‹ Mathilde, ou, La jalousieChapitre 34 sur 46 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M A D. D V n B r: i\t , .i i lie , puis

DAlllil'RT.

Au lever du ridi-au. Julie rangr la toilette, ni.Tdame Darbert cntie viveun nt et comme effiayée, elle a une lobe pensée, garnie de foumire , un voile blanc sur sou ci-apeau,

MAD. DARBERT, eniiant. .Julie, .Iulie!

{Elle lui jette son .-chall , et son chapetm et se laisse tomber dans un fauteuil derant .«a toilette.) C'est lui! à peine échappée aux poursuites de 31. Théohald... et mon fils! mon lil^!

DARBERT, parai.<sant hors de lui, à la porte d'entrée, et s' arrêtant ) Ali ! {Elle lui tourne le dos et s'oirupe de .f/z coiffure arec calme; après un in tant de .lilencr, Dmbert s adressée a la rantmnadf .) Bien, monsieur, bien ! attendez un in.stant, de<rrâcc...

MAD. DARBERT, se retournant, froidement. C'e.^tTuus, mon ami?

DARBERT Vous rentrez, madame...

MAD. DARBERT. Aloi? Julie me coiffait, j'allais sortir.

JULIE. Voici le chapeau de madame, je demande pardon à monsieur, s'il n'a pas trouvé tnnt en ordre, mais madame ne fait qne de se lever... et. .

DARBERT, les observant. C'est bien, sortez...

M\D. DARBERT. Oui, passez cela dans ma ehand)rc, j'y vais achever...

Elle se lève.

DARBERT. Tout à l'heure... [A Julie.) Vo^ez, il y a I.i (piehi'i'un qui a besoin Je TOUS... de Joseph! n'imporlc, allez,,.

JULIE, a//rtn< à la porte. J'y vais, monsieur .. [Aatnomentde sortir, à part.) Tiens f M. Théohald... ah! bon Dieu! il est donc tombé... et dans la rue encore! {Darbert la re^^arde.) Je suis à vous, monsieur.

Elle sort.

SCKNt: II.

DARBERT, MAD. DARBF.RT.

MAD. DARBERT. Je VOUS laissc, lit?» '^

ami, l'ai à ni'occuper.

DARBERT. De quoi doic ? de votre tsilette. mais, non, elle est lerminéc... toilette du matin... (Il examine sa toilette. J El quand vous seriez sortie...

MAD. DARBERT. Oh! j'étais si fatiguée! mais vous avez des affaires.,.

Elle fait un mouvement pour rentrer dans sa tbambie.

DARBERT. la retenant. Non, rien, je vous assure, je ne suis pas fiiehé, an contraire, de me trouver avec vous un moment, car je suis eiKUM's tonlérnu d'une scène dont je viens d'èlre témoin.

MAD. DARBERT, s'«.Mo'//n<. Vous! en effet, vous avez les traits ait* rés.

DARBFRT. Vous trouvez ? c'est possible ; je sors de chez M. de Savenay. . (Elle se retourne du cûtc de la fflace où il C observe.) De chez M. de Savenay, et sa fitmmc vient d'avoir mi accès de jalousie...

.MAD. DARBERT. l'Ile est jalouse! et sans doute à tort! c'est bien mal!

DiVRDEUT.Vous trouvez... oui, VOUS aTçz

raison; mnis commont $c dôfcndrp de ces soupçons qui >()us dn liiiciilîc'csl latnort, mais une mort lenlc,lHirril)lr, qui vousarraclie cciil luis plus (juc le jour. .. oui, le bonheur, la confiance, le repos! c'est la perte de tontes les illusions!. {Jvtc explosion.) c'est l'enter, \o^'ez-vous!

MAD. D\l\UERT,aicce{fiai. Ah! VOUS me faites peur...

DMMiEWT , se rcwflliuit. Pardon, j'oubliais... je... moi, j'ai plaint celte pauvre Mathilde; elle aime tant son mari , et si en cftVt, elle était làchemi'nt trahie, une pjuvre Icmme sans délense, qui n'a que des larmes! {yéc/i'iupant peu d peu.) Un homme, c'est diflércnt . il se vcnjjcrait , lui! pour ellacer tant d'inlamic, il aurait du sang!

UAD. DARDERT, aivreif/ot. Monsieur...

[Se rimillant ) MaiS (juel v apparence que M. de Savenay, si hou, si honorable, la trompe ainsi? Ce serait ullVeux!

DARRERT. Vcus trouvez !. . et pourtant il la trompe.

MAD DARRERT. Lui!

DARBERT. Oui, lui, c'e>t un infâme; il torture à plaisir ce cœur fidèle et tendre, et lise trouve dans le monde, dans notre monde à nous, une IVmme assez vile, assez misérable, pour accepter la coniplicilé de son crime vous la connaissez,

MAD. DARBERT. Non !

DARBERT. /roidiment. Ni moi non plus;

elle était chez lui ce matin, en même

temps que moi . car, (^Uobserianl dans la

■•içuT î"""ar je suis sorti... de bonne heure,

avanr\ous.

MAD. DARBERT. Avant moi!... mais...

DARBERT. Vous n'êtes pas sortie, c'est juste... tlle était chez lui... oh! je ne l'ai paSTue, moi; mais madame de Savenay l'a vue, ou plutùi , elle a < ru la voir, mais c'est de la l'olie! [S'e/farcant île rire.) Vous ne devineriez jamais quelle personne elle a nommée dans son emportement.

MAD. DARBERT. Ah!., elle a nommé ?..

DARBERT. Oni,un«î femme otiniée de tous ceux qui la connaissent, adorée d'un m.iri, qui depuis quinze ans, achète à forcede soins, ilc confiance et de tendresse, un amocr qui est pour lui le bonheur, la vie! une femme qui serait horrible, dont il "faudrait bri.-^er le cœur, s'il renfermait tant de lâcheté et de perfidie; et cette femme qu'elle a nommée... [La faisant ioarner de son côtr.) cette femme, c'est vous!

MAD DARBERT, se //Tfln;. Moi!

DARBERT. Oui, Yous!.. celle femme!

sa maitrcs.se... et...

MAD. DARBERT, l'arrêtant. Monsieur!

monsieur! à cela il n'y avait... il n'y a q:i'une répon-e possible, le silence et le mépris.

DARBERT. Madame...

MAD. DARBERT, Paidon, mon ami, j'ai à sortir; je passe chez moi un instant.,, je suis à vous...

Elle rentre dans sa chanibrc.

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