‹ Mathilde, ou, Les anglais en ItalieChapitre 23 sur 88 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

En entrant clans l'appartement , elle prit la main froide et h timide d'Ormsby entre les deux siennes, et regardant fixement ses traits im mobiles, elle résista à tous les effortsqu'ôn fit pour l'engager à se retirer en répétant toujours : « Non , non , pas encore !" De sorte que, lorsqu'il commença à reprendre l'usage de ses sens et à donner quelque signe de vie., le premier objet qui vint frapper ses regards fut cette femme charmante et adorée , dont la douleur extrême trahissait l'intérêt qu'elle prenait à lui , et il se crut alors trop payé de tout ce qu'il avait souffert.

Soit que cette entrevue fût un remède efficace pour son esprit malade, soit qu'on doive attribuer ce chan-

gement favo rable à la force de sa constitution, le chirurgien, avant de le quitter, jugea son état beaucoup plus satisfaisant qu'il n'avait osé l'espérer. A celte nouvelle, Mathilde retrouva aussitôt ce sentiment i)es convenances qui l'avait abandonnée un moment ; elle chargea une bonne garde d'avoir pour lui tous les soins dont il pourrait avoir besoin , et elle avait quitté sa chambre avant que son mari fût revenu de la longue course qu'il venait de faire sans succès pour demander justice.

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