CHAPITRE VIII. l
cir nos chagrins en les partageant. »
Malhiide tut si saisie de la bonté extrême et inattendue avec laquelle elle venait d eue accueillie, qu'elle ne put d'abord y répondre par une explication qu'elle croyait devoir à une personne qui ne lui avait peut-être parlé ainsi nue parce qu'elle ignorait sa situation actuelle. Enfin, eïïe lui dit d'une voix altérée:
ce La dernière fois que je vous ai vue, j'étais déjà loin de croire que je pusse mériter la bienveillance d'une personne aussi parfaite que vous; mais si vous ignorez ce qui s'est passé depuis, votre bonté est trou grande pour que vous deviniez à quel point je m'en suis rendue indigne. »
a Quelque chose que j'aie pu appreu-
l4& MATHILDE.
dre, reprit mistriss Sydney, je vois que vous êtes malheureuse : c'est -là seulement ce que je veux me rappeler ; car , lorsqu'on a autant souffert que moi , on sent qu'il ne peut exister de liens plus puissans que ceux formés par le malheur. »
c< Attendez encore , dit Mathilde , vous ne pouvez pas tout savoir. Laissez-moi vous conjurer de me croire aussi coupable qu'on peut l'être, et épargnez-moi la douleur de vous révéler ma situation actuelle $ car il est impossible qu'une personne dont les principes (pardonnez , si je vous parle avec cette franchise ) , qu'une personne, dis-je, dont les principes paraissaient trop sévères pour l'état présent de la société , voulût accueil-