‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 15 sur 90 · Chapitre i · texte numérisé non relu

Chapitre i

N'a- 1- on pas souvent éprouvé que , plus on est gêné par les entraves de la société, plus Tesprit, comme s'il se glorifiait de son indépendance^ se reporte avec ardeur vers les souvenirs du passé, et cherche à pénétrer l'avenir? Il est certain que les deux personnes, que nous venons de voir dans la plus embarrassanle de toutes les situations , laissaient errer involontairement leurs pensées, et se rappelaient les principaux événemeiis de leur première jeunesse. Ils se ressouvenaient l'un et l'autre, à travers mille idées confuses, de plusieurs circonstances qui leur avaient paru indifférentes , qu'ils avaient oubliées depuis, maisqui se représentaient alors à leur esprit avec une nouvelle vivacité^

3o MATHILDE.

bien que rien de ce qu'ils voyaient maintenant autour d'eux ne pût les retracer à leur mémoire, si ce n'est que les deux mêmes acteurs se trouvaient encore en scène. Tout cela se passait avec une rapidité qui semblait tromper les calculs du temps, tandis qu'ils descendaient l'escalier, précédés par des douairières chancelantes, et suivis par de jeunes filles fort disposées à rire. Enfin ils rassemblèrent leurs pensées errantes, en entrant dans la salle à manger, et tâchèrent de se remettre le mieux qu'il leur fut possible pour échapper aux re- Diarques d'une société si nombreuse; et, malgré la quantité de bougies qui éclairaient la table, l'observateur le plus attentif n'aurait pu apercevoir

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