CHAPITRE IV
jeune que ses filles. On les appelé les trois Grâces de la Pologne, leur manière de vivre et leur costume les feraient prendre pour les trois sœurs.
Il faut que j'aille les voir. »
Mathilde le suivit d'un œil inquiet hors de la loge. Elle ne pouvait être jalouse; cependant elle n'aimait pas à le voir si joyeux en retrouvant une femme qu'il avait connue autrefois; elle n'était pas non plus irès-salisfaite que le colonel Canteen et Mr. Wordsworth, eussent entendu Ormsby louer devant elle avec tant de chaleur une famille qui, d'après son propre récit, ne devait pas être très-respectable. Il était vraisemblable qu'il avait parlé légèrement; mais ses paroles pesaient douloureusement sur son cœur.
Sa loge se trouvait si mal placée, qu'elle était destinée à éprouver, ce soir- là, toutes sortes ^le mortifications. D'abord, Ormsby venait delà quitter , et elle était plongée dans les tristes réflexions que lui inspirait son absence. Le colonel Canteen lui racontait une longue histoire à laquelle elle s'efforçait d'avoir l'air de prendre part ; Harry Wordsworth, qui était placé vis-àvis d'elle , promenait sa lorgnette tout au tour de la salle , lorsqu'elle aperçut immédiatement derrière la chaise de Harry , un énorme chapeau surchargé et entouré d'une profusion de plumes; etMathilde reconnut les beaux yeux noirs d'Annabelle Ormsby qui étaient fixés sur elle. Un me-