie de la campagne autorise, pour me faire croire qu'Ursule le voyait avec un certain intérêt. C'est pour donner une idée de la sottise de ce
personn.ige ipie j'ai cité quelques mois de sa conversation, qui ne l'ut qu'un fasiidi'iK iiiélang(! d' heii\ comninns et de prélenliuns insnppoitahle^. Je n'ai jaiii.ii-, compris (pi'oii pût trouver un grand jilaisir a s'amuser des sols: leur vulg oilii, leur niaiserie, me lépiigoent, m'attiisleiit an moins ;iHlaiil que l.i vue d'une inllrmilé physicpie. La l'i-oiileu) et la répugnance que je ne pus nreiiipcclier de lémoigurr à M. l'.liiipinelle abrégercnl donc singulièrement s:i visite. .\pi('S son dép:irt. Ur.-nle me deiii.ind:i, en rl:iiit aux écl;its, si je croyais Imijours qu'elle s'ocCMpal de ce sous-prél'i t, s'il était possible de rencontrer un homme plus complètement absuidc, cl si je n'avais pas honte de mes sou|içons à ce sojei.
Je parlagi':n la g:iielé d'Ursule, je ne conservai p;is le moindre doule sur sa sincéiiti;.
M. Chopinelle ne revint pas de ipi.hpies jours, à la gr.indi: surpi ise de M. Séclierin, qui ne cessait p;is d'accabler sa femme de (piesiions aii\(pielles celle-ci répon i.iit :iver- impatience. Complètement rassurée an sujcl de la coqucMerie d'Ursule , au bout de (pielipies jours je fis imc autre découverte <pii me charnu bien davantage. En m:i présence, le ton de m:i cousine envers son in:u'i él:iit froid, indiiféreiil, quelquefois déil liiineux ; pourtant M. Séeherin ne par;iissait pas i^'eii apercevoir ; il sembi lit riioniine le plus heureux du nioiidi', cl, :ui grand dé|d.iisir d Ursule, il f:iis:iil :dln-i m à mille circonst.mces qui prouvaient ipie les meilleurs r:qip:nls exisl:iieiil entre eux, et ipie sa femme le cieiibhiil de |)réven;inri-..
l'iu^iems I'^ms M. Séeherin (lit à Ursule en rianl et en lianss.niî les ép:uiles : — Ces', pourl;iiil pirce ipie notre cousine est la ipie tii ne veux p:is avoir l';iir d'être ;!mou eiise de moi. En effet , iipres in'èlre loni,'leinps demandé poinqnoi -ma cousine di>siiiMd.>il une coudnile si conforme aux conseils ipie je lui donniiis , je lus convaincue que c'èlait jioiir conserver toujours le droit de se dite la plus incoinprise, la plus infortunée des lemmes, et pour pouvoir se pfiindre à moi de hi incs;dlianeemor:d(! ii l:iipiclli!
elle avait été saciilicc-.
liette conviclioii me ''"S^"''"- tranipiillisa beaucoup
surladestinéedUiMile.
Pour la première fois, je reconnus une sorle de monomanie mélancolique d:uis les tristesses exagérées qu'elle avait affectées dans notre premier entretien;» mon arrivée :i Vouvniy. Je n'accusai p:is ma cousine de fausseté, je la trouvais pies- (pie inalheunMise d':ivoir honte de son bonheur et de ne pas oser avouer (|u';iyanl reconnu les nobles et généreuses qualités de son ili:iri, elle avait sageinenl pris son parti sur (pielqucs-nnes de ses vulgarités. Une fois bien sûre ipie ses chagrins n'étaient qu'une prétenlion, qu'une sorte de co(pietl(rie de soull'rance, je n'eus pas le courage de coniraricr Ursule à ce: sujet : je la crevais, je la voyais parfaitement heureuse ; le reste m'était indiflérent. Je fus bien loin de regretter les larmes ouej';t-
matiiit.de.
