CHAPITRE IV. ic
conséquence placé ses deux grandes ïïièches de cheveux roux le long de ses lenipes, croyant ainsi être coiffée à La Aladone. La troisième , Jemina, était à cet âge charmant où. les cheveux des jeunes personnes ne sont ni longs ni courts. Quant à la conversation de ces trois grâces de Manchester, elles avaient une si grande frayeur de se trouver en présence d'une personne, dont le Morning post parlait aussi avantageusement que de lady Ma thilde, qu'elles se contentèrent de faire au langage amphigourique de leur mère quelques correclionsde style que leur éducation, dans une pension distinguée, leur permetiaitde risquer. Pour mislriss Hobson, la réputation de Mathilde ne lui inspirait pas
autant de crainte, qu'à ses filles : elle s*élait persuadée, même depuis le mariage de son frère, que sa propre importance s'était tellement accrue par cette union, qu'elle ne se sentait pas intimidée en présence de celle qui lui avait procuré ce surcroît d'importance. Elle arriva donc, en dandinant, près de lady Mathilde. Elle était vêtue d'une pelisse de velours écarlate , qui aurait fait pâlir le soleil lui-même; et, après une salutation amicale , elle lui dit en la regardant en face: «Eh bien l je suis persuadée que James n'aurait pu mieux choisir. » Puis elle revint aussiiô-t au sujet qui occupait habituellement ses pensées, et parla de son prochain voyage sur le Continent, circons-