CHAPITRE VIII
nature et de son imperfection , c'est une faiblesse que les hommes les plus distinguésetlesmeilleursontéprouvée dans leurs derniers momens, que cette anxiété sur le sort auquel leurs resies mortels sont destinés; et le désir que nous ressemons d'élre ensevelis près de nos pères est si universel, que nous ne pouvons contempler le cimetière de nos compatriotes dans une terre étrangère, sans ressentir quelque chose de cette compassion qu'excite en nous la sentence qui les condamne à un exil éternel.
L'état de Pâme de Malhilde j la portant plutôt à rechercher qu'à éviter les impressions tristes, elle se rendait souvent dans le cimetière anglais, et sentant qu'elle était de-
venue aussi étrangère à la société' que ceux qui reposaient autour d'elle, elle s'occupait à déchiffrer ces ins^»
criptions qui généralement sont l'expression de l'estime du monde , de cette estime qu'elle avait perdue, et consacrent les louanges de ceux qui ont bien rempli ces devoirs qu'elle avait abandonnés.
Dans une de ces promenades mélancoliques et solitaires^ elle reurcontra une dame anglaise en grand deuil, qui eût l'air , en passant devant elle , de chercher si elle ne se trompait pas en croyant la reconnaître. Dans ce moment , quoique Mathilde crut se rappeler qu'elle avait déjà vu son visage; elle ne put retrouver son nom. Cette dame n'était