chapitre ru
fance ont été de même étranges et mystérieux. Je crois vous avoir parlé une fois d'une entrevue très-bizarre que j'eus avec un moine étranger, le jour qui précéda celui où je partis de Rome si précipitamment. Ses demiconfidences à l'égard de ma famille , qu'il me promit d'achever le lende main au moment où nous fûmes interrompus , firent alors une profonde impression sur mon esprit, quoique les événemens déplorables qui eurent lieu immédiatement après m'en aient fait pendant quelque temps perdre le souvenir. Je ne puis vous dire combien je regrette maintenant d'avoir manqué , peut-être pour jamais , l'occasion de faire des découvertes si importantes sur ce qui concerne ma
famille ; car sans pouvoir en donner aucune raison positive, j'ai toujours prévu que quelque mystère y était attaché. »
» Ne pensez-vous pas, dit Ormsby , que votre imagination prévenue et disposée à être frappée , a pu vous faire prêter l'oreille aux artifices de quel qu'imposteur qui , se pré valant de ce qu'il a un peu connu votre famille, veut abuser de votre crédulité pour arriver à son but? »
» J'admets , répliqua Mathilde , que votre conjecture est la plus vraisemblable , car il faut en avoir été soi-même témoin oculaire peur s'en former une autre idée; mais il y avait dans sa manière de s'exprimer un