‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 18 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

inimitable du meilleur ouvrier de Manton ayant été souillé par une mésalliance avec le travail grossier de l'ouvrier Romain.

Après que sir James eût exhalé ses plaintes en juremens mêlés de français et d'anglais , que l'Italien supporta avec une patience imperturbable, et qu'on peut attribuer, en grande partie , à ce qu'il attendait la question concluante qu'allait lui faire son débiteur , il fut enfin obligé de lui dire en français : « Combien ? » C'était vraisemblablement le seul mot français, dont le marchand eut une connaissance approfondie , et il répliqua aussitôt avec une impudence remarquable :

ce Ah ! comme vous voudrez. —

34 MATUILDE.

Rien. — Seulement dix écus. » (*) « Que diable dites-vous là ! * s'écria sir James en anglais.

« Dieci sa ( dix ) , répéta l'Italien 5 en montrant les doigts de ses deux mains les uns après les autres, espérant s'expliquer pins clairement en pantomime.

Sir James commençant à penser, d'après la peine qu'ils avaient à s'entendre, que les actions étaient préférables aux paroles, saisit alors un des pistolets, afm de l'avoir en sa possession pour soutenir sa dispute.

« Ah ! questi no , » ( ab ! pour cela non ) , dit l'Italien en retenant fortement Tanne par un des bouts.

(*) Ah ! come vuole. — Niente. — Solamente dieci scudi.

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