‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 22 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

vie; et, lorsqu'ils arrivèrent au pallier où se réunissaient les deux escaliers , ce spectacle horrible et déchirant vint frapper les regards de l'infortunée Mathilde.

Aucuue expression ne peut donner l'idée du profond gémissement et du cri plaintif qu'elle fit entendre à ce coup terrible et inattendu. Les gens du peuple eux-mêmes , qui avaient aidé à porterie corps, ne purent s'empêcher de gémir aussi en l'entendant , et furent saisis d'un effroi mortel. Ce cri eut le pouvoir de faire ( ce qu'aurait tenté en vain tout l'art des médecins et des chirurgiens ) y il dissipa, pendant un moment l'effrayante léthargie de ce corps sanglant. Les lèvres livides

d'Ormsby s'agitèrent faiblement; et, pendant un instant, il ouvrit à moilié ses yeux éteints, tandis que Mathilde tombait sans connaissance à ses côtés.

Quand le chirurgien qu'on avait envoyé chercher eut pansé les blessures de lord Ortusby > et vint dire a Mathilde que tout espoir n'était pas entièrement perdu , il la trouva un peu remise du choc affreux qu'elle venait d'éprouver; mais il y avait un tel égarement dans ses regards^ lorsqu'elle demanda instamment qu'on lui laissai voir le malade, que, comme sir, James n'y était pas, et qu'il n'y avait là personne qui eût le droit de s'opposer à ses volontés, le chirurgien ne crut pas devoir s'y refuser.

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