‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 43 sur 90 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

théâtrale , sur le mot donc , qu-'elle prononça en français, et qui exprime 1a découverte soudaine qu'on vient (le faire de l'cxplicaiion peu satisfaisante d'une chose qui , sans cela, paraîtrait ininrelliglble. « Non, je suis assez bien, dit lady Mathildej laissez-moi j laissez-moi seule. 33 Jamais le docteur Willis n'a indiqué, par un signe de tête plus expressif, ce qu'il pensait de la nature de la maladie d'un patient, que celui que fit Fé^ licie, lorsqu'elle quitta le boudoir pour obéir aux ordres de sa maîtresse.

ce Seule! oui, je suis seule! seule dans le monde! pensa Mathildc, en s'asséyant devant sa toilette , passant ses doigts délicats dans sa belle che-

86 IMATHILDE.

velure, ei ehangeant presque machinalement de place tout ce qui se trouvait rangé avec tant de soin (conduite qui aurait sans douie confirmé Topinion deFélicie)^ tandis que, posant ses deux mains sur ses yeux fermés , elle semblait chercher à repousser toute consolation extérieure. Ses pensées errantes se reportaient trislement sur les temps passés, sur ce qu'elle était, sur ce qu'elle aurait pu êlre ; la triste conviction que toutes les espérances de bonheur, qu'elle avait conçues dans sa première jeunesse, s'étaient évanouiesprès de Tautel où elles auraient du se réaliser, oppressa plus péniblement son cœur qu'elle ne l'avait encore fait , et elle sentit que, puisque son esprit était

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