CHAPITRE I. fi.'J
donnez la main à lady Mathilde DorntoD ! >5 11 hésita un moment , et il y eut une pause parmi les assislans. Il se sentait embarrasse d'avancer , mais comme il l'aurait été encore davantage de reculer , au bout d'une demi-minute , on les vit tous deux descendre l'escalier , en se donnant le bras. C'était au milieu d'une obscurité semblable, et à peu près à la même beure, qu'ils s'étaient séparés deux années auparavant. Mais combien les circonstances étaient différentes alors !
combien leurs sentimens étaient aussi différens! Le soir de son départ pour le Continent , lord Ormsby s'était arraché d'auprès d'elle, à la porte du parc cle Délavai 5 tandis
que, se pressant tendrement les mains , et leurs regards semblant vouloir percer l'obscurité qui les environnait , les dernières paroles qu'ils prononcèrent furent celles-ci : ce Nous nous séparons , mais pour nous retrouver. » Maintenant ils ve^ liaient de se retrouver, mais pour se séparer à jamais^ leurs regards cherchaient à s'éviter, et réunis un moment par des arrangemens de société , le gant blanc de Mathilde touchant à peine la manche noire de rhabit de lord Ormsby , la contrainte que leur causait cette réunion forcée paraissait être le présage de leur séparation future , qu'ils regardaient tous detix comme inévir t^ble. '