CHAPITRE IV
Le colonel Canteen était arrivé depuis peu à Naples , et il avait rencontré par hazard à la promenade Mr. Wordsworth, avec lequel il avait formé cette espèce de connaissance qui , parmi les Anglais , reste souvent au même point pendant des années entières, et consiste seulement à se faire des signes de tête dans les rues, et à lire ensemble les papiers-nou-
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voiles datas les clubs. C'en était assez cependant pour chercher à Naples à se réunir souvent; et le colonel ayant entendu dire à Harry où demeuraient Ormsby et Mathilde, ils se déterminèrent à leur faire une visite ensemble. Le colonel Canteen, comme nous l'avons déjà dit , était aussi mauvaise langue que gourmand j également ingénieux à répandre le scandale et à inventer des sauces 5 et aussi fort sur les tracasseries que sur la pâtisserie. Il avait cependant beaucoup d'usage du monde, était peut-être un peu trop pointilleux et avait conservé quelque chose delà politesse de la vieille cour. Il fut donc très-respectueux avec Mathilde, lorsqu'il la rencontra ainsi pour la première fois après son
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enlèvement , et -ses manières frappèrent notre Héroïne dont l'esprit était si susceptible d'impression, comme formant un contraste agréable avec la familiarité et l'air sans façon de Harry Wordsworih ; cet air, à la vérité , lui était naturel, mais elle ne pouvait se persuader qu'il ne fut pas le résultat d'une impertinence que la situation douteuse, où elle se trouvait alors , lui paraissait autoriser. Le colonel Cantecn désirait beaucoup qu'elle allât à St. -Charles, pour entendre un nouvel opéra de Rossini, divinement exécuté par une réunion de talens que l'on trouve rarement sur aucun théâtre. Cette proposition fut appuyée avec chaleur par Harry WordsYVorlh^ qui , fixant sur elle ses