CHAPITRE V. l
a Vous le trouverez à peu près comme vous l'^avez laissé , dit-elle j car, quand votre pauvre frère se mésallia , Dieu veuille lui pardonner!
et qu'il vint ici avec sa femme, je le fermai à clef : je ne pouvais suppor-ter l'idée qu'une personne comme celle-là habiterait la même chambre que ma maîtresse.»
Ce mariage disproportionné avait été un coup terrible pour la pauvre mistriss Brown , car elle avait cru de son devoir de s'identifier complètement à la dignité de la famille. Ce désappointement avait ajouté à l'irritabilité d'un caractère qui , naturellement , n'était pas très-facile. Lord Ormsby lui demanda si son frère et sa belle-sœur avaient habité long- temps
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ce chàleau; mais plutôt parce (ju'll croyait devoir dire quelque chose, que parce qu'il désirait entamer ce sujet avec mislriss Brown.
ce Non, en vérité, dit niisirivss Brown. Ils arrivèrent avec leur misérable suite, et ne couchèrent ici que deux nuits. Dieu seul peut savoir ' pourquoi. »
Cette réponse n'était pas la pure vérité; car mistiiss Brown savait bien aussi ce qui en avait été cause sur la terre. Un des domestiques de lady Ormsby, ayant demandé à mistriss Brown de Taccompagner dans une promenade , ce qui ne lui paraissait pas fort digne de son importance, sY' tait écrié : « Votre maîtresse a besoin de vous. — - Ma maîtresse! ré-
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plifjua la duègne irritée, elle a été la maîtresse àii bien d'auacs avani d'être la mienne, à ce que tout le monde dit.» Ces paroles ayant été immëdiatemenl répétées à sa seigneurie, elle avait grondé la femme décharge d'une manière qui prouvait que le peu d'occasion qu'elle avait eue depuis sa nouvelle digoité, d'exercer sa facilité naturelle à employer des expressions choquantes, trop communes parmi les psrsonnes de son espèce, ne lui en avait pas fait perdre l'habitude.
Ne pouvant parvenir à réliiblir la paix, sou malheureux époux l'avait engagée à quitter le château. Ce fut peutêtre la seule occasion où il put avoir cpuelque influen<;e sur elle ^ et elle consentit d'autant plus prompleuient
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à celle proposition, qu'un long séjour à lacampagnenepouvaillui convenir.
En se rendant dans le petit salon de sa mère, lord Ormsby et son guide passèrent à travers une longue galerie remplie de tableaux de famille.
Le premier d'entre eux était un portrait de femme , peint par HoLbein j avec de petits yeux gris, des cheveux roux peignés tout droits à partir du front, une taille roide, singulièrement serrée, et un cou entouré de fraises bien empesées. On voyait ces motsécrits sur un parquet marqueté, où s(is petits pieds, bien pressés dans sessouliers, étaient posés inLadyMa' tJiilde Délaçai , première baronne Or/7?i^/?/. Cette inscription avait autrefois beaucoup excité la gaieté de l'heu-