CHAPITRE "VI
« Je suis bien aise d'entendre cette exclamation sortir de votre bouche , continua le moine. Alors je ne me bornerai pas à vous faire un récit abrège', et je ne craindrai plus de donner toutes les preuves possibles delà vérité de ce que j'avance, à une personne disposée à les entendre. 11 est inutile que je vous parle beaucoup de moi : qu'il vous suffise de savoir que mon nom est Mortimer, que je descends de la plus jeune branche d'une famille catholique anglaise, et que la pauvreté de mes parens les obligea à me faire élever dans une université étrangère. Là, n'ayant aucun autre moyen d'existence, on me destina à la prêtrise. Il était impossible de trouver un état qui fût moins
conforme âmes dispositions naturelles. Ma religion m'excluant dans ma pairie de toutes les professions actives et honorables , mes sentimens patriotiques m'empêchantde vouloir servir contre elle , et mon orgueil de famille me faisant dédaigner le travail assujettissant d'une maison de commerce^ il ne me restait plus d'alternative; enfin, ayant prononcé mes vœux, je fus, au bout de quelque temps et étant fort jeune encore, introduit dans la maison de votre grand père , en qualité de chapelain et de confesseur. Vous ne m'accuserez pas de vanité , si je vous dis maintenant que je devins bientôt le favori de toute la famille 5 mais je n'ajouterai pas, sans éprouver quelque honte, que dans la