CHAPITRE II
îiienacée et caressée aliernaiivement par son tuteur , sollicitée avec adresse par soa unique amie , abandonnée, selon toute apparence, par son amant, et ( ce qui peut-être produisait le plus d'effet sur elle ) trèspeu tourmentée par la présence de son prétendu, elle consentit enfin à donner sa main à sir James Dorntou.
Si, parmi ceux qui ont parcouru la roule fatigante du grand monde, il se rencontre quelques personnes qui trouvent la situation ou la conduite de notre héroïne , forcée ou peu naturelle j qu'elles réfléchissent un moment , et me disent ( loui en convenant que la combinaison des circonslances peut avoir été différente )
si les causes, qui nous ont fait par-
venir à révénemem que nous venons de rapporter, ne se sont jamais rencontrées dans la vie de quelquesunes des femmes de leur connaissance.
A la vérité , le sort de ceux qui se pressent en foule pour se faire placer sur la liste matrimoniale, lorsque les jeunes filles paraissent dans le monde, au retour du printemps, pour disparaître à Tautoame, peut quelquefois sembler bien dur. II est également certain que les mères, qui cherchent ainsi, chaque année, à échanger la beauté, les grâces et les agrémens de leurs filles, contre un établissement et une situation stable, et qui refusent ceux qui ne peuvent leur donner d*autre sécurité que la