‹ Mathilde, ou, Les anglais en Italie (volume 3)Chapitre 82 sur 101 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

ce II u'est pas moins vrai, reprit celle-ci, que je n'ai aucun sujet de regretter la vie ) le seul de mes liens que la mort n'ait pas encore détruit est celui qui a été brisé par la cruauté et l'insensibilité. >*

« Vous avez été malheureuse dans voire ménage ? interrompit Mathilde : auriez-vous donc été forcée d'unir votre sort à celui d'un homme que vous n'aimiez pas ?»

ce Au contraire, dit son amie, car le malheur arrive quelquefois , ou parce qu'on s'est trop livré aux illusions de la passion , ou parce qu'on a été obligé de céder à des raisons de convenance. J'ai fait un mariage d'amour. Mr. Sydney avait tout ce qui peut séduire une fille jeuue et

sans expérience $ niais rien de ce qu'il faut pour être un bon mari. Il n'avait pas assez de caractère pour supporter patiemment les difficultés sans cesse renaissantes que lui donnait un revenu trop borné , et sa vanité ne put résister aux artifices de la femme la plus adroite et la plus séduisante 3 il me quitta pour elle, parce qu'elle était plus riche et plus belle que moi. Depuis ce moment , des pertes cruelles que j'ai éprouvées dans ma famille m'ont fait devenir héritière, et j'ai mis à sa disposition la pins grande partie de cette fortune que j'avais acquise; mais j'ai cessé de désirer de le revoir. Tendrement attachée à mes parens , ayant joui pendant quelque temps des douces

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consolations que me procurait leur affection , tout ce qui pouvait me faire encore aimer la vie m'a été enlevé successivement, et je suis resiée seule dans le monde. Oh! ladv Maihilde! parmi les nombreuses afflictionsauxquelles la nature humaine est exposée, il n'y en a pas de plus grande que d'être destinée à voir ceux qui nous sont chers tomber autour de nous, et être les victimes de cette cruelle maladie qui , se glis* saut dans nos veines et nous laissant souvent l'apparence de la santé et de la beauté , semble choisir de préférence ceux à qui leur jeunesse et de brillantes espérances rendaient l'existence précieuse. Je suis née d'une famille sujette à la consomption \

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notre excellente mère nous laissa ce fatal héritage. Nous la perdîmes jeune encore; mon père, qui était au service, fut tué au commencement de la guerre contre la France.

Nous étions accoutumés à regarder mon fière comme notre protecteur, et le sentiment que nous éprouvions pour lui était un mélange d'amour et d'admiration ; il était beau , vif., spirituel, mais il avait un sang ardent, qui trop souvent est la source de ce mal funeste : il en fut victime à son tour, presque sans en avoir été averti , et tandis que , plein de confiance dans l'avenir , il formait sans cesse des projets pour lui et pour nous-mêmes. Mais pourquoi continuel aïs- je à vous entretenir sur un si

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