‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 2)Chapitre 69 sur 90 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de quelqu'un qui y avait pris plaisir.

«.Elle avait représenté ses sourcils arqués f ses jeux perçans, les boucles de ses cheveux, et ils étaient gravés dans son cœur (*). w

Ce dessin était sali par cinq ou six grandes raies de crayon , que , dans un moment de gaieté ou d'embarras, elle avait marquées sur son ouvrage, lorsqu'on lui avait demandé de le montrer à celui qui le lui avait inspiré.

Combien les chemins qui conduisent au cœur sont irréguliers et iu • certains! Quelquefois la circonstance la plus légère viendra tout à coup le

(*) « To sit and draw his arclied brows, his bawkiug eye, his curis, in lier heart's table. »

l4G MATHILDE.

frapper, tandis que la réunion la plus complète de tout ce qui doit le toucher ou rémouvoir ne parviendrait pas à arriver jusqu'à lui. Rien ne contribua d'une manière plus irrésistible (quoique sa raison semblât s'y refuser) à ranimer dans le cœur de lord Ormsby ses premiers sentlmens , que le chiffon de papier qu'il tenait dans sa main. Il comparait involontairement le regard vif de la jeune fille tendre et naïve, qui avait com^ posé ce croquis , avec les yeux remplis de larmes de la femme dévorée de chagrin , qu'il a /ait rencontrée deux jours auparavant; et le contraste qui existait enlre la main amie qui l'avait repoussé si doucement , lorsqu'il tâchait de prévenir la destruc-

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