‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 12 sur 90 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

sentait dans le salon. D'abord, le jeune adolescent, à peine encore éclairé des premiers rayons de la mode, qui, après avoir pris le parti courageux de faire quelques pas en avant, s'éloignait du cercle avec gaucherie , et paraissait désirer obtenir de ceux qui se trouvaient autour de lui un signe de tête protecleur, qui confirmât la connaissance qu^il espérait avoir faite avec eux. Ensuite, arrivait l'homme bien établi dans le inonde^ qui semblait faire négligemment des politesses à chacun , jusqu'au moment où le dîner et les lumières lui procureraient une occasion plus favorable de remplir ce deyoir. Après lui , venait le ci-devant jeune homme qu'on aurait pu coni-

parer à une ftuilLe jaunie par le temps, qui ^ la main éiendue pour serrer celle de loulle monde , el répétant continuellement : ce comment vous portez- vous? » faisait le tour du cercle, ne cédant pas un pouce de sa prérogative d'être connu de toute rassemblée.

Le soleil , quoiqu'on fut à celte époque de l'année où il éclaire le plus long-temps la terre ^ avait entièrement dérobé ses rayons à toute la société rassemblée ; lorsqu^au moment où lord Eatington venait de parler de la nécessité, dans laquelle il se trouvait d'attendre sir James et lady Matliilde Dornton, la porte s'ouvrit ; et le plus ardent de ses admirateurs n'aurait pu distinguer , qu'avec la

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plus grande diftic'jl lé, à travers l'obscurilé toujours croissanie , l'idole du jour^lady Mathilde Dornion.

]\Iais il y avait là un homme, aux yeux duquel la nuit la plus sombre ne pouvait dissimuler eniièrement «es formes gracieuses : les années n'avaient pas effacé Timpression qu'elle avait produite sur luij et ce qui s'était passé , depuis qu'il ne l'avait vue, n'avait pas diminué l'iulérêt qu'elle lui inspirait alors. Bien qu'il eût souvent volé de belle en * belle, dans plusieurs contrées différentes, lord Ormsby n'avait pu ou- J)lier que l'idéal de la beauté était 1(3 partage de celle qu'il avait été obligé de quitter , au moment où tous deux s'étaient promis une foi

Zi MATHILDE.

couslanle, ei qu^il retrouvait main* tenant la femme d'un autre.

Lady Mathilde avait déjà fait les excuses de sir James , qui n'avait pu sortir , et venait de faire quelques questions indifférentes , lorsque le nom de lord Ormsby , prononcé auprès d'elle, vint frapper son oreille attentive 5 et elle vit bien que le moment si redouté qu'elle avait prévu j en apprenant son retour en Angleterre, était arrivé.

La plupart de ceux qui regardent déjà lady Mathilde Dornton , comme le personnage principal de cette histoire, seront surpris de savoir qu'elle ne s'évanouit pas, et qu'elle ne s'exposa , en aucune manière, à être remarquée comme une véritable héroïne

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