‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 42 sur 90 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le fait est que celle soirée était destinée depuis long-lenips, et avait enfin été choisie pour ces réunions extraordinaires qui ont souvent lieu, lorsque la saison de Londres est près de finir, et qu'on n'a pas de temps à perdre pour s'amuser ; je veux parler d'un bal costumé. L'habillement de Mathilde devait élre àla-fois brillant, agréable et nouveau.

11 avait été choisi par elle , avec toute la supériorité de son goût , et avait été exécuté par sa femme- de-chambre parisienne, dont le talent, en ce genre , était sans égal. Félicie admirait son propre ouvrage depuis quelques insians, et tenait enlre ses mains, d'un air de triomphe, une paire des plus jolis pelits souliers du monde ^

84 MAtHlLDE.

et auprès desquels la pantouffle de Cendrillon aurait pu paraître grossière. Comme Mathilde devait avoir un costume de caractère , on l'avait fait venir exprès de Paris , et il était arrivé, comme par miracle , avant que le bal fut commencé. La petite Française, entraînée par Tamour de son pays, commençait à s'étendre avecune grande volubilité sur l'exactitude remarquable de sescompatriotes, quand elle fut frappée, comme par un coup de foudre j de la déclaiation soudaine que lui fit sa maîtresse, qu'elle ne soriirait pas de la soirée. Tâchant de se remettre par degrés du coup qu'elle venait de recevoir , elle s'écria : ce Mais milady est donc malade? n appuyant , avec une emphase

Page 1