vais (loniiées à ses douleurs siipposéi s. Seiili'iiicnl je ne inis inVnipi^rlier (le souiiie en pciisaiil (juc le eoiÉiiilémoia du lioiilietir dUrsideélail |.oiir elle de se diin la |ilii< iiiisi'iMlilc dei civiiliirc-s. l'Iu^ j'nhsiTvais, plus je lecoiinalssais (nie rriii|)iio (iiTelle av:iil sur sciii iii;iii cl:iil imiMi'ii^e; (iiicliiiielois iiièiiic je (iuiilais que crlin de madame Seclieiiii pill régaler. Celli'-ci |icrséver;iil Icnjoiirs à l'é^'ard d Ursule dans «lie lioideiir ronliaiiiie qui soiiveiU seiiililalt bl(sser sou (Ils.
Hiiviroii liiiit ou dix jours a|)iés la stèue que j'ai racontée, M. Cliopinelle revint à Vouviay pour y diiier. Il préiexta de iioiubieuses occiipalious |)our excu-cr sou absence. M. Séelieiin l'ateueillil avec nue par- (àile et joyeuse fordialilé. Après souper, la nuit venue.au lieu de jouer, selon son liabiliide, au piipiet avec sou (ils, madame Séclierin se mita 3(Mi rouet. Mon lonsin S(utit pour aller donner ipiilipies ont. es à sa labiiqiie. I.es fenêtres élaiciit ouveites, il faisait un temps magnilique. Ursule et M. Chopinelle causaient aSMS sur un canapé [ in é deri iere la tliaise de niadanie Sédieiiii, qui était coniplélement absorbée par son iiiuet. lîràcc à l'idiat-joui' d'une lampe, le salon élait ploii};é dans une diini-obscuiilé. .l'alLii m'ii'-seoir pies d'une des fenttics. Le ciel éiail pur, lis étoiles brillanles; je tombai dans wu: rêverie proronde. Je ne ^ais depuis eoinliieii de temps jetais ab.^orbée dans ces réilcxioos, lorsque, ictouriiant maeliinalemént la tèle, je vis .M. (jlmiiiiielle, assis prés (i'IIisiile, lui dcnner une Ictlre qu'i'lle serra vivement dans la |ioclie du pelil tablier qu'elle |iorlait. J étais presque couiplétêiiieiit caebée dans l'eiiibrasine de la l'enètre; ma cousine, ne pouvant pas me voir, pensait sans doule qu'il m'était impossible de ra|)ereevoir. Je me croyais dupe dune ill'ision. "
A ce momenl, madame Séclierin interrompit le mouvement mesuré de son rouet, et, du ton le plus naturel, elle dit à Ursule, en louiiiant à demi la tète : — Ma bru, \enc/., je vous prie, nie tcn'ir d t écbe\eau à dévider. Ursule se leva, s'appiocba de sa bclle-mcie. Je vois encore cette scène. Ursule portail nue lobe de niousselinc blanclie r.iyéc de rose et un tablier de soie bleu clair sarni de dentelle noire; debout devant madame Sécherin, elle tenait l'éidieveau de lin sur ses deux mains élevées. Sans doute, ennuyée de l'oceupatiou que lui avait inqio-é'' sa bi lle-uièie, elle frappait légèrement le planclu r du bout de son joli pied. Tout à coup, par un niouvcment iilns rapide que la pensée, madame Séeberin plongea sa main dans la poibr du tublier d'L'rsule, et saisit la lettre lie M. Chopinelle. — Avec les traîtres, il faut user de trailrise ! s'écria l-clle d'une voix menaçante. J ai tu.it vu dans cette glace ! Et clic montra une glace placée en face d'elle, qui avait dû, en ellél, réflérliir ce (pii venait de te passer deirièro sa eliai-c. — Madame! dit Ursule en pâlissant. — II y a longtemps que je vous surveille, répondit madame Séclierin. Mon iils va tout savoir.